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| Playa Conchal |
Je remonte doucement vers
le nord où je vais finir l'exploration de la péninsule au niveau de
Tamarindo. Je ne pense pas continuer plus au delà car la partie nord
de la presqu'île est très bétonnée d'après mon guide. Il
semblerait que les promoteurs s'y soient donnés à cœur joie en
construisant des immeubles et des condominiums qui défigurent un
paysage autrefois idyllique. Je ne suis pas très adepte des paradis
perdus. Mais avant cela la côte recèle quelques plages sauvages
difficiles d'accès où l'on peut se retrouver tout seul. Ce sont des
pistes qui y mènent. Je m'étais dit : plus jamais de piste,
après les déboires du pneu crevé mais après tout, pour quelques
kilomètres en roulant au pas, je suis prêt à réitérer
l'expérience.
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| Playa Samara |
J'ai croisé des voitures et des camions qui roulaient
en trombe et même des touristes dans la même voiture que moi qui
semblaient sûrs d'eux et de leur engin. Moi je n'ai plus confiance,
chaque piste est une angoisse. On va dire que je n'ai pas eu de
chance car j'ai connu des pistes bien pires en Namibie où j'ai roulé
pendant un mois dessus avec une voiture classique sans jamais crever
et en roulant pourtant parfois très vite. Et là j'ai pourtant des
pneus tout neufs..
Au nord de Samara se
trouve le village de Nosara, recommandé par le Lonely Planet. Vous
n'en verrez rien, il faut prendre un chemin sur trente kilomètres en
remontant dans les terres. Trop long.
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| Playa Junquillal |
En plus, j'ai regardé sur
internet et les plages autour, Playa Guiones et Garza, sont moins
belles que Playa Carrillo. Oui je triche. On va dire que je n'ai plus
la surprise des endroits que je découvre mais cela m'évite des
détours sur des pistes pour des plages qui n'en valent pas forcément
la peine. Car sur ce coup je trouve que mon guide s'extasie trop
facilement sur des plages qui donnent toutes envie. Certes c’est la
vocation première d'un guide que de donner envie d'explorer le pays
mais au final, on ne sait plus ce qui est incontournable de ce qui
l'est moins. Avec Internet c’est facile, il suffit de regarder les
images de la plage.
On trouve toute une série
de plages au sud de Tamarindo.
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| Playa Junquillal |
Pour s'y rendre, il faut traverser la
péninsule à l'est pour rejoindre Nicoya puis de là retraverser
vers l'ouest. C'est un sacré détour mais la seule solution si l'on
veut rouler sur des routes dignes de ce nom le plus possible. C'est
ainsi qu'on arrive à Playa Junquillal, la plus intéressante de
toutes. C'est une longue plage frangée de quelques cocotiers avec
ces liserons des sables qui gagent la plage en lianes rampantes
ornées de fleurs violettes fripées comme du papier crépon. Il y a
un seul hôtel derrière, bien au calme, dans un jardin plein de
bougainvillées et de plantes du potager. C'est très tranquille et
la plage mérite un détour pour cela. En revanche, à moins de cinq
kilomètres de là vers le nord on tombe sur Playa Negra.
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| Playa Avellana |
C'est une
plage qui ne sert à rien. Elle est entourée de rochers et d'arbres
comme des acacias qui procurent une ombre bien maigre. Le sable n'est
présent que le long d'un mince ruban qui peut faire illusion à
marée haute. A marée basse, baignade impossible. Et justement c'est
marée basse. Du coup, circulez, y a rien à voir. La plage d'après
c'est Playa Avellana. C'est une plage très grande où l'on peut
cette fois se baigner quelque que soit le niveau de l'eau mais
maintenant c’est le cadre qui fait défaut. Pas de cocotier, juste
quelques arbustes et de l'herbe folle qui vient mourir sur le sable.
Après avoir vu Playa Carrillo vous pouvez donc ignorer toute la côte
jusqu'à Tamarindo. Aucune plage pour rivaliser.
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| Playa Conchal |
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| Playa Conchal |
Tamarindo est une
bourgade qui dispose d'une plage et même d'un parc national qui
s'étend au nord de la ville. C'est une ville réputée pour ses
spots de surf et pour la fête perpétuelle qui semble animer ses
rues. En revanche, elle est aussi le fief de trafics de drogue et de
prostitution. Mon guide met en garde les touristes sur les risques
d'effraction de voiture, plus élevés qu'ailleurs et révèle que
des personnes se sont fait assassinées ou enlevées au cours des
dernières années. Avec un tel tableau, je n'ai même pas daigné
voir à quoi ça ressemblait. J'ai plutôt une autre idée derrière
la tête, celle de découvrir Playa Real, nullement référencée
dans le guide mais trouvée sur internet lors de mes recherches et
décrite comme la plus belle de toute la péninsule.
Pour la trouver,
il faut se rendre à Brasilito puis longer la mer vers l'ouest. En
théorie. Car en faisant cela on arrive à Playa Conchal, terminus
avant un estuaire qui marque le début du parc national de Tamarindo.
Playa Real doit donc être dans le parc et je ne sais pas encore
comment on peut y arriver. Mais cela n’est pas bien grave car Playa
Conchal est absolument une perle merveilleuse. C'est une plage où la
jungle donne sur une plage de sable blanc et aux eaux qui varient
entre le turquoise et l'émeraude selon la profondeur. C'est l'un des
rares endroits de la côte Pacifique avec du sable blanc. Et c’est
la première plage que je vois comme ça.
Elle tire sa particularité
de débris de coquillages qui ont donné le nom à la plage. Avec des
petites collines arides et des voiliers qui ont jeté l'ancre dans la
baie, le paysage fait très plage des Antilles. Pour un peu on
pourrait se croire aux Saintes ou aux Grenadines, avec les mêmes
pélicans qui flottent en dodelinant comme un canard en plastique
dans une baignoire.
Oubliez la partie est de
la plage, la plus proche de Brasilito où se concentrent les
familles, les barbecues et les divertissements pour touristes
proposés sous forme de balade en quad, jetski ou encore à cheval.
Plus on va vers l'ouest et plus on a la plage pour soi tout seul.
Une
piste de sable longe la plage tout du long, derrière un monticule de
sorte qu'on ne la voit pas depuis sa serviette. Avec un 4x4 c’est
très praticable. Par contre au bout d'un moment on est stoppé par
une mangrove aux eaux sombres et bordée de palétuviers du pied
desquels des genres de hérons à grandes pattes scrutent la surface
de l'eau en picorant tout ce qui y bouge. Il y en a des blancs, les
plus beaux, mais aussi des noirs, de la même taille. Ils sont très
graciles, avançant délicatement et lentement comme sur des œufs
pour prendre par surprise les petits poissons. Tandis que j'étais à
quatre pattes à m'extasier de la prise de vue que j'allais réaliser
où la lumière et les reflets sur l'eau sublimait l'animal, une
horde d'américains bruyants est arrivée, verre de margarita à la
main et un soud-system dans l'autre.
Évidemment ça a fait fuir le
volatile que je convoitais. J'aurais eu un fusil je les aurais
mitraillés sur place. Cerise sur le gâteau ils sont restés là à
bavasser, devant la mangrove. Il faut dire que l'endroit est
somptueux car il y a une mince bande de sable qui forme comme un banc
entre la mangrove et l'océan. Heureusement une fois qu'ils ont
dégagé l'oiseau est revenu là où il était et j'ai pu avoir la
photo que je voulais.
Pour le pique nique j'ai
de la papaye au menu. J'aurais préféré une mangue mais sur l'étal
d'une rue de Samara où je l'ai achetée ils n'en avaient pas. La
papaye est de la même couleur mais a une forme de haricot géant
orange.
Ça embaume la merde de chien dans la voiture aussi je l'ai
sacrifiée au plus vite. Heureusement ça n'a pas goût de ce que ça
sent et c'est même délicieux, avec un petit goût d'abricot bien
mûr. Par contre il faut prendre bien soin d'enlever les graines qui
ressemblent à celles des fruits de la passion. Elles sont très
poivrées. Y a pas à dire, c'est chouette les tropiques ! Après
un petit temps d'adaptation au climat et au pays après mon périple
aux États-Unis, je suis à fond dans le bain et je retrouve les
sensations polynésiennes de mon tour du monde à me tripoter les
doigts de pieds assis dans la mer de l'eau au cou.
Le sable blanc et
l'eau turquoise doivent aussi beaucoup faire effet. Avec un tel
décor, une telle ambiance et une mer calme qui descend rapidement
sur un sable fin comme de la farine, je reste des heures dans l'eau
jusqu'à ce que la peau devienne complètement ridée. C’est le
signal. Tant qu’elle n’est pas comme ça c’est qu'il n'est pas
encore l'heure de sortir ! Pendant ce temps je m'écrie à voix
haute : « on est mieux là qu'au bureau ! » Je
devrais pourtant m'y être fait depuis le temps que je ne travaille
plus mais je n'en finis plus de décompresser. Je ne suis pas pressé
de retrouver une vie normale. Après tout c’est peut être cette
vie qui est faite pour moi.
En quittant la plage
plongée dans les hurlements des singes de plus en plus fréquents,
j'ai aperçu une bestiole que j'ai prise pour un raton laveur. C'est
même plus gros et ça n'a rien à voir. L'animal fouinait sous les
feuilles, cherchant de quoi se mettre quelque chose sous la dent
avant de finir devant les poubelles. Je l'ai suivi pour lui tirer le
portrait. Les photos ne sont pas très nettes car la lumière faisait
défaut mais ça permet de donner une idée de ce à quoi ça
ressemble. Je ne sais pas dut tout ce que c’est comme créature. Je
n'en ai jamais vue avant. Je sens que je ne suis pas au bout de
nouvelles découvertes. Ça tombe bien, je ne demande que ça !














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