Après les animaux
d'hier, place aujourd'hui aux fleurs de Namibie auxquelles je n'ai
pas assez fait de place. Justice leur est donc rendue. Surtout que
depuis le Farmhouse la végétation est encore montée d'un cran.
C'est incroyable, à présent les bas côtés sont en fleurs par
tapis entiers qui s'étendent jusqu'à l'horizon. Ce sont ces fleurs
jaunes qui ressemblent aux ezcholsias mais qui ont un feuillage comme
les gesses avec des graines ou je ne sais quoi en forme de ces
espèces de massues dont on se servait pour fracasser les cranes dans
l'ancien temps, avec des piquants qui traversent les semelles de
chaussure. A part ça elle agrémentent les routes d'une odeur de
bouton d'or.
L'herbe aussi a poussé. Elle est désormais
suffisamment haute pour donner des fleurs, formant des crinières
irisées qui ondulent au vent. Où sont passées les herbes sèches
qui bordaient les routes il y a seulement un mois ? C'est comme
si elles avaient littéralement reverdi, comme le font les mousses.
Ce qui est inouï est qu'il aura seulement suffit de deux jours de
pluie précédés d'ondées orageuses pour que les plantes poussent
comme des champignons. Je ne connais pas leur cycle de vie mais je
pense qu'en une semaine il est bouclé. Car elles doivent désormais
vivre avec le peu d'eau qui reste dans le sol, tout s'évaporant à
toute vitesse avec la chaleur qui sévit.
Elles seront mortes
probablement avant que la prochaine pluie n'arrive. C'est pour ça
qu'elles se dépêchent autant. Ce sont des fleurs qui rendraient fou
n'importe quel jardinier en herbe. Au lieu de devoir faire des semis
qui végètent pendant des mois puis attendre des semaines avant de
voir la première fleur qui bien souvent sera mangée avant que le
bouton n'éclose ou couverte de pucerons ou autre saloperies, ici en
une semaine le tour est joué, on passe de la graine à la fleur avec
très peu d'arrosage. Ils devraient mettre ça dans les municipalités
du sud de la France pour orner les ronds points. Ça leur demanderait
moins d'efforts !
Mais ce n'est pas tout,
il y a également des fleurs mauves qui forment de grandes
inflorescences qui tapissent les bords de route. Quand je parle de
bord de route, c'est question de dire parce que je suis en voiture.
Mais c'est tout le paysage qui en bénéficie. A ce niveau, on passe
le tropique du Capricorne, refermant ainsi une partie de la boucle
qui avait commencé avant Solitaire en venant de Walvis Bay. Si vous
comparez les deux photos, vous noterez que le paysage est bien
différent et bien plus vert. Je m'arrête dès que je peux pour
prendre des photos. J'ai tout mon temps aujourd'hui, j'ai quitté
l'Anib Lodge à 9 heures ce matin et l'avion ce soir n'est que 12
heures plus tard alors que je n'ai qu'à effectuer un peu plus de 300
kilomètres pour me rendre à l'aéroport.
Mais je ne veux pas
conduire sous la chaleur. Et puis sur mon guide ils parlent d'un lac,
à moins de 100 kilomètres de Windhoek, sur mon chemin. C'est le lac
Oanob qui dispose d'un resort attenant que le livre décrit ainsi :
«Le Lake Oanob Resort, situé à l'ouest de Rehoboth, le long du
barrage d'Oanob, constitue une retraite incroyablement paisible pour
se reposer de la fatigue du voyage (NDLR : je pense qu'ils
veulent dire en arrivant de l'avion). Le complexe hôtelier est
installé près d'un lac bleu aux eaux tranquilles. Il compte entre
autres un camping ombragé, un bar-restaurant au toit de chaume et
de jolis bungalows en pierre tout équipés construits en bord de
lac.
Rehoboth est à 85 km au sud de Windhoek et juste au nord du
tropique du Capricorne ». Espérons qu'ils disent vrai et que
ce ne sera pas une resucée du lac Hardap avec ses eaux boueuses.
Peut être auront-ils aussi une piscine. En tout cas je l'espère car
je compte y passer l'après midi afin d'être frais et dispo pour
l'avion. A ce sujet, j'ai procédé à l'enregistrement en ligne hier
soir en notant toutes les rangées de 4 qui étaient disponibles au
placement. Sachant que les gens les évitent, il y a de fortes
chances qu'elles soient toujours vides au moment de l'embarquement.
Et puis ces si ces sièges sont vides ça veut dire qu'ils sont non
assignés et que l'avion ne sera pas plein.
Du coup je compte bien me
mettre d'emblée à une des ces rangées (il y en a 5 ou 6 qui se
suivent ainsi), en m'installant en plein milieu avant que l'avion ne
décolle. Si je pouvais cette fois avoir les 4 sièges pour pouvoir
dormir bien allongé, ce serait le top. A l'aller ceux qui ont pu le
faire m'ont trop fait bisquer !
A Rehoboth le paysage
change un peu, avec des collines qui apparaissent, rompant avec la
monotonie de la plaine qui avait cours depuis Mariental, à peine
égayée par les tapis de fleurs que je contemplais en roulant afin
d'éviter l'endormissement. Au delà, des montagnes se dressent, le
tout dans un paysage de savane ornée de fleurs.
Ça me donne donne
envie d'aller en Crète voir les montagnes se parer de fleurs au
printemps. J'ai déjà vu des photos et de ce qu'on m'en a raconté,
il paraît que c'est remarquable. Du coup j'ai toujours rêvé d'y
aller à cette époque mais je ne pouvais pas avec le boulot,
question de choix. Maintenant plus rien ne m'en empêche, à part
Pôle Emploi... A moins que je finisse dans les montagnes du
Péloponèse. A voir...
Le lac Oanob est à 7
kilomètres de la ville par une piste caillouteuse. Il ne faudrait
pas que je crève maintenant ce serait ballot que ça m'arrive le
jour du départ. Aussi je fais très attention et conduis lentement,
afin d'éviter aussi de ne ré-encrasser l'intérieur de la voiture.
J'ai nettoyé le dehors hier. Sur les conseils de mon Papa, rien ne
sert de dissimuler le choc à l'arrière, autant remplir tous les
papiers nécessaires qui me permettront de me faire rembourser par
l'assurance de ma carte bleue. Et puis c'est un stress qui s'en va.
Je n'ai plus à être inquiet avec le fait s'ils vont s'en rendre
compte ou non.
Pour rejoindre le lac il
faut passer une grille et s'acquitter d'un droit d'entrée. Mais
contrairement à Hardap, on n'a pas un complexe en ruines mais un
truc très bien intégré au paysage, avec un lac bien bleu et des
petites montagnes en arrière plan, le tout avec ces fameuses fleurs
jaune qui ont colonisé la moindre parcelle d'espace.
Désormais
c'est adieu terre rouge, place à l'herbe verte et aux fleurs. Il y a
aussi une réserve pour ceux qui seraient en manque de safari. De ce
que j'en ai vu, elle était à cette heure là, c'est à dire celle
du déjeuner, peuplée d'autruches que j'ai pu enfin approcher de
près, habituées à avoir de la visite. A côté de la réception il
y a une volière qui contient de petits oiseaux à la tête et au bec
tout rouge tandis que sur des perchoirs de bois des perroquets bleus
ou verts se répondent entre eux en chantant. Ceux là ne parlent
pas. Soit on ne leur a pas appris, soit ce ne sont pas des
perroquets, leur taille étant bien plus petite. Des perruches, peut
être ?
Pour ce qui est du côté
tranquille et reposant de l'endroit il faudra repasser un autre jour
que le dimanche. Car c'est un défilé ininterrompu de picks-ups
gorgés de jeunes qui se déversent dans la piscine du bord du lac,
toute petite et pleine à craquer comme une ferme d'élevage de
saumons. Il n'y a personne au camping, aussi les emplacements sont
envahis de barbecues improvisés qui fonctionnent toute la journée.
Je trouve qu'en Namibie il y a beaucoup d'obèses, surtout des
blancs, c'est même la majorité. Je sais désormais pourquoi, ils
mangent non stop en carburant au coca.
Ce ne sont pas les blancs qui
vont relever la moyenne d’espérance de vie qui tourne autour de 50
ans. Ils doivent tous finir en diabète, infarctus ou cancer, nombre
d'entre eux étant le fait de la malbouffe. Quant aux noirs, il leur
reste le sida. C'est cynique ce que je dis mais 13% de la population
est séropositive, et le sida est la première cause de mortalité du
pays. C'est une véritable épidémie que les autorités ne
parviennent pas à endiguer. Et les malades n'ont pas accès aux
traitements adéquats, trop chers pour ces pays. C'est vrai qu'on
croise beaucoup de jeunes partout, moins de personnes plus âgées.
Quand je les vois, je ne peux m’empêcher de penser que dans
quelque années ils seront contaminés. C'est tellement tragique !
En partant du lac pour
prendre la direction de l'aéroport, j'ai vu des zèbres dans la
réserve du lodge. Je me suis arrêté immédiatement pour leur dire
un dernier au revoir. C'est alors que j'ai aperçu des girafes juste
à côté qui me regardaient tout en mâchant à s'en déboîter la
mâchoire. Alors ça ! Je ne les attendais plus celles là !
On dirait qu'elles se sont données le mot pour me dire au revoir.
J'étais aux anges, tout près d'elles. J'ai encore voulu m'approcher
un peu plus pour mieux admirer leur doux regard qui a l'air un peu
endormi comme si elles avaient trop mangé d'une herbe aux vertus
psychotropes. Mais elles se sont sauvées.
Comment un animal si grand
qui a une envergure de dinosaure peut il avoir peur de moi alors
qu'il pourrait me piétiner en deux secondes ? Être au pied
d'une girafe est un moment unique à se dévisser la tête. Je me
demande comment elles font pour ne pas avoir le vertige ! Je
voulais ne prendre que des fleurs en photo aujourd'hui, c'est râpé.
C'est comme si les bestioles étaient jalouses de ne plus apparaître
dans le blog, délaissées pour de vulgaire plantes !
Avant d'arriver sur
Windhoek un orage a éclaté, dessinant un superbe arc en ciel face à
moi. La nature se déchaîne avant que je parte ! J'ai accueilli
la pluie avec soulagement. Un comble ! Avec ce soleil on n'en
peux plus de cuire.
Même torse nu à l'ombre c'est intenable. Alors
qu’avec une petite pluie, ça rafraîchit bien comme il faut en
dégageant de bonnes odeurs de terre chauffée au soleil. Voilà,
dans deux heures mes pieds vont quitter la Namibie, ce superbe pays
qui m'a fait vivre des aventures inoubliables, au plus proche de la
nature. J'ai visité la Namibie en basse saison, cette période
n'ayant pas la côte auprès des touristes en raison de la chaleur
mais surtout des pluies et de la poussière dans l'air qui rendent
les animaux moins visibles, ceux ci n'ayant plus à se diriger vers
d'uniques points d'eau. Je ne sais pas pourquoi cette saison n'a pas
la côte, elle est très bien comme saison ! De la pluie, j'en
ai eu que quelques jours sur un mois entier, alors il ne faut pas
avoir peur de visiter la Namibie l'été (enfin, l'hiver chez nous).
C'est une destination que je recommande chaudement si vous voulez
voir des déserts somptueux, des bêtes à foison et si vous aimerez
les grands espaces (j'ai quand même parcouru 5093 kilomètres!).
Cerise sur le gâteau, avec les premières pluies tout fleuri en
quelques jours !















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