La Palma est une île espagnole
comprise dans l’archipel des Canaries, située à 60 kilomètres à l’ouest
de Ténérife, souvent inconnue des français car à l’écart des autres îles. Elle
est cependant très appréciée des allemands qui peuvent la rejoindre par des
vols directs.
Chaque île des Canaries a sa
particularité. Ici on vient pour sa caldera, contenue dans le parc national de
la Caldera de Taburiente. C’est un endroit somptueux, qu’on le parcourt depuis
son sommet ou dans son cœur.
Une route permet de monter à son
point le plus haut, au niveau de Roque de los Muchachos, qui culmine à 2426 mètres. La route
s’élève au milieu de pinèdes odorantes qui garnissent les flancs de la caldera,
émergents d’un sol rocailleux aux nuances teintées de noir, de violet et
d’oranges pour finir au dessus d’une mer de nuages parfaite où brille un soleil
ardent. Au loin se détache la cime majestueuse d’El Teide sur Ténérife. On
distingue aussi les sommets de la Gomera. Le panorama est grandiose.
Roque de los Muchachos possède un observatoire
astronomique. On dit que l’on trouve les nuits les plus pures du globe pour
l’observation des astres. A cet endroit on trouve aussi un belvédère qui permet
de plonger son regard dans la caldera, sorte d’abime de 7 kilomètres de
largeur qui tombe à pic de plus de 1500 mètres de haut. Une caldera
est une vaste dépression circulaire ou elliptique, souvent à fond plat, située
au cœur de certains grands édifices volcaniques et
résultant d'une éruption qui vide la chambre magmatique sous-jacente. Vous
pouvez voir un autre exemple de caldera ici en vous rendant sur la page sur les
Cyclades. Santorin offre un autre type de caldera puisque celle-ci s’est
remplie par la mer méditerranée.
On peut marcher le long de la
crête, offrant des randonnées très prisées. On peut aussi choisir de parcourir
l’ile du nord au sud car l’intérêt ne réside pas seulement dans la caldera. Au
sud il ya un chapelet de volcans inactifs qui dessinent une multitude de cônes
aux formes et couleurs tous différents les uns des autres.
Il ne faut pas manquer
l’expérience de dormir au cœur du parc national. Il y a une aire de bivouac à
plusieurs heures de marche, pile au centre de la caldera, à côté d’une petite
rivière. Le cadre est enchanteur et vous serez pratiquement tout seul ici. Au
menu : silence royal, et l’impression de dormir au fond d’un gigantesque
chaudron, l’observation des cimes offrant un tournis vertigineux. Il y a deux
accès possibles vers le bivouac : la route classique au sud, depuis La
Cumbrecita, réglementée (il faut laisser sa voiture à l’extérieur, à l’entrée
du parc, s’enregistrer et prendre un système de taxi peu pratique) ou bien par
Los Llanos de Aridane, par l’ouest, en pénétrant dans le barranco de Las
Augustias. C’est cette option que j’avais choisie, ayant fait le tour de la
crète de la Caldera dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.
On peut prendre la route jusqu’au
bout, par contre il est interdit de se garer à la fin. Je me suis donc arrêté
sur le bas côté peu avant, tremblant à l’idée d’avoir une amende à mon retour,
ou pire, la voiture embarquée en fourrière. Car j’étais parti pour 3 jours et
deux nuits, sac à dos et mains sciées par les sacs de bouffe et les bouteilles
d’eau. Une expédition qui a failli avoir raison de ma détermination. Car pour
arriver au bivouac, il faut marcher des heures et je suis arrivé de nuit, seul
sur le camp avec quelqu’un qui s’est mis à roder au bout d’un moment. Il
s’agissait juste d’un ranger qui m’a demandé le permis de camper. Chose que je
n’avais pas, étant entré par la voie non officielle. Je me suis fait un peu
sermonné, j’ai joué beaucoup à l’ignorant et avec un peu de volonté et un appel
avec sa CB au poste central j’ai enfin été autorisé à passer la nuit. Mais
juste la nuit. Fallait que je déguerpisse le lendemain. Sauf que le lendemain
il m’a demandé combien de jours je restais ! Finalement j’ai pu vivre mon
aventure comme je l’avais rêvée en passant mes journées à faire des randonnées,
profitant du spectacle et me rafraichissant dans les nombreux cours d’eaux et
cascades qui dévalent le cirque au moment des heures brulantes de l’après midi.
Une expérience inoubliable ! Et pour la petite histoire la voiture
attendait sagement…
