Depuis le temps que
j'attendais ce moment, cette fois il est arrivé. Moins de trois ans
après la découverte de cette île mystérieuse, je suis de retour.
Et pas qu'une semaine comme la dernière fois, mais deux mois s'il
vous plaît. Dans l'hypothèse où je tienne bon tout ce temps sur
une île quasi déserte. J'ai pensé à tout, achetant avant le
départ un lecteur de livre électronique chargé à bloc afin
d'occuper le temps les jours de pluie. J'ai aussi emporté le hamac.
Ça va ensemble. Seulement voilà, le matin même du départ, vu que
je n'étais pas satisfait de la police de caractères proposée, j'ai
voulu installer une nouvelle version du firmware du bidule.
Pour ceux
qui n'y connaissent rien, le firmware c'est le programme qui gère un
dispositif électronique, un peu à la manière d'un programme
d’ordinateur. Malheur à moi, le truc s'est déconnecté au moment
de la mise à jour et depuis je ne peux plus rien faire avec ni
l’éteindre. Le dispositif est par ailleurs reconnu par aucun
ordinateur. Bref, un livre électronique tout neuf et déjà cassé
avant d'avoir servi. Après l'appareil photo, j'ai le don avec les
engins électroniques. Tant pis pour la lecture, il me restera le
hamac !
Pour rejoindre Tarutao
depuis l'Europe, il faut être motivé. C'était plus simple quand
j'avais fait mon tour du monde.
Là, le plus proche consiste toujours
à rejoindre Langkawi en Malaisie qui se trouve à 5 kilomètres
seulement des limites de Koh Tarutao. L'île a beau être en face,
c'est comme s'il y avait un mur de Berlin. J'ai voulu faire
différemment de la dernière fois, afin d'éviter une nuit
obligatoire sur Koh Kipe vu que les bateaux au départ de cette île
pour Tarutao ont lieu le matin. De la ville de Kuah au sud-est de
Langkawi on peut prendre un bateau pour Satun en Thaïlande. Départ
à 9 heures du matin. Satun est juste en face de Tarutao mais cela
serait trop simple : il n'y a pas de bateau qui relie l'île
depuis le port de Satun. Il faut aller à un autre port, à Pak Bara,
que l'on rejoint en taxi après une heure de route.
Je me suis
arrangé avec une agence de voyage à Satun qui m'a fait un package
taxi-bateau pour 1550 bahts. J'ai fait le trajet avec des ukrainiens
qui allaient à Koh Lipe. Je leur laisse volontiers l'île. Le
chauffeur me vantait les mérites de Tarutao. Inutile de se donner
cette peine. « It's very quiet », me dit il. Pas comme
Koh Lipe qui est gorgé de touristes. Cela n'a pas l'air d’effrayer
les russes pour autant.
Arrivé à Pak Bara, j'ai
dû patienter jusqu'à 13 heures un bateau non officiel dans lequel
je suis monté après m'être fait conduire en moto en passant à
côté de l'accès au quai. Coincé avec les prestations de cette
agence de voyage qui fait marcher seulement ses connaissances, j'ai
vu passer d'autres bateaux qui partaient pour Koh Lipe via Tarutao.
Rageant.
A la place j'ai dû attendre plus de deux heures en pleine
chaleur, à manger dans une gargote la moins pourrie possible.
Conseil à ceux qui voudraient faire comme moi : en arrivant à
Satun, demandez juste le taxi en refusant qu'ils incluent le bateau
avec. Une fois à Bak Bara vous aurez ainsi le choix de prendre le
bateau que vous voulez.
Je n'avais jamais
découvert Tarutao en arrivant par l'est. La côte à cet endroit
offre des falaises karstiques - un peu à la manière de ce qu'on
trouve autour de Phuket avec Krabi et Koh Phi Phi - et qui font la
particularité des îles de Thaïlande. Les montagnes de l'île se
découvrent plus loin. Puis, au détour d'un cap, la baie d'Ao Pante
se dévoile.
A ce moment là j'ai senti un frisson descendre le long
du dos. Tarutao. Cette île si belle et sauvage est toujours là. Ce
sont des retrouvailles comme des amants qui ne se seraient pas vus
depuis longtemps. Je suis descendu sur le petit quai les yeux tout
embués d'émotion. Après m'être acquitté des 200 bahts de droit
d'entrée du parc (toute l'île est dans un parc national), j'ai
installé la tente sous les arbres en bord de plage. C’est un
nouveau modèle avec une abside qui m'a donné du fil à retordre.
Évidemment pour ne pas m'encombrer j'avais laissé la housse avec le
mode d'emploi. Après avoir passé une heure à essayer de comprendre
comment faire, j'ai fini par faire un trou devant pour y glisser une
ficelle afin de tendre le truc autour d'un arbre. Mais au final tout
était monté avant qu'un orage n'éclate...






Génial Ivan!
RépondreSupprimerJe suis trop jalouse!!
Publie des photos!!
Bises
Anne-Laure
J'ai mis de nouveaux épisodes. Y a un français ici qui a une carte SIM avec internet j'en profite. Ca aurait été bien si tu avais été aussi là. Tu verras sur le blog, j'ai fait plein de trucs super.
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