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| Playa Biezans |
Au nord de la baie de
Manuel Antonio se trouve une baie secrète : Playa Biezans. Peu
de personnes viennent là car pour la trouver ce n'est pas ce qui est
le plus facile à pied. La grande majorité des touristes ne sont en
effet pas motorisés, arrivés à Manuel Antonio par le bus de San
José. C'est d'ailleurs de par la relative proximité de la capitale
et des horaires de bus fréquents que cette partie de la côté est
la plus visitée. Du coup les infrastructures et hôtels ont poussé
comme des champignons. Heureusement la loi du Costa Rica interdit
toute construction à moins de 100 mètres du rivage, même s'il y a
des passe-droits en laissant quelques billets au passage. En voiture,
pour trouver la plage, c'est simple, c'est fléché.
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| Playa Espadilla |
Il faut quitter
la route du haut pour Manuel Antonio en bifurquant vers l'hôtel
Parador. Juste avant, à un endroit préservé de constructions, se
trouve le départ du sentier, gardé par Antonio qui se propose de
surveiller votre voiture. Il faudra laisser 4 dollars pour le
service. Je l'ai appris un jour où je m'étais garé le long de la
plage d'Espadilla. Depuis, je me gare à distance, prenant le risque
de me faire cambrioler. Les rares visiteurs font tous comme moi, le
pauvre Antonio n'a rien à se mettre sous la dent et son mini parking
reste désert, les gens préférant se garer comme ils peuvent à
moitié dans le fossé car la route est très étroite et sans bas
côté.
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| Playa Biezans |
Le sentier pour la plage
traverse la forêt qui bruisse de chants d'oiseaux, d'insectes et de
grenouilles. Tous les sons se mêlent de sorte qu'on ne sait plus à
qui appartient tel cri. Ce n'est pas ce qui est le plus important. Il
faut se laisser imprégner par la lumière qui filtre à travers la
canopée, écouter la nature et observer les plantes. Il y a des
fleurs partout dans les arbres. Elles me sont toutes familières mais
j'en ignore les noms. Par contre il y a une plante que je n'avais
jamais encore vue. C'est un arbuste (toutes les fleurs poussent sur
des plantes géantes qui nous dépassent) avec une drôle de fleur
blanche en corolle en haut d'un épi rouge-brun.
Par contre elle ne
sent pas. Rares sont les fleurs tropicales à sentir du reste. A part
une espèce d'herbe qui ne paye pas de mine et que j'ai repérée sur
la plage principale, intrigué par un puissant parfum merveilleux et
sucré qui flotte dans l'air quand on marche. C'est une herbe qui
pousse à la verticale des rochers et des falaises, pas loin de
l'eau. La fleur est une espèce de graminée jaune qui distille un
parfum entre le lys et le frangipanier puissance mille. On sent son
odeur à des dizaines de mètres à la ronde. Cela n'a d’ailleurs
pas été évident pour que j'arrive à localiser d'où pouvait
provenir ce parfum. Ça m'a pris deux jours à trouver !
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| Playa Espadilla |
Playa Byezans est une
plage très sauvage entourée de falaises et de jungle avec un cours
d'eau qui s'y jette en finissant sa course en une petite marre. Il y
a un type à demeure qui passe sa journée dans un hamac, attendant
qu'on lui loue un kayak ou un équipement de snorkelling. La mer est
très limpide par ici et prend une couleur émeraude comme dans le
parc national. Si je devais comparer cette plage à une autre, cette
fois ce serait la Micronésie avec Palau. En effet la baie est très
découpée, pleine de recoins idéals à explorer en kayak.
D’ailleurs un couple est partie en virée pour en faire le tour à
la rame. Comme le relief est très accidenté, il n'a pas été
possible d'y construire quoi que ce soit à part un hôtel tout en
haut.
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| Playa Espadilla |
On a donc de la jungle tout autour de soi. C'est un endroit où
l'on aimerait pouvoir camper tant c'est sauvage et tranquille.
J'aurais pu passer la journée ici mais je n'y suis resté qu'une
petite heure, sautant de rocher en rocher pour avoir le meilleur
point de vue. La faute à la voiture garée plus haut avec des
panneaux tout le long du sentier prévenant de ne rien laisser dans
les voitures. Même si j'ai le principal avec moi, cela m'embêterait
que l'on me fauche mon matériel de camping et les DVD des parcs des
États-Unis. J'hésite à chaque fois à les prendre avec moi mais je
n'ai plus de place dans le sac.
Je suis donc retourné à
la plage principale de Manuel Antonio. Une valeur sûre. Le meilleur
coin pour se garer se trouve à peu près au milieu de la plage, au
niveau de l'hôtel Beachpacker.
De là on peut se rendre du côté
qu'on veut de la plage, bien que je file toujours vers le nord, là
où l'on ne rencontre plus personne à part les surfeurs qui ont leur
coin dédié. Les vagues ne sont pas énormes mais je m'en méfie. La
plus belle heure pour cette plage c'est en fin de journée, quand le
soleil bas éclaire la jungle d'un coup de projecteur comme pour en
déloger ses occupants pendus aux branches. En plus à ce moment là,
c'est actuellement marée basse. Cela donne une plage très large
dont le sable mouillé donne un effet miroir fantastique que je
semble le seul à avoir remarquer. Je m'y perds en photos à quatre
pattes, où le ciel, la mer et la terre se rejoignent sans qu'on
puisse les dissocier.
C'est un moment magique et fugace qu'il faut
saisir rapidement. L'harmonie entre lumière et couleurs ne dure
qu'un bref instant et c'est ce qui rend ces instants précieux. Avant
les couleurs sont moins spectaculaires, après la lumière fait
défaut et les teintes s'assombrissent. Avec un ciel chargé de
nuages c'est encore plus beau. Le slogan du Costa Rica, c'est « Pura
Vida ». Un truc intraduisible que mon guide décrit comme
suit : «The phrase is a true mantra for the way of life here.
Maybe the essence of the pure life is better lived than explained.
The country is crowded with ecological jewels and has high standards
of living. What's more, Costa Rica has flourished without an army for
the past 60 years. The sum of the parts makes for a country that's an
oasis of calm. All the perfect waves, perfect sunsets and perfect
beaches seem like the pure life indeed ». On est en plein
dedans !










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