De retour de Cape Cross,
j'ai fini à Walvis Bay où je comptais faire du camping sauvage. La
route côtière de Swakopmund à Walvis Bay longe de douces dunes que
j'ai pu gravir au niveau d'une sortie qui menait à flanc de dune
pour pratiquer toutes sortes d'activités. Walvis Bay est la capitale
namibienne des sports extrêmes. On peut sauter en parapente du
sommet des dunes, pratiquer le quad en cherchant à se perdre dans le
désert et même y faire du ski. On retrouve aussi des sorties à dos
de cheval... ou de dromadaire ! Il est en pourparlers que cette
zone de dunes blondes, située à l'extrémité nord du parc national
du Namib, soit incluse à l'intérieur d'un nouveau parc national, le
Walvis Bay national park.
Mais avec toutes les activités qui y sont
proposées, je doute que cela aboutisse. Et c'est tant mieux. Je n'ai
pas eu à m'enquérir d'un permis pour aller crapahuter au sommet des
dunes, duquel on a une vue à couper le souffle. Pas besoin d'aller
dans le Sahara, les dunes courent ici jusqu'à l'horizon, cela suffit
amplement et c'est moins dangereux.
Walvis Bay était ville
morte quand j'y suis passé. En Namibie, tout est fermé dès le
samedi après midi et ne rouvre que le lundi matin. J'ai tout de même
pu trouver une station essence pour faire le plein, ou tout du moins
le demi-plein. Car je ne prends pas le risque de me retrouver en
panne sèche.
Vue la distance qui sépare les villages sans jamais
savoir si je pourrais y trouver de l'essence ou si les citernes
seront remplies, j'essaie en général de passer à la pompe dès que
j'arrive à moitié de réservoir. Ça ne coûte pas plus cher de
procéder ainsi. Et même avec ce système je suis arrivé avec
seulement deux barres quand je suis allé dans le paysage lunaire.
Autrement, cela aurait été la panne sèche. Mieux vaut donc être
prudent.
Au sud de Walvis Bay
s'étend une lagune prisée des flamants roses. Je suis allé leur
rendre visite, ils y sont à demeure, tout comme les otaries à Cape
Cross. En toute saison on est sûr de les trouver, il n'y a pas à
stresser pour ça.
Je n'ai pas beaucoup fait de chemin le long de la
lagune, dès qu'elle commence, on en prend suffisamment les yeux.
Certes j'en avais déjà vu par hasard à Swakopmund mais ici il y en
a davantage et on peut les contempler de plus près ; le fait
que les colonies soient plus nombreuses doit leur procurer un
sentiment de sécurité. C'est très curieux comme bestiole. Ça peut
s'arrêter des heures la patte en l'air. C'est peut être comme cela
qu'ils se reposent, cela doit être moins fatiguant de dormir sur une
patte que sur deux. Et ils peuvent ainsi alterner ! Je comptais
camper ici afin de profiter d'une journée balnéaire demain assortie
d'une nouvelle sortie dans les dunes mais cela est strictement
interdit.
![]() |
| Dune numéro 7 |
De toute façon l'endroit est battu par les vents. En
revanche avant l'entrée de la lagune il y a un bosquet de tamaris où
j'ai cherché un coin pour m’installer, bien à l'abri du vent.
Mais il y a avait des types louches tous seuls dans des voitures qui
avaient l'air de faire la sieste ou de dealer ! J'ai donc
déguerpi de là, essayant de me rabattre du côté de la ville
donnant vers l'intérieur des terres où de nombreuses maisons sont
en construction et dont les murs pourraient me protéger du vent.
Hélas, des gens déambulaient dans ces rues où personne n'est censé
encore y vivre et je ne tenais pas à laisser la voiture la nuit
durant pour la retrouver le lendemain désossée. J'ai donc changé
mes plans et fait une croix sur la journée de plus à Walvis Bay, en
prenant la direction de Solitaire, ma prochaine destination à 250 km
de là, en direction des dunes rouges de Sesriem, en plein désert du
Namib.
Mais avant, à la sortie
de la ville sur la C14, se trouve la dune numéro 7 sur la gauche, à
visiter absolument. Elle était prise d'assaut par les locaux, venus
en groupes de jeunes pour y faire la fête, la musique à fond
déboulant de l'autoradio de 4x4 bien lavés et lustrés pour faire
sensation, le tout au milieu de barbecues installés dans une oasis
de palmiers. Cela donnait l'impression d'être dans une grande fête
foraine du n'importe quoi plus que dans un endroit sauvage. Les sacs
en plastique montaient et descendaient, tournicotant sur eux mêmes
en dévalant la pente des dunes avant de la remonter. C'est donc au
milieu de vols de sacs plastiques et de gamins turbulents qui
s'amusaient à se jeter du haut de la dune en roulant sur eux mêmes
comme un tonneau que j'ai commencé l'ascension, directement à la
perpendiculaire.
Ça grimpe plus sec qu'à la dune du Pyla et j'ai dû
m'arrêter trois fois pour reprendre mon souffle, le cœur prêt à
exploser. Au sommet j'y ai trouvé des japonais en train de faire des
photos, d'eux mêmes en train de sauter en l'air sur l'arête de la
dune jusqu'à chercher à faire croire qu'ils flottent dans les airs.
Toutes leurs photos doivent toujours être pareilles, c'est leur pose
favorite. Quant à moi j'ai marché plus loin le long de l'arête
pour retrouver le calme et du sable vierge de toute empreinte. Avec
le jour qui n'allait pas tarder à se coucher, c'était la meilleure
heure pour faire des photos. En effet une dune a besoin d'ombres pour
donner toute sa grandeur. En pleine journée on obtient sinon des
clichés fades sans relief qui donnent l'impression d'avoir pris en
photo un bac à sable pour faire pisser le chien !
J'ai repris la C14 en
direction de Solitaire, cherchant un endroit où je puisse m'arrêter,
tout en étant un peu abrité du vent. Après avoir essayé une
carrière de granit lugubre d'où l'on pouvait voir ma voiture
blanche depuis le haut de la dune et ainsi attirer l'attention, il
était déjà 18h30 et toujours rien en vu. C'est l'heure fatidique à
laquelle je dois cesser toute activité si je veux avoir le temps de
planter la tente et préparer le dîner avant la nuit vers 19h45. Il
y a bien quelques terrains de campings indiqués le long de la route,
à plusieurs dizaines de kilomètres par une piste défoncée, mais
ils demandent tous un permis que je n'ai pas. J'ai fait un essai
aussi sur une aire de parking d'engins de chantier, prêt à me garer
derrière un container pour faire paravent mais un garde est sorti
littéralement d'une benne !
Au final je me suis rabattu sur une
route secondaire, une D quelque chose qui m'a amené au sommet d'une
petite colline rocheuse où ils avaient disposé des tables de pique
nique à l'écart de la piste, à un lieu dit appelé Tumas view.
C'étaitt inespéré, d'autant plus qu'un rocher concave, pile de la
taille de la tente, me protégeait non seulement du vent mais aussi
de la pluie qui risquait de s'inviter d'un instant à l'autre tant le
ciel s'était assombri.
Le lendemain matin, j'ai
repris la route, afin d'être au plus proche des montagnes de
Naukluft où je compte faire une randonnée demain. J’ai bien fait
de m'être avancé la veille en quittant Walvis Bay car la piste est
interminable.
Heureusement, le paysage est à tomber, entre désert
et montagnes. La piste traverse vers le tiers du parcours une zone de
canyons qu'elle descend jusqu'au fond pour remonter de plus belle. Au
passage, on passe juste au niveau du tropique du Capricorne, signalé
par un panneau. Je suis tout seul sur cette route et s'il m'arrive
quelque chose mon compte est bon. Aussi, tout kilomètre qui me
rapproche de Solitaire est un kilomètre que je n'aurai pas à faire
à pied à la recherche de secours. Car il n'y a pas non plus de
couverture pour le mobile. Finalement il m'aura fallu 3 heures pour
faire 150 kilomètres, pauses pipi et photo comprises.
Je m'attendais à trouver
un village, mais Solitaire n'est qu'une oasis de civilisation au
milieu du désert, avec une station service, une boulangerie, un mini
store et un lodge qui fait camping. De quoi a t-on vraiment besoin
d'autre ? On est accueilli par des squelettes de vieilles
voitures rouillées des années 50. J'ai profité de cette oasis pour
faire une halte et me commander un steak de la brousse garni de
frites et oignons grillés, le tout arrosé d'une Windhoek draught
bien fraîche. Un vrai plaisir bien reconstituant, servi par un
personnel aux petits soins, sous un toit de chaume qui sent bon le
foin. Au même moment une pluie diluvienne s'est abattue sur
Solitaire et tout le personnel de cuisine est sorti pour voir la
pluie, comme nous le faisons quand il neige.
En Namibie tout se paye
cash, ils ne doivent pas faire confiance aux cartes bleues.
Heureusement on trouve des distributeurs un peu partout et je dispose
de deux cartes différentes sinon je serais vite à cours d'argent
liquide, à faire un plein presque tous les jours. A Solitaire, les
barbelés sont de retour. Ça a commencé un peu avant et je sais
pourquoi. En fait, les fois où je ne n'en ai pas vu c’est parce
que je traversais des parcs nationaux. Ainsi je suis face à un
dilemme : le seul endroit où je puisse planter ma tente
convenablement c'est dans des parcs où c'est interdit, et là où ça
ne l'est pas, je ne peux pas car tout est barricadé. En désespoir
de cause je me avancé jusqu'aux montagnes de Naukluft, m'arrêtant
au niveau même de l'entrée du parc.
Si j'y rentre ce sera un
camping hors de pris assujetti à un permis à acheter. Avec le temps
qu'il fait il n'en est pas question. Au final, j'ai trouvé un coin
sous des acacias, à quelques mètres de là, où par miracle les
clôtures s'étaient éloignées de la piste. J'ai pu suspendre la
bâche, non sans être écorché de partout avec ces acacias à la
noix dont les rameaux garnis d'épines acérées partent en vrille de
sorte qu'il est impossible de s'en extraire. En plus elles doivent
avoir du venin car la piqûre enfle ensuite comme une piqûre
d'abeille. Malgré tout, voilà une bonne chose de faite et demain je
pourrai entrer dans le parc au saut du lit, si le temps s'y prête.
Car ce soit c'est averses sur averses, ce qui m'a contraint à faire
un dîner de snacks et à me réfugier dans la tente sitôt fait,
avant que ça n'empire, en attendant que le jour se couche...













tu as pensé aux bougies ?
RépondreSupprimerBougies de quoi? De voiture ou celles qu'on se met dans les oreilles? Sinon pour le 8, pas trop!
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