![]() |
| Playa Pan de Azucar |
Dormir sur la plage Prieta n'offre que des avantages. Outre le fait que le coin est
absolument merveilleux et tranquille la nuit, on est idéalement
situé au sein d'un ensemble de criques qui semblent inépuisables à
explorer. En plus, Potrero est juste à côté, avec un restaurant au
bord de l'eau, les pieds dans le sable, Las Brisas, favori des locaux
et établi depuis 1950. Avec une telle longévité, ce n'est
absolument pas un attrape touriste car s'il rendait ses clients
malades, il aurait fermé boutique depuis belle lurette. Leurs frites
sont fantastiques, croustillantes et on pourrait ne venir que pour
les goûter. Juste derrière la plage de Prieta, on trouve des herbes
géantes dont la taille me dépasse et qui embaument naturellement le
gazon fraîchement coupé pendant la nuit.
![]() |
| Playa Penca |
Comme je dors toutes
fenêtres ouvertes, j'ai ce délicieux parfum qui envahit la voiture
pendant que des vagues tranquilles finissent leur voyage sur le
rivage à 5 mètres. La nuit des ratons laveurs patrouillent le
secteur et me protègent de leurs petits bras musclés. Je les vois
se réfugier au creux de la fourche d'un arbre quand j'arrive après
le dîner tous feux dehors. Ils sont toujours toute une troupe de
brigands avec un air sidéré. Par ici ils n'attaquent pas. Ils sont
bien éduqués et pas habitués à chaparder la nourriture des
touristes. Il faut dire que le coin n'est absolument pas touristique.
A part des client du resort, ce sont les locaux qui apprécient cette
plage et viennent le soir y faire un feu de camp avant d'aller se
coucher.
![]() |
| Playa Potrero |
Le matin, dès les premières lueurs, je les vois revenir
pour une balade sur la plage avec un chien ou plusieurs qui suivent
et en profitent pour pisser sur les roues du 4x4.
Le temps est de plus en
plus beau chaque jour. Il démarre en fanfare dès le petit matin par
un merveilleux ciel sans nuage, tout rose à l'horizon avec une mer
d'un vert indescriptible. Puis le bleu prend la relève,
progressivement, commençant par un bleu délavé pour finir par le
bleu intense des tropiques dès 8 heures du matin. A cette heure là
cela fait déjà trois heures que le jour est levé. Je suis donc sur
le pont à l'heure où d'autres se lèvent pour prendre le métro.
Mais mon programme est très différent d'un métro-boulot-dodo. A la
place du gris parisien, j'ai droit aux tropiques en technicolor.
Une
spécialité du Costa Rica comme le décrit si bien mon guide. Les
locaux me disent que l'été est là. Tant mieux ! Si je peux
éviter un nouvel épisode de jours pluvieux sans fin...
Du coup je suis allé
réparer mes oublis et erreurs d'hier. Priorité du matin :
trouver le chemin d'accès pour Playa Pan de Azucar, située juste
après Playa Prieta. En fait en ouvrant l’œil, il y a un petit
sentier qui part de la route au nord de l'hôtel Sugar Beach juste
après la grille. Il n'y a pas de panneau mais on devine très vite
que le sentier prend la direction de la mer. Il faut se garer sur le
bas côté de la route. On parvient à la plage en quelques pas à
travers la jungle.
![]() |
| Bahia Potrero |
C'était marée haute quand j'y suis arrivé. Tout
comme à Prieta ou Danta, la mer disparaît alors sous les arbres qui
se plaisent à pousser de travers pour chercher de la lumière le
plus loin possible d'un rivage encombré d'une végétation dense.
J'ai appris que « prieta » signifie étroit en espagnol.
Le nom est pour le moins bien trouvé. La plage pain de sucre porte
quant à elle ce nom en raison de deux promontoires rocheux qui
entourent la plage. Derrière, l'hôtel prend possession de tout
l'espace, en haut d'une colline, mais il se fond admirablement dans
la nature. Des chaises longues sous les arbres et dans l'herbe
invitent au repos ou à la lecture avec une vue magique sur la plage
en contrebas. Quelques baigneurs matinaux n'ont pu résister à
piquer une tête au moment où la jungle se pare de couleurs dorées
avec un soleil rasant qui surfe à travers les vagues comme à
travers un vitrail de jade et de saphir. Mais le plus gros des
clients est attablé à la terrasse panoramique dégustant un petit
déjeuner face à un cadre enchanteur.
![]() |
| Playa Real |
![]() |
| Piste pour Playa Real au milieu des lianes |
Pris dans mon élan de
découvertes, j'ai finalement craqué pour faire un saut à Playa
Flamingo qui est sur mon chemin. Car la mission du jour est de
découvrir Playa Real. J'ai de la suite dans les idées et une
recherche sur internet m'a permis de trouver le chemin d'accès qui
n'est pas du tout depuis Playa Brasilito comme je croyais au début
mais plus en retournant vers Tamarindo. Playa Flamenco est une plage
immense qui fait tout le tour de la baie jusqu'à Playa Brasilito.
Mais ce n’est plus qu'un mince ruban de végétation derrière
lequel se trouve un chemin encombré de pick-up et de camions qui se
rendent aux différentes hôtels, pensions, gîtes et resorts qui se
trouvent derrière.
Au nord de la plage se trouve une butte où un
hôtel a construit des tours pour finir de ruiner le paysage. Sur ce
qui reste de plage, vous trouverez des transats et autres chaises
longues en plastique avec des masseuses qui vous attendent. C'est
vraiment dommage car en effet la baie est très belle et j'ai essayé
de l'imaginer à l'état sauvage. Pas la peine, ça fait mal au cœur.
Pourtant cela convient à beaucoup de monde. C'est pratique, il n'y a
qu'à faire quelques pas depuis sa chambre et puis on trouve de
l'animation à côté avec des bars et restaurants où siroter un
cocktail ou déguster une glace. Bon, il y a pire comme endroit.
![]() |
| Playa Grande |
On
trouve beaucoup de coins développés comme ceux là du reste un peu
partout dans les Caraïbes et cela fait venir les touristes en nombre
depuis le bout de la planète. Après tout, il faut bien les loger.
Et autant qu'ils restent dans leur réserve plutôt que d'envahir le
pays.
Pour Playa Real, il faut
quitter la baie et prendre la route de Playa Grande. En arrivant au
village de Matapalo, la route part à 90 degrès sur la gauche tandis
qu'une piste part dans l'autre sens, fléchée Bahia de los Pirates,
6 kilomètres plus loin. La piste est en très mauvais état et on ne
cesse d'être ballotté pendant que le coffre grince. Les cailloux
expulsés sous les roues viennent cogner sous le bas de caisse.
![]() |
| Playa Conchal |
Et
pourtant je roule très lentement. Une demie heure pour faire 6
kilomètres, je peux difficilement faire moins vite. Tout le monde me
double dans des nuages de poussière, parfois dans des voitures
déglinguées qui n'ont peur de rien. Pour moi, pas question de
crever à nouveau. Avec ma roue de secours parée d'une rustine
rustique, je préfère éviter d'avoir à m'en servir. Playa Real
n'est pas fléchée. On sait qu'on y est au moment où l'on parvient
à l'hôtel Bahia de los Pirates. La plage est très jolie et forme
comme un cœur avec une pointe qui donne sur un gros rocher au milieu
de l'eau. Quelques barques de pécheurs flottent sur l'eau. Question
touristes il n'y a pas grand monde.
A part quelques locaux garés à
l'ombre et assis au pied de leur voiture, ceux qui viennent là
prennent quelques clichés et s'en retournent. J’avais prévu d'y
passer la journée mais le coin est si reculé et la piste si
défoncée que je ne suis pas tranquille à l'idée d'avoir un pneu
que je puisse trouver à plat le soir venu. Je préfère crever dans
des endroits plus civilisés où je puisse trouver de l'aide. Et puis
va utiliser un cric dans le sable...
Quitte à être à
quelque kilomètres de Playa Grande, autant la voir cette plage. Ce
n'est en fait ni plus ni moins que la continuité de la plage de
Tamarindo que l'on aperçoit de l'autre côté, après le parc
national qui sépare les deux accès.
La côte est très dangereuse
en raison de courants démesurés qui peuvent même emporter les
surfeurs. Il y a des noyés tous les ans. La plage fait quatre
kilomètres de long. Derrière on trouve tout un univers dédié au
surf, depuis les boutiques jusqu'aux écoles. On les retrouve pieds
nus une planche sous le bras ou sur le toit d'une jeep. Personne
n'ose se baigner. Aussi une plage sans pouvoir se baigner alors qu'il
y en a tant d'autres c'est un peu dommage. J'y ai pris mon déjeuner,
avant de retourner à Playa Conchal. Avec toutes ces plages séparées
de quelque kilomètres et pourtant très différentes les unes des
autres, pas besoin d'aller très loin pour aller de paire avec son
humeur du jour.
C'est comme ouvrir un catalogue en pointant du doigt
ce qui nous intéresse.
Les échassiers blancs
étaient toujours là autour de la lagune. Je n'avais pas fait
attention l'autre fois mais on distingue en face une péninsule
vierge qui avance très loin dans la mer. C'est la péninsule de
Santa Elena placée entièrement dans un parc national qui couvre 386
kilomètres carrés. La frontière avec le Nicaragua est juste de
l'autre côté. Je suis content de retrouver Playa Conchal que je ne
pensais pas revoir. Son sable est toujours aussi blanc et si si fin
qu'il colle aux pieds. Demain j'irai revoir Playa Dantita. Et tant
pis si ça me met en retard sur un programme qui reste encore bien
rempli pour la suite !














Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire