Juste à côté du coin
où j'ai manqué m’enliser hier soir se situe une réserve privée
qui appartient à la Gondwana Collection, le Gondwana Cañon
park. C'est eux qui gèrent aussi le parc de Klein-Aus Vista. La
montagne qui me fait penser à l'ouest américain est incluse dans
leur domaine. C'est donc tout naturellement que je me suis lancé
dans la visite de leur réserve qui n'est délimitée par aucune
clôture. Elle comprend deux établissements reliés entre eux par
une petite piste, le premier étant à flanc de la montagne carrée,
le second perdu au milieu de formations rocheuses douces qui
appellent à ce qu'on les escalade. Il y a comme un petit air du
Spitzkoppe.
Dans cette partie là de la réserve, il n'est pas
possible de camper, bien qu'un établissement s'appelle Mountain Camp
dont il n'a de camp que le nom, offrant à la place des bungalows à
un prix modeste, pour un peu moins de 30 euros. J'ai failli céder à
la tentation, mais avec un bungalow on ne sait jamais sur quels
voisins on va tomber, et il serait bête de finir au loin sous la
tente. En plus, le caractère aride de toute la Namibie du sud se
prête bien au camping, excepté le vent qui souffle très fort en
fin d'après midi et ne se calme que quelques heures durant la nuit.
Mais j'ai appris à l'apprivoiser.
Il suffit que dans la tente je
dispose un petit sac à dos au delà de ma tête pour ne plus que je
sente la toile me lécher le visage en claquant. Et pour les pieds,
le mieux est de dormir sur le côté de manière à ramener les
jambes pour qu'elles ne touchent rien. Ainsi, il peut faire tout le
vent qu'il veut et remuer dans tous les sens je ne sens rien. Et puis
j'aime bien le son des geckos qui la nuit s'agitent en donnant
l'impression d'un sac de billes qui s'entrechoquent.
Il y a un camping dans la
réserve, au niveau du Canyon Roadhouse, une dizaine de kilomètres
plus loin. C'est là que j'ai dormi du coup, ayant besoin de douches
tous les jours et d'une piscine depuis que j'ai appris qu'il faisait
39 degrés la journée.
Sans compter que le roadhouse offre un
restaurant où je pourrai me régaler. Il paraît qu'il faut que je
mange. On n'arrête pas de me faire de tels commentaires sur chacune
des photos que je mets, aussi je vais finir par ne mettre plus que
des paysages, ça en devient lassant. Plus que de manger, j'ai besoin
de faire du sport. Ce sont les muscles qui ont fondu. Je ne tiens pas
à reprendre du poids pour gagner de la graisse, aussi ça attendra
mon retour en France pour que je reprenne une entraînement pour
dessiner tout ça. D'ici là, je n'ai pas particulièrement
l'impression de me priver et de ne pas manger à ma faim. Sans doute
que mon organisme s'est adapté et a moins de besoins. Il y a moins à
nourrir !
De toute façon je trouve que tout le monde a de la
graisse qu'ils feraient mieux de perdre. A la piscine, tout le monde
a au moins un bourrelet disgracieux, quand ce n'est pas une bouée ou
des poignées d'amour qui n'ont rien d'aimable. Au moins je n'en ai
pas ! Mais je ne suis pas plus gracieux pour autant, mes os
cagneux me donnant un air d'épouvantail. Par contre je ne fais pas
peu à tout le monde, les chevaux m'aiment bien. Chaque fois qu'il y
en a un, il vient vers moi gentiment, comme si je faisais partie de
la famille. Il approche alors sa tête de la mienne, se laissant
grattouiller les joues et le museau. C'est plus pour lui faire
plaisir, car côté sensations, on dirait plus qu'on caresse un
paillasson ou un balais brosse. Sans compter qu'après il vaut mieux
se laver les mains, à moins que l'on préfère l'odeur du crottin de
cheval, ce qui ne me dérange pas.
La réception d'un des
deux lodges est située dans une oasis, avec un bassin rempli de
nénuphars et de cactus tout autour, le tout serti d'une belle
pelouse, de bougainvillées et frangipaniers qui embaument l'air. En
plein milieu du désert trouver pareil endroit luxuriant est si rare
qu'on l'apprécie encore plus autant. On se sent immédiatement bien
et on n'a plus envie de bouger. C'est ce que j'ai fait. Je suis resté
sur un banc dans le jardin, à l'ombre, à écouter les gazouillis
insouciants des oiseaux. Du personnel passait mais ne me disait rien.
Je peux très bien être un invité du lodge voisin. La seule chose
que je ne me suis pas permis, c'est d'aller à la piscine. Ici
l'endroit est plus haut de gamme et les gens qui circulent sont plus
discrets, ils chuchotent. Le tarif du camping de de la réserve est
du même prix que ce qu'on trouve dans les parcs nationaux, aussi les
deux se complètent, la Gondwana Collection s'octroyant des terres en
dehors du parc mais toujours dans des endroits où il fait bon se
reposer. Il y a toujours quelque chose à voir autour, ce n'est
jamais en plein désert, obligé de rester autour de la piscine à
défaut de pouvoir visiter autre chose.
En repartant de là pour
rejoindre le roadhouse, j'ai aperçu une springbok qui broutait je ne
sais quoi sur un sol sec et poussiéreux, sous un arbre tortueux.
Bien que la pause de la bestiole ne soit pas la plus à son avantage,
le cadre offert par cet arbre aux formes qui rappellent un bonsaï
était idéal pour sortir l'appareil photo. Encore une photo de
gazelle me direz-vous. Eh bien soit, ce n'est pas parce que j'en vois
presque tous les jours que je ne devrais plus y faire attention. En
plus, les animaux manquent dans le secteur. A part zèbres,
springboks, écureuils et insectes, il n'y a rien d'autre à se
mettre sous la dent. Ce n'est pas Etosha. J'ai comme un petit regret
de ne pas avoir vu plus de bêtes là bas, je parle bien sûr de
lourd, d’éléphants ou de lions. Les girafes aussi, je ne les ai
vues qu'une fois et n'ai pu en tirer qu'un seul et unique cliché
exploitable. Ça fait peu.








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