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| Playa Coyote |
Les trois derniers jours
ont été le théâtre d'un déluge en règle. De la pluie quasiment
sans aucune interruption. Malgré tout j'ai réussi à aller à la
plage, pour piquer une tête dans une eau plus chaude que l'air. Par
contre en ressortant, impossible de sécher. Même dans la voiture
les affaires commençaient à être humides. En plus tout a pris une
odeur de chien mouillé désagréable. Chaque jour j'attendais une
amélioration qui ne venait pas. Dans ces conditions le Rio Naranjo a
vu son niveau fluctuer. Il débordait en journée mais quand
j'arrivais le soir il avait repris son lit normal. Je prenais garde
tout de même à vérifier le niveau de l'eau au milieu de la nuit,
pour ne pas être emporté par une crue subite.
Avec toute cette
flotte les grenouilles et autres bestioles de la nuit devraient être
contentes. Au lieu de cela elles se sont tues. Peut être qu'elles
aussi aimeraient être un peu au sec pour mieux apprécier la
fraîcheur de la nuit.
J'aurais pu rester plus
longtemps à Manuel Antonio mais j'ai préféré bouger pour aller
voir la péninsule de Nicoya pendant le week-end, afin de laisser
Manuel Antonio aux familles et à leur sono à bloc. Pour se rendre à
Nicoya le plus simple est de prendre un ferry à Puntarenas sinon il
faut faire le tour d'un golfe qui nécessite 7 heures de voiture
contre une seule en bateau. Je voulais prendre le ferry pour Paquera
afin de descendre à l’extrémité sud de la péninsule mais arrivé
en ville à 8 heures, le prochain bateau n'était qu'à 11 heures.
Un
autre ferry existe pour Playa Naranjo. Cet accès permet de desservir
le nord et l'ouest de la presqu’île, même si un chemin ardu
permet de rattraper Paquera. Comme ce ferry était à 10 heures,
c'est celui que j'ai pris. Nicoya est la région la plus sèche du
Costa Rica. C'est aussi pour cela que j'y rend. Mais avant tout c'est
là où se trouvent les plus belles plages sauvages selon mon guide.
En effet le réseau de route n'est qu'une succession de pistes plus
ou moins caillouteuses qui nécessitent parfois la traversée de
rivières à gué.
Tandis que j'étais sur
le ferry j'ai mis à profit le temps libre pour me renseigner sur
internet quant à la praticabilité des chemins et le moyen de
rejoindre le nord par la côte.
Ce que j'ai lu n'est pas très
rassurant. Les pistes doivent non seulement traverser des rivières
mais certaines ne sont praticables qu'en saison sèche lorsque le
niveau des rivières est moins haut. De plus, des internautes
préviennent qu'en cas de panne suite à la traversée de rivière,
le contrat de location est rompu et aucune assurance ne couvrira quoi
que ce soit. Inutile de prendre des risques inconsidérés, j'ai donc
zappé Malpais au sud car cette région demande de traverser un large
fleuve, le Rio Bongo, pour continuer vers le nord. Pourtant le guide
en disait beaucoup de bien : « Here, the sea is alive with
wildlife and is almost perfect when it comes to shape, color and
temperature. ».
C'est un endroit d'expatriés qui ne sont plus
jamais repartis lorsqu'ils ont découvert l'endroit. Tant pis !
A la place j'ai rejoint
Playa Coyote par la piste 162 qui traverse toute la péninsule du
nord au sud en une trentaine de kilomètres et qui démarre après
Jicaral. Mais je me suis fait avoir par la carte. Les premiers
kilomètres se font sur une piste d'ornières et de cailloux pointus,
passant de collines en collines avec des rivières de plus en plus
larges à traverser. J'ai même hésiter à traverser la dernière,
attendant que quelqu'un n'arrive pour jauger de la profondeur du lit.
En fait, juste après cette rivière se trouve une bifurcation qui
rejoint Jicaral par une piste bien plus plane et en meilleure
condition.
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| Playa Coyote |
C'est là que j'aurais dû passer. Il faut dire que je
trouvais bizarre que le bus qui rejoint Playa Coyote soit capable de
passer par de tels endroits.
En raison d'un climat
plus sec, la végétation est très différente de celle de Manuel
Antonio. Mon guide la décrit comme « dry rainforest ».
La jungle est est moins dense et les espèces d'arbres ne sont pas
les mêmes, certaines perdant leurs feuilles à la saison sèche.
C'est un endroit propice aux cultures et aux pâturages, avec des
ranchs remplis de vaches blanches avec une bosse dans le dos qui se
délectent d'une herbe grasse toujours verte. La piste conduit à San
Francisco. Le standing n'a rien à voir avec la ville d'où je
viens !
Même si étonnamment on y trouve des gîtes, une école
et une épicerie très bien achalandée.
Playa Coyote et sa sœur
Playa San Miguel, sont d’après mon guide, ni plus ni moins que
« two of the most beautiful and least visited beaches in Costa
Rica ». C'est pour ça que j'y suis. En plus je suis content,
pour la première fois mon 4x4 a son utilité. Je ne me verrais pas
rouler des dizaines de kilomètres sur une piste tropicale avec un
véhicule normal. D'ailleurs tout le monde a un pick-up ou un truc du
style, même si la majorité des gens circule à moto ou en vélo. Je
ne sais pas comment ils font pour ne pas crever par ici.
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| Playa Bejuco |
Playa Coyote
est une grande plage qui court sur des kilomètres, dans la même
baie que Playa San Miguel, bordée de cocotiers. On y trouve quelques
maisons simples avec vue sur mer et des terrains à vendre. Des
résidences secondaires pour la plupart inoccupées. Entre il y a
suffisamment de parcelles inexploitées pour trouver un chemin qui
mène à l'eau. Je décrirais ces plages comme ayant un énorme
potentiel de développement. Avec aucun statut de parc national à
proximité pour freiner son expansion, je suis encore étonné que de
tels endroit constructibles soient encore à l'état de
balbutiements. Nul doute que d'ici quelques années la plage sera
bordée de maisons et d'hôtels, si la piste se transforme un jour en
route.
C'est comme cela que s'est fait le développement touristique
du pays. Avant il n'existait par exemple aucune route pour venir à
Manuel Antonio. Et une fois que les américains auront mis le nez là
dedans, ce sera la fin. Je me sens donc doublement béni de me rendre
dans un tel endroit avant qu'il ne soit trop tard. Quelques hôtels
existent le long de la piste ainsi que des restaurants rustiques,
directement dans le jardin de l'habitant, un peu comme si vous
mettiez des tables au fond de votre jardin.
Après Playa san Miguel,
on trouve une autre plage, celle de Bejuco, moins belle, avec de
rares cocotiers décapités, battue par les vents et pleine de bois
flotté et d'autres objets que la mer a trouvé trop indigestes.
On
trouve au sud de cette plage un endroit où vivent des pécheurs au
bord d'un estuaire qui forme une mangrove pleine de pélicans et
d'autres oiseaux à grandes pattes. Ils vivent là par colonies
entières. C'est un endroit remarquable pour faire des photos. Ou
pour se faire chier dessus par des espèces de rapaces géants, tout
noir, qui ont des déjections à l'odeur épouvantable. Comme j'en ai
reçu une qui a coulé le long de ma jambe, j'ai été obligé
d'aller me laver dans la mer et même malgré cela la voiture
empestait ensuite le poisson pourri.
Tout le littoral ouest de
la péninsule est un endroit prisé des surfeurs.
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| La côte pour Isleta |
C'est ici que l'on
trouve les plus belles vagues du Costa Rica. Aussi les locaux que je
croise en moto ont le plus souvent une planche de surf sous le bras,
conduisant d'une main et pieds nus. J'ai fini mon exploration de la
journée à Islita, un endroit merveilleux, niché dans une petite
baie de sable sombre entourée de cocotiers et de falaises abruptes.
La route qui y mène demande de grimper en haut d'une colline, dans
la jungle, et de passer par dessus un col d'où dégringolent de
petites cascades. C'est ici qu'a été tourné une partie du film
1492 qui retrace le périple de Christophe Colomb. Cela n'a rien
d'étonnant tant l'endroit est sauvage et empreint d'une ambiance
mystérieuse. Il y a bien un hôtel de luxe mais il est en retrait et
on n'en voit rien d'autre que ses terrains de golf et de tennis.
Au
bord de la plage s'étend par contre un club de plage. Première fois
que je vois ça. Cela ressemble à la plage d'un resort luxueux, avec
piscine, chaises longues sous des baldaquins garnis de dentelles et
personnel en costume les mains dans le dos qui vous remplissent le
verre sur la table basse avant qu'il ne soit vide. Sauf qu'il n'y a
ni hôtel ni restaurant attenant. Bizarre comme concept. En tout cas
juste à côté et en bord de plage se trouve un parking, parfait
pour y passer la nuit.
Pour dîner, j'ai trouvé
un restaurant très bon, dans un jardin tropical, où j'ai commandé
une « soupa negra », une soupe locale à base d'haricots
noirs avec plein de petits bouts de légumes mystérieux et croquants
dedans et de coriandre, suivie d'un casado de bœuf, une spécialité
locale.
C'est délicieux. C'est une viande en sauce champignons,
garnie de riz frit à l'ail, de bananes plantain et d'une salade de
chou, carottes et poivrons relevée par des légumes marinés dans le
vinaigre. Le tout pour une bouchée de pain. Ça change de Manuel
Antonio !













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