Il y a un français qui
est venu me parler hier, Denis, un intérimaire venu passer un mois en
Thaïlande n'ayant pas de contrat en vue. Il retournera ensuite en
France voir ce qu'il y a de neuf et si toujours rien, il repartira.
Il n'a fait que me vanter les avantages de l'intérim. Mieux payé,
liberté, temps choisi... Pourtant proche de la retraite, il a
toujours trouvé des missions sans difficulté. Il a parlé aussi
avec deux jeunes filles qui se lamentent des 40 années de cotisation
qui leur restent. Le système est fou. Et c'est quand on voyage qu'on
rencontre des gens qui le refusent et préfèrent vivre leurs vie et
leur passions en contournant le système avec ruse.
Une femme
épanouie allergique aux CDI, un intérimaire et des filles qui ne
veulent pas faire carrière, moi chômeur. Voilà le profil des
voyageurs au long cours. C’est dans ces voyages qu'on rencontre des
gens plus intéressants que la normale, anti conformistes, plus
authentiques car proches de leurs rêves. Plus libres aussi. C'est
leur point commun.
Question liberté, il va
falloir faire une croix momentanée sur Koh Adang où je comptais me
prélasser de retour de Langkawi. L'île est fermée. Le 13 février
arrive une princesse et son clan pour 5 jours. Par sécurité et pour
son bien être ils condamnent l'accès à l'île. Tout le monde
dehors.
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| Y a un drôle de temple en arrivant sur l'île... |
Je suis sûr qu'elle ne mettra même pas un pied dans l'eau.
Enfin, c'est son pays, elle a le droit d'en profiter et de mettre les
étrangers dehors. Du coup ça chamboule tout. Je ne veux absolument
pas dormir à Koh Lipe ce jour là et je crains d'y être coincé à
cause des bateaux. Il me reste à trouver un plan B. Peut être Koh
Rawi, l'île d'après. Le ranger m'a dit d'ici qu'il y avait une
cantine. Mais ça me semble bizarre sur une île sans hébergement.
Une fois rendu là bas je ne voudrais me casser le nez devant une
gargote fermée ou ouverte que le midi, crevant la dalle comme un
macaque.
Mon emplacement du bout
du camping sous les pandanus est pris. C'était à prévoir, avec le
coin bien ratissé que j'avais laissé...
Je me suis mis plus loin
mais il n'y a pas d'ombre pour le hamac. Je l'ai donc suspendu
ailleurs, ce qui fait que je squatte deux emplacements. En l'espace
de dix jours je trouve Ao Pante changé. Il n'a toujours pas plu une
goutte et l'herbe est désormais jaune, tout crisse sous le pied. Les
arbres sont pleins de feuilles jaunes. Et les petits marcassins ont
pris du poids. La fille à l’œil vitreux, elle, n'a pas changé et
avant de prendre commande m'a demandé : « fruits ? ».
Je suis devenu Mr Fruit. On me reconnaît à ça !




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