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jeudi 11 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : de Potrero à Playa Grande

Playa Pan de Azucar
Dormir sur la plage Prieta n'offre que des avantages. Outre le fait que le coin est absolument merveilleux et tranquille la nuit, on est idéalement situé au sein d'un ensemble de criques qui semblent inépuisables à explorer. En plus, Potrero est juste à côté, avec un restaurant au bord de l'eau, les pieds dans le sable, Las Brisas, favori des locaux et établi depuis 1950. Avec une telle longévité, ce n'est absolument pas un attrape touriste car s'il rendait ses clients malades, il aurait fermé boutique depuis belle lurette. Leurs frites sont fantastiques, croustillantes et on pourrait ne venir que pour les goûter. Juste derrière la plage de Prieta, on trouve des herbes géantes dont la taille me dépasse et qui embaument naturellement le gazon fraîchement coupé pendant la nuit. 
Playa Penca
Comme je dors toutes fenêtres ouvertes, j'ai ce délicieux parfum qui envahit la voiture pendant que des vagues tranquilles finissent leur voyage sur le rivage à 5 mètres. La nuit des ratons laveurs patrouillent le secteur et me protègent de leurs petits bras musclés. Je les vois se réfugier au creux de la fourche d'un arbre quand j'arrive après le dîner tous feux dehors. Ils sont toujours toute une troupe de brigands avec un air sidéré. Par ici ils n'attaquent pas. Ils sont bien éduqués et pas habitués à chaparder la nourriture des touristes. Il faut dire que le coin n'est absolument pas touristique. A part des client du resort, ce sont les locaux qui apprécient cette plage et viennent le soir y faire un feu de camp avant d'aller se coucher. 
Playa Potrero
Le matin, dès les premières lueurs, je les vois revenir pour une balade sur la plage avec un chien ou plusieurs qui suivent et en profitent pour pisser sur les roues du 4x4.
Le temps est de plus en plus beau chaque jour. Il démarre en fanfare dès le petit matin par un merveilleux ciel sans nuage, tout rose à l'horizon avec une mer d'un vert indescriptible. Puis le bleu prend la relève, progressivement, commençant par un bleu délavé pour finir par le bleu intense des tropiques dès 8 heures du matin. A cette heure là cela fait déjà trois heures que le jour est levé. Je suis donc sur le pont à l'heure où d'autres se lèvent pour prendre le métro. Mais mon programme est très différent d'un métro-boulot-dodo. A la place du gris parisien, j'ai droit aux tropiques en technicolor. 
Une spécialité du Costa Rica comme le décrit si bien mon guide. Les locaux me disent que l'été est là. Tant mieux ! Si je peux éviter un nouvel épisode de jours pluvieux sans fin...
Du coup je suis allé réparer mes oublis et erreurs d'hier. Priorité du matin : trouver le chemin d'accès pour Playa Pan de Azucar, située juste après Playa Prieta. En fait en ouvrant l’œil, il y a un petit sentier qui part de la route au nord de l'hôtel Sugar Beach juste après la grille. Il n'y a pas de panneau mais on devine très vite que le sentier prend la direction de la mer. Il faut se garer sur le bas côté de la route. On parvient à la plage en quelques pas à travers la jungle. 
Bahia Potrero
C'était marée haute quand j'y suis arrivé. Tout comme à Prieta ou Danta, la mer disparaît alors sous les arbres qui se plaisent à pousser de travers pour chercher de la lumière le plus loin possible d'un rivage encombré d'une végétation dense. J'ai appris que « prieta » signifie étroit en espagnol. Le nom est pour le moins bien trouvé. La plage pain de sucre porte quant à elle ce nom en raison de deux promontoires rocheux qui entourent la plage. Derrière, l'hôtel prend possession de tout l'espace, en haut d'une colline, mais il se fond admirablement dans la nature. Des chaises longues sous les arbres et dans l'herbe invitent au repos ou à la lecture avec une vue magique sur la plage en contrebas. Quelques baigneurs matinaux n'ont pu résister à piquer une tête au moment où la jungle se pare de couleurs dorées avec un soleil rasant qui surfe à travers les vagues comme à travers un vitrail de jade et de saphir. Mais le plus gros des clients est attablé à la terrasse panoramique dégustant un petit déjeuner face à un cadre enchanteur. 

Playa Real

De retour à Potrero, j'ai cherché du wifi dans le village, privilégiant les gîtes qui m'ont mené tout droit à une plage dont j'ignorais l'existence. Playa Penca s'étire au nord de Potrero, de l'autre côté de la baie, avant Prieta. Il faut prendre une piste défoncée par des culs de poule et se frayer un chemin à travers un éventail d'animaux de la ferme. Des canards, des coqs et des poules justement. Et les traditionnels chiens bâtards noirs ou marrons qui peuplent toutes les régions tropicales. La plage est jolie mais moins sauvage que Prieta ou Danta, mes favorites. D'ailleurs à la vue de toutes ces plages, je me suis dit en rigolant : « on va peut être rester un jour de plus ! ».

Piste pour Playa Real au milieu des lianes
Pris dans mon élan de découvertes, j'ai finalement craqué pour faire un saut à Playa Flamingo qui est sur mon chemin. Car la mission du jour est de découvrir Playa Real. J'ai de la suite dans les idées et une recherche sur internet m'a permis de trouver le chemin d'accès qui n'est pas du tout depuis Playa Brasilito comme je croyais au début mais plus en retournant vers Tamarindo. Playa Flamenco est une plage immense qui fait tout le tour de la baie jusqu'à Playa Brasilito. Mais ce n’est plus qu'un mince ruban de végétation derrière lequel se trouve un chemin encombré de pick-up et de camions qui se rendent aux différentes hôtels, pensions, gîtes et resorts qui se trouvent derrière. 
Au nord de la plage se trouve une butte où un hôtel a construit des tours pour finir de ruiner le paysage. Sur ce qui reste de plage, vous trouverez des transats et autres chaises longues en plastique avec des masseuses qui vous attendent. C'est vraiment dommage car en effet la baie est très belle et j'ai essayé de l'imaginer à l'état sauvage. Pas la peine, ça fait mal au cœur. Pourtant cela convient à beaucoup de monde. C'est pratique, il n'y a qu'à faire quelques pas depuis sa chambre et puis on trouve de l'animation à côté avec des bars et restaurants où siroter un cocktail ou déguster une glace. Bon, il y a pire comme endroit. 
Playa Grande
On trouve beaucoup de coins développés comme ceux là du reste un peu partout dans les Caraïbes et cela fait venir les touristes en nombre depuis le bout de la planète. Après tout, il faut bien les loger. Et autant qu'ils restent dans leur réserve plutôt que d'envahir le pays.
Pour Playa Real, il faut quitter la baie et prendre la route de Playa Grande. En arrivant au village de Matapalo, la route part à 90 degrès sur la gauche tandis qu'une piste part dans l'autre sens, fléchée Bahia de los Pirates, 6 kilomètres plus loin. La piste est en très mauvais état et on ne cesse d'être ballotté pendant que le coffre grince. Les cailloux expulsés sous les roues viennent cogner sous le bas de caisse. 
Playa Conchal
Et pourtant je roule très lentement. Une demie heure pour faire 6 kilomètres, je peux difficilement faire moins vite. Tout le monde me double dans des nuages de poussière, parfois dans des voitures déglinguées qui n'ont peur de rien. Pour moi, pas question de crever à nouveau. Avec ma roue de secours parée d'une rustine rustique, je préfère éviter d'avoir à m'en servir. Playa Real n'est pas fléchée. On sait qu'on y est au moment où l'on parvient à l'hôtel Bahia de los Pirates. La plage est très jolie et forme comme un cœur avec une pointe qui donne sur un gros rocher au milieu de l'eau. Quelques barques de pécheurs flottent sur l'eau. Question touristes il n'y a pas grand monde. 
A part quelques locaux garés à l'ombre et assis au pied de leur voiture, ceux qui viennent là prennent quelques clichés et s'en retournent. J’avais prévu d'y passer la journée mais le coin est si reculé et la piste si défoncée que je ne suis pas tranquille à l'idée d'avoir un pneu que je puisse trouver à plat le soir venu. Je préfère crever dans des endroits plus civilisés où je puisse trouver de l'aide. Et puis va utiliser un cric dans le sable...
Quitte à être à quelque kilomètres de Playa Grande, autant la voir cette plage. Ce n'est en fait ni plus ni moins que la continuité de la plage de Tamarindo que l'on aperçoit de l'autre côté, après le parc national qui sépare les deux accès. 
La côte est très dangereuse en raison de courants démesurés qui peuvent même emporter les surfeurs. Il y a des noyés tous les ans. La plage fait quatre kilomètres de long. Derrière on trouve tout un univers dédié au surf, depuis les boutiques jusqu'aux écoles. On les retrouve pieds nus une planche sous le bras ou sur le toit d'une jeep. Personne n'ose se baigner. Aussi une plage sans pouvoir se baigner alors qu'il y en a tant d'autres c'est un peu dommage. J'y ai pris mon déjeuner, avant de retourner à Playa Conchal. Avec toutes ces plages séparées de quelque kilomètres et pourtant très différentes les unes des autres, pas besoin d'aller très loin pour aller de paire avec son humeur du jour. 
C'est comme ouvrir un catalogue en pointant du doigt ce qui nous intéresse.
Les échassiers blancs étaient toujours là autour de la lagune. Je n'avais pas fait attention l'autre fois mais on distingue en face une péninsule vierge qui avance très loin dans la mer. C'est la péninsule de Santa Elena placée entièrement dans un parc national qui couvre 386 kilomètres carrés. La frontière avec le Nicaragua est juste de l'autre côté. Je suis content de retrouver Playa Conchal que je ne pensais pas revoir. Son sable est toujours aussi blanc et si si fin qu'il colle aux pieds. Demain j'irai revoir Playa Dantita. Et tant pis si ça me met en retard sur un programme qui reste encore bien rempli pour la suite !

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