Je fais comme les
touristes de Papagayo : toujours besoin d'aller voir ailleurs.
Tandis que je quittais la péninsule de Papagayo, je me demandais
toujours où j'allais aller. Retenter une découverte de Playa del
Coco et Playa Hermosa ou filer vers les valeurs sures de la baie de
Potrero ? Ce qui m'a décidé c’est le souvenir des gardes à
chaque parking à qui il faut laisser des dollars. Plus le fait de me
retrouver sur des plages pleines de monde. Direction donc la baie de
Potrero. Et qu'est ce qu'on trouve en premier ? Playa Conchal !
Inutile d'aller plus loin, c’est la plus belle plage du secteur -
si ce n’est du pays - et c'est un vrai bonheur de me retrouver sur
cette plage de sable blanc en forme de croissant entourée de
collines vertes et boisées.
Au passage, ils sont en train de
transformer la côte autour de Brasilito. Et de façon irrémédiable.
Il y a un vaste terrain dont on peut encore acquérir des lots pour
49.000 $. Un plan mentionne ceux qui restent avec aucun à plus de 5
minutes à pied de la plage. Ceux les plus près de la côte sont
déjà tous partis, il ne reste plus que ceux du fond. Ils sont tous
à touche touche et ça formera sans doute un complexe de lotissement
de luxe pour expatriés. Une fois le lot acquis on a le choix entre
deux villas. Une de deux chambres à 149.000 dollars ou bien le
modèle au dessus de trois chambres à 199.000 $. Après on peut y
ajouter des trucs en plus comme piscine, garage...
En tout cas avec
des prix qui commencent à 200.000$ soit 160.000 euros tout compris,
vous ne pourrez jamais vous offrir un truc comme ça en France ou dans les DOM. C'est ce que les précédents acquéreurs ont bien compris.
Même si c'est tentant, je suis contre ce truc. Ça fait monter les
prix pour les locaux qui ne trouvent plus à se loger, ça défriche
des endroits sauvages et ça amène plus de touristes et fait donc
grimper le prix de tout. Sans compter qu'avec un statut de
propriétaire, ce sont des charges et impôts qui vous tombent sur le
dos et l'obligation d'y venir régulièrement sans jamais pouvoir
aller ailleurs. Ça pourrait valoir le coup pour s'y installer à
demeure. Mais est-ce que je me vois toute l'année ici ? On
finit toujours par se lasser même des meilleures choses. Je
préférerais avoir un beau camping car.
Le meilleur spot de la
plage se trouve tout au bout, là où commence un parc national, une
fois passé les chaises longues, parkings, stands de location de
quads et jet-skis. Il faut tracer direct en roulant tantôt sur la
plage tantôt dans le bois derrière sur une piste pleine de creux,
de bosses et de racines qui tente de se frayer un chemin en tournant
autour des arbres. Il y a aussi une colline rocailleuse à grimper en
l'attaquant direct à la verticale. Passé un ou deux hôtels de
luxe, on a la plage pour soi tout seul. Ou presque. Mes coins favoris
sont déjà tous squattés par des familles bruyantes, américaines
ou ticos. Ce sont les vacances scolaires de Noël.
Pour les ticos ça
commence demain mais les étudiants doivent avoir terminé plus tôt
car c’est plein de groupes de jeunes. Du coup, impossible de
trouver un endroit calme. Il va falloir que je m'y fasse pour la
dizaine de jours qu'il me reste. D’ordinaire je fuis toujours ce
qui est vacances et week-ends. Mais parfois il faut faire avec. En
tout cas, j'ai une possibilité de repli. Je pense que Playa Dantita
devrait continuer à être tranquille de part sa relative difficulté
d'accès. Car les ticos se déplacent toujours avec plein de barda,
de lourdes glacières pour manger et boire toute la journée, ainsi
que des chaises pliantes et tables de pique-nique. Ils adorent donc
tous les endroits où l'on peut garer sa voiture juste derrière la
plage. A Conchal c'est encore mieux, on peut laisser sa voiture sous
les arbres et poser sa serviette au pied du volant, les oreilles dans
la sono.
Aujourd'hui il y a du
vent ce qui donne de belles grosse vagues qui font la joie des gosses
qui hurlent encore plus fort. Pour moi, ça donne une plage lisse et
polie du plus bel effet où chaque vague vient effacer les traces de
ceux qui se promènent. Avec le temps qui me reste et maintenant que
j'ai fait le tour du nord-ouest du pays, je me demandais si je
n'allais pas tenter un nouvel essai vers les Caraïbes. Mais la
perspective de 10 heures de route conjuguée à un temps incertain
voire exécrable me fait préférer rester là tranquillement. Et
puis si je me lasse, je pourrai toujours retourner à Papagayo. C'est
ce qui est bien avec toutes ces plages à proximité !






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