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lundi 1 décembre 2014

Manuel Antonio

Finalement, je n'ai décidé de la destination où aller depuis San José que le lendemain matin de mon arrivée au Costa Rica, une demie heure avant de quitter l'hôtel. On peut vraiment dire que je n'avais pas de plan prévu. Pour une première journée, je cherchais un endroit pas trop loin de la capitale. Mon choix s’est donc porté sur Manuel Antonio, à 172 kilomètres de là, sur la côte Pacifique. C'est là que se trouvent les coins les plus réputés. La côte Caraïbe offre quant à elle une expérience complètement différente. C'est le coin des noirs et les gens ont coutume de dire que c'est un autre pays. Il y pleut toute l'année tandis que la côte Pacifique est plus ensoleillée et plus facile d'accès. 
Voilà pourquoi je fais comme les autres touristes : direction le Pacifique !
Manuel Antonio dispose en plus d'un parc national en raison de la particularité de son rivage que je dévoilerai un autre jour. En effet je n'ai pas encore visité le parc mais ça ne saurait tarder. J'attends un soleil franc pour visiter ce petit paradis. Il faut compter plus de trois heures de route depuis San José pour arriver à destination. Le pays est très escarpé et les routes ne font que descendre des vallons et monter des collines, le tout dans une végétation tropicale exubérante. La vitesse est limitée le plus souvent à 60. 
Le long du rivage ça peut monter à 80 – soyons fou ! – mais on ne les atteint jamais car tous les kilomètres il faut descendre à 40 en traversant un hameau ou un croisement. San compter qu'il faut composer avec les bus, les camions, et les habitants – les ticos – pas pressés et qui roulent au pas. C'est ainsi que je suis arrivé à 15 heures à Quepos. C'est le dernier village qui ouvre la porte à une route de 6 kilomètres, escarpée, et peuplée d'hôtels, de bars et de restaurants tout du long. Les virages sont serrés et les montées raides. Même mon 4x4 a du mal et je dois finir en première. Il y a un monde fou là dedans, plein de touristes qui vont et viennent. 
La route conduit à Manuel Antonio Village, en fait un cul de sac avec des boutiques de souvenirs, une épicerie et des bars. Des rabatteurs attendent le pèlerin comme au Maroc, pour vous indiquer de vous garer là. Ne pas les écouter : il y a un parking gratuit au bout. Pour le parc national il faut légèrement bifurquer avant sur la gauche pour arriver à une grille comme si on rentrait dans un jardin municipal. C’est là que se trouve l'entrée du parc. La visite se termine à 16 heures. On ne peut donc pas se rendre dans le parc quand on veut.

Le rivage est longé par une belle et longue plage, Playa Espadilla. Comme les hébergements sont le long de la route on ne voit rien dépasser quand on est sur la plage, donnant l'impression d'être sur une plage sauvage. Ils ont su préserver l'endroit. De rares hôtels donnent sur la plage mais ils sont en retraits sous les cocotiers. Ma première impression ne fut pas très bonne. La plage était très bondée et remplit de bordel, avec des stands de musique qui délivraient des basses sourdes des kilomètres à la ronde, le tout au milieu de barbecues fumants et de familles-tribus turbulentes. En fait il ne faut pas y venir le week-end. J'ai redécouvert cette plage lundi et c'était complètement différent. Un petit paradis. 
Playita
Il n'y a pas à marcher bien loin pour trouver un coin désert où étendre sa serviette sous un raisinier. Ce n'est pas ce qui manque, ils bordent tout le long de la plage avec leurs branches qui arrivent presque jusqu'au ras du sable. Le littoral comporte plein de rochers qui forment des îles inaccessibles. Le paysage me rappelle beaucoup la Thaïlande, avec ce relief accidenté, une jungle qui arrive sur la plage et de petits îlots tout autour. Comme là bas, le sable est surtout gris. Il faut savoir que le sable blanc est l’apanage des fonds coralliens puisque c'est ni plus ni moins que de la poussière de corail. En plus le Costa Rica est d'origine volcanique. Il faut donc oublier les eaux translucides aux couleurs bleu lagon. 
C'est l'aventure!
Mais ça donne peut être un caractère plus sauvage. Et puis, il y a plein de singes qui sautent de branches en branches. Ici ils les appellent les cappuccinos. Ils sont noirs avec une tête blanche et une longue queue dont ils se servent pour s'enrouler autour d'une branche en servant de point d'appui supplémentaire, par exemple quand ils ont besoin de se saisir d'un fruit. Ils mangent aussi les fleurs des raisiniers.
Pour dormir j'ai trouvé un coin à l'intérieur des terres. C'est à plus de dix kilomètres de là mais l'endroit est très tranquille. Il y a un chemin défoncé accessible uniquement en 4x4 qui mène sur les berges du Rio Naranjo. Arrivé à la tombée du jour, j'ai découvert au petit matin un paysage enchanteur avec au fond des montagnes couvertes de jungle qui donnent l'impression d'être un des premiers explorateurs arrivés en terre inconnue. Je sens que je vais bien me plaire au Costa Rica !

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