Pages

Translate

dimanche 8 décembre 2013

Walvis Bay et la route jusqu'à Solitaire


De retour de Cape Cross, j'ai fini à Walvis Bay où je comptais faire du camping sauvage. La route côtière de Swakopmund à Walvis Bay longe de douces dunes que j'ai pu gravir au niveau d'une sortie qui menait à flanc de dune pour pratiquer toutes sortes d'activités. Walvis Bay est la capitale namibienne des sports extrêmes. On peut sauter en parapente du sommet des dunes, pratiquer le quad en cherchant à se perdre dans le désert et même y faire du ski. On retrouve aussi des sorties à dos de cheval... ou de dromadaire ! Il est en pourparlers que cette zone de dunes blondes, située à l'extrémité nord du parc national du Namib, soit incluse à l'intérieur d'un nouveau parc national, le Walvis Bay national park. 
Mais avec toutes les activités qui y sont proposées, je doute que cela aboutisse. Et c'est tant mieux. Je n'ai pas eu à m'enquérir d'un permis pour aller crapahuter au sommet des dunes, duquel on a une vue à couper le souffle. Pas besoin d'aller dans le Sahara, les dunes courent ici jusqu'à l'horizon, cela suffit amplement et c'est moins dangereux.
Walvis Bay était ville morte quand j'y suis passé. En Namibie, tout est fermé dès le samedi après midi et ne rouvre que le lundi matin. J'ai tout de même pu trouver une station essence pour faire le plein, ou tout du moins le demi-plein. Car je ne prends pas le risque de me retrouver en panne sèche. 
Vue la distance qui sépare les villages sans jamais savoir si je pourrais y trouver de l'essence ou si les citernes seront remplies, j'essaie en général de passer à la pompe dès que j'arrive à moitié de réservoir. Ça ne coûte pas plus cher de procéder ainsi. Et même avec ce système je suis arrivé avec seulement deux barres quand je suis allé dans le paysage lunaire. Autrement, cela aurait été la panne sèche. Mieux vaut donc être prudent.
Au sud de Walvis Bay s'étend une lagune prisée des flamants roses. Je suis allé leur rendre visite, ils y sont à demeure, tout comme les otaries à Cape Cross. En toute saison on est sûr de les trouver, il n'y a pas à stresser pour ça. 
Je n'ai pas beaucoup fait de chemin le long de la lagune, dès qu'elle commence, on en prend suffisamment les yeux. Certes j'en avais déjà vu par hasard à Swakopmund mais ici il y en a davantage et on peut les contempler de plus près ; le fait que les colonies soient plus nombreuses doit leur procurer un sentiment de sécurité. C'est très curieux comme bestiole. Ça peut s'arrêter des heures la patte en l'air. C'est peut être comme cela qu'ils se reposent, cela doit être moins fatiguant de dormir sur une patte que sur deux. Et ils peuvent ainsi alterner ! Je comptais camper ici afin de profiter d'une journée balnéaire demain assortie d'une nouvelle sortie dans les dunes mais cela est strictement interdit. 
Dune numéro 7
De toute façon l'endroit est battu par les vents. En revanche avant l'entrée de la lagune il y a un bosquet de tamaris où j'ai cherché un coin pour m’installer, bien à l'abri du vent. Mais il y a avait des types louches tous seuls dans des voitures qui avaient l'air de faire la sieste ou de dealer ! J'ai donc déguerpi de là, essayant de me rabattre du côté de la ville donnant vers l'intérieur des terres où de nombreuses maisons sont en construction et dont les murs pourraient me protéger du vent. Hélas, des gens déambulaient dans ces rues où personne n'est censé encore y vivre et je ne tenais pas à laisser la voiture la nuit durant pour la retrouver le lendemain désossée. J'ai donc changé mes plans et fait une croix sur la journée de plus à Walvis Bay, en prenant la direction de Solitaire, ma prochaine destination à 250 km de là, en direction des dunes rouges de Sesriem, en plein désert du Namib.
Mais avant, à la sortie de la ville sur la C14, se trouve la dune numéro 7 sur la gauche, à visiter absolument. Elle était prise d'assaut par les locaux, venus en groupes de jeunes pour y faire la fête, la musique à fond déboulant de l'autoradio de 4x4 bien lavés et lustrés pour faire sensation, le tout au milieu de barbecues installés dans une oasis de palmiers. Cela donnait l'impression d'être dans une grande fête foraine du n'importe quoi plus que dans un endroit sauvage. Les sacs en plastique montaient et descendaient, tournicotant sur eux mêmes en dévalant la pente des dunes avant de la remonter. C'est donc au milieu de vols de sacs plastiques et de gamins turbulents qui s'amusaient à se jeter du haut de la dune en roulant sur eux mêmes comme un tonneau que j'ai commencé l'ascension, directement à la perpendiculaire. 
Ça grimpe plus sec qu'à la dune du Pyla et j'ai dû m'arrêter trois fois pour reprendre mon souffle, le cœur prêt à exploser. Au sommet j'y ai trouvé des japonais en train de faire des photos, d'eux mêmes en train de sauter en l'air sur l'arête de la dune jusqu'à chercher à faire croire qu'ils flottent dans les airs. Toutes leurs photos doivent toujours être pareilles, c'est leur pose favorite. Quant à moi j'ai marché plus loin le long de l'arête pour retrouver le calme et du sable vierge de toute empreinte. Avec le jour qui n'allait pas tarder à se coucher, c'était la meilleure heure pour faire des photos. En effet une dune a besoin d'ombres pour donner toute sa grandeur. En pleine journée on obtient sinon des clichés fades sans relief qui donnent l'impression d'avoir pris en photo un bac à sable pour faire pisser le chien !
J'ai repris la C14 en direction de Solitaire, cherchant un endroit où je puisse m'arrêter, tout en étant un peu abrité du vent. Après avoir essayé une carrière de granit lugubre d'où l'on pouvait voir ma voiture blanche depuis le haut de la dune et ainsi attirer l'attention, il était déjà 18h30 et toujours rien en vu. C'est l'heure fatidique à laquelle je dois cesser toute activité si je veux avoir le temps de planter la tente et préparer le dîner avant la nuit vers 19h45. Il y a bien quelques terrains de campings indiqués le long de la route, à plusieurs dizaines de kilomètres par une piste défoncée, mais ils demandent tous un permis que je n'ai pas. J'ai fait un essai aussi sur une aire de parking d'engins de chantier, prêt à me garer derrière un container pour faire paravent mais un garde est sorti littéralement d'une benne ! 
Au final je me suis rabattu sur une route secondaire, une D quelque chose qui m'a amené au sommet d'une petite colline rocheuse où ils avaient disposé des tables de pique nique à l'écart de la piste, à un lieu dit appelé Tumas view. C'étaitt inespéré, d'autant plus qu'un rocher concave, pile de la taille de la tente, me protégeait non seulement du vent mais aussi de la pluie qui risquait de s'inviter d'un instant à l'autre tant le ciel s'était assombri.
Le lendemain matin, j'ai repris la route, afin d'être au plus proche des montagnes de Naukluft où je compte faire une randonnée demain. J’ai bien fait de m'être avancé la veille en quittant Walvis Bay car la piste est interminable. 
Heureusement, le paysage est à tomber, entre désert et montagnes. La piste traverse vers le tiers du parcours une zone de canyons qu'elle descend jusqu'au fond pour remonter de plus belle. Au passage, on passe juste au niveau du tropique du Capricorne, signalé par un panneau. Je suis tout seul sur cette route et s'il m'arrive quelque chose mon compte est bon. Aussi, tout kilomètre qui me rapproche de Solitaire est un kilomètre que je n'aurai pas à faire à pied à la recherche de secours. Car il n'y a pas non plus de couverture pour le mobile. Finalement il m'aura fallu 3 heures pour faire 150 kilomètres, pauses pipi et photo comprises.
Je m'attendais à trouver un village, mais Solitaire n'est qu'une oasis de civilisation au milieu du désert, avec une station service, une boulangerie, un mini store et un lodge qui fait camping. De quoi a t-on vraiment besoin d'autre ? On est accueilli par des squelettes de vieilles voitures rouillées des années 50. J'ai profité de cette oasis pour faire une halte et me commander un steak de la brousse garni de frites et oignons grillés, le tout arrosé d'une Windhoek draught bien fraîche. Un vrai plaisir bien reconstituant, servi par un personnel aux petits soins, sous un toit de chaume qui sent bon le foin. Au même moment une pluie diluvienne s'est abattue sur Solitaire et tout le personnel de cuisine est sorti pour voir la pluie, comme nous le faisons quand il neige.
En Namibie tout se paye cash, ils ne doivent pas faire confiance aux cartes bleues. Heureusement on trouve des distributeurs un peu partout et je dispose de deux cartes différentes sinon je serais vite à cours d'argent liquide, à faire un plein presque tous les jours. A Solitaire, les barbelés sont de retour. Ça a commencé un peu avant et je sais pourquoi. En fait, les fois où je ne n'en ai pas vu c’est parce que je traversais des parcs nationaux. Ainsi je suis face à un dilemme : le seul endroit où je puisse planter ma tente convenablement c'est dans des parcs où c'est interdit, et là où ça ne l'est pas, je ne peux pas car tout est barricadé. En désespoir de cause je me avancé jusqu'aux montagnes de Naukluft, m'arrêtant au niveau même de l'entrée du parc. 
Si j'y rentre ce sera un camping hors de pris assujetti à un permis à acheter. Avec le temps qu'il fait il n'en est pas question. Au final, j'ai trouvé un coin sous des acacias, à quelques mètres de là, où par miracle les clôtures s'étaient éloignées de la piste. J'ai pu suspendre la bâche, non sans être écorché de partout avec ces acacias à la noix dont les rameaux garnis d'épines acérées partent en vrille de sorte qu'il est impossible de s'en extraire. En plus elles doivent avoir du venin car la piqûre enfle ensuite comme une piqûre d'abeille. Malgré tout, voilà une bonne chose de faite et demain je pourrai entrer dans le parc au saut du lit, si le temps s'y prête. Car ce soit c'est averses sur averses, ce qui m'a contraint à faire un dîner de snacks et à me réfugier dans la tente sitôt fait, avant que ça n'empire, en attendant que le jour se couche...

2 commentaires:

  1. tu as pensé aux bougies ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bougies de quoi? De voiture ou celles qu'on se met dans les oreilles? Sinon pour le 8, pas trop!

      Supprimer

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...