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lundi 2 février 2015

Koh Tarutao J27 : tout s'accélère

Alors que je passe mes derniers jours sur Tarutao, je n'arrête pas de rencontrer des gens alors que jusqu'à maintenant c'était plutôt calme de ce côté là. Est-ce ma peau bronzée de sauvage qui les intrigue ? Ai-je l'air d'un Robinson sorti des bois ? Hier j'ai dîné avec un jeune couple d'anglais partis pour très longtemps de leur pays natal qu'ils ne rejoindront qu'en mai pour assister à un mariage avant de repartir sur les routes tout de suite après. Ils n'ont pas de plans prédéterminés, ils avancent en fonction de leurs envies, de leurs rencontres aussi et ils notent scrupuleusement les coins que j'aime bien qui leur donne de les découvrir à leur tour. Ils ont passé de nombreux mois en Australie où ils ont travaillé. C'est ainsi qu'ils se financent. 
Un petit boulot quelque temps avant de repartir. Les voyageurs au long cours ont ceci de commun qu'ils offrent leur amitié spontanément et agissent avec vous comme si vous étiez un grand copain qu'on retrouve. Sur la route, on est un peu une grande famille où l'on se plaît à échanger et à partager tuyaux et astuces.
A côté de là où j'ai mis mon hamac il y a la tente géante d'un autrichien. Une vraie tête brûlée qui n'hésite pas à aller au bout de la plage de Ao Son en marchant depuis Ao Pante. Le passage des rochers avant Ao Jak ne lui fait pas peur. C'est le seul qui passe par là à marée haute. Il est très grand et me dit qu'il a pied, me montrant le niveau de l'eau au niveau du cou. Il met son sac sur la tête et il avance comme ça. 
Il vient de Koh Adang. Tout le monde passe ou va aller par là bas et ceux qui en reviennent donnent l'envie aux autres d'y aller. Mais avec cette fichue princesse... Le type est un SDF comme moi. Il a quitté travail et vendu sa maison en Autriche. Désormais il bourlingue et il a l'air d'en être très heureux. Les gens comme lui sont extatiques, ils exultent épanouissement, radieux comme si enfin ils étaient sortis d'une cage. Il ne sait pas où aller ensuite. Il aimerai se poser à Majorque, qu'il connaît bien et qui a 300 jours de beau temps par an me dit-il. Et puis là bas il y a une grosse communauté germanophone. Son boulot ? Je n'ai pas très bien compris, « handcraft », me dit-il. Apparemment il sait tout faire de ses mains.


Ce soir j'ai parlé avec deux français extraordinaires, Christophe et Séverine, d'Aix en Provence. Lui travaillait dans l'électronique avant de changer de vie pour se rapprocher de la nature qu'il a toujours vénérée. Il a repris des études et est désormais guide nature. Il a une association « Nature en soi » et se propose de conduire les gens dans la nature, leur enseignant la survie et à apprendre, reconnaître et cuisiner les plantes sauvages en confectionnant de délicieux mets. Quand il a parle il est toujours plein d'entrain, le sourire au lèvres. Je pense à mon frère, lui si proche de la nature qui voulait travailler à l'ONF et qui a fini aussi dans l'électronique en banlieue parisienne. Je suis sûr qu'il voudrait aussi changer de vie mais avec femme, 5 gosses, crédit et une maison qu'il n'arrive pas à vendre, il est comme beaucoup de gens qui taisent leurs rêves. 
Un moment il parlait même d'ouvrir des maison d'hôtes ou une école de surf, même s'il n'y connaît rien au domaine, avant de reprendre le chemin du bureau, par commodité et sécurité car c'est ce qu'il sait faire. Je suis en train de lire un livre très intéressant depuis mon hamac, écrit par Ludovic Hubler « Le monde en stop », qui a accompli l'exploit de faire un tour de monde en auto-stop, bateau-stop ou avion-stop. Apparemment il est le premier à s'être lancé dans un tour du monde ainsi. Un pari un peu fou, plein de pérégrinations, de rebondissements et d'humour. Dans son livre figure une très belle citation de Saint-Exupéry qui résume tout : « Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve».


 
Stéphane s'est renseigné pour louer les services d'un type pour faire le tour de Tarutao en s’arrêtant à différents endroits impossibles d'accès autrement. Le bateau coûte 3500 bahts la journée et il cherche 10 personnes pour partager les frais. Il en a déjà recruté six. Mes yeux se sont écarquillés comme un gosse devant un sapin de Noël et j'ai tout de suite apporté ma voix. Sur ce, les anglais sont arrivés et l'idée les a enchantés immédiatement même s'ils avaient prévu de partir. Ils vont rester un jour de plus, rien que pour ça. On est donc à présent 8 partants. Ce n'est pas tout, Denis l'intérimaire a quitté Ao Molae et est venu me rejoindre à table. Il est partant lui aussi. Demain j'essaierai d'en toucher un mot à l'autrichien...

2 commentaires:

  1. Salut Ivan , et merci pour ton site avec de superbes photos qui va bien m ' aider pour mes 4 a 5 jours prévus la bas en Mars 2015 .......Thierry .

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    Réponses
    1. Merci pour tes encouragements! J'espère que tu apprécieras Koh Tarutao. A mon avis 5 jours vont te sembler bien courts :-)

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