Pages

Translate

mardi 16 décembre 2014

Bahia Salinas

Playa Jobo
Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, depuis hier je ne suis plus à la péninsule de Nicoya qui s'achevait par la baie de Culebra. Je suis toujours dans la province de Guanacaste mais plus au nord encore. Bahia Salinas est la dernière baie sur la côte Pacifique avant le Nicaragua. D'ailleurs toute la partie nord de cette baie est inaccessible car située dans l'autre pays. La frontière est très surveillée car de nombreux habitants du Nicaragua sont tentés d'immigrer au Costa Rica qui fait figure de pays riche avec son niveau de vie le plus élevé de toute l'Amérique Centrale, son bon système d'éducation et de santé et son économie en pleine expansion. Pourtant le Nicaragua fut un pays qui se portait mieux que le Costa Rica il y a seulement 25 ans mais des années de guerres civiles et un embargo des États-Unis ont causé la banqueroute de ce pays plongé dans une dette abyssale. 
Volvan Orosi
Le Nicaragua est désormais le second pays le plus pauvre du secteur après Haîti. Les ticos ont beaucoup d'hostilité envers ceux qu'ils appellent les nicas, accusés de tous les maux et de tous les délits enregistrés au Costa Rica, bien qu'à la base ces deux peuples partagent la même langue, la même culture et la même histoire. Le Nicaragua, en beau jaloux, a même voté une loi récemment qui demande aux ticos d'obtenir un visa pour venir visiter le pays. Bref, les relations entre ces deux pays sont quelques peu tendues.
Bahia Salinas est célèbre mondialement parmi les passionnés de kitesurf comme possédant un excellent spot, le meilleur de tout le Costa Rica. Va savoir pourquoi, le vent souffle tout le temps, toujours depuis le nord-est, alors que plus au sud il ne se fait pas sentir. 
Avec des plages battues par les vents et du sable qui vole, ce n’est pas l'endroit rêvé pour se prélasser. Heureusement on y trouve quelques criques bien abritées, tout au sud de la baie, exposées à l'ouest. La végétation est encore plus sèche qu’ailleurs dans le Gunacaste, offrant de vastes champs entourés de bocages où paissent des vaches tranquillement. Le paysage est beaucoup moins joli que vers la baie de Culebra ou de Potrero mais a quand même un petit charme. Par contre les volcans sont très proches, la côte se rapprochant des montagnes de la cordillère vers la frontière. Tout comme samedi dernier lors de ma tentative désastreuse de visiter Arenal, les montagnes sont couvertes de nuages, attirés comme un aimant et qui débordent largement des sommets. 
Playa Pochote
A tel point que toute une nappe se dissipe juste au dessus de Bahia Salinas, rendant le ciel de voilé à très nuageux. Ça m'a donné envie de redescendre plus au sud. Mais j'ai un projet. Si demain le temps s'améliore dans les montagnes, je vais y tenter un nouvel essai. Je ne m'avoue pas encore vaincu. Mais cette fois, pas question d'aller loin. De l'autre côté de l'interamericana, juste au dessus de Libéria se trouve le parc national de Rincon de la Vieja avec des volcans, des fumerolles, des bains de boue brûlants, des sources d'eau chaude, des cascades et des rivières d'un bleu céleste, le tout dans une belle forêt luxuriante. En attendant, je vais donc rester dans le secteur.

 
Pour rejoindre Bahia Salinas depuis l'interamericana il faut bifurquer à La Paz en direction de Jobo, 20 kilomètres plus loin. La route qui descend de là offre une belle vue sur toute la baie avec Playa Pochote juste en dessous. C'est une plage bordée de petites maisons de pécheurs en tôle ondulée. La mer y est très calme et quelques barques colorées offrent un refuge aux pélicans qui aiment s'y prélasser au soleil, entre deux gros plongeons. Ces bestioles se jettent vraiment de haut et je me demande comment elles font pour ne pas s'y casser le bec. Cette plage marque la fin de la route et le début d'une piste en très mauvais état. Plutôt que de laisser le chemin en terre battue, ils préfèrent y ajouter de grosses pierres bien anguleuses plus grosses que des pavés, rendant la progression chaotique. 
Playa Jobo
Le chemin est en travaux avec plein de bulldozers qui au lieu d'arranger la voie la retournent comme ils laboureraient un champ. Le début de la piste est à peine mieux que celle d'hier. Après ça s’arrange heureusement un peu. Les locaux roulent là dedans comme des dératés, soulevant des nuages de poussière et de cailloux, même au volant de simples voitures. Pour ma part je m'interdis de rouler à plus de 20. Et j'ai bien raison. J'ai fini par croiser un van de transport de passagers qui roulait avec une roue arrière voilée avant de s'immobiliser avec un conducteur exaspéré. Ils venaient de crever. Enfin ! Il y a une justice.
Les deux plages qui suivent, Playa Papaturro et Playa Copal sont la mecque du kitesurf. Elles sont complètement face au vent. 
Playa Papaturro
La vue depuis Playa Papaturro est très belle et embrasse toute la baie. Le sable y est grossier et d'une couleur corail, formé de débris de coquillages. Juste derrière on trouve le Blue Dream Hotel, le seul truc du coin qui se tient un peu, tenu par des Italiens. L'hôtel sert de base et d'école pour les kitesurfeurs qui s'y retrouvent en nombre. C'est là que j'ai dîné, au milieu de touristes pour la plupart américains, nonchalants, pieds nus, chevelus et bâtis comme des armoires à glace qui allaient et venaient comme s'ils étaient chez eux. Je faisais figure d'extra terrestre dans cet univers dédié au kitesurf où tout le monde ne parle que de ça. Il y a des sports à part où les gens semblent appartenir à une tribu avec ses codes et coutumes.
En continuant la piste, on arrive à El Jobo, un village situé dans les terres, à deux kilomètres de la mer. 
Playa Pochote avec le Nicaragua au fond
Un chemin permet de rejoindre deux plages, Playa Rajada et Playa Jobo. C'est à cette dernière que j'ai passé une bonne partie de l'après midi, alléché par mon guide qui la décrit comme «a perfect 300m-wide horseshoe of a bay with calm water and headlands sprouting with flowering trees ». C'est vrai que la plage est jolie et bien abritée du vent. Par contre un complexe de 200 petites villas vient juste d'être ouvert cette année. Un endroit sauvage de plus qui fout le camp au Costa Rica. Comme je disais, le pays a du retard en matière de développement touristique mais je sens que d'ici une dizaine d'années, les plus beaux coins seront aménagés et foutus. Il faut donc venir dans ce pays maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Il y a déjà plus de 2,2 millions de visiteurs qui se rendent actuellement chaque année au Costa Rica, constitués pour moitié d'américains. Avec le développement du tout nouvel aéroport international de Libéria, nul doute que les choses ne vont pas aller en s'arrangeant, surtout quand on sait que le tourisme représente désormais la première source de revenus du pays...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...