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samedi 7 février 2015

Sur les hauteurs de Langkawi

Remarquez Koh Tarutao au fond
A Langkawi, le plus pratique en arrivant de Koh Lipe par le speedboat qui laisse à Telaga Harbour est de loger au Geopark Hotel qui se trouve dans le complexe touristique de Oriental Village, sorte de Disneyland en toc avec le départ du téléphérique. La course en taxi revient à 15 Rm. Le coin est très calme car les gens décampent le soir venu et l'hôtel est bien souvent à moitié vide. Les chambres sont très bien, grand luxe, avec serviettes épaisses, salle de bain moderne, écran plat, bouilloire, frigo et un lit immense. Pour 35 euros le prix est imbattable. On a l'impression d'avoir une chambre à plus de 100 dollars la nuit. En plus le coin où il est situé est le plus sauvage de tout Langkawi, avec des montagnes couvertes de jungle tout autour qui interdisent toute construction. C'est là où l'on trouve un sentier qui mène à une jolie cascade.
Juste à côté se trouve un resort de luxe, le Berjaya, qu'on peut rejoindre à pied en se baladant dedans sans que personne ne dise rien. C'est un complexe immense, alors les gardes à l'entrée me lèvent la barrière avec un grand sourire en pensant certainement que je suis un invité. Toujours avoir l'air sûr de soi et ça marche toujours. C'est étrange car je ne reconnais en rien le Berjaya. Ni la route d'accès, ni les bâtiments, ni la plage qui se trouve coincée au pied des montagnes alors qu'avant elle était plus sur la gauche. En fait j'ai compris mon erreur. L'hôtel que je squattais avant était le Mutiara. Sauf que celui-ci a disparu ! 
Hôtel Geopark en jaune au fond
Il n'y a plus qu’une clôture verte pour empêcher les gens d'entrer. Ils ont revendu et rasé le Mutiara. C'est un complexe Tradewinds qui ouvrira ses portes. Un truc de fou au slogan « comfort beyon expectations », avec salle de bain design en plein air au bord de l'eau, piscine à débordement en terrasse au dessus de la mer et j'en passe des meilleures. Sans doute un truc américain typique de leur folie des grandeurs. Je suis sidéré de voir qu'il ne reste rien du précédent complexe. Ils ont même enlevé les allées. Ce n’est plus qu'un champ de bataille avec quelques arbres sauvegardés miraculeusement. Ça a dû coûter une fortune de tout enlever. Sans compter la reconstruction. Face à un tel investissement, ça laisse deviner le prix de la nuit. 
Le Berjaya n'échappe pas à ces atmosphères feutrées avec armadas de serviteurs en beige les mains dans le dos, d'où coulent toujours les mêmes musiques d'ambiance jazzy. Quelle expérience retiendront les gens qui viennent là ? Ces resorts se ressemblent tous et les gens ne les quittent jamais, préférant rester autour de la piscine à lire sur des chaises longues une main posée sur le verre de cocktail de la table basse juste à hauteur de poignet. Je ne vois pas l'intérêt de faire tout ce chemin pour finir là dedans. Mais ça ne regarde que moi. Car le concept plaît. C’est plein à craquer. Le resort fait dans le greenwashing, avec des affiches montrant des singes et le slogan « in harmony with nature ». 
On leur a juste volé leur habitat aux petits singes. On a coupé des arbres pour construire villas et chalets, rasé des collines pour construire un bâtiment central. Qui peut parler d'harmonie après ça ?
J'ai pris mon dîner au Berjaya car tous les petits restaurants du Geopark ferment au coucher du soleil. Riche idée ! J'ai eu droit à un buffet local, très bon au demeurant mais à un prix exorbitant. 80 Rm soit 20 euros, sans compter la bière. Cela ne choque forcément personne car ce sont des prix de resort occidentaux. Sauf qu'on est en Malaisie et que partout ailleurs les repas des restaurants sont 4 fois moins cher. 
Ceci dit, j'ai pu tester un dessert typique surprenant. Dans un bol vous avez des litchis au sirop, des cacahuètes, des machins verts dont je ne sais ce que c'est, une pâte brune inconnue. Ils aspergent le tout de glace pilée au moyen d'une drôle de machine sous laquelle ils placent un gros bloc de glace. La machine gratte ensuite la surface du glaçon géant en le faisant tourner sur lui même dans un vacarme proche du marteau piqueur. Après, ils arrosent le tout de lait, d'un sirop rose et d'un autre brun qui ressemble à du miel. Malgré l'apparence et la couleur c’est très bon.


Je suis content, cette fois le cable car est ouvert. Mais trouver un ticket simple relève de l'exploit. Ils ont greffé tout un tas d'attractions annexes pour visiter un musée en 3D, ou encore un pont suspendu au dessus du vide. Le ticket de base revient à 35 Rm et donne accès au Skydome, une attraction un peu inutile et qui fout la gerbe. Avant de monter dans le téléphérique on suit un dédale de files américaines avec des parcours directs pour ceux qui ont acheté un ticket VIP. On s'y perdrait presque s'il n'y avait pas plein d'hôtesses pour indiquer le sens de la progression. On pénètre alors, comme des moutons guidés par un berger, dans une salle de projection, un genre de demie-sphère où le dôme sert d'écran pour une immersion complète dans l'image. 
Le Geopark en bas et le port de Telaga dans la baie suivante
Le film projeté est une animation de synthèse, comme ces films promotionnels qu'on voit au cinéma avant la séance des films en 3D. On est sur un grand 8 censé être sur Mars qui tourne dans tous les sens en montant, descendant et se retournant, le tout avec une bande son poussée au maximum. Ça dure à peine deux minutes et ça se finit en queue de poisson lorsqu'il rallument alors que la chanson n’est même pas finie ! Une attraction un peu inutile qui doit sa présence à la volonté de faire grimper le prix du ticket. Je n'ai pas trouvé le moyen d'avoir un ticket sans ce Skydome. On voit bien qu'on est dans une usine à touristes, avec boutiques de souvenirs qu'on est obligé de traverser et des photographes qui vous attendent avant de prendre le téléphérique dont vous retrouverez la photo sur fond truqué représentant Langkawi vu de là haut.
Il y a un monde fou, beaucoup de touristes pressés qui ont laissé leurs bagages en bas, s'arrêtant ici juste pour prendre une photo avant de prendre leur avion. La majorité est composée d'asiatiques et d’orientaux avec des femmes en burqa dont rien ne dépasse, pas même un cil. Les hommes sont dépenaillés pendant que leurs femmes crèvent de chaud sous leur linceul noir. J'aimerais bien qu'on les enferme dans une burqa, tiens. Je sais bien qu'il faut s'ouvrir aux autres cultures mais celle là je ne la comprends pas. Le pire c'est qu'elles ont l'air contentes dans leur prison d'étoffe. Même le vent qui souffle là haut n'arrive pas à faire découvrir un centimètre de peau. Ça doit être plein d'élastiques et de sangles là dessous. Les hommes prennent leurs femmes en photo devant la jungle et les montagnes et la mer Andaman tout en bas avant que celles ci ne demandent de voir le résultat. Pour voir quoi, une poupée noire avec une fente en guise d'yeux ?
Le téléphérique, long de 1700 mètres permet d'atteindre le sommet d'une montagne à 700 mètres d'altitude où il fait 5 degrés de moins qu’en bas. Ils sont en train d'y construire un Skywalk, un pont suspendu au dessus du vide, genre de serpentin qui permet de rejoindre un autre sommet pour des sensations fortes. 
Je n'ai pas besoin de toutes ces attractions, une plage sauvage ou un bout de jungle me comble bien plus de bonheur. Si je suis monté là haut, ce n'est pas tant pour la vue aérienne sur Langkawi mais plus pour admirer la chaîne de montagnes avec Koh Tarutao juste derrière qu'on pourrait rejoindre en se laissant planer. Le relief et la taille des deux îles sont plus ou moins similaires. Les montagnes ont la même forme et la même altitude. Mais quelle différence ! A Langkawi vous avez un aéroport, des voitures, des motos qui pétaradent, des resorts de luxe et plein de monde. Du coup je ne ressens aucune vibration ici. Il aurait pu en être de même si Tarutao n'était pas miraculeusement protégée par un parc national. Je me sens exilé ici, comme si j'avais laissé une part de moi même là bas. Il me tarde de m'y retrouver !

2 commentaires:

  1. Salut Ivan, je suis impressionnée par la précision de ton blog...j'ai pu ainsi poursuivre un peu mon séjour sur la merveilleuse Ko Tarutao : crocodile cave, la prison et le tour de l'île en bâteau... d'autant plus que mes piqûres de sandflies m'y rappellent encore...et bizarrement, j'ai de nouveaux boutons apparaissent... a moins que ça soit autre chose... à vérifier.
    En tout cas, merci car j'ai pu aussi revoir avec grand plaisir les Grenadines et les îles grecques Naxos et Amorgos que j'avais tant aimées... (d'ailleurs aussi en juillet 2011!)
    Bon voyage! Hélène Bordeaux

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    Réponses
    1. Salut Hélène! Merci pour ton gentil message. Je suis rentré, c'est la fin d'une aventure. Mais j'y retourne le 29/11. D'ailleurs j'ai laissé ma tente là bas chez un ranger. Ça va devenir ma résidence secondaire je sens...

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