Pages

Translate

vendredi 28 novembre 2014

USA : Épilogue

Et voilà, tout a une fin. J'ai quitté San Francisco à 13:25. En même temps il ne fallait pas que je m'éternise davantage. Il y a quelques jours j'ai été repéré par des flics au Présidio qui m'ont sommé de partir au milieu de la nuit, des phares et une torche en pleine figure, arguant du fait qu''il était interdit de camper ou dormir dans sa voiture dans le parc. Je suis allé voir plus loin mais c’est tout autant interdit. Je ne sais pas ce qui leur prend, ils font la chasse aux beatniks. Aucun panneau n'interdit nulle part de ne pas dormir dans sa voiture. Dès lors qu'on est sur une place de stationnement quelle différence cela fait-il d'être dedans ou non ? 
Hier soir j'avais choisi un endroit en bord de plage avec d'autres campings cars garés, sûrs que cela allait être bon. Penses-tu ! Les flics ont débarqué à minuit sirènes hurlantes et tout le monde a compris qu'il fallait aller voir ailleurs. Au final, le meilleur endroit est de se garer entre deux voitures dans une rue pas trop fréquentée. Pas évident à trouver. Je retiendrai des États-Unis qu'on ne peut pas faire de camping sauvage ni dormir où l'on veut. Il faut aligner les dollars et finir dans des campings. C'est bien dommage. Comment faisaient les pionniers en leur temps ?
Pour finir avec les choses qui fâchent, c'est aussi toute une histoire pour obtenir du cash avec sa carte bleue. 
Les distributeurs sont quasiment tous payants. Ils ajoutent entre 3 et 5 dollars au montant du retrait et tout le monde trouve cela normal. Je suis allé sur un forum où des gens demandaient quelle banque ne facturait pas ces frais de retraits. Des internautes répondaient que c'était normal, que les banques n'étaient pas philanthropes et que cet argent servait à entretenir et acheter les distributeurs, ajoutant que les banques n'auraient aucun intérêt sinon à délivrer de l'argent juste pour le plaisir des pauvres et des touristes. Quelqu'un qui défend les banques, un comble ! Et pourquoi devrait-on payer pour disposer de son argent ? Dans ce cas autant se passer des banques et avoir un bas de laine. 
Et quid des profits que les banques font avec les intérêts perçus entre le moment où on leur donne l'argent et celui où on le retire ? Bref ce système de commission détestable est un vrai scandale. Du coup, il faut essayer de tirer de l'argent dans tous les distributeurs que l'on trouve, le montant de la commission apparaissant juste avant la fin que l'on peut refuser en annulant le retrait. Au final, je ne sais pas si ça marche partout mais j'ai essayé dans une épicerie 7-Eleven et je suis ressorti du magasin sans commission. Sinon comme je passais dans Chinatown, j'ai essayé une banque chinoise, espérant que la banque aurait une politique différente. Bingo : pas de frais.
A part ça, les jours derniers, j'ai passé mes journées entre Présidio et Golden Gate Park. Dans ce parc il y a un enclos avec des bisons dedans. Je ne sais pas où il sont allés les chercher et pourquoi on les a mis là. Ils sont 4 ou 5 à piétiner dans un espace relativement grand mais où l'herbe à force se fait rare. Il y a aussi un jardin de rose. Même si ce n’est pas trop la saison, le jardin expose un éventail très large de variétés de toutes les couleurs et les formes. Il y a les simples, celles au cœur touffu des roses anglaises (ce sont elles qui sentent le plus fort), et celles à frou-frou dont une variété étonnante qui ressemble à une pivoine qui aurait été trempée dans un pot de peinture de manière pas très uniforme. 
La variété que je préfère est une rose pas très belle, qui a des pétales externes qui se dessèchent, de couler saumon mais qui sent divinement bon. On en mangerait. J'ai même noté son nom : Lady Emma Hamilton de David Austin Roses. Mettez-en un plant dans votre jardin, vous ne le regretterez pas. C'est étonnant comme chaque rose a un parfum et une intensité différente. J'ai passé près d'une heure à humer chaque variété et il y avait de quoi faire. Parfois à quatre pattes, ou arc-bouté pour saisir une dernière fleur en haut de sa tige loin du chemin. Il y en a une qui s’est cassée dans la main. Elle ne tenait plus que par un fil et je l'ai laissée comme ça, en équilibre entre deux épines.
J'ai pris habitude d'aller déjeuner au lac des ratons laveurs. Je ne suis pas le seul à y avoir mes entrées. Tous les jours à la même heure arrive une vieille échevelée avec un horrible vieux chien usé qui traîne du derrière. Dès qu'elle vient, avant même qu'on puisse la voir, les ratons laveurs sortent des broussailles et se mettent devant le banc où elle s'assoit. Ils doivent passer leur journée à attendre, le museau collé à l'horloge. Elle arrive toujours avec un sac plein de graines. Des passants lui disent que ça suffit, que les ratons sont déjà assez gros comme ça. Mais ce sont ses pigeons à elle, on lui retirera pas son pochon comme ça. 
Elle a aussi une autre spécialité : faire chanter son clebs ! Oui oui ! Elle a une balle en caoutchouc qui fait pouic-pouic quand elle a appuie dessus en ordonnant : « Sing ! Sing ! ». Et l'affreux clébard s'exécute en longs et lugubres hurlements de loups qui n'en finissent plus. Ça fait marrer tous les passants qui font le signe comme quoi elle a un petit vélo dans l'a tête, d'un air entendu.
A la page du Présidio, celle juste en dessous du Goden Gate Bridge, Marshall Beach, j'ai trouvé des condors. Ils étaient trois à picorer à tour de rôle dans une mouette échouée en décomposition. Vus de près ils sont horribles. 
Ils ont une toute petite tête rouge au sommet pelé. Avec une tête pareille, ils doivent certainement être des charognards au même titre que les vautours. Je ne sais pas pourquoi mais les animaux qui se nourrissent de cadavres sont tous hideux. Il n'y a qu'à voir les hyènes. Comme quoi on est fait de ce qu'on mange...
Tandis que je roulais de nuit dans San Francisco à la recherche d'une place où me garer pour la nuit je regardais les appartements. Ce n’est pas que je suis voyeur mais j'aime à savoir comment les gens vivent. En plus hier c'était Thanksgiving. C'est peut être pour cela que les flics rodaient. Car c’est une fête très populaire qui réunit les proches et donc susceptible de ramener en ville des gens de passage. 
Je n'ai jamais rien compris à cette fête mais un américain m'a expliqué. Son origine remonte du temps des pionniers où les gens se bagarraient entre eux. Un jour les indiens débarquèrent pour apaiser les tensions en mettant un terme aux velléités. Par la suite, les pionniers organisaient tous les ans une fête pour les remercier en leur donnant différents cadeaux, principalement de la nourriture. La traditions est restée. De nos jours c’est une fête où l'on remercie les gens proches autour de soi et qui comptent pour tout ce qu'ils nous ont apporté dans l'année. Je suis désormais moins idiot. Pour l'occasion les habitants ont sorti les guirlandes lumineuses devant leur maison en guise de bienvenue. Ils ont de la chance quand même ceux qui vient à San Francisco. Il n'y a pas de taudis, ce sont des bâtiments de trois étages tout au plus dont le rez de chaussée sert de hall d'entrée et de garage. Ainsi ce sont de petites résidences où l'on ne peut avoir qu'un seul vision au dessus de soi. Exit donc les déboulés multiples au milieu de la nuit avec des portes qui claquent. En plus les bâtiments sont de bonne tenue, modernes et bien conçus. Les appartements ne sont pas forcement très grand car la ville est chère mais tous ont un salon avec des fenêtres qui forment la moitié d'un prisme, permettant ainsi au soleil de pénétrer tout au long de la journée plus qu’avec un fenêtre qui ne dispose que d'un côté. A côté les appartements parisiens font bien miteux.
En retournant la voiture chez Alamo, j'ai demandé qu'ils me donnent le total de miles que j'ai parcourus. Je suis bien curieux de savoir. Ils doivent m'envoyer cela par e-mail. Je ne manquerai pas de donner le résultat. Pour ceux que cela intéresse je mettrai aussi l'itinéraire que j'ai effectué. Il suffira de cliquer sur l'image pour l'avoir en pleine résolution. A l'heure où j'écris je suis dans l'avion pour Mexico. Je ne sais pas encore ce que je veux voir au Costa Rica. Je ne voulais pas y penser plus tôt pour ne pas avoir la tête ailleurs que dans l'instant présent. Il me reste encore le vol pour le Costa Rica pour étudier tout cela...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...