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| Koh Khai |
On va me dire :
« Quoi? Comment c'est possible ? ». Eh bien ça ne l'est
pas ! Je vais écrire au Lonely Planet qui a raconté des
conneries. Pourtant j'ai l'édition de 2012 du Thailand's islands
and beaches. Il y est dit qu'en dépassant la durée limite de
séjour d'un jour, la pénalité ne s'applique pas. C'est faux !
A l'embarquement du bateau de Koh Lipe vers Langkawi j'ai dû me
faire conduire en scooter de l'autre côté de la plage vers le poste
d'immigration et m'acquitter de 500 bahts. J'avais envisagé
l'option. J'ai essayé, j'ai perdu. Les pertes sont faibles, ce n'est
pas grave.
Ce matin c’est le cœur
gros que j'ai plié la tente. J'ai l'impression qu'on m'arrache de là
comme on m'arracherait une dent !
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| Même la nuit y a des bestioles! |
J'ai eu la pas aidée à
l'accueil, la dolente qui ne comprend rien de ce qu'on raconte. Elle
a tourné des pages et des pages de ses deux classeurs à la
recherche de ma fiche d'arrivée. Je n'arrêtais pas de répéter :
« 30 nuits, 7 janvier ». Ça ne changeait rien, elle
pédalait dans la semoule. Le ranger qui m'aime bien et rigole
toujours avec moi est arrivé à la rescousse pour faire une nouvelle
fiche. Et une fleur. Au lieu des 900 bahts il a réduit la note à
600, ce qui revient à 0,5 euro la nuit ! « Tarif réduit
pour un mois », me dit-il. Vous connaissez d'autres petits
paradis qui vous ouvrent leurs portes à ce tarif ? Pas de
doute, Koh Tarutao est une valeur sûre et je reviendrai voir mon île
mystérieuse! Elle n'est à personne mais à tout le monde, aussi
elle est un peu à moi. Je n'attends que d'avoir accès à Internet
pour acheter mon billet fin novembre. C'est psychologique, j'aurai
ainsi l'impression de laisser un pied ici, de ne pas être
complètement parti. En attendant j'ai laissé la fille à la
confection de sa fiche. Elle cherchait toujours la date de mon
arrivée, remontant à rebours en comptant sur ses doigts qui
s’emmêlaient...
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| Une dernière pour la route |
Avant de quitter l'île
j'ai rempli un questionnaire de satisfaction avec des questions
bizarres. Du style : combien on a vu de personnes là où l'on
était ? ; leur nombre était-il acceptable ? ;
quel est le nombre maximum qui pourrait résider sans troubler notre
séjour ? le comportement des gens était-il adapté vis à
vis d'un parc national ?... Comme prévu, la sortie du parc est
un choc violent. Le speedboat est bondé d'asiatiques qui sont
descendus sur le ponton faire des photos non pas du paysage mais
d'eux face à la mer, question d'immortaliser l'endroit ! Tout
ce petit monde descendra à Koh Lipe pour s'y entasser comme il se
doit. On a heureusement toute la traversée, un peu plus d'une heure,
pour se réhabituer progressivement aux gens et au confinement après
un mois sans limite devant soi.
Chemin faisant on s’est arrêté à
Koh Khai, un petit îlot qui semble flotter et fendre le bleu-vert
de la mer Andaman par une langue de sable d'un blanc plus blanc que
neige. L'île est célèbre pour son rocher qui forme une arche au
dessus de la mer. Avec le nombre qu'on était, le capitaine a préféré
redémarrer que perdre des dizaines de minutes à rassembler tout ce
petit monde qui se serait éparpillé dans l'anarchie la plus
complète.
Avant d'arriver à la
plage de Pattaya sur Lipe, on a longé Koh Adang avec sa haute
montagne qui agit comme un phare devant l'île de Koh Lipe quasiment
plate. Les speedboats ne peuvent pas accoster à Lipe car il n'y a
pas suffisamment de fond.
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| Koh Adang vue de Koh Lipe |
On est laissé sur une barge à quelques
dizaines de mètres de la plage que l'on rejoint en long tail boat.
Tourisme de masse oblige, le touriste-vache-à-lait ou
poulet-à-plumer doit débourser 70 bahts pour une course qui dure
deux minutes. Après avoir réglé les problèmes de douane il me
restait deux heures sur Koh Lipe. De quoi déjeuner, chercher des
timbres et une lotion anti-moustique, la même que celle que Stéphane
avait et dont le taux de DEET m'avait laissé pantois : 95% !
La rue centrale est pleine de boutiques de souvenirs et d'agences de
voyages qui proposent billets de bateau ou de bus. Il fait une
chaleur à crever sur l'île, pas de jungle ni de montagne pour
apporter un peu de vent et de fraîcheur. Il y a la cohue partout.
Les gens traînent la tong en se déhanchant, tatoués des pieds à
la tête, une cannette de bière à la main qu'ils ne lâchent pas,
même pour se baigner, le regard aussi expressif que celui d'une
grenouille décérébrée de travaux pratiques de biologie. Les
chiens aussi se baignent et viennent vous donner la patte entre deux
brasses de petit chien pour avoir un câlin.
J'ai regardé les
horaires et prix pour Koh Kradan. Trop cher. 40 euros l'aller et le
bateau part le matin à 9h30 ce qui fait que je devrais passer une
nuit à Koh Lipe le 9 au soir. Sorti de Tarutao, tout me semble
surfait et superficiel. Du coup, pourquoi ne pas retourner à Tarutao
une semaine pour me terrer dans la jungle ? Je me sens bien
mieux avec un confort sommaire et des besoins réduits à
l'essentiel. Comme quoi il faut partir pour mieux revenir et prendre
conscience de ce qui nous manque.






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