La République dominicaine est située dans les Grandes Antilles, sur l’île d’Hispaniola qu’elle partage avec Haïti. C’est un pays très vaste qui offre de multiples facettes : des montagnes, des forêts tropicales humides, des paysages rappelant les formations calcaires de certaines îles en Thaïlande (parc Los Haïtises), des kilomètres de côtes frangées de cocotiers (Punta Cana, dénaturée), et de petits trésors épargnés de l’industrie de masse qui prévaut en République Dominicaine (presqu’île de Samana, Isla Saona).
Je m’y suis rendu en mai 2009, rêvant de voir Isla Saona depuis 2002, date à laquelle j’ai acheté mon livre des 100 plus belles plages du monde. La vue aérienne de l’île me semblait irréelle, je ne pensais pas qu’un tel paradis vierge puisse encore exister sur terre.
Pour ce voyage que je voulais loin de ce qui prévaut quand on dit qu’on va en République Dominicaine (all inclusive), j’ai opté pour le « all exclusive » ! Un billet d’avion, une voiture de location et les 3 premières nuits d’hébergement réservées dans un bungalow de Las Terrenas, dans la région de Samana. Pour le reste ce devait être au petit bonheur la chance, j’avais pris ma tente.
J’ai visité 2 régions qui me semblaient les plus intéressantes et authentiques : Samana, à l’est et la région de Bayahibe au sud est, point le plus proche pour se rendre à Saona.
Samana est l’endroit préféré des amoureux de la nature. C’est une péninsule préservée de 1 000 km², qui ne possède pas de complexes hôteliers du style de ce qu’on peut trouver à Punta Cana, des côtes très sauvages et désertes, une végétation exubérante, des cascades (El Limon), beaucoup de possibilités d’excursions, à pied, en cheval ou en bateau. Beaucoup de français viennent là et nombre d’entre eux se sont définitivement installés. On trouve même une boulangerie à Las Terrenas. Cette région est l’une des dernières aussi sauvage aux Caraïbes. Mais pour combien de temps encore ? Le long de la plage Coson de nombreuses villas se construisent et sont à vendre pour 170 000 euros.
Si vous comptez vous rendre par vos moyens à El Limon, une cascade de 40 mètres de haut que tout voyageur à Samana vient visiter, je vous le déconseille. Vous serez sollicités dès l’entrée du village par des rabatteurs qui vous proposeront de vous y rendre à des tarifs fluctuants.
Impossible de s’en défaire. Il faut savoir que vous ne pouvez pas y aller sans guide, la cascade étant nichée au milieu de la jungle, avec des cours d’eau à franchir… La balade se fait à dos de cheval, qui m’aura coûté 100 euros ! Entre un tarif par personne annoncé à l’heure qui se retrouve multiplié par 2 car le guide compte comme une personne, plus un arrêt en pleine jungle sous prétexte de pause pipi qui m’a valu d’attendre planté sur le cheval pendant une demi heure le temps de faire tourner le compteur, les frais pour l’entretien du cheval et sa nourriture, le gardiennage de la voiture… bref vous aurez droit à toutes les arnaques ! D’une manière générale c’est le fléau de ce pays. Les rabatteurs sont omniprésents, impossible d’être tranquille et de faire son choix par soi même.
Dans le même acabit, je m’étais rendu sur un chemin avant El Limon pour visiter une plage mentionnée dans le Petit Futé. J’avais fini par trouver le chemin après maints essais infructueux et à ce moment là une moto a surgi de nulle part et un type m’a demandé de le suivre pour m’amener à la plage. J’étais sur un chemin cul de sac qui menait à la mer, je n’avais pas besoin de lui pour arriver au bout et j’ai refusé tout net son offre, mais il ne s’est pas arrêté pour autant. Une fois pied à terre, je suis allé sur la plage prendre quelques photos, j’avais le type sur le dos tout le temps qui me faisait des commentaires. Quand je suis remonté dans la voiture il a exigé de l’argent pour la visite, pour m’avoir fait découvrir la plage. Je lui ai fermé la porte au nez en refusant catégoriquement. J’étais tout seul aux alentours, il aurait pu m’arriver n’importe quoi. J’ai démarré en l’ignorant, il m’a rejoint, tapait au carreau, me réclamant de l’argent à présent pour l’essence de sa moto qu’il avait brulé à cause de moi !
Bref vous êtes prévenus !
En faisant abstraction de ces emmerdes inhérentes à un voyage « all exclusive », j’ai bien aimé Samana :
- Playa Bonita en allant vers Playa Coson, à Las Terrenas, interminable et déserte.
- Le parc national Los Haïtises avec ses drôles d’ilots rocheux formant des dos d’âne dodus d’un vert intense et ses grottes dont on peut voir encore des inscriptions et peintures laissés par les Indiens Taïnos.
- La plage Rincon à Las Galeras que j’ai rejoint avec ma voiture par un chemin défoncé qui m’a pris une heure, risquant de crever à tout moment, mais récompensé par une plage à couper le souffle, absolument sauvage. J’avais l’impression d’être Christophe Colomb.
J’ai passé la deuxième partie du séjour vers Bayahibe. Je passerai sous silence la traversée de la Romana, toujours embouteillée, où je devais me rendre tous les jours faire regonfler un pneu que j’avais retrouvé crevé avec un clou de 20 cm fiché à l’intérieur qui n’avait pas pu se retrouver là par accident…
Mais Saona valait bien tous ces tracas. Je regrette de n’avoir pu y rester plusieurs jours de suite. Cette île de 110 km2 fait partie du Parc National de l’Est et aucun hébergement n’existe sur l’île, il n’y a pas de ferry non plus pour s’y rendre, le seul moyen est de faire une excursion à la journée, très prisée et disponible depuis tous les hôtels alentours. Le Petit Futé fait bien mention d’un pécheur qui offre son hospitalité, j’avais appelé le numéro il avait pris ma réservation par un « Vale !» puis après je n’ai jamais pur le ravoir au téléphone !
Cette île est incroyable et incontournable, dommage que l’on ne puisse y rester plus longtemps. J’y suis donc retourné quelques jours plus tard. Quand on aime on ne compte pas !
J’ai visité aussi Punta Cana, pour voir, en sachant que ça ne me plairait pas. Je suis resté une heure à Playa Bavaro : la Grande-Motte en plein mois d’août, pas un cocotier sans une personne, pas un endroit de sable non foulé, des marchands ambulants tout le temps. Basta !
J’ai aussi été très embêté à Bayahibe en faisant du camping sauvage. Une nuit j’ai entendu des pas autour de la tente puis la personne est partie. De peur qu’elle ne revienne avec une machette ou autre, j’ai déguerpi et me suis garé non loin d’un grand hôtel pensant être plus en sécurité. J’ai essayé de dormir dans la voiture, portes bloquées. Rapidement des gardes armés sont venus frapper me demandant de l’argent pour rester !
Je ne pense pas que je retournerai en République Dominicaine bien que je garde des souvenirs à jamais de Saona. Le seul moyen d’être tranquille est malheureusement de faire comme tout le monde : de se parquer en all inclusive dans des hôtels gigantesques, bagué au poignet dès l’arrivée. Comment ont-ils pu tout miser pour ce tourisme là ? L’île est pourtant si belle !
