Quitte à passer la nuit
sur la plage Prieta, autant y passer aussi la journée ! C'est
venu comme une évidence en faisant quelques pas sur la plage au
lever du soleil au chant des tourterelles et d'oiseaux siffleurs alors que je me demandais quelle était la plage la
mieux dans le secteur entre Playa Penca, Playa Prieta, Playa Pan de
Azucar, Playa Danta et Playa Dantita. Toutes sont belles mais les
moins peuplées sont Prieta et Dantita. Dantita est bien mais il faut
marcher et la plage est semblable à celle de Prieta. Par ailleurs
j'y ai déjà passé une journée ce qui n'est pas le cas de Prieta.
Affaire conclue, ce sera cette dernière.
Mais avant, direction
Potrero pour acheter fruits et yaourt pour le pique-nique et pour
mettre à jour le blog devant le restaurant Las Brisas où je dîne
tous les soirs et dont je connais le code du wifi. Tandis que j'étais
occupé dans la voiture, garé à l'ombre d'un arbre, un écureuil
s'est radiné, commençant à grimper le long du tronc en restant
figé quelques instants dans une pose croquignolette qui semblait me
dire : « regarde comme je suis mignon ! ». Le
temps de me saisir de l'appareil photo il était déjà rendu dans
les branches. C'est le même que celui que j'avais vu traverser la
route à Samara. Il est d'un bel orange vif, avec une tête et un
jabot fauve et le dessus de la tête crème avec des taches noires
qui courent aussi le long de son dos.
Je l'ai retrouvé contorsionné
sur de fins rameaux pour se saisir d'espèces de noix à leur
extrémité. Ce sont des fruits avec une bogue dure et verte de la
forme d'une amande en plus gros. L’écureuil en raffole et se donne
bien du mal pour y trouver la graine. Du coup ça lui prend des
heures. Il doit grignoter assidûment toute la bogue dont les débris
tombent en pluie plus bas. Je l'entends grignoter frénétiquement
depuis la voiture d'où je le regarde en me dévissant la tête. Dès
qu'il a fini il jette la noix qui finit sa chute en faisant « poc !»
sur la tôle. Il est très maladroit, une fois sur deux les noix
qu'il détache lui échappent. C'est pas grave, il n'a qu'à en
saisir une nouvelle.
J'ai inspecté un reste, c'est beaucoup de
travail pour pas grand chose. En effet il y a un tout petit trou dans
la noix de la grosseur d'un pépin d'une grenade. Un si gros fruit
pour une si petite graine, l'écureuil n'a pas de chance. Mais c’est
déjà beau de trouver un arbre qui donne des graines et qui va avec
son régime. Il y a deux arbres comme cela en bord de mer à côté
du restaurant. Dans l'autre on trouve aussi un écureuil, d'une autre
espèce, blanc avec des taches noires. Une bien drôle de couleur
pour un écureuil qui semble avoir piqué celle d'un phoque !
C'est grâce aux
occupants d'un 4x4 qui m'avaient vu scruter la cime de l'arbre que
j'ai appris l'existence de cet autre écureuil lorsqu’ils se sont
mis à leur tour à regarder en l'air.
Je les avais repérés hier
sur la plage de Brasilito alors qu'ils étaient occupés à monter
l'échelle pour accéder à leur cabine de nuit juchée à l'arrière
de leur pick-up. Des voyageurs en 4x4 camping-car comme ceux qu'on
trouve en Namibie pour les safaris, on n'en croise pas beaucoup au
Costa Rica. Aussi on a tôt fait de les repérer. Ils n'ont pas
choisi le meilleur coin pour passer la nuit ; à mon avis ils
ont dû décamper dans la nuit avec les discothèques à côté. Ce
sont des français. Leur 4x4 est immatriculé 64 à l'avant et 40 à
l'arrière. J'imagine donc le long voyage qu'ils ont dû accomplir
depuis la France. Leur véhicule est plein d'autocollants glanés le
long de leur parcours.
J'avais envie de leur parler pour échanger un
peu mais je n'ai pas osé, plus absorbé par l'observation de
l'écureuil dont je guettais toutes les mimiques afin d'obtenir un
cliché parfait. Ils ont aussi écrit une adresse internet sur le
côté de la carrosserie : 4X4latinoamerica. Pris de curiosité
je suis allé farfouiller sur Google et je suis tombé sur leur blog.
Des baroudeurs. J'aime ça. Du coup je me suis abonné à leurs
articles. Ils sont au Costa Rica depuis le 24 novembre et arrivent du
Panama. Un pays que j’aimerais aussi découvrir. Je ne manquerai
donc pas d'aller lire tous leurs articles. Peut être qu'ils ont fait
le Chili. Tout le monde m'en parle et me dit que je devrais y aller,
que c'est un pays absolument merveilleux avec un large panel de
paysages tous ébouriffants.
Alors, l'an prochain : Panama,
Caraïbes, Australie de l'ouest ou Chili ? Si ce n'est pas une
autre destination !
J'ai installé ma
serviette sous les arbres aux branches basses qui tombent jusque sur
le sable. Ça me fait comme une niche de verdure qui fait parasol.
Les feuilles sont petites et souvent les rayons brûlants du soleil
passent à travers de sorte que je dois me déplacer régulièrement.
Je me suis mis au milieu de la plage qui doit bien faire 500 mètres
de long. Je suis donc à distance du coin où se trouve l'hôtel. De
toute façon comme les villas donnent dans la cocoteraie juste
derrière la plage, les gens restent autour de leur bungalow de luxe
aux grandes baies vitrées, sur leurs lourdes chaises longues en teck
massif et à la serviette aussi épaisse qu'une moquette qu'il ne
quittent que pour aller piquer une tête.
Le reste de la plage est si
désert que je m'y suis mis tout nu. Je ne supporte pas le maillot
qui met trop longtemps à sécher et me gratte les fesses. Je ne le
mets que pour aller me baigner et le pends ensuite aux branches pour
sécher. Pour le pique-nique j'ai aujourd'hui une belle mangue. Je
m'en suis mis plein les doigts et plein les dents, avec des fils qui
sont resté coincés toute la journée. Qu’est-ce que c'est bon une
mangue ! Ici ça vaut une bouchée de pain. Pas même un dollar.
Il y aurait tort de se priver !
En parlant de dollars, la
monnaie locale c'est le colon mais partout on peut payer en dollars
dans un change un peu défavorable d'un dollar pour 500 colons.
Seulement ils rendent la monnaie en colons, de sorte qu'on se
retrouve avec une double comptabilité pas pratique qui vient
alourdir un portefeuille qui n'arrive plus à fermer. La nourriture
n'est pas très chère au Costa Rica, si l'on se passe des produits
importés. Si l'on met sur la balance un paquet de chips à 2500
colons avec un yaourt et une banane pour 400 et quelques colons, la
calcul est vite fait. J'ai rapidement mis au rebut ces saloperies de
chips qui de toute façon n'apportent pas grand chose à l'organisme.
A la place je fais mon pique nique principalement à base de fruits.
Avec la chaleur c’est un régime qui me va très bien.
J’équilibre
le soir au restaurant où je m'en sors autour de 6000 colons bière
incluse avec des fajitas ou un casado.
Sur la plage de Prieta,
au niveau de là où je me suis mis, il y a de drôles de bestioles
qui vous foncent dessus dans l'eau en vous piquant. Je ne suis pas
arrivé à voir de quoi il s'agissait. J'en avais plusieurs sur le
short de bain qui se déplaçaient en crabe. Ces créatures flottent
entre deux eaux en attendant de se fixer avant de vous grignoter. Ce
n'est pas très agréable. A marée haute je ne les ai plus revues.
Sans doute à cause des vagues qu'elles doivent fuir pour ne pas se
noyer.
Elles font plus le bonheur des surfeurs qui débarquent le
soir venu pour se laisser glisser au coucher su soleil. Et ce soir le
coucher du soleil était fabuleux, avec des rayons qui passaient à
travers les déferlantes en leur donnant une couleur flamboyante.
J'ai du mal à quitter la
péninsule de Nicoya. Demain je devrais aller voir les volcans mais
me dire que je quitte le Pacifique que je ne reverrai plus me fait
mal au cœur. Je suis bien ici. J'ai tout ce qu'il faut. Un endroit
tranquille pour dormir, la chaleur, un temps merveilleux, un
restaurant à côté et l'océan pour me baigner et me laver.
Un
petit confort que j'aurai sans doute plus de mal à retrouver
ailleurs. Je n'ai à m’inquiéter de rien, juste à goûter le
moment présent et à laisser mes pensées divaguer. Pour être sûr
que je ne rate rien, je suis allé voir les photos des plages du nord
de la Péninsule avec Playa Ocotal et Playa del Coco. Ce que j'ai vu
m'a plus mis dans le doute que conforté dans le fait qu'il fallait
que je quitte Nicoya. Du coup je ne sais toujours pas ce que je vais
faire. Sans doute une inspection pour voir puis je déciderai. Après
tout ces plages sont un peu sur ma route...












Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire