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samedi 6 décembre 2014

Péninsula de Nicoya : Playa Coyote

Playa Coyote
Les trois derniers jours ont été le théâtre d'un déluge en règle. De la pluie quasiment sans aucune interruption. Malgré tout j'ai réussi à aller à la plage, pour piquer une tête dans une eau plus chaude que l'air. Par contre en ressortant, impossible de sécher. Même dans la voiture les affaires commençaient à être humides. En plus tout a pris une odeur de chien mouillé désagréable. Chaque jour j'attendais une amélioration qui ne venait pas. Dans ces conditions le Rio Naranjo a vu son niveau fluctuer. Il débordait en journée mais quand j'arrivais le soir il avait repris son lit normal. Je prenais garde tout de même à vérifier le niveau de l'eau au milieu de la nuit, pour ne pas être emporté par une crue subite. 
Avec toute cette flotte les grenouilles et autres bestioles de la nuit devraient être contentes. Au lieu de cela elles se sont tues. Peut être qu'elles aussi aimeraient être un peu au sec pour mieux apprécier la fraîcheur de la nuit.
J'aurais pu rester plus longtemps à Manuel Antonio mais j'ai préféré bouger pour aller voir la péninsule de Nicoya pendant le week-end, afin de laisser Manuel Antonio aux familles et à leur sono à bloc. Pour se rendre à Nicoya le plus simple est de prendre un ferry à Puntarenas sinon il faut faire le tour d'un golfe qui nécessite 7 heures de voiture contre une seule en bateau. Je voulais prendre le ferry pour Paquera afin de descendre à l’extrémité sud de la péninsule mais arrivé en ville à 8 heures, le prochain bateau n'était qu'à 11 heures. 
Un autre ferry existe pour Playa Naranjo. Cet accès permet de desservir le nord et l'ouest de la presqu’île, même si un chemin ardu permet de rattraper Paquera. Comme ce ferry était à 10 heures, c'est celui que j'ai pris. Nicoya est la région la plus sèche du Costa Rica. C'est aussi pour cela que j'y rend. Mais avant tout c'est là où se trouvent les plus belles plages sauvages selon mon guide. En effet le réseau de route n'est qu'une succession de pistes plus ou moins caillouteuses qui nécessitent parfois la traversée de rivières à gué.
Tandis que j'étais sur le ferry j'ai mis à profit le temps libre pour me renseigner sur internet quant à la praticabilité des chemins et le moyen de rejoindre le nord par la côte. 
Ce que j'ai lu n'est pas très rassurant. Les pistes doivent non seulement traverser des rivières mais certaines ne sont praticables qu'en saison sèche lorsque le niveau des rivières est moins haut. De plus, des internautes préviennent qu'en cas de panne suite à la traversée de rivière, le contrat de location est rompu et aucune assurance ne couvrira quoi que ce soit. Inutile de prendre des risques inconsidérés, j'ai donc zappé Malpais au sud car cette région demande de traverser un large fleuve, le Rio Bongo, pour continuer vers le nord. Pourtant le guide en disait beaucoup de bien : « Here, the sea is alive with wildlife and is almost perfect when it comes to shape, color and temperature. ». 
C'est un endroit d'expatriés qui ne sont plus jamais repartis lorsqu'ils ont découvert l'endroit. Tant pis !
A la place j'ai rejoint Playa Coyote par la piste 162 qui traverse toute la péninsule du nord au sud en une trentaine de kilomètres et qui démarre après Jicaral. Mais je me suis fait avoir par la carte. Les premiers kilomètres se font sur une piste d'ornières et de cailloux pointus, passant de collines en collines avec des rivières de plus en plus larges à traverser. J'ai même hésiter à traverser la dernière, attendant que quelqu'un n'arrive pour jauger de la profondeur du lit. En fait, juste après cette rivière se trouve une bifurcation qui rejoint Jicaral par une piste bien plus plane et en meilleure condition. 
Playa Coyote
C'est là que j'aurais dû passer. Il faut dire que je trouvais bizarre que le bus qui rejoint Playa Coyote soit capable de passer par de tels endroits.
En raison d'un climat plus sec, la végétation est très différente de celle de Manuel Antonio. Mon guide la décrit comme « dry rainforest ». La jungle est est moins dense et les espèces d'arbres ne sont pas les mêmes, certaines perdant leurs feuilles à la saison sèche. C'est un endroit propice aux cultures et aux pâturages, avec des ranchs remplis de vaches blanches avec une bosse dans le dos qui se délectent d'une herbe grasse toujours verte. La piste conduit à San Francisco. Le standing n'a rien à voir avec la ville d'où je viens ! 
Même si étonnamment on y trouve des gîtes, une école et une épicerie très bien achalandée.
Playa Coyote et sa sœur Playa San Miguel, sont d’après mon guide, ni plus ni moins que « two of the most beautiful and least visited beaches in Costa Rica ». C'est pour ça que j'y suis. En plus je suis content, pour la première fois mon 4x4 a son utilité. Je ne me verrais pas rouler des dizaines de kilomètres sur une piste tropicale avec un véhicule normal. D'ailleurs tout le monde a un pick-up ou un truc du style, même si la majorité des gens circule à moto ou en vélo. Je ne sais pas comment ils font pour ne pas crever par ici. 
Playa Bejuco
Playa Coyote est une grande plage qui court sur des kilomètres, dans la même baie que Playa San Miguel, bordée de cocotiers. On y trouve quelques maisons simples avec vue sur mer et des terrains à vendre. Des résidences secondaires pour la plupart inoccupées. Entre il y a suffisamment de parcelles inexploitées pour trouver un chemin qui mène à l'eau. Je décrirais ces plages comme ayant un énorme potentiel de développement. Avec aucun statut de parc national à proximité pour freiner son expansion, je suis encore étonné que de tels endroit constructibles soient encore à l'état de balbutiements. Nul doute que d'ici quelques années la plage sera bordée de maisons et d'hôtels, si la piste se transforme un jour en route. 
C'est comme cela que s'est fait le développement touristique du pays. Avant il n'existait par exemple aucune route pour venir à Manuel Antonio. Et une fois que les américains auront mis le nez là dedans, ce sera la fin. Je me sens donc doublement béni de me rendre dans un tel endroit avant qu'il ne soit trop tard. Quelques hôtels existent le long de la piste ainsi que des restaurants rustiques, directement dans le jardin de l'habitant, un peu comme si vous mettiez des tables au fond de votre jardin.
Après Playa san Miguel, on trouve une autre plage, celle de Bejuco, moins belle, avec de rares cocotiers décapités, battue par les vents et pleine de bois flotté et d'autres objets que la mer a trouvé trop indigestes. 
On trouve au sud de cette plage un endroit où vivent des pécheurs au bord d'un estuaire qui forme une mangrove pleine de pélicans et d'autres oiseaux à grandes pattes. Ils vivent là par colonies entières. C'est un endroit remarquable pour faire des photos. Ou pour se faire chier dessus par des espèces de rapaces géants, tout noir, qui ont des déjections à l'odeur épouvantable. Comme j'en ai reçu une qui a coulé le long de ma jambe, j'ai été obligé d'aller me laver dans la mer et même malgré cela la voiture empestait ensuite le poisson pourri.
Tout le littoral ouest de la péninsule est un endroit prisé des surfeurs. 
La côte pour Isleta
C'est ici que l'on trouve les plus belles vagues du Costa Rica. Aussi les locaux que je croise en moto ont le plus souvent une planche de surf sous le bras, conduisant d'une main et pieds nus. J'ai fini mon exploration de la journée à Islita, un endroit merveilleux, niché dans une petite baie de sable sombre entourée de cocotiers et de falaises abruptes. La route qui y mène demande de grimper en haut d'une colline, dans la jungle, et de passer par dessus un col d'où dégringolent de petites cascades. C'est ici qu'a été tourné une partie du film 1492 qui retrace le périple de Christophe Colomb. Cela n'a rien d'étonnant tant l'endroit est sauvage et empreint d'une ambiance mystérieuse. Il y a bien un hôtel de luxe mais il est en retrait et on n'en voit rien d'autre que ses terrains de golf et de tennis. 
Au bord de la plage s'étend par contre un club de plage. Première fois que je vois ça. Cela ressemble à la plage d'un resort luxueux, avec piscine, chaises longues sous des baldaquins garnis de dentelles et personnel en costume les mains dans le dos qui vous remplissent le verre sur la table basse avant qu'il ne soit vide. Sauf qu'il n'y a ni hôtel ni restaurant attenant. Bizarre comme concept. En tout cas juste à côté et en bord de plage se trouve un parking, parfait pour y passer la nuit.
Pour dîner, j'ai trouvé un restaurant très bon, dans un jardin tropical, où j'ai commandé une « soupa negra », une soupe locale à base d'haricots noirs avec plein de petits bouts de légumes mystérieux et croquants dedans et de coriandre, suivie d'un casado de bœuf, une spécialité locale. 
C'est délicieux. C'est une viande en sauce champignons, garnie de riz frit à l'ail, de bananes plantain et d'une salade de chou, carottes et poivrons relevée par des légumes marinés dans le vinaigre. Le tout pour une bouchée de pain. Ça change de Manuel Antonio !

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