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dimanche 21 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : Playa Prieta, le retour !

Souvenez-vous, Playa Prieta c'est cette plage incroyable au sable tantôt gris tantôt noir, bordée de jungle entre deux collines qui avancent dans la mer. J'avais pris la première fois une photo depuis les hauteurs d'une colline. C'est la plus belle vue de toute la baie autour de Potrero. Et l'une des plages les plus sauvages de tout le coin. C'est ma préférée mais il ne faut pas l'ébruiter. Et pourtant elle est loin des clichés de plages de sable blanc. J'y ai passé un dimanche merveilleux. Je me suis garé là où je dors quand il n'y a pas d'orchestre, laissant le superflu comme T-shirt ou tongs dans la voiture. C'est en face des villas, là où les gens se garent et viennent se baigner. 
Mon coin est toujours là. C'est un endroit fabuleux situé à peu près au milieu de la plage, avec un renfoncement où la mer ne vient pas. Il y a un grand et bel arbre qui s'épanouit de bonheur dont les branches forment un parasol géant de 10 mètres de diamètre. Aujourd'hui j'ai amené un accessoire. Dans mon sac de voyage j'ai un hamac que j'ai emporté pour l'utiliser à l'origine en Thaïlande où m'attendent deux mois sur une île déserte au sein d'un parc national. Quitte à l'avoir dans le sac, autant s'en servir. Je l'ai suspendu entre deux branches. La vue du hamac est fabuleuse. Je suis aux premières loges pour observer la mer, les rouleaux, la lumière à travers les feuilles des arbres ou pour sentir les odeurs qui imprègnent la jungle. 

 
Ce qu'il y a de merveilleux dans cette baie c'est ce relief découpé, plein de recoins et d’îlots qui offrent un panorama magique qui évolue au fil de la journée. L'aspect et les ambiances changent selon l’orientation du soleil ou avec la marée qui monte et qui transforme la plage. Cerise sur le gâteau, je suis tout seul. C'est incroyable. On est dimanche pourtant. Et je n'ai marché que quelques centaines de mètres. Pour éviter d'être envahi je monte la garde. Je me suis étalé. Outre le hamac j'ai mis plus loin la serviette sur le sol. Quand je vois quelqu'un arriver, je me tiens debout encore un peu plus loin de sorte que tout l’espace sous l'arbre semble occupé. 
Pas besoin de tant de ruse, les gens ne font que marcher sur la plage, personne ne veut rester là. Ils préfèrent rester tous ensemble où je me suis garé. J'y suis retourné pour le déjeuner et tous les locaux étaient là, dans le bordel, avec des chaises en plastique, des chiens, des barbecues, au milieu de sacs et de glaciaires, vautrés au pied de la voiture qui distille sa musique pendant que les gamins s’adonnaient au surf, au ballon ou à ces planches de bois qu'on fait glisser au bord de l'eau. Une toute autre ambiance. Mais ils adorent ça, être tous ensemble. Tant mieux !
Avec la marée haute mon petit paradis est devenu presque inaccessible. 
Il faut attendre que les vagues aient fini de déferler pour pouvoir passer le long des arbres aux branches qui lèchent le rivage. J'adore quand c’est marée haute. Il y a de gros rouleaux et le sable devient complètement vierge de toute empreinte. En plein milieu de la journée ça donne une ambiance de baie sauvage avec des embruns qui montent dans la forêt et une mer émeraude qui semble vouloir gagner la terre. Du coup je suis tout le temps à lever mon cul du hamac pour prendre des photos.
A l'extrémité de la plage en allant vers Playa Pan de Azucar on trouve un rocher d'une dizaine de mètres de haut entouré d'eau à marée haute comme une dent dans la mer avec un arbre tarabiscoté posé à son sommet et atterri là on ne sait comment. 
C'est l'attraction de Playa Prieta. Je ne suis pas le seul à l'avoir remarqué et tous ceux qui passent s'arrêtent devant pour se prendre en photo. Avec mon endroit paradisiaque encerclé entre la mer et la forêt, j'ai un décor digne d'une plage de Koh Lanta. C'est si sauvage qu'ils pourraient y tourner une saison. Il y a juste une trouée entre une pointe couverte de cactus et un îlot rocheux où l'on voit au loin un hôtel de Playa Flamingo, de l'autre côté de la baie de Potrero.
J'aime me baigner dans l'après midi, quand les rayons du soleil passent à travers le rideau d'eau d'un rouleau qui prend une merveilleuse couleur turquoise que je me plais à percer d'un coup de tête. 
Les vagues sont sacrément grosses aujourd'hui et quand on se retrouve en haut d'une vague à flotter comme un bouchon on peut voir la plage comme si l'on avait pris de l'altitude. La plage est située plein ouest, offrant des couchers de soleil à couper le souffle. C'est l’heure à laquelle sortent les bernards l'hermite. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les formes selon la coquille qu'ils ont choisi, avec leurs antennes qui frétillent et leurs grosses pinces. Ils arpentent la plage et n'hésitent pas à grimper sur la serviette. Je n'y ai pas été beaucoup. Seulement pour y faire la sieste. Le reste du temps j'étais plus occupé par le hamac ou par une baignade. Avec les vagues, j'y suis resté plus longtemps que d'habitude et plus souvent. L'eau est incroyablement chaude. C'est un régal. 
Cette fois j'ai trouvé mon petit paradis pour passer Noël. Si c'est vide un dimanche, il y a de fortes chances pour que ça le soit cette semaine, même avec Noël qui s'annonce, à moins que les gens qui passaient en pointant du doigt mon hamac ne se prennent à avoir la même idée. Je suis toujours à me demander là où j'irai en Décembre prochain. J'ai laissé tomber le Chili, trop cher et apparemment pas si bien que ça. Et si je retournais au Costa Rica ? La plage de Prieta va me manquer. Même si ce n'est pas l'an prochain, c'est sût que je reviendrai ici. Pourquoi toujours chercher ailleurs dans d'autres pays, alors qu'ici j'ai tout : une plage fantastique et sauvage, une baie de pirates, un restaurant à deux pas les pieds dans le sable, un temps où il ne pleut jamais et une exposition plein ouest idéale pour contempler les couchers de soleil. Si ce n'est pas le paradis, alors je me demande bien à quoi il ressemble !

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