![]() |
| Hardap dam |
La nuit dernière je suis
retourné dormir dans la cabane. Juste après le coucher de soleil un
orage d'une violence inouïe est passé juste au dessus du volcan. Ce
sont des trombes d'eau qui se sont abattues pendant que je m'étais
réfugié dans la voiture. J'avais l'impression d'être dans une
station de lavage. Avant que l'orage n'éclate, j'avais senti venir
le truc, avec des éclairs au loin qui se rapprochaient malgré le
fait que le ciel était tout bleu. Comme l'endroit que je m'étais
trouvé était trop exposé aux éléments pour que la tente puisse
résister à la pluie, j'avais pris soin de la déplacer dans l'abri,
au cas où. Et j'ai bien fait. Car même si l’orage n'a duré
qu'une demie-heure, il a plu comme jamais.
![]() |
| Au fait... bon Noël! Pris au Canyon Roadhouse |
Même l'abri est sous
l'eau et le sol fait piscine. Heureusement le tapis de sol de la
tente est suffisamment imperméable. Le petit canyon qui serpente
juste en bas est rempli d'eau et je peux l'entendre couler en
cascade. Avec ma voiture garée n'importe comment en haut d'un
monticule en pente, je ne suis pas à l'abri d'un glissement de
terrain qui l’entraînerait au loin...
Ce matin, en partant,
j'ai pu me rendre compte de ce qui s'était passé. Il y a de l'eau
partout, la moindre flaque est devenue une mare et des cours d'eau
improvisés coulent un peu partout en travers des pistes, obligeant à
rouler dedans sans savoir si la voiture résistera à la traversée.
Car la piste n’est plus que boue, aussi pour pouvoir traverser je
suis obligé de prendre beaucoup d'élan, ces cours d'eau pouvant
être larges de plusieurs dizaines de mètres. Pas question de rester
enlisé au beau milieu, à devoir attendre des heures ou des jours le
temps que tout ça s'assèche. Le retour de la route bitumée qui
traverse la Namibie du nord au sud n'a été qu'une suite de petits
stress sur une cinquantaine de kilomètres. Je n'ose imaginer en
pleine saison des pluies où le petit bled infâme de Berseba risque
fort d'être bloqué de toute voie de communication. Ce ne sera pas
une grande perte...
![]() |
| Fish River |
Il y a des chèvres un
peu partout en Namibie qui le plus souvent sont en troupeau, guidées
on ne sait comment, par une chèvre leader sans doute. Les bergers
sont rares. Ces chèvres sont rigolotes, elles sont petites,
musclées, pas cagneuses du tout et ont un corps tout blanc avec une
tête marron et des oreille retombantes qui virevoltent au vent.
Avant de rejoindre la route, on passe sur un pont de 1973 qui enjambe
une rivière. C’est la Fish River. Encore elle ! Mais cette
fois avec les pluies, elle est en eau. C'est l'occasion ou jamais de
la prendre en photo. Il reste 150 kilomètres à parcourir d'une
route morne avant d'arriver à Mariental, où je vais m’arrêter
pas très loin ce soir. On traverse une plaine qui n'en finit pas, à
travers une route en ligne toute droite qui semble être tracée pour
favoriser l'endormissement.
![]() |
| Ça reverdit! |
Pour me divertir je regarde le paysage
qui est en train de se transformer. Il est bien plus vert que lorsque
je suis arrivé il y a un mois. Ces acacias tout en épines sont d'un
vert fluorescent, avec de toutes nouvelles petites feuilles. Les
herbes jaunes que l'on pensait mortes reverdissent de la touffe. Les
buissons se parent de fleurs et de jeunes pousses font leur
apparition parmi les cailloux. Et tout ça en deux jours de pluie.
Elle est tellement rare que la végétation est au taquet et croit à
une vitesse folle dès que l'eau arrive. Comme dans ces reportages où
l'on voit des déserts fleurir dès le le lendemain d'une pluie. Ce
n’est pas une légende, la vie s'est adaptée ici pour être en
dormance la majeure partie du temps et se réveiller à la vitesse de
l'éclair. C’est un miracle d'adaptation.
![]() |
| Hardap dam |
La station service de
Mariental bat son plein. C'est la seule chose ouverte un jour de Noël
alors tout le monde est venu là pour faire ses courses ou déguster
un hamburger à cette chaîne qui peuple les stations services et
dont j'ai oublié le nom, Wimpy ou quelque chose comme ça. Devant le
souvenir d'un hamburger particulièrement mauvais que j'avais dégusté
en Afrique du Sud, je me suis abstenu. Je préfère encore mes
cacahuètes, chips, yaourt et fruits secs. Je mangerai mieux ce soir,
au lodge. Un truc de la Gondwana Collection situé aux portes du
désert du Kalahari, le Kalahari Anib Lodge. Ils n'ont pu
m'accueillir que pour ce soir, le camping étant complet pour demain.
Il faudra donc que je déménage vers un autre lodge du groupe, situé
une trentaine de kilomètres plus loin. Ce n'est pas grave, ça me
fera voir autre chose. Et puis pour les deux dernières nuits en
Namibie je retournerai à l'Anib Lodge où j'ai pu trouver de la
place car j'avais réservé il y a quelques jours.
![]() |
| Lac moitié asséché du Kalahari |
Mais avant, j'ai envie de
voir la réserve de Hardap Dam, alléché par la description du
guide : «Cette réserve, 15 kilomètres au nord-ouest de
Mariental, est un parc naturel de 25000 hectares comprenant 80
kilomètres de routes de gravier et une boucle de randonnée de 15
kilomètres. Hardap signifie « mamelon » en nama ;
le parc doit son nom aux collines coniques coiffées de boutons de
dolérite parsemant la région. Plusieurs aires de pique-nique sont
aménagées à l'est du lac. Du lever au coucher de soleil on peut se
promener partout dans la réserve. Notez qu'il n'est pas autorisé de
se baigner dans le barrage. La plupart des touristes viennent y voir
le lac bleu, qui rompt le paysage aride du plateau et recèle carpes,
barbeaux, poissons-castors et carpes bleues.
Il abrite également
d'innombrables espèces d'oiseaux aquatiques tels que flamants,
pygargues vocifères, pélicans, spatules et hérons Goliath ».
Vu comme ça, ça donne envie. Un endroit idéal pour pique-niquer.
Le parc est administré par la NWR, ce qui veut dire qu'il faut
s'acquitter d'un permis pour pouvoir admirer le lac. Il y a aussi un
complexe hôtelier mais il est fermé et donc il n'y a pas accès à
la piscine. C’est ce dont on est informé avant que le poste de
garde ne relève la barrière. Ensuite, la déception est totale. Le
lac, artificiel, est très moche, c'est que de la caillasse en pente
abrupte. Les rares endroits d'accès au rivage ne donnent pas du tout
envie d'aller s'y promener, ce sont des pierres vaseuses sans aucune
végétation autour. Quant au lac bleu... Vaste arnaque, il est tout
marron !!
![]() |
| Termitière |
Sans doute à cause des pluies des derniers jours. On
ne peut pas dire que ce soit photogénique de prendre en photo un
truc aux eaux boueuses au milieu d'un décor où tout semble avoir
été englouti, à l'exception de quelques collines qui forment à
présent des îles où des oiseaux viennent chier. Le lodge, immense,
soit disant en cours de rénovation, est à l'abandon depuis
certainement plusieurs dizaines d'années. Les murs sont décrépis,
les carreaux cassés, et tout ça donne un air sinistre à l'endroit
qui n'avait pas besoin qu'on en rajoute. J'ai fait le tour du
complexe à la recherche d'une table et de bancs pour pique niquer,
rien à l'ombre. Et avec ce soleil de plomb on ne résiste pas plus
d'une minute en plein soleil.
![]() |
| Le buisson rose qui me rappelle un bougainvillée |
A part quelques dassies qui ont trouvé
ici leur paradis. Mais je ne sais pas ce qu'ils ont, ils sont
insaisissables et s'en vont se cacher dans les rochers dès qu'ils
m'aperçoivent de loin. Je comptais amortir le droit d'entrée en les
prenant au moins en photo c'est rappé. Conseil donc aux voyageurs :
pas le peine de visiter cet endroit sinistre. Ils feraient mieux de
tout fermer plutôt que de laisser les gens rentrer là dedans en
leur faisant payer le même prix que du temps de sa splendeur. Il ne
subsiste plus qu’une réception dans un grand bâtiment vide avec
des affaires dans des cartons et des salles condamnées ; et une
dame et sa fille assisses sur une chaise en bois bancale comme celles
de quand on allait à l'école.
![]() |
| Dune du Kalahari |
Et pour ce site fantôme, elle prend
son rôle très au sérieux, notant le nom, la plaque
d'immatriculation, le tout sur une feuillet carbone avec deux autres
exemplaires derrière dont elle tamponne vigoureusement chacun des
exemplaires avant de m'en remettre un. Il n'empêche, l'endroit
attire du monde. Pas des touristes qui doivent être au courant de
l'arnaque, mais des familles entières qui doivent venir de Mariental
pour qui ça doit être leur sortie préférée et qui ont l'air de
ne rien avoir à payer. Peut être qu'elles ont un abonnement !
Il faut dire que dans le secteur il n'y a que ça qui brise de la
monotonie d'un brousse toute plate. Il y a des endroits sur terre où
je n’aimerais pas vivre. Qu'est ce que je me ferais chier dans le
coin, à devoir sortir là les jours de fête ou de mariage.
Heureusement que je connais des endroits plus sympas !
![]() |
| Toute cette place pour moi! |
Je ne suis resté au lac
qu'à peine une heure, question de prendre deux photos quand même.
Ça fait cher la photo. Car je n'ai plus qu'une idée en tête, celle
d'arriver au lodge et de piquer une tête dans la piscine. C'est du
reste ce que j'aurais dû faire directement, j'y serais déjà en
train de barboter ! Le Kalahari Anib lodge est situé derrière
une belle dune de sable rouge qu'on aperçoit depuis la route
goudronnée qui mène à Sampriet depuis Mariental en à peine 25
kilomètres. Il faut ensuite passer un poste de garde et rouler sur
une piste pendant 3 kilomètres pour parvenir à la réception, sise
au milieu d'une oasis de palmiers. Le camping est à l'écart et ne
comporte que 3 emplacements ! Pas étonnant qu'il se remplisse
si vite.
Il y a foule là dedans, que des blancs, des gens venus ici
pour célébrer Noël et qui restent tous dans la multitude de
chambre qui s’égrainent dans un bâtiment qui fait tout le tour de
la piscine. Le camping est quant à lui dans la brousse, et chaque
emplacement est distant d'au moins 100 mètres. On a de l'espace et
aucun bruit de voisinage. C'est mon meilleur camping officiel où je
sois allé. En plus j'ai à disposition des toilettes et une douche
privative. Du jamais vu dans un camping.
Une fois la tente
installée, j'ai passé ce qui restait de l'après midi entre la
piscine et un hamac attenant. Un petit délice. Avant de me rendre au
dîner au menu unique composé spécialement pour Noël. Eh bien le
voilà enfin, mon repas de Noël ! Voici ce qui figure sur la
carte – enfin, une ardoise suspendue autour de la piscine :
- Chicken liver pate with garlic bread toast
- Pumpkin soup and croutons
- Kalahari game pie, potatoe dish strips, steamed veggies
- Banana pudding and vanilla ice cream
![]() |
| Coucher de soleil dans la brousse... |
Dans le détail, la
pumpkin soupe était verte ! Sans doute une variété du désert.
Ce qui ne l'a pas empêchée d’être délicieuse. Elle était bien
épaisse et la cuillère tenait debout toute seule ! Pour les
veggies, on avait de la courgette et des carottes entières, toute
maigres, longilignes comme un haricot vert mais au petit goût bien
sucré. Moi qui d'ordinaire n'aime pas les carottes cuites, j'en
aurais redemandé ! Pour le dessert nous avons eu droit à un
spectacle, en fait plus un délire du personnel, qui s’est mis à
défiler entre les tables en faisant la chenille, la charlotte des
cuisiniers encore sur la tête, en chantant à tue tête des airs
locaux qui faisaient dans le gospel avec des chœurs qui se perdaient
en « Allelujah ». Ils ont mis l’ambiance, rigolaient en
même temps qu'ils chantaient et dansaient en se balançant et en
frappant dans leurs mains. Un peu de folklore ça ne fait pas de
mal ! Et au moins ici il n'y a pas à se perdre en salamalecs
interminables...














Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire