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dimanche 11 janvier 2015

Koh Tarutao J5 : Toe-Boo Cliff

Je pense rester deux semaines à Ao Pante et continuer par deux autres à Ao Molae. Je mettrai de côté Ao Son infestée de sandflies selon mes souvenirs. Aussi, je m'octroie des jours d'escapade, question de changer un peu. J'ai pour projet un tour de kayak vers un endroit où je ne suis encore jamais allé, au nord de la baie, de l'autre côté de la rivière. En effet en venant de Pak Bara j'ai découvert une sublime plage déserte, celle que l'on peut voir en photo sur le premier jour. J'ai aussi l’excursion à vélo pour me rendre au sud de l'île. Je l'ai déjà fait, c’est long et éreintant car il faut traverser les montagnes de l'île mais ça vaut le coup. 
On passe à travers une belle jungle pour découvrir les baies de l'est pleines de mangroves et de rochers karstiques. Pour aujourd'hui, c’est une toute autre activité que j'envisage. Au dessus du centre des visiteurs se trouve un rocher qui domine tout le camp et qu'on gravit par un petit sentier qui s’enfonce dans la jungle. Je l'ai pris la dernière fois mais c'était en fin d'après midi et j'avais le soleil en pleine poire. Aussi je me suis mis en tête de faire ça ce matin, profitant d'une belle journée ensoleillée.
Le sentier pour Toe-Boo Cliff est bien indiqué et trône en photo au centre des visiteurs où des panneaux indiquent les différents sites à visiter sur l'île.
C'est une promenade facile de 400 mètres de long seulement qui sert aussi de refuge en cas de Tsunami. En effet c’est le seul coin en relief du secteur. Avec ma tente au bord de l'au j'ai intérêt à courir vite si je vois la mer se retirer au loin. Dans l'hypothèse où ça arrive de jour et pas de nuit... Sinon je pourrai toujours grimper au sommet des hauts filaos qui agrémentent la plage et où j'ai suspendu le hamac. La première partie du sentier longe une falaise d'un côté et une mangrove de l'autre avec des trous de crabe qui forment de véritables taupinières de boue durcie. La falaise dessine par endroits des demies arches suspendues sous lesquelles on passe et où s'enroulent des lianes. 
Le coin fait très mystérieux. Ensuite le chemin prend de la hauteur en gravissant la falaise par des marches taillées dans la paroi et des planches de bois pour couvrir les espaces dans le vide. Au détour d'un virage s'ouvre une trouée vers la rivière, offrant une vue fantastique. On a l'impression d'être un singe contemplant sa jungle depuis la canopée. La rivière a une belle couleur verte et est bordée de cocotiers et d'un rivage de sable blanc où des pécheurs ont accosté avec leurs long tails boats. Au large on distingue des îles et des rochers plantés dans l'eau comme des dents.


Au sommet du rocher on trouve un chapiteau avec des bancs où se poser pour admirer la vue à l'ombre. J'ai beau être venu le matin, le soleil n’est toujours pas dans la bonne direction. C'est un contre-jour au dessus des montagnes et de la jungle auquel j'ai droit. En fait ce n'est jamais la bonne heure pour venir ici ! Il faut choisir entre un contre jour sur l'île ou un autre sur la plage et la mer l'après midi. Ce n’est pas grave, la vue est très belle et englobe un vaste panorama sur une bonne partie de la côte ouest de l'île. On réalise alors encore plus à quel point l'île est vierge et préservée. C’est pour ça que je suis venu. Connaissez vous d'autres îles comme ça dans le monde ?
Surtout avec son statut de parc national, c’est la certitude qu'elle restera toujours dans cet état. Pas de risque donc de mauvaise surprise en revenant pour constater une plage dévastée par la construction d'un hôtel. Je reviendrai donc à coup sûr. On peut être tenté de vouloir découvrir d'autres îles mais aucune alentour n'offre une telle possibilité d'immersion dans la nature. Cerise sur le gâteau on peut y vivre en Robinson comme on veut pour trois fois rien. A la fin de mon séjour je ferai un guide pratique sur le budget nécessaire et le prix de chaque chose afin de permettre à d'éventuels futurs visiteurs de se faire une idée du budget requis - en espérant qu'ils ne seront pas nombreux à vouloir y venir. Car dès qu'on est sur l'île on y reste prisonnier, coupé du monde moderne. Il y a tout juste le téléphone portable qui passe. Une vraie cure de décompression. Le problème est que je n'ai rien à décompresser ! Pas de boulot à retrouver ni de contraintes. Le contexte est donc complètement différent de la dernière fois. C’est aussi pour cette raison que je ne ressens pas le besoin de passer ici une longue retraite comme ce que j'avais envisagé au début...

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