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| Playa Blanca |
Oubliez tout ce que vous
avez vu jusqu'à maintenant, je vais vous en mettre plein les yeux !
J'ai découvert un endroit fantastique que le Lonely Planet passe
sous silence. Le guide est décidément bon pour allumer un feu !
La baie de Culebra se situe de l'autre côté de celle de Potrero une
fois qu'on a pris le Monkey Trail ou bien fait un grand tour pour le
bypasser. Elle comprend Playa del Coco sur sa partie sud, une station
balnéaire pleine de restaurants et de discothèques. C'est à sa
plage voisine, Playa Ocotal, «the last gap of semi-rustica on the
peninsula », que j'ai échoué hier soir. Quitte à être de
retour, c'était un peu bête de filer à Playa Prieta et de rester
coincé là bas pendant deux semaines.
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| Playa Ocotal |
Je suis arrivé à Playa
Ocotal à 21h30, dans un état second, mais bien content d'être de
retour. Comme je le pensais il a continué à faire beau par ici. Le
sol est sec et le ciel clair et bien étoilé. Par contre, chercher
un endroit de nuit est une chose en général à éviter car on ne
voit rien des environnements où l'on pourrait se garer. Je pensais
trouver un coin en bord de plage mais la route se termine au niveau
d'un tout petit parking en bord de plage avec des maisons autour.
C'est samedi soir alors il y a plein de monde qui déambule sur les
pistes pour aller s'encanailler à Playa del Coco. Aussi j'ai pris
une piste qui quittait le littoral en s’enfonçant dans la jungle.
Elle m'a mené un peu sur les hauteurs, au fond d'une carrière en
cul de sac. J'ai eu de la chance sur ce coup là.
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| Baie de Culebra avec la péninsule de Santa Elena au fond |
De bon matin je suis allé
explorer Playa Ocotal. C'est une plage de sable gris foncé avec
plein de petits bateaux qui ont jeté l'ancre dans la baie, des
barques de pécheurs pour la plupart, mais aussi des voiliers qui
mouillent pour la nuit. C'est marée haute et la mer remonte au delà
de ces espèces de figuiers de plage qui se retrouvent les pieds dans
l'eau. Les gens commencent à arriver déjà à 8 heures du matin. Ce
sont des locaux traînant glacières et chiens. C'est dimanche, voilà
pourquoi. Depuis que je ne travaille plus les week-ends sont devenus
ma bête noire. Ce sont deux jours d'invasion, surtout le dimanche,
où que l'on aille, dans tous les pays du monde. Il faut bien que les
autochtones se divertissent, je ne vais pas les blâmer, ils sont
chez eux.
Mais c'est beaucoup mieux quand tout ce petit monde s'est
remis au travail. Je retrouve alors des plages désertes. Je ne me
voyais pas passer la journée à Playa Ocotal, avec un cerbère sur
le parking qui attend son billet vous dit où et comment se garer.
Encore moins à Playa del Coco que je n'ai pas vu de jour mais que
j'imagine bien bondée. Les locaux adorent les plages où ils peuvent
y faire du bordel avec un peu d'animation derrière.
J'ai repéré sur la
carte la péninsule sauvage de Papagayo, de l'autre côté de la baie, domaine
exclusif d'un resort de luxe, d'un terrain de golf et d'une marina.
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| Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire de ça? |
Avec un peu de chance, peut être qu'il y a moyen de resquiller et
d'y trouver de petites criques privées. Je suis spécialiste de ce
genre de chose, ça me rappelle mes journées sur la plage privée
d'Aitutaki. Et là bas il y a de fortes chances que je me retrouve
seul avec quelques touristes fortunés qui doivent se compter sur les
doigts d'une main. Le site internet que je consulte régulièrement
et qui a classé les plages du Costa Rica avec un système d'étoile,
dit que Playa del Coco et sa plage voisine, Playa Hermosa, ne sont
pas très excitantes et qu'on en trouve des mieux plus loin, sans
mentionner toutefois leur nom ni leur localisation. J'ai donc cherché
sur internet et je suis tombé sur une photo de Playa Nacascolo, une
merveille de sable blanc nichée dans la jungle et bordée d'une eau
translucide et turquoise.
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| Playa Nacascolo |
Playa Panama est la
dernière plage après Playa Hermosa de ce côté de la baie. De là
on a un aperçu de ce qui se passe en face, avec Playa Nacascolo mais
aussi d'autres plages au bout de la pointe de la péninsule qui forme
un isthme à la manière de Manuel Antonio mais avec ici un hôtel de
luxe à son sommet, le Four Seasons. Playa Panama est une plage de
sable gris sans intérêt avec des gosses qui s'amusent à pousser du
sable à quatre pattes en jouant dans le crottin au milieu de
barbecues fumants et de smalas étalées sur de grands draps où
trônent glacières et sacs plastiques pendant que des vendeurs
passent avec leur chariot au milieu de chiens déchaînés pour
proposer boissons ou noix de coco.
Un beau bordel que j'ai fuit bien
vite sans même prendre de photo. Quand je suis revenu à la voiture,
le type du parking, étonné de me voir revenir, m'a demandé :
« No te gusta la playa ? ». Soyons honnête, j'ai
répondu « No », d'un air désolé.
Il faut faire un grand
tour par la route pour passer de l'autre côté de la baie. La route
qui retourne en fait vers Libéria passe à travers des collines qui
permettent d'avoir de belles vues sur la baie avec au fond la
péninsule de Santa Elena, le fameux parc national à la frontière
avec le Nicaragua. Renseignements pris sur internet, j'ai décidé de
m'y rendre les prochains jours.
Cela a l'air très sauvage, c’est
un parc immense doté de belles plages et en plus on peut y camper.
Comme je ne peux pas voir la côte Caraïbe à cause de distances
interminables, je vais continuer l'exploration de ce côte ci de la
côte. La végétation par ici est touffue mais d'un autre style.
C'est la dryforest avec des acacias, des herbes jaunes et même des
cactus un peu comme au sud de la Martinique. C'est signe au moins
qu'il y fait plus souvent beau qu'ailleurs. Je préfère ça aux
coins de jungle verte bien luxuriante, trop verts pour être
honnêtes.
Pour rentrer dans la
presqu'île qui ferme la baie de Culebra il faut passer un poste de
contrôle qui vous demande ce que vous venez faire en notant votre
nom et votre plaque d'immatriculation.
Le domaine est ouvert à la
visite, il n'y a pas de problèmes pour y entrer. On découvre alors
un autre monde. La route est un chemin délicatement pavé qui suit
un terrain de golf qui coure sur la crête d'une colline en dévoilant
des vues sur des des baies et plages secrètes à travers des rideaux
de jungle et de lianes. La péninsule est très découpée et on y
trouve des chemins annexes qui bien souvent ne mènent nulle part,
pour la seule joie de permettre aux pensionnaires de faire mu-muse
avec leur voiture de golf en essayant de s'y perdre. Le terrain de
golf est d'un vert qui fait mal aux yeux, planté de cactus sur ses
abords et de petits étangs avec des jets d'eau pour faire joli. Tout
cela est un peu too much dans un tel endroit.
Le golf est un sport
que je ne comprends pas. Si l'on peut parler de sport. C’est plus
un truc élitiste pour milliardaires retraités en tenue parfaitement
repassée et socquettes hautes qui leur donnent un air ridicule mais
aussi le sentiment d'appartenance à un clan de privilégiés.
Il y a une plage
publique, celle de Nacascolo que j'avais vue en photo. Mais je ne
suis pas le seul à l'apprécier. Elle est pleine de locaux venus de
Libéria dont les clameurs passent par dessus les collines. Je n'ai
pas réussi à y descendre. En fait je n'ai pas suivi le système car
je ne le connaissais pas. C'est un garde qui me l'a expliqué alors
que je voulais me garer pour descendre à la plage.
Il y a deux types
de visiteurs : ceux qui visitent la péninsule et ceux qui vont
à la plage. Comme j'ai décidé de rentrer dans le domaine je n'ai
droit que de parcourir la péninsule. Pour les plages, il fallait que
je me gare avant le poste de garde et que je prenne des navettes qui
déposent devant la plage de Nacascolo. Pas grave, avec le monde
d'aujourd'hui, je reviendrai un autre jours en semaine pour découvrir
cette plage sous de meilleurs auspices.
En attendant,
l'exploration de la presqu'île révèle bien des trésors. Les
hébergements sont situés vers le bout de la péninsule. On est dans
le top du top du haut de gamme de luxe que seules des stars du
show-biz peuvent s'offrir.
J'ai découvert une villa démesurée, de
la taille d'un terrain de tennis, tout en haut d'une colline sans
aucun voisin autour, avec une terrasse qui se prolonge en piscine
suspendue au dessus de la baie sauvage avec un volcan au fond. Une
vue pareille n'a pas de prix. Tout comme la villa sans doute :
elle est vide ! Le terrain de golf est plein d’asperseurs en
activité. Ils montent et descendent en tournant sur eux. La belle
aubaine ! J'ai réussi à en coincer un entre les doigts pour
remplir mon bidon qui commençait à tirer la gueule depuis deux
semaines que je ne l'ai pas rempli. Par contre l'eau pour arroser le
terrain doit être spéciale : elle est verte !
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| La jungle, une baie et un volcan! |
J'ai donc
tout rejeté. Mais ce n’est pas grave car j'ai découvert des
toilettes avec même une douche où j'ai pu remplir le jerrycan et
faire un peu de lessive avant qu'un type chargé de l'entretien ne
débarque. J'avais tout salopé, il y avait de l'eau et de la boue
partout.
A cet endroit se trouve
un chemin qui mène en bas de la colline vers Playa Blanca. C'est une
des deux plages de l'isthme où se trouve le four Seasons. J'ai
essayé d'y rentrer mais il avait à nouveau une barrière et le
garde m'a demandé si j'étais un invité, zieutant avec dégoût le
siège passager rabattu avec son sac de couchage et les fenêtre d'où
pendouillent le linge que j'ai mis à sécher. Comme j'ai tout lavé
je suis torse nu. Dans un tel accoutrement, pas étonnant que je me
sois fait poliment refuser l'accès. Je ressemblais plus à un gitan
qu'à un riche milliardaire ! Je m'en moque, je vais faire le
tour par en haut.
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| Playa Blanca |
Le chemin qui descend du
haut de la colline est un petit escalier de bois où s'enroulent des
lianes tout du long. Des cactus fins et très hauts ont pris
possession derrière la plage. La baie est si large qu'on voit de la
terre tout autour de soi comme si l'on était au bord d'un lac. Du
coup la mer est très calme, propice aux développement de coraux
dont des débris parsèment le sable. J'ai posé ma serviette à
l'ombre d'un acacia qui offrait une ombre bien maigre, pendant que
des singes capucins qui ont toujours l'air renfrognés se balançaient
dans les arbres. Ils ont trouvé un essaim d'abeilles et se
trimbalent avec un pan de rayon entre les mains qu'ils dégustent en
se faisant la guerre. Ça sent bon le miel. La plage est pleine de
leurs empreintes, formant un boulevard de petites mains comme le
fameux boulevard des célébrités d'Hollywood.
Des singes hurleurs
en folie pendant ce temps n'ont pas a arrêté de crier de tout
l'après midi comme des gorets qu'on égorge sans que je réussisse à
les voir une fois de plus. Jusqu'à ce que je quitte le domaine au
coucher du soleil. Alors que je descendais vers la marina, j'ai été
alerté par des hurlements très forts sur le bas côté avec des
trucs qui s'agitaient dans les feuillages. Il y avait là toute une
colonie. Ce sont des singes noirs de la taille d'un macaque. Je
m'attendais à voir un truc plus gros, du style gorille avec un tel
cri rauque et grave. Je n'ai pas pu les prendre en photo par manque
de lumière. J'y retournerai demain matin, avec un peu de chance ils
seront toujours au même endroit.
La marina est un petit
port de plaisance bien tranquille garni de quelques voiliers et qui
dispose d'un restaurant et d'un hôtel. C’est là que j'ai dîner,
quasiment au bord du quai, les orteils en éventail face à un
coucher de soleil resplendissant. Je m'étonne encore que cette baie
reste si préservée - à part la la partie sud-ouest de Playa del
Coco. Un tel endroit aux Antilles serait plein de maisons accrochées
sur les flancs des collines. Le Costa Rica deviendra peut être un
jour comme cela mais il a encore du retard et c’est tant mieux !
Ce soir des éclairs
zèbrent le ciel plus au sud. Je me marre : ici c'est grand beau
temps! Je ne regrette pas d'être revenu dans le coin. Il y a
certainement d'autres coins qui valent aussi la peine mais j'ai
trouvé un petit paradis qui ne me donne pas l'envie d'aller voir
ailleurs. Si je devais retourner au Costa Rica ce serait ici, en
prenant un billet cette fois pour l'aéroport de Libéria. C'est très
beau et ces baies et collines donnent un panorama époustouflant. Où
que l'on soit on a l'impression de poser le pied dans des baies de
pirates.
















Super, les photos, l'écriture! ce 10 nov, nous partons vers Culebra depuis Nicoya. On part vers 3h du matin car on ne peut se payer l'hôtel. J'espère qu'on pourra accéder à quelques plages. merci
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