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lundi 22 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : entre Playa Flamingo et Playa Prieta

Playa Flamingo
La proximité de chaque plage de la baie de Potrero permet de ne rouler que quelques kilomètres par jour, entre sauts de puces d'une plage à l'autre et dîner au village. Mais à force, la jauge d’essence finit par battre de l'aile. Sur ce coup j'ai été un peu crétin. Quand j'ai quitté Papagayo, je suis passé devant plusieurs stations service mais j'attendais d'être plus près de la baie pour faire le plein. Seulement, aussi étrange que cela puisse paraître avec Playa Flamingo et Brasilito qui attirent nombre de touristes et locaux, il n'y a aucune station dans le secteur. Depuis, je stresse en voyant le niveau baisser. Il ne me reste plus qu'un quart, aussi ce matin ça a été expédition trouver une station. Mais avant, sur le chemin, il y a un grand truc vert à la queue interminable qui a détalé dans les fourrés. 
Un monstre tout droit sorti du temps des dinosaures. Je me suis arrêté illico pour retourner vers là où il avait disparu. C'est un iguane d'un vert qui fait mal aux yeux. Normal, avec la végétation autour, c’est la meilleure couleur pour passer inaperçu. Il était dans un arbre et est monté encore d'un cran dès qu'il m'a vu m'approcher, tout en se cachant de l'autre côté du tronc. Mais une fois qu'il s’est cru hors d'atteinte, mon appareil photo avec son super-zoom a fait l'affaire. Super, pas tant que ça depuis que le stabilisateur est en panne. Pour éviter au maximum le flou à une telle amplitude, je suis obligé de passer en mode priorité vitesse et d'utiliser le retardateur pour éviter le bougé inéluctable de la pression sur le déclencheur. 
Dans ces conditions, il y a beaucoup de clichés de bestioles que j'ai ratés, parties vaquer plus loin le temps que tout soit prêt. Heureusement un iguane ce n'est pas très vivace et ça reste de longs instants figés. Content de moi, je suis reparti. Pour mieux m'arrêter quelques mètres plus loin. J'ai remarqué sur le bas côté une jolie plante grimpante qui fait de grosses fleurs jaunes en ombrelle comme ces parasols en papier que l'on met sur les coupes de glace. Je n'avais jamais vue cette plante avant. Les voisins à côté étaient étonnés de voir mon manège. Ben quoi, je suis comme ça, capable de faire demi-tour pour une fleur !

Bahia Potrero
Au niveau de Brasilito il y a un car-wash où j'ai fait nettoyer la voiture. 
La baie de Potrero
Ici rien n'est en self service. Il y a des petites mains prêtes à vous rendre service, ce qu'on ne trouve plus chez nous. Parfois ça donne le sentiment d’exploiter les gens mais apparemment ils ont l'air d'aimer ce qu'ils font. Ça les occupe et ils en tirent un petit revenu. C'est comme les laveries, c'est en fait chez quelqu'un chez qui il faut sonner et qui vous lave et repasse le linge dans la journée. Aussi il ne faut pas être pressé et rester au même endroit si on veut récupérer ses affaires. Du coup je suis obligé de laver mon linge comme je peux, au minimum. Le meilleur moyen pour ne pas avoir à laver de sous vêtements c’est de ne pas en porter ! Je suis toute la journée avec le short de bain qui se nettoie quand je vais me baigner.
L'arrière de là où je me mets à Prieta
Le T-shirt fait de nombreux jours, je ne le porte que le soir. Il ne reste que la taie d'oreiller que je lave dans la mer avec un peu de gel douche et en frottant avec du sable grossier. Ça marche bien. Après, je finis par un petit coup sous le bidon d'eau douce pour enlever le sel. Le car-wash est tenu par un jeune, Oscar, qui se démène pour vous lustrer la voiture. Il ne parle pas un mot d'anglais mais on se comprend en mimant le bruit de l'aspirateur ! Pendant ce temps un gamin avec même pas encore de poil aux jambes se charge de passer l'aspirateur et de nettoyer les plastiques intérieurs. Rien n'est oublié. Ils y ont passé une heure, tout guillerets, chantant par dessus des airs diffusés par la radio, des classiques grandiloquents d'un autre temps. 
Playa Flamingo
Ils grattaient le pare brise pour enlever le moindre insecte incrusté. Pour la carrosserie c'est au karcher puis avec une grosse éponge pleine de lessive, avant de rincer au jet et de passer un chiffon pour essuyer minutieusement. Ils ont aussi lavé les pneus et briqué les jantes avant de passer un produit brillant dessus. J'ai même eu droit en touche finale à quelques coups de spray de sent bon à la vanille. La voiture a l'air neuve. On n'ose même plus rentrer dedans de peur de la salir. Je l'ai nettoyée pour la rendre plus propre au loueur la semaine prochaine. Elle était en effet couverte de boue et je ne tenais pas à ce qu'ils me facturent le nettoyage pour voiture trop sale. En plus ça me permet de profiter d'un intérieur tout propre pendant quelques jours. 
L'heure de la sieste
Pour le service, compter 5000 colones, même pas 8 euros, sourires et accolades comprises. Un travail très sérieux, tout dédié à notre satisfaction, en espérant nous revoir un autre jour. Ça, c'est du service ! Rien à voir avec ce qu'on trouve dans les Caraïbes où l'on a l'impression de toujours emmerder plus qu'autre chose. Ici les ticos sont contents de vous voir. C'est un autre monde. C'est aussi ce qui fait le charme du pays.
Pour l'histoire de l’essence c'est toute une affaire. Il faut faire plus de 40 kilomètres avant de trouver une station service. J'en ai essayé deux avant qui étaient toutes fermées. Sur ce coup là j'ai maudit le fait d'avoir dérogé à la règle de faire le plein dès qu'on croise une station service et que le réservoir arrive à la moitié. 
Ça m'aurait épargné toute cette route et la matinée que ça m'a pris. Du coup, de retour, je me suis arrêté à Playa Flamingo qui est sur le chemin. Question aussi de donner une autre chance à cette plage que j'avais jugée trop vite. J'ai exploré un peu le secteur en prenant des chemins qui conduisent aux villas accrochées aux collines au dessus de la plage. C'est un vrai dédale de chemins chaotiques au détour desquels se dégagent de magnifiques vue sur la plage avec la baie de Potrero au loin, de l'autre côté. Le coin ressemble beaucoup à l'idée que je me fais de Saint Barthélémy. La plage est longée derrière par un chemin entre mangrove et bois. 
Les villas de la plage de Prieta
Par contre la plage est trop fréquentée pour moi. Elle est pleine des mêmes arbres que l'on retrouve à Playa Prieta et qui gagnent sur la plage. Du coup, pour avoir un peu de sable sec, il ne reste que quelques endroits moins denses, à la base du tronc d'un arbre plus grand, tous occupés déjà par une serviette et des glacières.
Je suis donc retourné à Playa Prieta. Une valeur sûre. J'y ai retrouvé mon coin, comme je l'avais laissé hier, avec les quatre cailloux pour éviter que la serviette ne s'envole. Comme il ne restait plus que quatre heures avant que le soleil ne se couche, j'ai laissé le hamac dans la voiture et passé le plus clair de mon temps dans l'eau. Et à prendre des photos. Je vais lasser tout le monde avec. 
Il faut y être pour ne pas s'en lasser. J'essaye de saisir des ambiances mais ça ne marche pas. Le charme n'agit qu'à l'instant présent, en faisant partie d'un tout. Aujourd'hui il fait très chaud et le sable foncé est brûlant sous la plante des pieds. Les vagues s'y échouent et s'évaporent en formant une fine fumée traversée d'un arc en ciel qui glisse sur le sable. Il y a un moment que j'aime bien vers la fin de l'après midi, fugace, où la mer devient bleu laiteux tandis que le sable se pare de nuances rosées. C'est à ce moment là que le soleil éclaire la jungle d'un coup de projecteur. C'est tout le sous bois qui s’en trouve transcendé. Les lianes semblent alors plus nombreuses et vivaces que jamais. 
Vue de ma chambre grand luxe sur Playa Prieta!
Dans les branches c'est un festival d'oiseaux aux cris de toutes sortes. Il y en a pour tous les goûts. Depuis celui qui siffle comme une sirène de police américaine, en passant par des crépitements comme ces jeux électroniques d'éveil pour bébés qui font tout un tas de bruits bizarres et énervants. Il y en a un aussi qui me fait rire, qui chante comme si on le pinçait en faisant « Hi ! Hi ! Hi ». Bref, chaque jour je remarque quelque chose de nouveau et je ne suis pas prêt de m'en lasser !

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