![]() |
| Remarquez Koh Tarutao au fond |
A Langkawi, le plus
pratique en arrivant de Koh Lipe par le speedboat qui laisse à
Telaga Harbour est de loger au Geopark Hotel qui se trouve dans le
complexe touristique de Oriental Village, sorte de Disneyland en toc
avec le départ du téléphérique. La course en taxi revient à 15
Rm. Le coin est très calme car les gens décampent le soir venu et
l'hôtel est bien souvent à moitié vide. Les chambres sont très
bien, grand luxe, avec serviettes épaisses, salle de bain moderne,
écran plat, bouilloire, frigo et un lit immense. Pour 35 euros le
prix est imbattable. On a l'impression d'avoir une chambre à plus de
100 dollars la nuit. En plus le coin où il est situé est le plus
sauvage de tout Langkawi, avec des montagnes couvertes de jungle tout
autour qui interdisent toute construction. C'est là où l'on trouve
un sentier qui mène à une jolie cascade.
Juste à côté se trouve
un resort de luxe, le Berjaya, qu'on peut rejoindre à pied en se
baladant dedans sans que personne ne dise rien. C'est un complexe
immense, alors les gardes à l'entrée me lèvent la barrière avec
un grand sourire en pensant certainement que je suis un invité.
Toujours avoir l'air sûr de soi et ça marche toujours. C'est
étrange car je ne reconnais en rien le Berjaya. Ni la route d'accès,
ni les bâtiments, ni la plage qui se trouve coincée au pied des
montagnes alors qu'avant elle était plus sur la gauche. En fait j'ai
compris mon erreur. L'hôtel que je squattais avant était le
Mutiara. Sauf que celui-ci a disparu !
![]() |
| Hôtel Geopark en jaune au fond |
Il n'y a plus qu’une
clôture verte pour empêcher les gens d'entrer. Ils ont revendu et
rasé le Mutiara. C'est un complexe Tradewinds qui ouvrira ses
portes. Un truc de fou au slogan « comfort beyon
expectations », avec salle de bain design en plein air au bord
de l'eau, piscine à débordement en terrasse au dessus de la mer et
j'en passe des meilleures. Sans doute un truc américain typique de
leur folie des grandeurs. Je suis sidéré de voir qu'il ne reste
rien du précédent complexe. Ils ont même enlevé les allées. Ce
n’est plus qu'un champ de bataille avec quelques arbres sauvegardés
miraculeusement. Ça a dû coûter une fortune de tout enlever. Sans
compter la reconstruction. Face à un tel investissement, ça laisse
deviner le prix de la nuit.
Le Berjaya n'échappe pas
à ces atmosphères feutrées avec armadas de serviteurs en beige les
mains dans le dos, d'où coulent toujours les mêmes musiques
d'ambiance jazzy. Quelle expérience retiendront les gens qui
viennent là ? Ces resorts se ressemblent tous et les gens ne
les quittent jamais, préférant rester autour de la piscine à lire
sur des chaises longues une main posée sur le verre de cocktail de
la table basse juste à hauteur de poignet. Je ne vois pas l'intérêt
de faire tout ce chemin pour finir là dedans. Mais ça ne regarde
que moi. Car le concept plaît. C’est plein à craquer. Le resort
fait dans le greenwashing, avec des affiches montrant des singes et
le slogan « in harmony with nature ».
On leur a juste
volé leur habitat aux petits singes. On a coupé des arbres pour
construire villas et chalets, rasé des collines pour construire un
bâtiment central. Qui peut parler d'harmonie après ça ?
J'ai pris mon dîner au
Berjaya car tous les petits restaurants du Geopark ferment au coucher
du soleil. Riche idée ! J'ai eu droit à un buffet local, très
bon au demeurant mais à un prix exorbitant. 80 Rm soit 20 euros,
sans compter la bière. Cela ne choque forcément personne car ce
sont des prix de resort occidentaux. Sauf qu'on est en Malaisie et
que partout ailleurs les repas des restaurants sont 4 fois moins
cher.
Ceci dit, j'ai pu tester un dessert typique surprenant. Dans un
bol vous avez des litchis au sirop, des cacahuètes, des machins
verts dont je ne sais ce que c'est, une pâte brune inconnue. Ils
aspergent le tout de glace pilée au moyen d'une drôle de machine
sous laquelle ils placent un gros bloc de glace. La machine gratte
ensuite la surface du glaçon géant en le faisant tourner sur lui
même dans un vacarme proche du marteau piqueur. Après, ils arrosent
le tout de lait, d'un sirop rose et d'un autre brun qui ressemble à
du miel. Malgré l'apparence et la couleur c’est très bon.
Je suis content, cette
fois le cable car est ouvert. Mais trouver un ticket simple relève
de l'exploit. Ils ont greffé tout un tas d'attractions annexes pour
visiter un musée en 3D, ou encore un pont suspendu au dessus du
vide. Le ticket de base revient à 35 Rm et donne accès au Skydome,
une attraction un peu inutile et qui fout la gerbe. Avant de monter
dans le téléphérique on suit un dédale de files américaines avec
des parcours directs pour ceux qui ont acheté un ticket VIP. On s'y
perdrait presque s'il n'y avait pas plein d'hôtesses pour indiquer
le sens de la progression. On pénètre alors, comme des moutons
guidés par un berger, dans une salle de projection, un genre de
demie-sphère où le dôme sert d'écran pour une immersion complète
dans l'image.
![]() |
| Le Geopark en bas et le port de Telaga dans la baie suivante |
Le film projeté est une animation de synthèse, comme
ces films promotionnels qu'on voit au cinéma avant la séance des
films en 3D. On est sur un grand 8 censé être sur Mars qui tourne
dans tous les sens en montant, descendant et se retournant, le tout
avec une bande son poussée au maximum. Ça dure à peine deux
minutes et ça se finit en queue de poisson lorsqu'il rallument alors
que la chanson n’est même pas finie ! Une attraction un peu
inutile qui doit sa présence à la volonté de faire grimper le prix
du ticket. Je n'ai pas trouvé le moyen d'avoir un ticket sans ce
Skydome. On voit bien qu'on est dans une usine à touristes, avec
boutiques de souvenirs qu'on est obligé de traverser et des
photographes qui vous attendent avant de prendre le téléphérique
dont vous retrouverez la photo sur fond truqué représentant
Langkawi vu de là haut.
Il y a un monde fou,
beaucoup de touristes pressés qui ont laissé leurs bagages en bas,
s'arrêtant ici juste pour prendre une photo avant de prendre leur
avion. La majorité est composée d'asiatiques et d’orientaux avec
des femmes en burqa dont rien ne dépasse, pas même un cil. Les
hommes sont dépenaillés pendant que leurs femmes crèvent de chaud
sous leur linceul noir. J'aimerais bien qu'on les enferme dans une
burqa, tiens. Je sais bien qu'il faut s'ouvrir aux autres cultures
mais celle là je ne la comprends pas. Le pire c'est qu'elles ont
l'air contentes dans leur prison d'étoffe. Même le vent qui souffle
là haut n'arrive pas à faire découvrir un centimètre de peau. Ça
doit être plein d'élastiques et de sangles là dessous. Les hommes
prennent leurs femmes en photo devant la jungle et les montagnes et
la mer Andaman tout en bas avant que celles ci ne demandent de voir
le résultat. Pour voir quoi, une poupée noire avec une fente en
guise d'yeux ?
Le téléphérique, long
de 1700 mètres permet d'atteindre le sommet d'une montagne à 700
mètres d'altitude où il fait 5 degrés de moins qu’en bas. Ils
sont en train d'y construire un Skywalk, un pont suspendu au dessus
du vide, genre de serpentin qui permet de rejoindre un autre sommet
pour des sensations fortes.
Je n'ai pas besoin de toutes ces
attractions, une plage sauvage ou un bout de jungle me comble bien
plus de bonheur. Si je suis monté là haut, ce n'est pas tant pour
la vue aérienne sur Langkawi mais plus pour admirer la chaîne de
montagnes avec Koh Tarutao juste derrière qu'on pourrait rejoindre
en se laissant planer. Le relief et la taille des deux îles sont
plus ou moins similaires. Les montagnes ont la même forme et la même
altitude. Mais quelle différence ! A Langkawi vous avez un
aéroport, des voitures, des motos qui pétaradent, des resorts de
luxe et plein de monde. Du coup je ne ressens aucune vibration ici.
Il aurait pu en être de même si Tarutao n'était pas
miraculeusement protégée par un parc national. Je me sens exilé
ici, comme si j'avais laissé une part de moi même là bas. Il me
tarde de m'y retrouver !











Salut Ivan, je suis impressionnée par la précision de ton blog...j'ai pu ainsi poursuivre un peu mon séjour sur la merveilleuse Ko Tarutao : crocodile cave, la prison et le tour de l'île en bâteau... d'autant plus que mes piqûres de sandflies m'y rappellent encore...et bizarrement, j'ai de nouveaux boutons apparaissent... a moins que ça soit autre chose... à vérifier.
RépondreSupprimerEn tout cas, merci car j'ai pu aussi revoir avec grand plaisir les Grenadines et les îles grecques Naxos et Amorgos que j'avais tant aimées... (d'ailleurs aussi en juillet 2011!)
Bon voyage! Hélène Bordeaux
Salut Hélène! Merci pour ton gentil message. Je suis rentré, c'est la fin d'une aventure. Mais j'y retourne le 29/11. D'ailleurs j'ai laissé ma tente là bas chez un ranger. Ça va devenir ma résidence secondaire je sens...
Supprimer