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dimanche 29 décembre 2013

Dernières trouvailles


Après les animaux d'hier, place aujourd'hui aux fleurs de Namibie auxquelles je n'ai pas assez fait de place. Justice leur est donc rendue. Surtout que depuis le Farmhouse la végétation est encore montée d'un cran. C'est incroyable, à présent les bas côtés sont en fleurs par tapis entiers qui s'étendent jusqu'à l'horizon. Ce sont ces fleurs jaunes qui ressemblent aux ezcholsias mais qui ont un feuillage comme les gesses avec des graines ou je ne sais quoi en forme de ces espèces de massues dont on se servait pour fracasser les cranes dans l'ancien temps, avec des piquants qui traversent les semelles de chaussure. A part ça elle agrémentent les routes d'une odeur de bouton d'or. 
L'herbe aussi a poussé. Elle est désormais suffisamment haute pour donner des fleurs, formant des crinières irisées qui ondulent au vent. Où sont passées les herbes sèches qui bordaient les routes il y a seulement un mois ? C'est comme si elles avaient littéralement reverdi, comme le font les mousses. Ce qui est inouï est qu'il aura seulement suffit de deux jours de pluie précédés d'ondées orageuses pour que les plantes poussent comme des champignons. Je ne connais pas leur cycle de vie mais je pense qu'en une semaine il est bouclé. Car elles doivent désormais vivre avec le peu d'eau qui reste dans le sol, tout s'évaporant à toute vitesse avec la chaleur qui sévit. 
Elles seront mortes probablement avant que la prochaine pluie n'arrive. C'est pour ça qu'elles se dépêchent autant. Ce sont des fleurs qui rendraient fou n'importe quel jardinier en herbe. Au lieu de devoir faire des semis qui végètent pendant des mois puis attendre des semaines avant de voir la première fleur qui bien souvent sera mangée avant que le bouton n'éclose ou couverte de pucerons ou autre saloperies, ici en une semaine le tour est joué, on passe de la graine à la fleur avec très peu d'arrosage. Ils devraient mettre ça dans les municipalités du sud de la France pour orner les ronds points. Ça leur demanderait moins d'efforts !
Mais ce n'est pas tout, il y a également des fleurs mauves qui forment de grandes inflorescences qui tapissent les bords de route. Quand je parle de bord de route, c'est question de dire parce que je suis en voiture. Mais c'est tout le paysage qui en bénéficie. A ce niveau, on passe le tropique du Capricorne, refermant ainsi une partie de la boucle qui avait commencé avant Solitaire en venant de Walvis Bay. Si vous comparez les deux photos, vous noterez que le paysage est bien différent et bien plus vert. Je m'arrête dès que je peux pour prendre des photos. J'ai tout mon temps aujourd'hui, j'ai quitté l'Anib Lodge à 9 heures ce matin et l'avion ce soir n'est que 12 heures plus tard alors que je n'ai qu'à effectuer un peu plus de 300 kilomètres pour me rendre à l'aéroport. 
Mais je ne veux pas conduire sous la chaleur. Et puis sur mon guide ils parlent d'un lac, à moins de 100 kilomètres de Windhoek, sur mon chemin. C'est le lac Oanob qui dispose d'un resort attenant que le livre décrit ainsi : «Le Lake Oanob Resort, situé à l'ouest de Rehoboth, le long du barrage d'Oanob, constitue une retraite incroyablement paisible pour se reposer de la fatigue du voyage (NDLR : je pense qu'ils veulent dire en arrivant de l'avion). Le complexe hôtelier est installé près d'un lac bleu aux eaux tranquilles. Il compte entre autres un camping ombragé, un bar-restaurant au toit de chaume et de jolis bungalows en pierre tout équipés construits en bord de lac. 
Rehoboth est à 85 km au sud de Windhoek et juste au nord du tropique du Capricorne ». Espérons qu'ils disent vrai et que ce ne sera pas une resucée du lac Hardap avec ses eaux boueuses. Peut être auront-ils aussi une piscine. En tout cas je l'espère car je compte y passer l'après midi afin d'être frais et dispo pour l'avion. A ce sujet, j'ai procédé à l'enregistrement en ligne hier soir en notant toutes les rangées de 4 qui étaient disponibles au placement. Sachant que les gens les évitent, il y a de fortes chances qu'elles soient toujours vides au moment de l'embarquement. Et puis ces si ces sièges sont vides ça veut dire qu'ils sont non assignés et que l'avion ne sera pas plein. 
Du coup je compte bien me mettre d'emblée à une des ces rangées (il y en a 5 ou 6 qui se suivent ainsi), en m'installant en plein milieu avant que l'avion ne décolle. Si je pouvais cette fois avoir les 4 sièges pour pouvoir dormir bien allongé, ce serait le top. A l'aller ceux qui ont pu le faire m'ont trop fait bisquer !
A Rehoboth le paysage change un peu, avec des collines qui apparaissent, rompant avec la monotonie de la plaine qui avait cours depuis Mariental, à peine égayée par les tapis de fleurs que je contemplais en roulant afin d'éviter l'endormissement. Au delà, des montagnes se dressent, le tout dans un paysage de savane ornée de fleurs. 
Ça me donne donne envie d'aller en Crète voir les montagnes se parer de fleurs au printemps. J'ai déjà vu des photos et de ce qu'on m'en a raconté, il paraît que c'est remarquable. Du coup j'ai toujours rêvé d'y aller à cette époque mais je ne pouvais pas avec le boulot, question de choix. Maintenant plus rien ne m'en empêche, à part Pôle Emploi... A moins que je finisse dans les montagnes du Péloponèse. A voir...
Le lac Oanob est à 7 kilomètres de la ville par une piste caillouteuse. Il ne faudrait pas que je crève maintenant ce serait ballot que ça m'arrive le jour du départ. Aussi je fais très attention et conduis lentement, afin d'éviter aussi de ne ré-encrasser l'intérieur de la voiture. 
J'ai nettoyé le dehors hier. Sur les conseils de mon Papa, rien ne sert de dissimuler le choc à l'arrière, autant remplir tous les papiers nécessaires qui me permettront de me faire rembourser par l'assurance de ma carte bleue. Et puis c'est un stress qui s'en va. Je n'ai plus à être inquiet avec le fait s'ils vont s'en rendre compte ou non.
Pour rejoindre le lac il faut passer une grille et s'acquitter d'un droit d'entrée. Mais contrairement à Hardap, on n'a pas un complexe en ruines mais un truc très bien intégré au paysage, avec un lac bien bleu et des petites montagnes en arrière plan, le tout avec ces fameuses fleurs jaune qui ont colonisé la moindre parcelle d'espace. 
Désormais c'est adieu terre rouge, place à l'herbe verte et aux fleurs. Il y a aussi une réserve pour ceux qui seraient en manque de safari. De ce que j'en ai vu, elle était à cette heure là, c'est à dire celle du déjeuner, peuplée d'autruches que j'ai pu enfin approcher de près, habituées à avoir de la visite. A côté de la réception il y a une volière qui contient de petits oiseaux à la tête et au bec tout rouge tandis que sur des perchoirs de bois des perroquets bleus ou verts se répondent entre eux en chantant. Ceux là ne parlent pas. Soit on ne leur a pas appris, soit ce ne sont pas des perroquets, leur taille étant bien plus petite. Des perruches, peut être ?
Pour ce qui est du côté tranquille et reposant de l'endroit il faudra repasser un autre jour que le dimanche. Car c'est un défilé ininterrompu de picks-ups gorgés de jeunes qui se déversent dans la piscine du bord du lac, toute petite et pleine à craquer comme une ferme d'élevage de saumons. Il n'y a personne au camping, aussi les emplacements sont envahis de barbecues improvisés qui fonctionnent toute la journée. Je trouve qu'en Namibie il y a beaucoup d'obèses, surtout des blancs, c'est même la majorité. Je sais désormais pourquoi, ils mangent non stop en carburant au coca. 
Ce ne sont pas les blancs qui vont relever la moyenne d’espérance de vie qui tourne autour de 50 ans. Ils doivent tous finir en diabète, infarctus ou cancer, nombre d'entre eux étant le fait de la malbouffe. Quant aux noirs, il leur reste le sida. C'est cynique ce que je dis mais 13% de la population est séropositive, et le sida est la première cause de mortalité du pays. C'est une véritable épidémie que les autorités ne parviennent pas à endiguer. Et les malades n'ont pas accès aux traitements adéquats, trop chers pour ces pays. C'est vrai qu'on croise beaucoup de jeunes partout, moins de personnes plus âgées. Quand je les vois, je ne peux m’empêcher de penser que dans quelque années ils seront contaminés. C'est tellement tragique !
En partant du lac pour prendre la direction de l'aéroport, j'ai vu des zèbres dans la réserve du lodge. Je me suis arrêté immédiatement pour leur dire un dernier au revoir. C'est alors que j'ai aperçu des girafes juste à côté qui me regardaient tout en mâchant à s'en déboîter la mâchoire. Alors ça ! Je ne les attendais plus celles là ! On dirait qu'elles se sont données le mot pour me dire au revoir. J'étais aux anges, tout près d'elles. J'ai encore voulu m'approcher un peu plus pour mieux admirer leur doux regard qui a l'air un peu endormi comme si elles avaient trop mangé d'une herbe aux vertus psychotropes. Mais elles se sont sauvées. 
Comment un animal si grand qui a une envergure de dinosaure peut il avoir peur de moi alors qu'il pourrait me piétiner en deux secondes ? Être au pied d'une girafe est un moment unique à se dévisser la tête. Je me demande comment elles font pour ne pas avoir le vertige ! Je voulais ne prendre que des fleurs en photo aujourd'hui, c'est râpé. C'est comme si les bestioles étaient jalouses de ne plus apparaître dans le blog, délaissées pour de vulgaire plantes !
Avant d'arriver sur Windhoek un orage a éclaté, dessinant un superbe arc en ciel face à moi. La nature se déchaîne avant que je parte ! J'ai accueilli la pluie avec soulagement. Un comble ! Avec ce soleil on n'en peux plus de cuire. 
Même torse nu à l'ombre c'est intenable. Alors qu’avec une petite pluie, ça rafraîchit bien comme il faut en dégageant de bonnes odeurs de terre chauffée au soleil. Voilà, dans deux heures mes pieds vont quitter la Namibie, ce superbe pays qui m'a fait vivre des aventures inoubliables, au plus proche de la nature. J'ai visité la Namibie en basse saison, cette période n'ayant pas la côte auprès des touristes en raison de la chaleur mais surtout des pluies et de la poussière dans l'air qui rendent les animaux moins visibles, ceux ci n'ayant plus à se diriger vers d'uniques points d'eau. Je ne sais pas pourquoi cette saison n'a pas la côte, elle est très bien comme saison ! De la pluie, j'en ai eu que quelques jours sur un mois entier, alors il ne faut pas avoir peur de visiter la Namibie l'été (enfin, l'hiver chez nous). C'est une destination que je recommande chaudement si vous voulez voir des déserts somptueux, des bêtes à foison et si vous aimerez les grands espaces (j'ai quand même parcouru 5093 kilomètres!). Cerise sur le gâteau, avec les premières pluies tout fleuri en quelques jours !

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