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dimanche 1 décembre 2013

A la recherche du coupable


Le lit du bungalow est si confortable que je me suis levé vers 8 heures, faisant ainsi presque le tour du cadran. Et encore j'ai dû me forcer, j'aurais pu continuer à rêvasser encore pendant longtemps. Car le temps va de mal en pis et il s'est mis à pleuvoir des cordes dès 4 heures du matin. Encore heureux que je ne suis pas sous la tente. Avec son toit scalpé autant dormir dehors. Par chance j'ai pensé emmener la bâche, aussi je n'aurai pas besoin de racheter de tente. Ce sera juste plus long à monter et difficile à déplacer en cas d'emmerdes nocturnes. Et pour la porte d'entrée en moustiquaire, je colmaterai l'ouverture avec des pinces à linge. Ça devrait faire l'affaire. De toute façon, il faut. Je ne peux pas dormir dans la voiture, j'ai un modèle dont le dossier s'incline à peine plus que celui d'un siège d'avion. Je déteste ça, je ne sais pas ce qu'ont les fabricants à brider leur siège.
Un oiseau avec des cheveux...
Dans la chambre j'ai une bouilloire et un frigo et des sachets de thé à disposition. Je n'ai donc pas eu à allumer un feu pour chauffer l'eau de mon muesli. Cela me fait penser qu'avec mes plats déshydratés et lyophilisés, j'ai surtout besoin de faire chauffer de l'eau. Comme en général je voyage avec une voiture, cela a fait tilt. N'existerait il pas des bouilloires de voiture ? Auquel cas je n'aurais plus à m’inquiéter de trouver du gaz ou du bois. En plus l'avantage de la bouilloire est qu'en un clin d’œil l'eau est portée à ébullition.
Dans l'éventualité où je serais mis à la porte du resort, si jamais je tire le bouchon un peu trop loin en leur demandant une nuit de plus dans le bungalow au seul motif d'attendre lundi pour pouvoir racheter le matériel de camping, j'ai tout plié et rangé dans la voiture. 
C'est moi qui pue des pieds comme ça?
Le manager n'était pas là, je n'ai toujours pas vu sa trombine, on m'en parle tout le temps, je me demande même si les décisions sont prises par des managers. A la réception c'était quelqu'un d'autre qui n'était pas au courant de l'affaire de l'attaque des babouins affamés. Il a fallu que je ré-explique mon cas. On m'a invité à garder la clef et à voir cela demain avec le manager. En attendant ils ne m'ont rien demandé de payer, j'ai même insisté pour payer l'entrée du parc. Car sans cela au poste d'accès ils ne me laisseraient pas sortir sans justificatif. Avec un peu de chance demain ce sera une autre et comme on paye tout à l'arrivée j'aurai droit à un « c'est tout bon ». L'employée m'a demandé si j'avais bien pris le petit déjeuner. 
C'est alors que j'ai réalisé que cela devait être inclus dans le prix de la chambre car je me souviens que sur la carte du restaurant hier soir il n'y avait rien au sujet du petit déjeuner. Ce n'est pas très malin de m'être préparé un petit déjeuner. J'en prend note pour demain.
Sitôt de retour à la chambre, j'ai tout redéballé et me suis mis sur le lit, me recouvrant de la couette. Avec cette pluie qui ne cesse de tomber sans aucun répit, le thermomètre a bien dû perdre plus de 10 degrés. Le ciel est bouché de toute part et la plaine est dans la brume. Au moins j'ai une chambre où passer la journée au lieu de me morfondre dans une voiture. A force d'errer du lit aux toilettes dans un état d'hibernation, il était déjà plus de midi quand j'ai vérifié ma montre. L'heure du déjeuner ! 
Comme la pluie venait juste de s’arrêter pour la première fois, je suis allé chercher dans la voiture de quoi préparer un déjeuner. Je me suis un peu dépêché pour pouvoir profiter de l'accalmie. Car je ne vais pas rester comme ça toute la journée. Je veux me balader dans la nature et essayer de chopper des bêtes. C'est la seule chose que l'on peut prendre en photo quand il ne fait pas beau sans avoir une photo terne bonne à jeter.
Et puis j'ai aussi pour but de trouver ces babouins pour voir la trogne de mon agresseur. Ils ne doivent pas être très loin, il y a des crottes un peu partout avec des graines à l'intérieur. J'ai donc pisté leur la trace, en prenant le chemin qui part juste devant mon bungalow, le 22, et qui mène au restaurant en descendant par une zone d'observation des oiseaux. 
Je garde un œil bien ouvert, l'aventure pourrait bien débouler au détour d'un virage. D'ailleurs les oiseaux sont insaisissables. Ils s'envolent avant d'avoir eu le temps de réaliser qu'il y en avait un sur une branche. Il faut s'armer de patience. Malgré tout j'ai réussi à en dégoter de deux sortes, dénoncés par leur chant ce qui m'a permis de les localiser bien avant qu'ils ne me voient. Je complète donc mon tableau de chasse.
Plus loin, j'ai été alerté par des formes noirâtres qui bougeaient derrière les buissons puis j'ai vu débouler un babouin sur le chemin, juste devant moi, puis un autre, suivi d'une famille avec un petit. Ils sont restés là sur le chemin, les plus jeunes jouant à se poursuivre dans les arbres en poussant des cris stridents pendant que leurs mères levaient un pauvre œil blasé. 
Il y a avait une femelle en train de se faire docilement dépouiller, tout en allaitant son petit. Il régnait une douce harmonie, contrastant avec la violence dont ils avaient su faire preuve hier. J'en aurais bien mis un en examen pour lui demander où il a caché mon sac et si les boules quies ne lui sont pas restées sur l'estomac mais ils se ressemblent tous ces babouins ! Et puis je ne leur en veux pas. Ils ont faim et nous sommes sur leur territoire. C'est normal qu'ils explorent des choses qu'ils n'ont jamais vues auparavant. D'ailleurs je commence déjà à rigoler de ce qui m'est arrivé, cela fait des choses à raconter.
Ils ont fini par déguerpir dans les fourrés au bout d'une demie heure, tout dégoulinant de pluie et j'ai poursuivi mon chemin, en me perdant au passage. Le bush est plein de chemins qui ne sont pas indiqués et je suis arrivé ainsi jusqu'au niveau de la réception, bien plus bas que la piscine où j'aurais dû normalement arriver. Le camping étant juste en face j'ai fait un saut sur mon emplacement, à la recherche des objets manquants, sans plus de succès d'hier. De toute façon il y avait encore eu une attaque et ce qui était déchiqueté et déposé dans la poubelle avait été à nouveau vandalisé. Des bouts de mon drap de soie étaient à nouveaux accrochés aux branches des arbustes épineux les transformants en étrange sapin de Noël. Tant pis, il faut savoir faire le deuil.
Je suis remonté vers le bungalow, faisant une grande boucle au milieu du bush. J'ai essayé d'identifier les différentes odeurs qui embaument l'atmosphère. A chaque pas les effluves sont différentes. On passe de la pomme pourrie au parfum du mimosa, en passant par des odeurs de terre séchée. Après avoir fait un crochet sur les chaises longues de la piscine, j'ai décidé de regagner la chambre, ayant découvert à midi que ma clé 3G marchait et me permettait donc de mettre à jour le blog. Car la première fois que j'ai voulu m'en servir cela ne marchait pas, me faisant regretter d'avoir dépenser tant d'argent dans l'achat de cette clef et du crédit de communications qui va avec. Je suis désormais connecté avec le monde, je m'en moque un peu mais c’est juste pour partager ce voyage en temps plus ou moins réel. Par contre, qu'est ce que c’est lent !

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