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vendredi 12 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : Playa Prieta

Quitte à passer la nuit sur la plage Prieta, autant y passer aussi la journée ! C'est venu comme une évidence en faisant quelques pas sur la plage au lever du soleil au chant des tourterelles et d'oiseaux siffleurs alors que je me demandais quelle était la plage la mieux dans le secteur entre Playa Penca, Playa Prieta, Playa Pan de Azucar, Playa Danta et Playa Dantita. Toutes sont belles mais les moins peuplées sont Prieta et Dantita. Dantita est bien mais il faut marcher et la plage est semblable à celle de Prieta. Par ailleurs j'y ai déjà passé une journée ce qui n'est pas le cas de Prieta. Affaire conclue, ce sera cette dernière.
Mais avant, direction Potrero pour acheter fruits et yaourt pour le pique-nique et pour mettre à jour le blog devant le restaurant Las Brisas où je dîne tous les soirs et dont je connais le code du wifi. Tandis que j'étais occupé dans la voiture, garé à l'ombre d'un arbre, un écureuil s'est radiné, commençant à grimper le long du tronc en restant figé quelques instants dans une pose croquignolette qui semblait me dire : « regarde comme je suis mignon ! ». Le temps de me saisir de l'appareil photo il était déjà rendu dans les branches. C'est le même que celui que j'avais vu traverser la route à Samara. Il est d'un bel orange vif, avec une tête et un jabot fauve et le dessus de la tête crème avec des taches noires qui courent aussi le long de son dos. 
Je l'ai retrouvé contorsionné sur de fins rameaux pour se saisir d'espèces de noix à leur extrémité. Ce sont des fruits avec une bogue dure et verte de la forme d'une amande en plus gros. L’écureuil en raffole et se donne bien du mal pour y trouver la graine. Du coup ça lui prend des heures. Il doit grignoter assidûment toute la bogue dont les débris tombent en pluie plus bas. Je l'entends grignoter frénétiquement depuis la voiture d'où je le regarde en me dévissant la tête. Dès qu'il a fini il jette la noix qui finit sa chute en faisant « poc !» sur la tôle. Il est très maladroit, une fois sur deux les noix qu'il détache lui échappent. C'est pas grave, il n'a qu'à en saisir une nouvelle. 
J'ai inspecté un reste, c'est beaucoup de travail pour pas grand chose. En effet il y a un tout petit trou dans la noix de la grosseur d'un pépin d'une grenade. Un si gros fruit pour une si petite graine, l'écureuil n'a pas de chance. Mais c’est déjà beau de trouver un arbre qui donne des graines et qui va avec son régime. Il y a deux arbres comme cela en bord de mer à côté du restaurant. Dans l'autre on trouve aussi un écureuil, d'une autre espèce, blanc avec des taches noires. Une bien drôle de couleur pour un écureuil qui semble avoir piqué celle d'un phoque !
C'est grâce aux occupants d'un 4x4 qui m'avaient vu scruter la cime de l'arbre que j'ai appris l'existence de cet autre écureuil lorsqu’ils se sont mis à leur tour à regarder en l'air. 
Je les avais repérés hier sur la plage de Brasilito alors qu'ils étaient occupés à monter l'échelle pour accéder à leur cabine de nuit juchée à l'arrière de leur pick-up. Des voyageurs en 4x4 camping-car comme ceux qu'on trouve en Namibie pour les safaris, on n'en croise pas beaucoup au Costa Rica. Aussi on a tôt fait de les repérer. Ils n'ont pas choisi le meilleur coin pour passer la nuit ; à mon avis ils ont dû décamper dans la nuit avec les discothèques à côté. Ce sont des français. Leur 4x4 est immatriculé 64 à l'avant et 40 à l'arrière. J'imagine donc le long voyage qu'ils ont dû accomplir depuis la France. Leur véhicule est plein d'autocollants glanés le long de leur parcours. 
J'avais envie de leur parler pour échanger un peu mais je n'ai pas osé, plus absorbé par l'observation de l'écureuil dont je guettais toutes les mimiques afin d'obtenir un cliché parfait. Ils ont aussi écrit une adresse internet sur le côté de la carrosserie : 4X4latinoamerica. Pris de curiosité je suis allé farfouiller sur Google et je suis tombé sur leur blog. Des baroudeurs. J'aime ça. Du coup je me suis abonné à leurs articles. Ils sont au Costa Rica depuis le 24 novembre et arrivent du Panama. Un pays que j’aimerais aussi découvrir. Je ne manquerai donc pas d'aller lire tous leurs articles. Peut être qu'ils ont fait le Chili. Tout le monde m'en parle et me dit que je devrais y aller, que c'est un pays absolument merveilleux avec un large panel de paysages tous ébouriffants. 
Alors, l'an prochain : Panama, Caraïbes, Australie de l'ouest ou Chili ? Si ce n'est pas une autre destination !
J'ai installé ma serviette sous les arbres aux branches basses qui tombent jusque sur le sable. Ça me fait comme une niche de verdure qui fait parasol. Les feuilles sont petites et souvent les rayons brûlants du soleil passent à travers de sorte que je dois me déplacer régulièrement. Je me suis mis au milieu de la plage qui doit bien faire 500 mètres de long. Je suis donc à distance du coin où se trouve l'hôtel. De toute façon comme les villas donnent dans la cocoteraie juste derrière la plage, les gens restent autour de leur bungalow de luxe aux grandes baies vitrées, sur leurs lourdes chaises longues en teck massif et à la serviette aussi épaisse qu'une moquette qu'il ne quittent que pour aller piquer une tête. 
Le reste de la plage est si désert que je m'y suis mis tout nu. Je ne supporte pas le maillot qui met trop longtemps à sécher et me gratte les fesses. Je ne le mets que pour aller me baigner et le pends ensuite aux branches pour sécher. Pour le pique-nique j'ai aujourd'hui une belle mangue. Je m'en suis mis plein les doigts et plein les dents, avec des fils qui sont resté coincés toute la journée. Qu’est-ce que c'est bon une mangue ! Ici ça vaut une bouchée de pain. Pas même un dollar. Il y aurait tort de se priver !
En parlant de dollars, la monnaie locale c'est le colon mais partout on peut payer en dollars dans un change un peu défavorable d'un dollar pour 500 colons. 
Seulement ils rendent la monnaie en colons, de sorte qu'on se retrouve avec une double comptabilité pas pratique qui vient alourdir un portefeuille qui n'arrive plus à fermer. La nourriture n'est pas très chère au Costa Rica, si l'on se passe des produits importés. Si l'on met sur la balance un paquet de chips à 2500 colons avec un yaourt et une banane pour 400 et quelques colons, la calcul est vite fait. J'ai rapidement mis au rebut ces saloperies de chips qui de toute façon n'apportent pas grand chose à l'organisme. A la place je fais mon pique nique principalement à base de fruits. Avec la chaleur c’est un régime qui me va très bien. 
J’équilibre le soir au restaurant où je m'en sors autour de 6000 colons bière incluse avec des fajitas ou un casado.
Sur la plage de Prieta, au niveau de là où je me suis mis, il y a de drôles de bestioles qui vous foncent dessus dans l'eau en vous piquant. Je ne suis pas arrivé à voir de quoi il s'agissait. J'en avais plusieurs sur le short de bain qui se déplaçaient en crabe. Ces créatures flottent entre deux eaux en attendant de se fixer avant de vous grignoter. Ce n'est pas très agréable. A marée haute je ne les ai plus revues. Sans doute à cause des vagues qu'elles doivent fuir pour ne pas se noyer. 
Elles font plus le bonheur des surfeurs qui débarquent le soir venu pour se laisser glisser au coucher su soleil. Et ce soir le coucher du soleil était fabuleux, avec des rayons qui passaient à travers les déferlantes en leur donnant une couleur flamboyante.
J'ai du mal à quitter la péninsule de Nicoya. Demain je devrais aller voir les volcans mais me dire que je quitte le Pacifique que je ne reverrai plus me fait mal au cœur. Je suis bien ici. J'ai tout ce qu'il faut. Un endroit tranquille pour dormir, la chaleur, un temps merveilleux, un restaurant à côté et l'océan pour me baigner et me laver. 
Un petit confort que j'aurai sans doute plus de mal à retrouver ailleurs. Je n'ai à m’inquiéter de rien, juste à goûter le moment présent et à laisser mes pensées divaguer. Pour être sûr que je ne rate rien, je suis allé voir les photos des plages du nord de la Péninsule avec Playa Ocotal et Playa del Coco. Ce que j'ai vu m'a plus mis dans le doute que conforté dans le fait qu'il fallait que je quitte Nicoya. Du coup je ne sais toujours pas ce que je vais faire. Sans doute une inspection pour voir puis je déciderai. Après tout ces plages sont un peu sur ma route...

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