Et voilà, tout a une
fin. J'ai quitté San Francisco à 13:25. En même temps il ne
fallait pas que je m'éternise davantage. Il y a quelques jours j'ai
été repéré par des flics au Présidio qui m'ont sommé de partir
au milieu de la nuit, des phares et une torche en pleine figure,
arguant du fait qu''il était interdit de camper ou dormir dans sa
voiture dans le parc. Je suis allé voir plus loin mais c’est tout
autant interdit. Je ne sais pas ce qui leur prend, ils font la chasse
aux beatniks. Aucun panneau n'interdit nulle part de ne pas dormir
dans sa voiture. Dès lors qu'on est sur une place de stationnement
quelle différence cela fait-il d'être dedans ou non ?
Hier
soir j'avais choisi un endroit en bord de plage avec d'autres
campings cars garés, sûrs que cela allait être bon. Penses-tu !
Les flics ont débarqué à minuit sirènes hurlantes et tout le
monde a compris qu'il fallait aller voir ailleurs. Au final, le
meilleur endroit est de se garer entre deux voitures dans une rue pas
trop fréquentée. Pas évident à trouver. Je retiendrai des
États-Unis qu'on ne peut pas faire de camping sauvage ni dormir où
l'on veut. Il faut aligner les dollars et finir dans des campings.
C'est bien dommage. Comment faisaient les pionniers en leur temps ?
Pour finir avec les
choses qui fâchent, c'est aussi toute une histoire pour obtenir du
cash avec sa carte bleue.
Les distributeurs sont quasiment tous
payants. Ils ajoutent entre 3 et 5 dollars au montant du retrait et
tout le monde trouve cela normal. Je suis allé sur un forum où des
gens demandaient quelle banque ne facturait pas ces frais de
retraits. Des internautes répondaient que c'était normal, que les
banques n'étaient pas philanthropes et que cet argent servait à
entretenir et acheter les distributeurs, ajoutant que les banques
n'auraient aucun intérêt sinon à délivrer de l'argent juste pour
le plaisir des pauvres et des touristes. Quelqu'un qui défend les
banques, un comble ! Et pourquoi devrait-on payer pour disposer
de son argent ? Dans ce cas autant se passer des banques et
avoir un bas de laine.
Et quid des profits que les banques font avec
les intérêts perçus entre le moment où on leur donne l'argent et
celui où on le retire ? Bref ce système de commission
détestable est un vrai scandale. Du coup, il faut essayer de tirer
de l'argent dans tous les distributeurs que l'on trouve, le montant
de la commission apparaissant juste avant la fin que l'on peut
refuser en annulant le retrait. Au final, je ne sais pas si ça
marche partout mais j'ai essayé dans une épicerie 7-Eleven et je
suis ressorti du magasin sans commission. Sinon comme je passais dans
Chinatown, j'ai essayé une banque chinoise, espérant que la banque
aurait une politique différente. Bingo : pas de frais.
A part ça, les jours
derniers, j'ai passé mes journées entre Présidio et Golden Gate
Park. Dans ce parc il y a un enclos avec des bisons dedans. Je ne
sais pas où il sont allés les chercher et pourquoi on les a mis là.
Ils sont 4 ou 5 à piétiner dans un espace relativement grand mais
où l'herbe à force se fait rare. Il y a aussi un jardin de rose.
Même si ce n’est pas trop la saison, le jardin expose un éventail
très large de variétés de toutes les couleurs et les formes. Il y
a les simples, celles au cœur touffu des roses anglaises (ce sont
elles qui sentent le plus fort), et celles à frou-frou dont une
variété étonnante qui ressemble à une pivoine qui aurait été
trempée dans un pot de peinture de manière pas très uniforme.
La
variété que je préfère est une rose pas très belle, qui a des
pétales externes qui se dessèchent, de couler saumon mais qui sent
divinement bon. On en mangerait. J'ai même noté son nom : Lady
Emma Hamilton de David Austin Roses. Mettez-en un plant dans votre
jardin, vous ne le regretterez pas. C'est étonnant comme chaque rose
a un parfum et une intensité différente. J'ai passé près d'une
heure à humer chaque variété et il y avait de quoi faire. Parfois
à quatre pattes, ou arc-bouté pour saisir une dernière fleur en
haut de sa tige loin du chemin. Il y en a une qui s’est cassée
dans la main. Elle ne tenait plus que par un fil et je l'ai laissée
comme ça, en équilibre entre deux épines.
J'ai pris habitude
d'aller déjeuner au lac des ratons laveurs. Je ne suis pas le seul à
y avoir mes entrées. Tous les jours à la même heure arrive une
vieille échevelée avec un horrible vieux chien usé qui traîne du
derrière. Dès qu'elle vient, avant même qu'on puisse la voir, les
ratons laveurs sortent des broussailles et se mettent devant le banc
où elle s'assoit. Ils doivent passer leur journée à attendre, le
museau collé à l'horloge. Elle arrive toujours avec un sac plein de
graines. Des passants lui disent que ça suffit, que les ratons sont
déjà assez gros comme ça. Mais ce sont ses pigeons à elle, on lui
retirera pas son pochon comme ça.
Elle a aussi une autre
spécialité : faire chanter son clebs ! Oui oui !
Elle a une balle en caoutchouc qui fait pouic-pouic quand elle a
appuie dessus en ordonnant : « Sing ! Sing ! ».
Et l'affreux clébard s'exécute en longs et lugubres hurlements de
loups qui n'en finissent plus. Ça fait marrer tous les passants qui
font le signe comme quoi elle a un petit vélo dans l'a tête, d'un
air entendu.
A la page du Présidio,
celle juste en dessous du Goden Gate Bridge, Marshall Beach, j'ai
trouvé des condors. Ils étaient trois à picorer à tour de rôle
dans une mouette échouée en décomposition. Vus de près ils sont
horribles.
Ils ont une toute petite tête rouge au sommet pelé. Avec
une tête pareille, ils doivent certainement être des charognards au
même titre que les vautours. Je ne sais pas pourquoi mais les
animaux qui se nourrissent de cadavres sont tous hideux. Il n'y a
qu'à voir les hyènes. Comme quoi on est fait de ce qu'on mange...
Tandis que je roulais de
nuit dans San Francisco à la recherche d'une place où me garer pour
la nuit je regardais les appartements. Ce n’est pas que je suis
voyeur mais j'aime à savoir comment les gens vivent. En plus hier
c'était Thanksgiving. C'est peut être pour cela que les flics
rodaient. Car c’est une fête très populaire qui réunit les
proches et donc susceptible de ramener en ville des gens de passage.
Je n'ai jamais rien compris à cette fête mais un américain m'a
expliqué. Son origine remonte du temps des pionniers où les gens se
bagarraient entre eux. Un jour les indiens débarquèrent pour
apaiser les tensions en mettant un terme aux velléités. Par la
suite, les pionniers organisaient tous les ans une fête pour les
remercier en leur donnant différents cadeaux, principalement de la
nourriture. La traditions est restée. De nos jours c’est une fête
où l'on remercie les gens proches autour de soi et qui comptent pour
tout ce qu'ils nous ont apporté dans l'année. Je suis désormais
moins idiot. Pour l'occasion les habitants ont sorti les guirlandes
lumineuses devant leur maison en guise de bienvenue. Ils ont de la
chance quand même ceux qui vient à San Francisco. Il n'y a pas de
taudis, ce sont des bâtiments de trois étages tout au plus dont le
rez de chaussée sert de hall d'entrée et de garage. Ainsi ce sont
de petites résidences où l'on ne peut avoir qu'un seul vision au
dessus de soi. Exit donc les déboulés multiples au milieu de la
nuit avec des portes qui claquent. En plus les bâtiments sont de
bonne tenue, modernes et bien conçus. Les appartements ne sont pas
forcement très grand car la ville est chère mais tous ont un salon
avec des fenêtres qui forment la moitié d'un prisme, permettant
ainsi au soleil de pénétrer tout au long de la journée plus
qu’avec un fenêtre qui ne dispose que d'un côté. A côté les
appartements parisiens font bien miteux.
En retournant la voiture
chez Alamo, j'ai demandé qu'ils me donnent le total de miles que
j'ai parcourus. Je suis bien curieux de savoir. Ils doivent
m'envoyer cela par e-mail. Je ne manquerai pas de donner le résultat.
Pour ceux que cela intéresse je mettrai aussi l'itinéraire que j'ai
effectué. Il suffira de cliquer sur l'image pour l'avoir en pleine
résolution. A l'heure où j'écris je suis dans l'avion pour
Mexico. Je ne sais pas encore ce que je veux voir au Costa Rica. Je
ne voulais pas y penser plus tôt pour ne pas avoir la tête ailleurs
que dans l'instant présent. Il me reste encore le vol pour le Costa
Rica pour étudier tout cela...










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