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mardi 9 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : autour de Tamarindo

Playa Conchal
Je remonte doucement vers le nord où je vais finir l'exploration de la péninsule au niveau de Tamarindo. Je ne pense pas continuer plus au delà car la partie nord de la presqu'île est très bétonnée d'après mon guide. Il semblerait que les promoteurs s'y soient donnés à cœur joie en construisant des immeubles et des condominiums qui défigurent un paysage autrefois idyllique. Je ne suis pas très adepte des paradis perdus. Mais avant cela la côte recèle quelques plages sauvages difficiles d'accès où l'on peut se retrouver tout seul. Ce sont des pistes qui y mènent. Je m'étais dit : plus jamais de piste, après les déboires du pneu crevé mais après tout, pour quelques kilomètres en roulant au pas, je suis prêt à réitérer l'expérience.
Playa Samara
J'ai croisé des voitures et des camions qui roulaient en trombe et même des touristes dans la même voiture que moi qui semblaient sûrs d'eux et de leur engin. Moi je n'ai plus confiance, chaque piste est une angoisse. On va dire que je n'ai pas eu de chance car j'ai connu des pistes bien pires en Namibie où j'ai roulé pendant un mois dessus avec une voiture classique sans jamais crever et en roulant pourtant parfois très vite. Et là j'ai pourtant des pneus tout neufs..
Au nord de Samara se trouve le village de Nosara, recommandé par le Lonely Planet. Vous n'en verrez rien, il faut prendre un chemin sur trente kilomètres en remontant dans les terres. Trop long. 
Playa Junquillal
En plus, j'ai regardé sur internet et les plages autour, Playa Guiones et Garza, sont moins belles que Playa Carrillo. Oui je triche. On va dire que je n'ai plus la surprise des endroits que je découvre mais cela m'évite des détours sur des pistes pour des plages qui n'en valent pas forcément la peine. Car sur ce coup je trouve que mon guide s'extasie trop facilement sur des plages qui donnent toutes envie. Certes c’est la vocation première d'un guide que de donner envie d'explorer le pays mais au final, on ne sait plus ce qui est incontournable de ce qui l'est moins. Avec Internet c’est facile, il suffit de regarder les images de la plage.
On trouve toute une série de plages au sud de Tamarindo. 
Playa Junquillal
Pour s'y rendre, il faut traverser la péninsule à l'est pour rejoindre Nicoya puis de là retraverser vers l'ouest. C'est un sacré détour mais la seule solution si l'on veut rouler sur des routes dignes de ce nom le plus possible. C'est ainsi qu'on arrive à Playa Junquillal, la plus intéressante de toutes. C'est une longue plage frangée de quelques cocotiers avec ces liserons des sables qui gagent la plage en lianes rampantes ornées de fleurs violettes fripées comme du papier crépon. Il y a un seul hôtel derrière, bien au calme, dans un jardin plein de bougainvillées et de plantes du potager. C'est très tranquille et la plage mérite un détour pour cela. En revanche, à moins de cinq kilomètres de là vers le nord on tombe sur Playa Negra. 
Playa Avellana
C'est une plage qui ne sert à rien. Elle est entourée de rochers et d'arbres comme des acacias qui procurent une ombre bien maigre. Le sable n'est présent que le long d'un mince ruban qui peut faire illusion à marée haute. A marée basse, baignade impossible. Et justement c'est marée basse. Du coup, circulez, y a rien à voir. La plage d'après c'est Playa Avellana. C'est une plage très grande où l'on peut cette fois se baigner quelque que soit le niveau de l'eau mais maintenant c’est le cadre qui fait défaut. Pas de cocotier, juste quelques arbustes et de l'herbe folle qui vient mourir sur le sable. Après avoir vu Playa Carrillo vous pouvez donc ignorer toute la côte jusqu'à Tamarindo. Aucune plage pour rivaliser. 

Playa Conchal

Playa Conchal
Tamarindo est une bourgade qui dispose d'une plage et même d'un parc national qui s'étend au nord de la ville. C'est une ville réputée pour ses spots de surf et pour la fête perpétuelle qui semble animer ses rues. En revanche, elle est aussi le fief de trafics de drogue et de prostitution. Mon guide met en garde les touristes sur les risques d'effraction de voiture, plus élevés qu'ailleurs et révèle que des personnes se sont fait assassinées ou enlevées au cours des dernières années. Avec un tel tableau, je n'ai même pas daigné voir à quoi ça ressemblait. J'ai plutôt une autre idée derrière la tête, celle de découvrir Playa Real, nullement référencée dans le guide mais trouvée sur internet lors de mes recherches et décrite comme la plus belle de toute la péninsule. 
Pour la trouver, il faut se rendre à Brasilito puis longer la mer vers l'ouest. En théorie. Car en faisant cela on arrive à Playa Conchal, terminus avant un estuaire qui marque le début du parc national de Tamarindo. Playa Real doit donc être dans le parc et je ne sais pas encore comment on peut y arriver. Mais cela n’est pas bien grave car Playa Conchal est absolument une perle merveilleuse. C'est une plage où la jungle donne sur une plage de sable blanc et aux eaux qui varient entre le turquoise et l'émeraude selon la profondeur. C'est l'un des rares endroits de la côte Pacifique avec du sable blanc. Et c’est la première plage que je vois comme ça. 
Elle tire sa particularité de débris de coquillages qui ont donné le nom à la plage. Avec des petites collines arides et des voiliers qui ont jeté l'ancre dans la baie, le paysage fait très plage des Antilles. Pour un peu on pourrait se croire aux Saintes ou aux Grenadines, avec les mêmes pélicans qui flottent en dodelinant comme un canard en plastique dans une baignoire.
Oubliez la partie est de la plage, la plus proche de Brasilito où se concentrent les familles, les barbecues et les divertissements pour touristes proposés sous forme de balade en quad, jetski ou encore à cheval. Plus on va vers l'ouest et plus on a la plage pour soi tout seul. 
Une piste de sable longe la plage tout du long, derrière un monticule de sorte qu'on ne la voit pas depuis sa serviette. Avec un 4x4 c’est très praticable. Par contre au bout d'un moment on est stoppé par une mangrove aux eaux sombres et bordée de palétuviers du pied desquels des genres de hérons à grandes pattes scrutent la surface de l'eau en picorant tout ce qui y bouge. Il y en a des blancs, les plus beaux, mais aussi des noirs, de la même taille. Ils sont très graciles, avançant délicatement et lentement comme sur des œufs pour prendre par surprise les petits poissons. Tandis que j'étais à quatre pattes à m'extasier de la prise de vue que j'allais réaliser où la lumière et les reflets sur l'eau sublimait l'animal, une horde d'américains bruyants est arrivée, verre de margarita à la main et un soud-system dans l'autre. 
Évidemment ça a fait fuir le volatile que je convoitais. J'aurais eu un fusil je les aurais mitraillés sur place. Cerise sur le gâteau ils sont restés là à bavasser, devant la mangrove. Il faut dire que l'endroit est somptueux car il y a une mince bande de sable qui forme comme un banc entre la mangrove et l'océan. Heureusement une fois qu'ils ont dégagé l'oiseau est revenu là où il était et j'ai pu avoir la photo que je voulais.
Pour le pique nique j'ai de la papaye au menu. J'aurais préféré une mangue mais sur l'étal d'une rue de Samara où je l'ai achetée ils n'en avaient pas. La papaye est de la même couleur mais a une forme de haricot géant orange. 
Ça embaume la merde de chien dans la voiture aussi je l'ai sacrifiée au plus vite. Heureusement ça n'a pas goût de ce que ça sent et c'est même délicieux, avec un petit goût d'abricot bien mûr. Par contre il faut prendre bien soin d'enlever les graines qui ressemblent à celles des fruits de la passion. Elles sont très poivrées. Y a pas à dire, c'est chouette les tropiques ! Après un petit temps d'adaptation au climat et au pays après mon périple aux États-Unis, je suis à fond dans le bain et je retrouve les sensations polynésiennes de mon tour du monde à me tripoter les doigts de pieds assis dans la mer de l'eau au cou. 
Le sable blanc et l'eau turquoise doivent aussi beaucoup faire effet. Avec un tel décor, une telle ambiance et une mer calme qui descend rapidement sur un sable fin comme de la farine, je reste des heures dans l'eau jusqu'à ce que la peau devienne complètement ridée. C’est le signal. Tant qu’elle n’est pas comme ça c’est qu'il n'est pas encore l'heure de sortir ! Pendant ce temps je m'écrie à voix haute : « on est mieux là qu'au bureau ! » Je devrais pourtant m'y être fait depuis le temps que je ne travaille plus mais je n'en finis plus de décompresser. Je ne suis pas pressé de retrouver une vie normale. Après tout c’est peut être cette vie qui est faite pour moi.
En quittant la plage plongée dans les hurlements des singes de plus en plus fréquents, j'ai aperçu une bestiole que j'ai prise pour un raton laveur. C'est même plus gros et ça n'a rien à voir. L'animal fouinait sous les feuilles, cherchant de quoi se mettre quelque chose sous la dent avant de finir devant les poubelles. Je l'ai suivi pour lui tirer le portrait. Les photos ne sont pas très nettes car la lumière faisait défaut mais ça permet de donner une idée de ce à quoi ça ressemble. Je ne sais pas dut tout ce que c’est comme créature. Je n'en ai jamais vue avant. Je sens que je ne suis pas au bout de nouvelles découvertes. Ça tombe bien, je ne demande que ça !

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