D’ordinaire je ne dors
jamais dans l'avion, mais là j'ai été réveillé par l'odeur du
dîner. Nous survolons actuellement l'Outback, au niveau d'Alice
Springs et l'arrivée à Brisbane est prévue d'ici deux petites
heures. Nous venons de dépasser Auvergne, un bled qui donne bien
l'envie de visiter... Sur la carte sur la côte ouest se dessine
Batavia. J'ignore si elle est jumelée avec Scarole ! Donc le
dîner est servi. Mon ordinateur qui est toujours à l'heure
française indique 10:05. Tout va bien, je suis sûr que mon
organisme suit de lui même ! Tiens ils viennent à la fin du
repas de m'apporter un esquimau. Ils se rattrapent par rapport au vol
de l'A380. L'inconvénient de voyager avec des australiens c'est que
les volets sont fermés, ou quand ils s'ouvrent c'est pour constater
qu'il fait encore jour et ils se referment aussitôt. Tout le monde
en a rien à foutre de voir le sol rouge qui doit se dessiner en
contrebas. Et comme j'ai une place couloir, tant pis, je fais appel à
mes souvenirs d'Uluru et j'y suis. Quand même, je me dis que c'est
un bien long voyage pour aller voir des kangourous et des koalas !
J'aurais plus vite fait d'aller dans un zoo.
La traditionnelle carte
aux cases trop petites est de retour. Il a fallu donner son numéro
de téléphone, que je ne connais pas. Comme il est au fond d'un sac
là haut dans le coffre, j'ai indiqué un ancien dont je me
souvenais. S'il n'y avait que ça. Il fallait aussi déclarer si on
se trimbalait du sol ou des articles souillés comme des équipements
récréatifs et des chaussures. Drôle de question, je ne suis pas
sûr que tout le monde soit des vas nus pieds. Du coup j'ai dit que
non ; avec ma tente qui ne doit avoir que quelques grains de
sable, je n'ai pas envie de subir une inspection interminable,
d'autant plus que la tente contient dans son sac toute la nourriture
lyophilisée pour le voyage. Un beau bazar à défaire encore. Au
pire je ferai l'innocent, en jouant sur les mots du fait que ma tente
est propre. Et puis je n'ai pas trop à me forcer pour avoir l'air
innocent, ça marchera à coup sûr ! En attendant, me voilà un
délinquant avant même d'avoir posé un pied en Australie. Espérons
qu'il seront plus indulgents qu'en arrivant à Kuala Lumpur où à la
place d'un bienvenue nous avons été accueilli d'un «Le trafic de
drogue est un crime en Malaisie et peut entraîner la peine de
mort ».

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