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dimanche 14 décembre 2014

Peninsula de Nicoya : Bahia Culebra

Playa Blanca
Oubliez tout ce que vous avez vu jusqu'à maintenant, je vais vous en mettre plein les yeux ! J'ai découvert un endroit fantastique que le Lonely Planet passe sous silence. Le guide est décidément bon pour allumer un feu ! La baie de Culebra se situe de l'autre côté de celle de Potrero une fois qu'on a pris le Monkey Trail ou bien fait un grand tour pour le bypasser. Elle comprend Playa del Coco sur sa partie sud, une station balnéaire pleine de restaurants et de discothèques. C'est à sa plage voisine, Playa Ocotal, «the last gap of semi-rustica on the peninsula », que j'ai échoué hier soir. Quitte à être de retour, c'était un peu bête de filer à Playa Prieta et de rester coincé là bas pendant deux semaines. 
Playa Ocotal
Je suis arrivé à Playa Ocotal à 21h30, dans un état second, mais bien content d'être de retour. Comme je le pensais il a continué à faire beau par ici. Le sol est sec et le ciel clair et bien étoilé. Par contre, chercher un endroit de nuit est une chose en général à éviter car on ne voit rien des environnements où l'on pourrait se garer. Je pensais trouver un coin en bord de plage mais la route se termine au niveau d'un tout petit parking en bord de plage avec des maisons autour. C'est samedi soir alors il y a plein de monde qui déambule sur les pistes pour aller s'encanailler à Playa del Coco. Aussi j'ai pris une piste qui quittait le littoral en s’enfonçant dans la jungle. Elle m'a mené un peu sur les hauteurs, au fond d'une carrière en cul de sac. J'ai eu de la chance sur ce coup là.
Baie de Culebra avec la péninsule de Santa Elena au fond
De bon matin je suis allé explorer Playa Ocotal. C'est une plage de sable gris foncé avec plein de petits bateaux qui ont jeté l'ancre dans la baie, des barques de pécheurs pour la plupart, mais aussi des voiliers qui mouillent pour la nuit. C'est marée haute et la mer remonte au delà de ces espèces de figuiers de plage qui se retrouvent les pieds dans l'eau. Les gens commencent à arriver déjà à 8 heures du matin. Ce sont des locaux traînant glacières et chiens. C'est dimanche, voilà pourquoi. Depuis que je ne travaille plus les week-ends sont devenus ma bête noire. Ce sont deux jours d'invasion, surtout le dimanche, où que l'on aille, dans tous les pays du monde. Il faut bien que les autochtones se divertissent, je ne vais pas les blâmer, ils sont chez eux. 
Mais c'est beaucoup mieux quand tout ce petit monde s'est remis au travail. Je retrouve alors des plages désertes. Je ne me voyais pas passer la journée à Playa Ocotal, avec un cerbère sur le parking qui attend son billet vous dit où et comment se garer. Encore moins à Playa del Coco que je n'ai pas vu de jour mais que j'imagine bien bondée. Les locaux adorent les plages où ils peuvent y faire du bordel avec un peu d'animation derrière.
J'ai repéré sur la carte la péninsule sauvage de Papagayo, de l'autre côté de la baie, domaine exclusif d'un resort de luxe, d'un terrain de golf et d'une marina. 
Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de ça?
Avec un peu de chance, peut être qu'il y a moyen de resquiller et d'y trouver de petites criques privées. Je suis spécialiste de ce genre de chose, ça me rappelle mes journées sur la plage privée d'Aitutaki. Et là bas il y a de fortes chances que je me retrouve seul avec quelques touristes fortunés qui doivent se compter sur les doigts d'une main. Le site internet que je consulte régulièrement et qui a classé les plages du Costa Rica avec un système d'étoile, dit que Playa del Coco et sa plage voisine, Playa Hermosa, ne sont pas très excitantes et qu'on en trouve des mieux plus loin, sans mentionner toutefois leur nom ni leur localisation. J'ai donc cherché sur internet et je suis tombé sur une photo de Playa Nacascolo, une merveille de sable blanc nichée dans la jungle et bordée d'une eau translucide et turquoise.
Playa Nacascolo
Playa Panama est la dernière plage après Playa Hermosa de ce côté de la baie. De là on a un aperçu de ce qui se passe en face, avec Playa Nacascolo mais aussi d'autres plages au bout de la pointe de la péninsule qui forme un isthme à la manière de Manuel Antonio mais avec ici un hôtel de luxe à son sommet, le Four Seasons. Playa Panama est une plage de sable gris sans intérêt avec des gosses qui s'amusent à pousser du sable à quatre pattes en jouant dans le crottin au milieu de barbecues fumants et de smalas étalées sur de grands draps où trônent glacières et sacs plastiques pendant que des vendeurs passent avec leur chariot au milieu de chiens déchaînés pour proposer boissons ou noix de coco. 
Un beau bordel que j'ai fuit bien vite sans même prendre de photo. Quand je suis revenu à la voiture, le type du parking, étonné de me voir revenir, m'a demandé : « No te gusta la playa ? ». Soyons honnête, j'ai répondu « No », d'un air désolé.
Il faut faire un grand tour par la route pour passer de l'autre côté de la baie. La route qui retourne en fait vers Libéria passe à travers des collines qui permettent d'avoir de belles vues sur la baie avec au fond la péninsule de Santa Elena, le fameux parc national à la frontière avec le Nicaragua. Renseignements pris sur internet, j'ai décidé de m'y rendre les prochains jours. 
Cela a l'air très sauvage, c’est un parc immense doté de belles plages et en plus on peut y camper. Comme je ne peux pas voir la côte Caraïbe à cause de distances interminables, je vais continuer l'exploration de ce côte ci de la côte. La végétation par ici est touffue mais d'un autre style. C'est la dryforest avec des acacias, des herbes jaunes et même des cactus un peu comme au sud de la Martinique. C'est signe au moins qu'il y fait plus souvent beau qu'ailleurs. Je préfère ça aux coins de jungle verte bien luxuriante, trop verts pour être honnêtes.
Pour rentrer dans la presqu'île qui ferme la baie de Culebra il faut passer un poste de contrôle qui vous demande ce que vous venez faire en notant votre nom et votre plaque d'immatriculation. 
Le domaine est ouvert à la visite, il n'y a pas de problèmes pour y entrer. On découvre alors un autre monde. La route est un chemin délicatement pavé qui suit un terrain de golf qui coure sur la crête d'une colline en dévoilant des vues sur des des baies et plages secrètes à travers des rideaux de jungle et de lianes. La péninsule est très découpée et on y trouve des chemins annexes qui bien souvent ne mènent nulle part, pour la seule joie de permettre aux pensionnaires de faire mu-muse avec leur voiture de golf en essayant de s'y perdre. Le terrain de golf est d'un vert qui fait mal aux yeux, planté de cactus sur ses abords et de petits étangs avec des jets d'eau pour faire joli. Tout cela est un peu too much dans un tel endroit. 
Le golf est un sport que je ne comprends pas. Si l'on peut parler de sport. C’est plus un truc élitiste pour milliardaires retraités en tenue parfaitement repassée et socquettes hautes qui leur donnent un air ridicule mais aussi le sentiment d'appartenance à un clan de privilégiés.
Il y a une plage publique, celle de Nacascolo que j'avais vue en photo. Mais je ne suis pas le seul à l'apprécier. Elle est pleine de locaux venus de Libéria dont les clameurs passent par dessus les collines. Je n'ai pas réussi à y descendre. En fait je n'ai pas suivi le système car je ne le connaissais pas. C'est un garde qui me l'a expliqué alors que je voulais me garer pour descendre à la plage. 
Il y a deux types de visiteurs : ceux qui visitent la péninsule et ceux qui vont à la plage. Comme j'ai décidé de rentrer dans le domaine je n'ai droit que de parcourir la péninsule. Pour les plages, il fallait que je me gare avant le poste de garde et que je prenne des navettes qui déposent devant la plage de Nacascolo. Pas grave, avec le monde d'aujourd'hui, je reviendrai un autre jours en semaine pour découvrir cette plage sous de meilleurs auspices.
En attendant, l'exploration de la presqu'île révèle bien des trésors. Les hébergements sont situés vers le bout de la péninsule. On est dans le top du top du haut de gamme de luxe que seules des stars du show-biz peuvent s'offrir. 
J'ai découvert une villa démesurée, de la taille d'un terrain de tennis, tout en haut d'une colline sans aucun voisin autour, avec une terrasse qui se prolonge en piscine suspendue au dessus de la baie sauvage avec un volcan au fond. Une vue pareille n'a pas de prix. Tout comme la villa sans doute : elle est vide ! Le terrain de golf est plein d’asperseurs en activité. Ils montent et descendent en tournant sur eux. La belle aubaine ! J'ai réussi à en coincer un entre les doigts pour remplir mon bidon qui commençait à tirer la gueule depuis deux semaines que je ne l'ai pas rempli. Par contre l'eau pour arroser le terrain doit être spéciale : elle est verte ! 
La jungle, une baie et un volcan!
J'ai donc tout rejeté. Mais ce n’est pas grave car j'ai découvert des toilettes avec même une douche où j'ai pu remplir le jerrycan et faire un peu de lessive avant qu'un type chargé de l'entretien ne débarque. J'avais tout salopé, il y avait de l'eau et de la boue partout.
A cet endroit se trouve un chemin qui mène en bas de la colline vers Playa Blanca. C'est une des deux plages de l'isthme où se trouve le four Seasons. J'ai essayé d'y rentrer mais il avait à nouveau une barrière et le garde m'a demandé si j'étais un invité, zieutant avec dégoût le siège passager rabattu avec son sac de couchage et les fenêtre d'où pendouillent le linge que j'ai mis à sécher. Comme j'ai tout lavé je suis torse nu. Dans un tel accoutrement, pas étonnant que je me sois fait poliment refuser l'accès. Je ressemblais plus à un gitan qu'à un riche milliardaire ! Je m'en moque, je vais faire le tour par en haut.
Playa Blanca
Le chemin qui descend du haut de la colline est un petit escalier de bois où s'enroulent des lianes tout du long. Des cactus fins et très hauts ont pris possession derrière la plage. La baie est si large qu'on voit de la terre tout autour de soi comme si l'on était au bord d'un lac. Du coup la mer est très calme, propice aux développement de coraux dont des débris parsèment le sable. J'ai posé ma serviette à l'ombre d'un acacia qui offrait une ombre bien maigre, pendant que des singes capucins qui ont toujours l'air renfrognés se balançaient dans les arbres. Ils ont trouvé un essaim d'abeilles et se trimbalent avec un pan de rayon entre les mains qu'ils dégustent en se faisant la guerre. Ça sent bon le miel. La plage est pleine de leurs empreintes, formant un boulevard de petites mains comme le fameux boulevard des célébrités d'Hollywood. 
Des singes hurleurs en folie pendant ce temps n'ont pas a arrêté de crier de tout l'après midi comme des gorets qu'on égorge sans que je réussisse à les voir une fois de plus. Jusqu'à ce que je quitte le domaine au coucher du soleil. Alors que je descendais vers la marina, j'ai été alerté par des hurlements très forts sur le bas côté avec des trucs qui s'agitaient dans les feuillages. Il y avait là toute une colonie. Ce sont des singes noirs de la taille d'un macaque. Je m'attendais à voir un truc plus gros, du style gorille avec un tel cri rauque et grave. Je n'ai pas pu les prendre en photo par manque de lumière. J'y retournerai demain matin, avec un peu de chance ils seront toujours au même endroit.
La marina est un petit port de plaisance bien tranquille garni de quelques voiliers et qui dispose d'un restaurant et d'un hôtel. C’est là que j'ai dîner, quasiment au bord du quai, les orteils en éventail face à un coucher de soleil resplendissant. Je m'étonne encore que cette baie reste si préservée - à part la la partie sud-ouest de Playa del Coco. Un tel endroit aux Antilles serait plein de maisons accrochées sur les flancs des collines. Le Costa Rica deviendra peut être un jour comme cela mais il a encore du retard et c’est tant mieux !
Ce soir des éclairs zèbrent le ciel plus au sud. Je me marre : ici c'est grand beau temps! Je ne regrette pas d'être revenu dans le coin. Il y a certainement d'autres coins qui valent aussi la peine mais j'ai trouvé un petit paradis qui ne me donne pas l'envie d'aller voir ailleurs. Si je devais retourner au Costa Rica ce serait ici, en prenant un billet cette fois pour l'aéroport de Libéria. C'est très beau et ces baies et collines donnent un panorama époustouflant. Où que l'on soit on a l'impression de poser le pied dans des baies de pirates.

1 commentaire:

  1. Super, les photos, l'écriture! ce 10 nov, nous partons vers Culebra depuis Nicoya. On part vers 3h du matin car on ne peut se payer l'hôtel. J'espère qu'on pourra accéder à quelques plages. merci

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