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dimanche 7 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : Samara

Playa Samara
Ce matin en sortant de la voiture, j'ai fait mon inspection habituelle des pneus. On ne sait jamais. Et là, angoisse : j'ai un pneu crevé à l'arrière gauche. Incrédule, j'ai dû m'essuyer les yeux encore embrumés de sommeil pour être sûr que ma vue n'était pas floue. Mais non. Le pneu ressemble à une patate rance et ridée oubliée trop longtemps dans un placard. Pour mettre de bonne humeur, je me suis mis à changer la roue. C'est la première fois de ma vie que ça m'arrive. Au début j'avais mis le cric au mauvais endroit. En position maximum ça ne soulevait rien. J'ai cru qu'ils m'avaient refilé un cric de bagnole alors que le 4x4 est bien plus haut sur roues. Mais non, il y a écrit dessus Daihatsu Terios. 
Playa Isleta de nuit, depuis la voiture en train de se dégonfler!
C'est donc bien l'officiel. Un petit autocollant indique là où il faut le placer, directement sous l'essieu. Il suffisait de le dire ! Pour dévisser la roue c'est encore une autre histoire, les écrous ayant été serrés au maximum. Il aura fallu remettre la voiture sur ses roues afin de pouvoir forcer sur la clé sans risquer de plier le cric.
Je comptais passer la journée à Isleta tant c’est tranquille avec cette petite anse de pirates mais le cœur n'y est plus. Je n'ai désormais plus qu'une hâte : retrouver des routes normales. Je ne comprends pas comment ça a pu m'arriver. Crever dès le premier jour sur piste avec un 4x4, c'est un comble ! Les gens roulent tous là dedans comme des dératés, motos comprises. 
Le rio à traverser pour Samara. On va prendre le pont...
Je suis allé demandé de l'aide à l'hôtel d'Isleta pour savoir si je pourrais faire réparer le pneu à Samara, le village le plus proche à une trentaine de kilomètres. Je suis tombé sur un gars serviable qui ne voulait pas que je reprenne la route sans roue de secours. Il a donné un coup de fil à un ami et m'a demandé de le suivre. Je suis arrivé à une maison qui faisait office de garage local. Le type avait des pneus usés jusqu'à la corde et une station de gonflage. Après avoir regonflé la roue et aspergé de l'eau dessus, il a identifié le trou. « Una piedra ! » Avec un tournevis il a ensuite agrandi le trou qu'il a comblé avec une mèche de caoutchouc collante comme du chewing-gum. Je n'aurais pas confiance pour rouler avec mais au moins ça peut faire roue de secours. 
Playa Carrillo
En revanche, c'en est fini des pistes. J'ai revu tout mon programme. La péninsule étant largement le domaine des pistes, je vais raccourcir nettement son exploration. Tout ça pour voir des plages, c’est un peu débile, j'en avais une très belle à Manuel Antonio. Je compte désormais conduire uniquement sur des routes normales pour une tranquillité d'esprit. Et tant pis si le 4x4 ne me servira plus à rien. Du coup je vais faire mon tour du Costa Rica bien plus vite que prévu.
Pour rejoindre Samara, il y a deux solutions : longer la côte et traverser une large rivière dont on est prévenu du danger par un panneau ou remonter vers l'est en se rallongeant mais en trouvant un pont. Inutile de dire l'option que j'ai choisie. A présent je roule à 15 à l’heure sur les pistes. Même les vélos me doublent. 
Playa Samara
Heureusement, juste après le pont, on récupère la route qui mène à Samara. On y arrive en longeant Playa Carrillo, une superbe plage en croissant de lune ourlée de cocotiers plantés en raies comme des cheveux de poupée. La plage est très prisées des ticos qui envahissent la plage le dimanche par familles entières. C'est aussi pour cela que je voulais rester aujourd'hui à Isleta. Pas grave, j'ai demain pour apprécier cette plage en toute tranquillité. Car je compte rester à Samara quelques jours. C'est un village animé avec de nombreux restaurants et hôtels où les touristes, pour la plupart américains, passent la journée accoudés aux différents bars qui donnent sur la plage de Samara. Cette plage est aussi très belle. Elle est immense et entourée de jungle et de collines. A marée basse elle est encore plus spectaculaire, offrant une étendue de sable où un gros avion pourrait se poser à l'aise.

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