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| Déjà Kuala Lumpur! |
Quoi de mieux qu'une
grève pour quitter le cœur léger un pays vers de nouveaux horizons
plus excitants ? Nous sommes au jour 1 de ma nouvelle vie et
pour la commencer je reprends là où j'étais resté il y a près de
deux ans. Un retour en forme de continuité. Qui a bien failli de ne
pas voir le jour. Pour que mes rêves restent éveillés et que je
reste fidèle à mon serment fait en mai 2012, j'ai dû quitter mon
job. Il était temps pour moi de m'en défaire. Un carcan de plus
dont je me libère. Ce matin je voyais les gens exaspérés dans le
RER pour qui c'est le lot quotidien et qui ne pourront jamais s'en
extraire. Je ne sais pas comment ils font. Le courage, je le puise
dans la fuite. Mon retour en Australie est donc une forme inattendue
de célébration de mon premier jour de chômage. Un chômeur
heureux, ça existe !
Ce matin, tout me semble
dérisoire et c’est le sourire aux lèvres que j'affronte des murs
de problèmes qui semblent se dresser sur mon chemin comme pour
m’empêcher de partir. Déjà hier soir, en quittant le bureau de
la DRH, privé de badge et mis à la rue comme un SDF, je me sentais
incroyablement léger. Plus on m'enlève de choses, plus je suis
heureux. Pour la dernière fois j'ai emprunté un tramway bondé,
écrasé contre les autres sans pouvoir respirer pendant que des
portes essayaient désespérément de se fermer, coupant à moitié
des gens en deux. S'ils avaient pu se crever les yeux pour entrer ils
l'auraient fait. A la place, je regardais le toit, comme si je
flottais au dessus de tout ça. C'est étonnant comme le cerveau
humain peut interpréter une même situation sous des angles
différents. D'ordinaire j'aurais été là à ronger mon frein comme
tous les autres. Mais savoir que c'est la dernière fois change tout.
Il y aurait eu une guillotine au bout, j'aurais été content tout
pareil! Aujourd'hui j'ai dû vider mon sac bien rangé à cause d'une
préposée aux contrôles trop zélée qui est restée bloquée sur
mon brûleur de réchaud et qui a dû demander du renfort à une
responsable qui a tournicoté l'engin sous tous les angles pendant
que je leur disais que je ne voyais pas comment je pourrais détourner
un avion avec ça ! Ça m'a pris un bon quart d'heure à ranger
et au lieu d'excuses, j'ai eu droit à un « voilà ce qui
arrive avec les sacs fourre-tout, c'est pas pratique ». Et elle
elle s'est vue, elle se croit pratique peut être ?
En tout cas me voilà
dans l'avion pour Kuala Lumpur et c'est bien le principal. J'aurais
bien fait une halte pour sauter à Koh Tarutao mais je crois avoir
trouvé un petit paradis sauvage similaire en Australie, sur l'île
de Hinchinbook. Mais je n'en dis pas plus, vous verrez d'ici peu...
si je ne me fais pas dévorer par un crocodile avant ! Les
avions c'est bien sauf qu'on ne sait jamais où l'on est ni quelle
heure il est. Je me sens perdu dans un vide spatio-temporel. Ils nous
ont obligé à fermer les volets dès 14 heures, sans doute espérant
ainsi que notre arrivée matinale en Malaisie nous trouve pimpants.
Mais qui peut avoir envie de dormir à 14 heures ? Depuis je
suis dans le noir, à me tortiller sur un siège à attendre que ça
passe. Seulement 8 heures depuis le départ. 20H57 en France, ici je
ne sais pas et en Malaisie non plus. Tout à l'heure j'ai fait un
tour à l'arrière et j'ai aperçu à travers un hublot givré des
lumières qui scintillaient en dessous. Une ville qui vit sa vie, je
ne fais que passer, intrus invisible dans un monde qui n'est pas le
mien.
Je ne sais toujours pas si j'aime l'A380 ou non. Entre nous c'est un peu je t'aime moi non plus. Le seul avantage que je lui trouve c'est son isolation des bruits extérieurs. Pour la troisième fois que je le prends, je n'entends toujours pas les réacteurs, seul le souffle du vent qui vient caresser la carlingue pendant que nous fendons l'air. Ce qui permet de mieux entendre les gamins brailler... J'ai dû changer de place en raison d'une famille qui voyageait avec leur rejeton sur 6 genoux qui servaient de matelas pendant que la chose se contorsionnait sans que rien ne puisse la calmer. L'A380 c'est une usine à voyager. Un truc moderne, mais de masse, je crois que je préfère le petit coucou qui m'avait amené à Maupiti et son aéroport sans sol. On va dire que je me plains, mais je trouve que Malaysia Airlines ne mérite pas son classement dans les 5 meilleures compagnies au monde. Tous les films sont en anglais sans sous titre ou quand il y en a, c'est en Arabe ou Chinois. Ils auraient au moins pu mettre des sous titres anglais, ça ne coûtait pas plus cher. Du coup j'ai dû me rabattre sur les deux seuls films sous titrés en anglais de la sélection : un film français et un film espagnol. Et les boissons, une grande première : de l'eau du robinet, et pas n'importe laquelle, celle de Paris, vous savez, celle que d'autres ont bu trois fois déjà avant vous. Je la reconnais entre mille avec son goût subtil et délicat. En en-cas on a eu aussi droit à une boîte à malice avec des biscuits sucrés avec un arrière goût de marée, des cacahuètes reconstituées en forme de smarties vertes, rouges ou bleues ainsi qu'un petit sachet de fruits secs qui étaient en fait du poisson séché ! Mais c'est pas grave, y a qu'à dormir. Sauf que quand ça ne veut pas venir, ça ne vient pas. Surtout avec deux femmes derrière qui parlent fort sans une seconde de répit et qui exaspèrent tout le monde avec leurs « moi je » et leurs histoires de bureau, à croire que sans travail on n'a plus rien à dire. La preuve ! Bon, on verra dans quel état je serai en arrivant à Brisbane. Mais ce n'est pas pour tout de suite, je vais remettre mon casque pour me remettre dans ma bulle...
Je ne sais toujours pas si j'aime l'A380 ou non. Entre nous c'est un peu je t'aime moi non plus. Le seul avantage que je lui trouve c'est son isolation des bruits extérieurs. Pour la troisième fois que je le prends, je n'entends toujours pas les réacteurs, seul le souffle du vent qui vient caresser la carlingue pendant que nous fendons l'air. Ce qui permet de mieux entendre les gamins brailler... J'ai dû changer de place en raison d'une famille qui voyageait avec leur rejeton sur 6 genoux qui servaient de matelas pendant que la chose se contorsionnait sans que rien ne puisse la calmer. L'A380 c'est une usine à voyager. Un truc moderne, mais de masse, je crois que je préfère le petit coucou qui m'avait amené à Maupiti et son aéroport sans sol. On va dire que je me plains, mais je trouve que Malaysia Airlines ne mérite pas son classement dans les 5 meilleures compagnies au monde. Tous les films sont en anglais sans sous titre ou quand il y en a, c'est en Arabe ou Chinois. Ils auraient au moins pu mettre des sous titres anglais, ça ne coûtait pas plus cher. Du coup j'ai dû me rabattre sur les deux seuls films sous titrés en anglais de la sélection : un film français et un film espagnol. Et les boissons, une grande première : de l'eau du robinet, et pas n'importe laquelle, celle de Paris, vous savez, celle que d'autres ont bu trois fois déjà avant vous. Je la reconnais entre mille avec son goût subtil et délicat. En en-cas on a eu aussi droit à une boîte à malice avec des biscuits sucrés avec un arrière goût de marée, des cacahuètes reconstituées en forme de smarties vertes, rouges ou bleues ainsi qu'un petit sachet de fruits secs qui étaient en fait du poisson séché ! Mais c'est pas grave, y a qu'à dormir. Sauf que quand ça ne veut pas venir, ça ne vient pas. Surtout avec deux femmes derrière qui parlent fort sans une seconde de répit et qui exaspèrent tout le monde avec leurs « moi je » et leurs histoires de bureau, à croire que sans travail on n'a plus rien à dire. La preuve ! Bon, on verra dans quel état je serai en arrivant à Brisbane. Mais ce n'est pas pour tout de suite, je vais remettre mon casque pour me remettre dans ma bulle...

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