Finalement, je n'ai
décidé de la destination où aller depuis San José que le lendemain
matin de mon arrivée au Costa Rica, une demie heure avant de quitter
l'hôtel. On peut vraiment dire que je n'avais pas de plan prévu.
Pour une première journée, je cherchais un endroit pas trop loin de
la capitale. Mon choix s’est donc porté sur Manuel Antonio, à 172
kilomètres de là, sur la côte Pacifique. C'est là que se trouvent
les coins les plus réputés. La côte Caraïbe offre quant à elle
une expérience complètement différente. C'est le coin des noirs et
les gens ont coutume de dire que c'est un autre pays. Il y pleut
toute l'année tandis que la côte Pacifique est plus ensoleillée et
plus facile d'accès.
Voilà pourquoi je fais comme les autres
touristes : direction le Pacifique !
Manuel Antonio dispose en
plus d'un parc national en raison de la particularité de son rivage
que je dévoilerai un autre jour. En effet je n'ai pas encore visité
le parc mais ça ne saurait tarder. J'attends un soleil franc pour
visiter ce petit paradis. Il faut compter plus de trois heures de
route depuis San José pour arriver à destination. Le pays est très
escarpé et les routes ne font que descendre des vallons et monter
des collines, le tout dans une végétation tropicale exubérante. La
vitesse est limitée le plus souvent à 60.
Le long du rivage ça
peut monter à 80 – soyons fou ! – mais on ne les atteint
jamais car tous les kilomètres il faut descendre à 40 en traversant
un hameau ou un croisement. San compter qu'il faut composer avec les
bus, les camions, et les habitants – les ticos – pas pressés et
qui roulent au pas. C'est ainsi que je suis arrivé à 15 heures à
Quepos. C'est le dernier village qui ouvre la porte à une route de 6
kilomètres, escarpée, et peuplée d'hôtels, de bars et de
restaurants tout du long. Les virages sont serrés et les montées
raides. Même mon 4x4 a du mal et je dois finir en première. Il y a
un monde fou là dedans, plein de touristes qui vont et viennent.
La
route conduit à Manuel Antonio Village, en fait un cul de sac avec
des boutiques de souvenirs, une épicerie et des bars. Des rabatteurs
attendent le pèlerin comme au Maroc, pour vous indiquer de vous
garer là. Ne pas les écouter : il y a un parking gratuit au
bout. Pour le parc national il faut légèrement bifurquer avant sur
la gauche pour arriver à une grille comme si on rentrait dans un
jardin municipal. C’est là que se trouve l'entrée du parc. La
visite se termine à 16 heures. On ne peut donc pas se rendre dans le
parc quand on veut.
Le rivage est longé par
une belle et longue plage, Playa Espadilla. Comme les hébergements
sont le long de la route on ne voit rien dépasser quand on est sur
la plage, donnant l'impression d'être sur une plage sauvage. Ils ont
su préserver l'endroit. De rares hôtels donnent sur la plage mais
ils sont en retraits sous les cocotiers. Ma première impression ne
fut pas très bonne. La plage était très bondée et remplit de
bordel, avec des stands de musique qui délivraient des basses
sourdes des kilomètres à la ronde, le tout au milieu de barbecues
fumants et de familles-tribus turbulentes. En fait il ne faut pas y
venir le week-end. J'ai redécouvert cette plage lundi et c'était
complètement différent. Un petit paradis.
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| Playita |
Il n'y a pas à marcher
bien loin pour trouver un coin désert où étendre sa serviette sous
un raisinier. Ce n'est pas ce qui manque, ils bordent tout le long de
la plage avec leurs branches qui arrivent presque jusqu'au ras du
sable. Le littoral comporte plein de rochers qui forment des îles
inaccessibles. Le paysage me rappelle beaucoup la Thaïlande, avec ce
relief accidenté, une jungle qui arrive sur la plage et de petits
îlots tout autour. Comme là bas, le sable est surtout gris. Il faut
savoir que le sable blanc est l’apanage des fonds coralliens
puisque c'est ni plus ni moins que de la poussière de corail. En
plus le Costa Rica est d'origine volcanique. Il faut donc oublier les
eaux translucides aux couleurs bleu lagon.
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| C'est l'aventure! |
Mais ça donne peut être
un caractère plus sauvage. Et puis, il y a plein de singes qui
sautent de branches en branches. Ici ils les appellent les
cappuccinos. Ils sont noirs avec une tête blanche et une longue
queue dont ils se servent pour s'enrouler autour d'une branche en
servant de point d'appui supplémentaire, par exemple quand ils ont
besoin de se saisir d'un fruit. Ils mangent aussi les fleurs des
raisiniers.
Pour dormir j'ai trouvé
un coin à l'intérieur des terres. C'est à plus de dix kilomètres
de là mais l'endroit est très tranquille. Il y a un chemin défoncé
accessible uniquement en 4x4 qui mène sur les berges du Rio Naranjo.
Arrivé à la tombée du jour, j'ai découvert au petit matin un
paysage enchanteur avec au fond des montagnes couvertes de jungle qui
donnent l'impression d'être un des premiers explorateurs arrivés en
terre inconnue. Je sens que je vais bien me plaire au Costa Rica !







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