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vendredi 6 février 2015

31 jours en Thaïlande

Koh Khai
On va me dire : « Quoi? Comment c'est possible ? ». Eh bien ça ne l'est pas ! Je vais écrire au Lonely Planet qui a raconté des conneries. Pourtant j'ai l'édition de 2012 du Thailand's islands and beaches. Il y est dit qu'en dépassant la durée limite de séjour d'un jour, la pénalité ne s'applique pas. C'est faux ! A l'embarquement du bateau de Koh Lipe vers Langkawi j'ai dû me faire conduire en scooter de l'autre côté de la plage vers le poste d'immigration et m'acquitter de 500 bahts. J'avais envisagé l'option. J'ai essayé, j'ai perdu. Les pertes sont faibles, ce n'est pas grave.
Ce matin c’est le cœur gros que j'ai plié la tente. J'ai l'impression qu'on m'arrache de là comme on m'arracherait une dent ! 
Même la nuit y a des bestioles!
J'ai eu la pas aidée à l'accueil, la dolente qui ne comprend rien de ce qu'on raconte. Elle a tourné des pages et des pages de ses deux classeurs à la recherche de ma fiche d'arrivée. Je n'arrêtais pas de répéter : « 30 nuits, 7 janvier ». Ça ne changeait rien, elle pédalait dans la semoule. Le ranger qui m'aime bien et rigole toujours avec moi est arrivé à la rescousse pour faire une nouvelle fiche. Et une fleur. Au lieu des 900 bahts il a réduit la note à 600, ce qui revient à 0,5 euro la nuit ! « Tarif réduit pour un mois », me dit-il. Vous connaissez d'autres petits paradis qui vous ouvrent leurs portes à ce tarif ? Pas de doute, Koh Tarutao est une valeur sûre et je reviendrai voir mon île mystérieuse! Elle n'est à personne mais à tout le monde, aussi elle est un peu à moi. Je n'attends que d'avoir accès à Internet pour acheter mon billet fin novembre. C'est psychologique, j'aurai ainsi l'impression de laisser un pied ici, de ne pas être complètement parti. En attendant j'ai laissé la fille à la confection de sa fiche. Elle cherchait toujours la date de mon arrivée, remontant à rebours en comptant sur ses doigts qui s’emmêlaient...
Une dernière pour la route
Avant de quitter l'île j'ai rempli un questionnaire de satisfaction avec des questions bizarres. Du style : combien on a vu de personnes là où l'on était ? ; leur nombre était-il acceptable ? ; quel est le nombre maximum qui pourrait résider sans troubler notre séjour ?  le comportement des gens était-il adapté vis à vis d'un parc national ?... Comme prévu, la sortie du parc est un choc violent. Le speedboat est bondé d'asiatiques qui sont descendus sur le ponton faire des photos non pas du paysage mais d'eux face à la mer, question d'immortaliser l'endroit ! Tout ce petit monde descendra à Koh Lipe pour s'y entasser comme il se doit. On a heureusement toute la traversée, un peu plus d'une heure, pour se réhabituer progressivement aux gens et au confinement après un mois sans limite devant soi. 
Chemin faisant on s’est arrêté à Koh Khai, un petit îlot qui semble flotter et fendre le bleu-vert de la mer Andaman par une langue de sable d'un blanc plus blanc que neige. L'île est célèbre pour son rocher qui forme une arche au dessus de la mer. Avec le nombre qu'on était, le capitaine a préféré redémarrer que perdre des dizaines de minutes à rassembler tout ce petit monde qui se serait éparpillé dans l'anarchie la plus complète.
Avant d'arriver à la plage de Pattaya sur Lipe, on a longé Koh Adang avec sa haute montagne qui agit comme un phare devant l'île de Koh Lipe quasiment plate. Les speedboats ne peuvent pas accoster à Lipe car il n'y a pas suffisamment de fond.
Koh Adang vue de Koh Lipe
On est laissé sur une barge à quelques dizaines de mètres de la plage que l'on rejoint en long tail boat. Tourisme de masse oblige, le touriste-vache-à-lait ou poulet-à-plumer doit débourser 70 bahts pour une course qui dure deux minutes. Après avoir réglé les problèmes de douane il me restait deux heures sur Koh Lipe. De quoi déjeuner, chercher des timbres et une lotion anti-moustique, la même que celle que Stéphane avait et dont le taux de DEET m'avait laissé pantois : 95% ! La rue centrale est pleine de boutiques de souvenirs et d'agences de voyages qui proposent billets de bateau ou de bus. Il fait une chaleur à crever sur l'île, pas de jungle ni de montagne pour apporter un peu de vent et de fraîcheur. Il y a la cohue partout. 
Les gens traînent la tong en se déhanchant, tatoués des pieds à la tête, une cannette de bière à la main qu'ils ne lâchent pas, même pour se baigner, le regard aussi expressif que celui d'une grenouille décérébrée de travaux pratiques de biologie. Les chiens aussi se baignent et viennent vous donner la patte entre deux brasses de petit chien pour avoir un câlin.
J'ai regardé les horaires et prix pour Koh Kradan. Trop cher. 40 euros l'aller et le bateau part le matin à 9h30 ce qui fait que je devrais passer une nuit à Koh Lipe le 9 au soir. Sorti de Tarutao, tout me semble surfait et superficiel. Du coup, pourquoi ne pas retourner à Tarutao une semaine pour me terrer dans la jungle ? Je me sens bien mieux avec un confort sommaire et des besoins réduits à l'essentiel. Comme quoi il faut partir pour mieux revenir et prendre conscience de ce qui nous manque.

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