Le lit du bungalow est si
confortable que je me suis levé vers 8 heures, faisant ainsi presque
le tour du cadran. Et encore j'ai dû me forcer, j'aurais pu
continuer à rêvasser encore pendant longtemps. Car le temps va de
mal en pis et il s'est mis à pleuvoir des cordes dès 4 heures du
matin. Encore heureux que je ne suis pas sous la tente. Avec son toit
scalpé autant dormir dehors. Par chance j'ai pensé emmener la
bâche, aussi je n'aurai pas besoin de racheter de tente. Ce sera
juste plus long à monter et difficile à déplacer en cas d'emmerdes
nocturnes. Et pour la porte d'entrée en moustiquaire, je colmaterai
l'ouverture avec des pinces à linge. Ça devrait faire l'affaire. De
toute façon, il faut. Je ne peux pas dormir dans la voiture, j'ai un
modèle dont le dossier s'incline à peine plus que celui d'un siège
d'avion. Je déteste ça, je ne sais pas ce qu'ont les fabricants à
brider leur siège.
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| Un oiseau avec des cheveux... |
Dans la chambre j'ai une
bouilloire et un frigo et des sachets de thé à disposition. Je n'ai
donc pas eu à allumer un feu pour chauffer l'eau de mon muesli. Cela
me fait penser qu'avec mes plats déshydratés et lyophilisés, j'ai
surtout besoin de faire chauffer de l'eau. Comme en général je
voyage avec une voiture, cela a fait tilt. N'existerait il pas des
bouilloires de voiture ? Auquel cas je n'aurais plus à
m’inquiéter de trouver du gaz ou du bois. En plus l'avantage de la
bouilloire est qu'en un clin d’œil l'eau est portée à
ébullition.
Dans l'éventualité où
je serais mis à la porte du resort, si jamais je tire le bouchon un
peu trop loin en leur demandant une nuit de plus dans le bungalow au
seul motif d'attendre lundi pour pouvoir racheter le matériel de
camping, j'ai tout plié et rangé dans la voiture.
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| C'est moi qui pue des pieds comme ça? |
Le manager
n'était pas là, je n'ai toujours pas vu sa trombine, on m'en parle
tout le temps, je me demande même si les décisions sont prises par
des managers. A la réception c'était quelqu'un d'autre qui n'était
pas au courant de l'affaire de l'attaque des babouins affamés. Il a
fallu que je ré-explique mon cas. On m'a invité à garder la clef
et à voir cela demain avec le manager. En attendant ils ne m'ont
rien demandé de payer, j'ai même insisté pour payer l'entrée du
parc. Car sans cela au poste d'accès ils ne me laisseraient pas
sortir sans justificatif. Avec un peu de chance demain ce sera une
autre et comme on paye tout à l'arrivée j'aurai droit à un « c'est
tout bon ». L'employée m'a demandé si j'avais bien pris le
petit déjeuner.
C'est alors que j'ai réalisé que cela devait être
inclus dans le prix de la chambre car je me souviens que sur la carte
du restaurant hier soir il n'y avait rien au sujet du petit déjeuner. Ce n'est pas très malin de m'être préparé un petit déjeuner.
J'en prend note pour demain.
Sitôt de retour à la
chambre, j'ai tout redéballé et me suis mis sur le lit, me
recouvrant de la couette. Avec cette pluie qui ne cesse de tomber
sans aucun répit, le thermomètre a bien dû perdre plus de 10
degrés. Le ciel est bouché de toute part et la plaine est dans la
brume. Au moins j'ai une chambre où passer la journée au lieu de me
morfondre dans une voiture. A force d'errer du lit aux toilettes dans
un état d'hibernation, il était déjà plus de midi quand j'ai
vérifié ma montre. L'heure du déjeuner !
Comme la pluie
venait juste de s’arrêter pour la première fois, je suis allé
chercher dans la voiture de quoi préparer un déjeuner. Je me suis
un peu dépêché pour pouvoir profiter de l'accalmie. Car je ne vais
pas rester comme ça toute la journée. Je veux me balader dans la
nature et essayer de chopper des bêtes. C'est la seule chose que
l'on peut prendre en photo quand il ne fait pas beau sans avoir une
photo terne bonne à jeter.
Et puis j'ai aussi pour
but de trouver ces babouins pour voir la trogne de mon agresseur. Ils
ne doivent pas être très loin, il y a des crottes un peu partout
avec des graines à l'intérieur. J'ai donc pisté leur la trace, en
prenant le chemin qui part juste devant mon bungalow, le 22, et qui
mène au restaurant en descendant par une zone d'observation des
oiseaux.
Je garde un œil bien ouvert, l'aventure pourrait bien
débouler au détour d'un virage. D'ailleurs les oiseaux sont
insaisissables. Ils s'envolent avant d'avoir eu le temps de réaliser
qu'il y en avait un sur une branche. Il faut s'armer de patience.
Malgré tout j'ai réussi à en dégoter de deux sortes, dénoncés
par leur chant ce qui m'a permis de les localiser bien avant qu'ils
ne me voient. Je complète donc mon tableau de chasse.
Plus loin, j'ai été
alerté par des formes noirâtres qui bougeaient derrière les
buissons puis j'ai vu débouler un babouin sur le chemin, juste
devant moi, puis un autre, suivi d'une famille avec un petit. Ils
sont restés là sur le chemin, les plus jeunes jouant à se
poursuivre dans les arbres en poussant des cris stridents pendant que
leurs mères levaient un pauvre œil blasé.
Il y a avait une femelle
en train de se faire docilement dépouiller, tout en allaitant son
petit. Il régnait une douce harmonie, contrastant avec la violence
dont ils avaient su faire preuve hier. J'en aurais bien mis un en
examen pour lui demander où il a caché mon sac et si les boules
quies ne lui sont pas restées sur l'estomac mais ils se ressemblent
tous ces babouins ! Et puis je ne leur en veux pas. Ils ont faim
et nous sommes sur leur territoire. C'est normal qu'ils explorent des
choses qu'ils n'ont jamais vues auparavant. D'ailleurs je commence
déjà à rigoler de ce qui m'est arrivé, cela fait des choses à
raconter.
Ils ont fini par
déguerpir dans les fourrés au bout d'une demie heure, tout
dégoulinant de pluie et j'ai poursuivi mon chemin, en me perdant au
passage. Le bush est plein de chemins qui ne sont pas indiqués et je
suis arrivé ainsi jusqu'au niveau de la réception, bien plus bas
que la piscine où j'aurais dû normalement arriver. Le camping étant
juste en face j'ai fait un saut sur mon emplacement, à la recherche
des objets manquants, sans plus de succès d'hier. De toute façon il
y avait encore eu une attaque et ce qui était déchiqueté et déposé
dans la poubelle avait été à nouveau vandalisé. Des bouts de mon
drap de soie étaient à nouveaux accrochés aux branches des
arbustes épineux les transformants en étrange sapin de Noël. Tant
pis, il faut savoir faire le deuil.
Je suis remonté vers le
bungalow, faisant une grande boucle au milieu du bush. J'ai essayé
d'identifier les différentes odeurs qui embaument l'atmosphère. A
chaque pas les effluves sont différentes. On passe de la pomme
pourrie au parfum du mimosa, en passant par des odeurs de terre
séchée. Après avoir fait un crochet sur les chaises longues de la
piscine, j'ai décidé de regagner la chambre, ayant découvert à
midi que ma clé 3G marchait et me permettait donc de mettre à jour
le blog. Car la première fois que j'ai voulu m'en servir cela ne
marchait pas, me faisant regretter d'avoir dépenser tant d'argent
dans l'achat de cette clef et du crédit de communications qui va
avec. Je suis désormais connecté avec le monde, je m'en moque un
peu mais c’est juste pour partager ce voyage en temps plus ou moins
réel. Par contre, qu'est ce que c’est lent !








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