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| Playa Flamingo |
La proximité de chaque
plage de la baie de Potrero permet de ne rouler que quelques
kilomètres par jour, entre sauts de puces d'une plage à l'autre et
dîner au village. Mais à force, la jauge d’essence finit par
battre de l'aile. Sur ce coup j'ai été un peu crétin. Quand j'ai
quitté Papagayo, je suis passé devant plusieurs stations service
mais j'attendais d'être plus près de la baie pour faire le plein.
Seulement, aussi étrange que cela puisse paraître avec Playa
Flamingo et Brasilito qui attirent nombre de touristes et locaux, il
n'y a aucune station dans le secteur. Depuis, je stresse en voyant le
niveau baisser. Il ne me reste plus qu'un quart, aussi ce matin ça a
été expédition trouver une station. Mais avant, sur le chemin, il
y a un grand truc vert à la queue interminable qui a détalé dans
les fourrés.
Un monstre tout droit sorti du temps des dinosaures. Je
me suis arrêté illico pour retourner vers là où il avait disparu.
C'est un iguane d'un vert qui fait mal aux yeux. Normal, avec la
végétation autour, c’est la meilleure couleur pour passer
inaperçu. Il était dans un arbre et est monté encore d'un cran dès
qu'il m'a vu m'approcher, tout en se cachant de l'autre côté du
tronc. Mais une fois qu'il s’est cru hors d'atteinte, mon appareil
photo avec son super-zoom a fait l'affaire. Super, pas tant que ça
depuis que le stabilisateur est en panne. Pour éviter au maximum le
flou à une telle amplitude, je suis obligé de passer en mode
priorité vitesse et d'utiliser le retardateur pour éviter le bougé
inéluctable de la pression sur le déclencheur.
Dans ces conditions,
il y a beaucoup de clichés de bestioles que j'ai ratés, parties
vaquer plus loin le temps que tout soit prêt. Heureusement un iguane
ce n'est pas très vivace et ça reste de longs instants figés.
Content de moi, je suis reparti. Pour mieux m'arrêter quelques
mètres plus loin. J'ai remarqué sur le bas côté une jolie plante
grimpante qui fait de grosses fleurs jaunes en ombrelle comme ces
parasols en papier que l'on met sur les coupes de glace. Je n'avais
jamais vue cette plante avant. Les voisins à côté étaient étonnés
de voir mon manège. Ben quoi, je suis comme ça, capable de faire
demi-tour pour une fleur !
Au niveau de Brasilito il
y a un car-wash où j'ai fait nettoyer la voiture.
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| Bahia Potrero |
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| La baie de Potrero |
Ici rien n'est en
self service. Il y a des petites mains prêtes à vous rendre
service, ce qu'on ne trouve plus chez nous. Parfois ça donne le
sentiment d’exploiter les gens mais apparemment ils ont l'air
d'aimer ce qu'ils font. Ça les occupe et ils en tirent un petit
revenu. C'est comme les laveries, c'est en fait chez quelqu'un chez
qui il faut sonner et qui vous lave et repasse le linge dans la
journée. Aussi il ne faut pas être pressé et rester au même
endroit si on veut récupérer ses affaires. Du coup je suis obligé
de laver mon linge comme je peux, au minimum. Le meilleur moyen pour
ne pas avoir à laver de sous vêtements c’est de ne pas en
porter ! Je suis toute la journée avec le short de bain qui se
nettoie quand je vais me baigner.
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| L'arrière de là où je me mets à Prieta |
Le T-shirt fait de nombreux jours,
je ne le porte que le soir. Il ne reste que la taie d'oreiller que je
lave dans la mer avec un peu de gel douche et en frottant avec du
sable grossier. Ça marche bien. Après, je finis par un petit coup
sous le bidon d'eau douce pour enlever le sel. Le car-wash est tenu
par un jeune, Oscar, qui se démène pour vous lustrer la voiture. Il
ne parle pas un mot d'anglais mais on se comprend en mimant le bruit
de l'aspirateur ! Pendant ce temps un gamin avec même pas
encore de poil aux jambes se charge de passer l'aspirateur et de
nettoyer les plastiques intérieurs. Rien n'est oublié. Ils y ont
passé une heure, tout guillerets, chantant par dessus des airs
diffusés par la radio, des classiques grandiloquents d'un autre
temps.
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| Playa Flamingo |
Ils grattaient le pare brise pour enlever le moindre insecte
incrusté. Pour la carrosserie c'est au karcher puis avec une grosse
éponge pleine de lessive, avant de rincer au jet et de passer un
chiffon pour essuyer minutieusement. Ils ont aussi lavé les pneus et
briqué les jantes avant de passer un produit brillant dessus. J'ai
même eu droit en touche finale à quelques coups de spray de sent
bon à la vanille. La voiture a l'air neuve. On n'ose même plus
rentrer dedans de peur de la salir. Je l'ai nettoyée pour la rendre
plus propre au loueur la semaine prochaine. Elle était en effet
couverte de boue et je ne tenais pas à ce qu'ils me facturent le
nettoyage pour voiture trop sale. En plus ça me permet de profiter
d'un intérieur tout propre pendant quelques jours.
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| L'heure de la sieste |
Pour le service,
compter 5000 colones, même pas 8 euros, sourires et accolades
comprises. Un travail très sérieux, tout dédié à notre
satisfaction, en espérant nous revoir un autre jour. Ça, c'est du
service ! Rien à voir avec ce qu'on trouve dans les Caraïbes
où l'on a l'impression de toujours emmerder plus qu'autre chose. Ici
les ticos sont contents de vous voir. C'est un autre monde. C'est
aussi ce qui fait le charme du pays.
Pour l'histoire de
l’essence c'est toute une affaire. Il faut faire plus de 40
kilomètres avant de trouver une station service. J'en ai essayé
deux avant qui étaient toutes fermées. Sur ce coup là j'ai maudit
le fait d'avoir dérogé à la règle de faire le plein dès qu'on
croise une station service et que le réservoir arrive à la moitié.
Ça m'aurait épargné toute cette route et la matinée que ça m'a
pris. Du coup, de retour, je me suis arrêté à Playa Flamingo qui
est sur le chemin. Question aussi de donner une autre chance à cette
plage que j'avais jugée trop vite. J'ai exploré un peu le secteur
en prenant des chemins qui conduisent aux villas accrochées aux
collines au dessus de la plage. C'est un vrai dédale de chemins
chaotiques au détour desquels se dégagent de magnifiques vue sur la
plage avec la baie de Potrero au loin, de l'autre côté. Le coin
ressemble beaucoup à l'idée que je me fais de Saint Barthélémy.
La plage est longée derrière par un chemin entre mangrove et bois.
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| Les villas de la plage de Prieta |
Par contre la plage est trop fréquentée pour moi. Elle est pleine
des mêmes arbres que l'on retrouve à Playa Prieta et qui gagnent
sur la plage. Du coup, pour avoir un peu de sable sec, il ne reste
que quelques endroits moins denses, à la base du tronc d'un arbre
plus grand, tous occupés déjà par une serviette et des glacières.
Je suis donc retourné à
Playa Prieta. Une valeur sûre. J'y ai retrouvé mon coin, comme je
l'avais laissé hier, avec les quatre cailloux pour éviter que la
serviette ne s'envole. Comme il ne restait plus que quatre heures
avant que le soleil ne se couche, j'ai laissé le hamac dans la
voiture et passé le plus clair de mon temps dans l'eau. Et à
prendre des photos. Je vais lasser tout le monde avec.
Il faut y être
pour ne pas s'en lasser. J'essaye de saisir des ambiances mais ça ne
marche pas. Le charme n'agit qu'à l'instant présent, en faisant
partie d'un tout. Aujourd'hui il fait très chaud et le sable foncé
est brûlant sous la plante des pieds. Les vagues s'y échouent et
s'évaporent en formant une fine fumée traversée d'un arc en ciel
qui glisse sur le sable. Il y a un moment que j'aime bien vers la fin
de l'après midi, fugace, où la mer devient bleu laiteux tandis que
le sable se pare de nuances rosées. C'est à ce moment là que le
soleil éclaire la jungle d'un coup de projecteur. C'est tout le sous
bois qui s’en trouve transcendé. Les lianes semblent alors plus
nombreuses et vivaces que jamais.
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| Vue de ma chambre grand luxe sur Playa Prieta! |
Dans les branches c'est un festival
d'oiseaux aux cris de toutes sortes. Il y en a pour tous les goûts.
Depuis celui qui siffle comme une sirène de police américaine, en
passant par des crépitements comme ces jeux électroniques d'éveil
pour bébés qui font tout un tas de bruits bizarres et énervants.
Il y en a un aussi qui me fait rire, qui chante comme si on le
pinçait en faisant « Hi ! Hi ! Hi ». Bref,
chaque jour je remarque quelque chose de nouveau et je ne suis pas
prêt de m'en lasser !












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