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mercredi 23 octobre 2013

Paluma Range National Park

Paluma Range National Park

La vie sur Magnetic Island continue la nuit. Après le dîner, alors que j'allais me laver les dents, j'ai croisé un animal sur lequel j'ai failli trébucher et que j'ai encore eu un temps dans le pattes. Un chat apparemment. C'est bizarre car je n'ai encore vu aucun chat. Les australiens lui préfèrent le chien. Ça fait plus conquérant, plus sportif. Pour en avoir le cœur net j'ai pressé le pas de manière à m'armer de l'appareil photo qui ne devrait jamais me quitter, quand bien même je suis dans le jardin d'une auberge de jeunesse. L'aventure peut arriver n'importe quand et n'importe où et c'est bien souvent quand on ne l'attend pas qu'elle se manifeste. J'ai eu quelques soucis pour faire la mise au point dans le noir, aussi je suis passé à la mise au point manuelle, évaluant à peu près la distance me séparant de la créature de la nuit. 
Je lui ai tiré le portrait, à plusieurs reprises jusqu'à avoir une photo nette et que la bestiole déguerpisse à moitié aveugle. Je pense que c'était un opossum. Il y en avait même un autre, tapi sous un bungalow, qui lui a sauté dessus pour qu'il déguerpisse au milieu de vociférations. Derrière une plante, il y avait encore l'échassier qui avançait en ondulant, fendant la nuit d'un trait dont lui seul doit savoir où il mène. Sur le terrain de camping, c'était des wallabys occupés à brouter l'herbe bien fraîche. Ils sont malins, pendant qu'au bar il y a encore une animation, un jeu de questions-réponses, ils savent qu'il ont la voie libre pour quelques heures avant que les gens rentrent dormir à leur bungalow.
J'ai bien dormi dans ma case. Je n'ai même pas entendu arriver mon voisin de chambre que je n'aurais vu que dormir quand je me suis levé. 
Au revoir Magnetic Island
Finalement je ne vais pas faire le déjeuner avec les koalas. C'est dommage mais j'ai un parc national à visiter, à 60 km au nord de Townsville. Ma maman qui lit mon blog et admire les parcs nationaux où je vais m'incite à en visiter encore plus pour montrer de nouvelles photos et de nouvelles trouvailles. Pendant que j'attendais le bus pour me ramener au ferry, je lisais le Lonely Planet. J'aurais dû le compulser avant car ils disent que les meilleures chances d'observation des koalas sur Magnetic Island se trouvent à The Fort, vous vous rappelez, le point de vue avec une ruine en haut fermé à la visite pour cause de travaux. Peut être aurais je dû persévérer hier. Il y avait aussi un jeune à qui on avait mis un T-shirt Bungalow Bay (le nom de l'auberge de jeunesse). Apparemment un volontaire qui était suivi par une coach. 
Rock slides
Ça n'a pas l'air très sorcier et on ne sentait pas le bougre pressé ni stressé, plutôt cool mais quand même efficace (l'un n'empêche pas l'autre). Ses tâches matinales consistaient à nettoyer la piscine avec une épuisette, passer les promenades au jet et mettre en route les arrosages des pelouses. Si c'est tout ce qu'il faut faire et savoir faire pour avoir le gîte et le couvert, je veux bien m'inscrire. Ça me reposerait les méninges et les nerfs.
J'ai dit au revoir à Maggie du haut du pont supérieur du bateau. Cette fois j'étais quasiment tout seul, les gens ayant préféré rester en bas dans la cabine climatisée, sans doute déjà blasés de l'île. Lors de toute excursion vous remarquerez qu'au début tout le monde est excité et se marcherait dessus pour prendre une photo tandis qu'au retour, les gens pioncent en roulant des yeux, un filet de bave sur le T-shirt. 
C'est systématique, quelque soit la destination, polaire comme tropicale. Moi je m'adapte. Tout dépend de le lumière et de l'ambiance qu'il y a à capter. Si je ne sens pas la scène, je m'abstiens car je sais que la photo sera ratée.
A Townsville j'ai fait le plein d'essence et de victuailles en prévision de mon trek de demain à Hinchinbrook. 5 jours, 32 kilomètres et 4 nuits sous tente sur cette île comprise en intégralité dans un parc national. Nous ne serons qu'un maximum de 40 personnes habilitées à marcher le long du Thorsborne trail. Je dois rationaliser mes provisions alimentaires, pour n'avoir que les choses les plus légères à transporter. Quand on part pour une randonnée de 5 jours, le moindre gramme sur les épaules compte. 
Big Crystal creek
Sans compter qu'il faut ajouter à ça la tente, le matelas, la popote, les bazars électroniques. Seul truc, il paraît que sur l'île il y a de l'eau au niveau des campements. C'est ce que dit le guide. Sinon on peut boire le long des nombreux cours d'eau que l'on franchit, cours d'eau qui peuvent être à sec selon la saison, sinon il vaut mieux traiter l'eau ou la faire bouillir. Vue la sécheresse qui sévit, pas sûr que je trouve beaucoup d'eau. Espérons que c'est bien entretenu et que les rangers remplissent les citernes régulièrement. Sinon ça va être la catastrophe. Je ne pourrai même pas manger, vu que tout ce que je vais prendre est lyophilisé ou sec. Cette randonnée a une renommé mondiale, aussi je pense que tout le nécessaire a été fait. Les australiens ne plaisantent pas avec la sécurité. Ils avertissent en permanence des dangers, chaque sentier de randonnée a un pictogramme qui détermine son niveau de difficulté et dès qu'un danger apparaît, ne serait ce qu'infime, un panneau est là pour prévenir.
Je suis arrivé à Paluma Range National park par l'entrée qui permet d'accéder à Big Crystal Creek. C'est une vallée avec une belle rivière dans laquelle on peut se baigner, celle ci formant de nombreux bassins tout le long de son parcours. L'endroit est constamment plongé dans les nuages, la vallée conduisant au Mont Spec qui culmine à 1000 mètres d’altitude et où il pleut toujours. D’ailleurs de Townsville on voit bien que le temps change en remontant vers le nord alors que le beau temps demeure le long de la côte. Un peu plus loin se trouvent les Slide Rocks, un endroit dans la rivière où les rochers ont formé de larges cuvettes dans lesquelles l'eau s'engage comme sur un toboggan. Il y avait à cet endroit 3 jeunes qui s'en donnaient à cœur joie, glissant dans le cours d'eau avec leur Gopro à la main, à plat ventre ou sur le dos. 
Big Crystal creek
On trouve également des trous d'eau d'où l'on peut se jeter de rochers à des niveaux plus ou moins hauts. L'un des jeunes m'a invité à sauter. Poule mouillée, j'ai décliné l'invitation. C’est plus de mon âge. Surtout, je n'ai pas envie de m'étriper ou d’exploser le dos. J'ai fait mon vieux, prenant des photos. C'est un peu frustrant. J'aurais aimé avoir leur entrain et leur dynamisme et moi aussi m’enivrer des rapides et de leurs jeux. A la place je suis allé me baigner, plongeant sous la cascade en buvant à moitié la tasse.
Le reste de la journée, je l'ai passée à faire batracien. Tout le temps dans l'eau. La jungle ça change de la mer et la baignade est toute aussi bonne, sinon plus. Ici pas de risque de se faire piquer par une méduse, on a de l'ombre à volonté et pas de sel à se débarrasser sur la peau. 
Jourama falls
Je n'ai donc pas eu l'impression d'avoir raté une journée de plage. Au contraire. Je profite bien de tout ce que le Queensalnd a à offrir. Et je ne suis pas le seul, au niveau de Big Crystal Creek, c'est rempli de gens qui sautent dans l'eau. En majorité des campervans. J'en vois énormément. J'avais hésité à en louer un mais avec la chaleur des nuits tropicales je ne me voyais pas dormir dans un fourgon sans pourvoir laisser une vitre ouverte à cause des insectes.
Pour ce soir, j'ai réservé au camping de Jourama Falls, situé un peu plus loin dans le parc, ce qui me permet de me rapprocher de Cardwell, point de départ pour le bateau demain. On y arrive en traversant en voiture la rivière à deux reprises. Par chance le niveau est bas sinon on ne pourrait pas passer. Des poteaux indiquent la hauteur d'eau qui peut monter à deux mètres. La rivière passe sous une végétation dense qui vient lécher sa surface, avec des ponts de liane. L’archétype de la rivière tropicale. 
Pour arriver aux cascades, ils faut prendre un sentier qui passe dans la jungle remplie de chants d'oiseaux de toute nature, dont certains sont plus proches du bruit des engins de chantier que d'une doux concerto. Je suis tout seul dans cette partie du parc. Il faut dire qu'il se fait déjà tard. La balade n'en est que plus appréciable. Je vous laisse découvrir ce qu'on y trouve :
« Walk through open woodland alongsideWaterview Creek and catch glimpses of large boulders and cool pools. Descend into the broad, rocky creek and feel the cool, damp air of the rainforest. The wide creek swells and floods in the wet season. Look for debris trapped in the branches to see how high the water rises. Beyond the creek, as you begin to steep climb towards the lookout, notice the sudden change in vegetation and warmer temperature. The open canopy and sparse understorey is characteristic of open woodland, and home to the endangered mahogany glider. Dark green cycads and smooth, white poplar gums are common as the track continues uphill to the lookout.
The falls, a series of cascades disappearing into deep pools, zig zag their way down the rocky slope. From the lookoutyou cannot see the higher slopes of the Seaview Range, so the falls appear to come from nowhere. Water flows over the falls most of the year due to misty rain in the tropical mountains. At the bottom of the hill, cross the creek to return to the startof the track, or take the path to one of the many rock pools further upstream. Weeping bottlebrushes growing in the sandy creek bed are food for the spectacular Ulysses butterfly. Look for flashes of blue among the foliage as they sip nectar from the bright red flowers. Cycads are aubundant in both open woodland and rainforest. They are living relicts from the dinosaur era when they were an important food source for prehistoric animals. »
Justement j'en ai vu un de ces papillons bleus ! Ils sont impossibles à prendre en photo car ils virevoltent tout le temps et seule la face intérieure de leurs ailes est pourvue d'un bleu électrique. Quand ils volent, ils font des flashs comme un clignotant. Dans la jungle il fait très chaud et humide et contrairement au littoral, il n'y a pas un souffle de vent pour venir rafraîchir un peu l’atmosphère. A 17:44, il faisait encore 33 degrés. Seulement à une demie heure de la nuit. Et en France, il fait combien ?





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