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| Playa Jobo |
Au cas où vous ne
l'auriez pas remarqué, depuis hier je ne suis plus à la péninsule
de Nicoya qui s'achevait par la baie de Culebra. Je suis toujours
dans la province de Guanacaste mais plus au nord encore. Bahia
Salinas est la dernière baie sur la côte Pacifique avant le
Nicaragua. D'ailleurs toute la partie nord de cette baie est
inaccessible car située dans l'autre pays. La frontière est très
surveillée car de nombreux habitants du Nicaragua sont tentés
d'immigrer au Costa Rica qui fait figure de pays riche avec son
niveau de vie le plus élevé de toute l'Amérique Centrale, son bon
système d'éducation et de santé et son économie en pleine
expansion. Pourtant le Nicaragua fut un pays qui se portait mieux que
le Costa Rica il y a seulement 25 ans mais des années de guerres
civiles et un embargo des États-Unis ont causé la banqueroute de ce
pays plongé dans une dette abyssale.
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| Volvan Orosi |
Le Nicaragua est désormais le second
pays le plus pauvre du secteur après Haîti. Les ticos ont beaucoup
d'hostilité envers ceux qu'ils appellent les nicas, accusés de tous
les maux et de tous les délits enregistrés au Costa Rica, bien qu'à
la base ces deux peuples partagent la même langue, la même culture
et la même histoire. Le Nicaragua, en beau jaloux, a même voté une
loi récemment qui demande aux ticos d'obtenir un visa pour venir
visiter le pays. Bref, les relations entre ces deux pays sont
quelques peu tendues.
Bahia Salinas est célèbre
mondialement parmi les passionnés de kitesurf comme possédant un
excellent spot, le meilleur de tout le Costa Rica. Va savoir
pourquoi, le vent souffle tout le temps, toujours depuis le nord-est,
alors que plus au sud il ne se fait pas sentir.
Avec des plages
battues par les vents et du sable qui vole, ce n’est pas l'endroit
rêvé pour se prélasser. Heureusement on y trouve quelques criques
bien abritées, tout au sud de la baie, exposées à l'ouest. La
végétation est encore plus sèche qu’ailleurs dans le Gunacaste,
offrant de vastes champs entourés de bocages où paissent des vaches
tranquillement. Le paysage est beaucoup moins joli que vers la baie
de Culebra ou de Potrero mais a quand même un petit charme. Par
contre les volcans sont très proches, la côte se rapprochant des
montagnes de la cordillère vers la frontière. Tout comme samedi
dernier lors de ma tentative désastreuse de visiter Arenal, les
montagnes sont couvertes de nuages, attirés comme un aimant et qui
débordent largement des sommets.
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| Playa Pochote |
A tel point que toute une nappe se
dissipe juste au dessus de Bahia Salinas, rendant le ciel de voilé à
très nuageux. Ça m'a donné envie de redescendre plus au sud. Mais
j'ai un projet. Si demain le temps s'améliore dans les montagnes, je
vais y tenter un nouvel essai. Je ne m'avoue pas encore vaincu. Mais
cette fois, pas question d'aller loin. De l'autre côté de
l'interamericana, juste au dessus de Libéria se trouve le parc
national de Rincon de la Vieja avec des volcans, des fumerolles, des
bains de boue brûlants, des sources d'eau chaude, des cascades et
des rivières d'un bleu céleste, le tout dans une belle forêt
luxuriante. En attendant, je vais donc rester dans le secteur.
Pour rejoindre Bahia
Salinas depuis l'interamericana il faut bifurquer à La Paz en
direction de Jobo, 20 kilomètres plus loin. La route qui descend de
là offre une belle vue sur toute la baie avec Playa Pochote juste en
dessous. C'est une plage bordée de petites maisons de pécheurs en
tôle ondulée. La mer y est très calme et quelques barques colorées
offrent un refuge aux pélicans qui aiment s'y prélasser au soleil,
entre deux gros plongeons. Ces bestioles se jettent vraiment de haut
et je me demande comment elles font pour ne pas s'y casser le bec.
Cette plage marque la fin de la route et le début d'une piste en
très mauvais état. Plutôt que de laisser le chemin en terre
battue, ils préfèrent y ajouter de grosses pierres bien anguleuses
plus grosses que des pavés, rendant la progression chaotique.
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| Playa Jobo |
Le
chemin est en travaux avec plein de bulldozers qui au lieu d'arranger
la voie la retournent comme ils laboureraient un champ. Le début de
la piste est à peine mieux que celle d'hier. Après ça s’arrange
heureusement un peu. Les locaux roulent là dedans comme des dératés,
soulevant des nuages de poussière et de cailloux, même au volant de
simples voitures. Pour ma part je m'interdis de rouler à plus de 20.
Et j'ai bien raison. J'ai fini par croiser un van de transport de
passagers qui roulait avec une roue arrière voilée avant de
s'immobiliser avec un conducteur exaspéré. Ils venaient de crever.
Enfin ! Il y a une justice.
Les deux plages qui
suivent, Playa Papaturro et Playa Copal sont la mecque du kitesurf.
Elles sont complètement face au vent.
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| Playa Papaturro |
La vue depuis Playa Papaturro
est très belle et embrasse toute la baie. Le sable y est grossier et
d'une couleur corail, formé de débris de coquillages. Juste
derrière on trouve le Blue Dream Hotel, le seul truc du coin qui se
tient un peu, tenu par des Italiens. L'hôtel sert de base et d'école
pour les kitesurfeurs qui s'y retrouvent en nombre. C'est là que
j'ai dîné, au milieu de touristes pour la plupart américains,
nonchalants, pieds nus, chevelus et bâtis comme des armoires à
glace qui allaient et venaient comme s'ils étaient chez eux. Je
faisais figure d'extra terrestre dans cet univers dédié au kitesurf
où tout le monde ne parle que de ça. Il y a des sports à part où
les gens semblent appartenir à une tribu avec ses codes et coutumes.
En continuant la piste,
on arrive à El Jobo, un village situé dans les terres, à deux
kilomètres de la mer.
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| Playa Pochote avec le Nicaragua au fond |
Un chemin permet de rejoindre deux plages,
Playa Rajada et Playa Jobo. C'est à cette dernière que j'ai passé
une bonne partie de l'après midi, alléché par mon guide qui la
décrit comme «a perfect 300m-wide horseshoe of a bay with calm
water and headlands sprouting with flowering trees ». C'est
vrai que la plage est jolie et bien abritée du vent. Par contre un
complexe de 200 petites villas vient juste d'être ouvert cette
année. Un endroit sauvage de plus qui fout le camp au Costa Rica.
Comme je disais, le pays a du retard en matière de développement
touristique mais je sens que d'ici une dizaine d'années, les plus
beaux coins seront aménagés et foutus. Il faut donc venir dans ce
pays maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Il y a déjà plus de
2,2 millions de visiteurs qui se rendent actuellement chaque année
au Costa Rica, constitués pour moitié d'américains. Avec le
développement du tout nouvel aéroport international de Libéria,
nul doute que les choses ne vont pas aller en s'arrangeant, surtout
quand on sait que le tourisme représente désormais la première
source de revenus du pays...









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