Pages

Translate

mercredi 12 novembre 2014

San Francisco : Mission & Castro

Ce matin, je suis redescendu de mon parc national pour compléter la boucle que je n'avais pas terminée hier. Le hasard des rues m'a conduit à Alamo Square. C'est un petit parc où les habitants viennent faire promener leurs chiens et d'où l'on jouit d'une vue sur le quartier d'affaires devant lequel se tient le City Hall avec son dôme doré. Les maisons qui entourent le parc ont des couleurs vives et toutes sortes d'architectures coexistent, depuis la maison en bois à ces fameux immeubles avec leurs escaliers extérieurs. Les habitants de San Francisco adorent les chiens. Ceux qui en ont ne se satisfont pas d'un seul mais s'affichent avec des dizaines de chiens qui les tirent comme sur un traîneau. 
Au début j'ai cru que c'était des gens chargés de faire promener les chiens de leurs propriétaires pendant leur travail, mais non. Sur Market Street on ne trouve rien pour se rassasier en dehors du Safeway, par contre les chiens ont leur supermarché qui a pignon sur rue. Les parcs ont tous des enclos pour chiens, où des centaines socialisent en se courant après ou se reniflant le derrière. Par contre les propriétaires sont éduqués. Aucune crotte ne traîne sur les trottoirs ou dans les parcs. Dès qu'un chien fait ses besoins, le maître ramasse derrière. Une habitude que bon nombre de nos citadins devrait imiter.
A l'est du quartier de Mission se trouve celui de SoMa, encadré au nord par Market Street ce qui lui vaut son nom (South Market). 
C'est un coin connu pour ses galeries d'art et c'est là que se tient le San Francisco Museum of Modern Art, à l'intersection de la 3e rue. Cela peut sembler étrange de ne pas donner de nom aux rues mais une fois qu'on a compris le système, c'est bien plus facile pour se repérer, il n'y a qu'à compter. C'est comme pour les routes, les directions sont toujours affichées avec le numéro de la route suivi du point cardinal emprunté. Là encore, si on sait le numéro de route à prendre, on ne peut pas partir sur une mauvaise direction. Ce n'est pas comme en Europe où sont affichés les noms de villes qui, si on ne les connaît pas, n'aident pas à trouver son chemin et embrouillent plus qu'autre chose.
De par sa position trop proche du quartier d'affaires, le musée à l’architecture si particulière est inaccessible en voiture. Ce sont des bouchons, des boulevards à sens unique où il est interdit de tourner et de stationner et où les gens sont pressés et vous klaxonnent au derrière si vous voulez tenter d'apercevoir la façade du musée. Dans ces conditions, après avoir fait le tour du pâté de maisons, je suis reparti vers l'ouest, en direction de Mission Dolores. En chemin on trouve des pans entiers de buildings qui ont donné lieu à des fresques murales dont on dirait aujourd'hui que ce sont des graffitis. Mais plus que ça, ce sont des vraies œuvres d'art à ciel ouvert, pleines de couleurs. 
Mission Dolores est en fait une église. Elle fut construite avec l'arrivée des premiers européens en juin 1776, menés par le capitaine Juan Bautista de Anza et le Père Francisco Palou. Ils construisirent Misión San Francisco de Asís qui devint ensuite Mission Dolores. C'est le plus vieil édifice de San Francisco qui a donné son nom au quartier et à une des artères principales qui passe par là.
Juste un peu plus loin on rentre dans le quartier de Castro, dominé par une colline et des rochers en haut de Buena Vista Park. Castro est le nom d'un cinéma, le plus grand de la ville, ouvert en1922. C'est aussi le cœur du quartier gay qui paraît-il s'anime la nuit venue et plutôt les week-ends. 
Je n'aurai rien vu des drag-queens et autres moustachus tout de cuir vêtu façon Village People qui ont toujours la côte par ici. En plein milieu d'un rond point face au cinéma se trouve un rainbow flag géant, en berne pour cause de manque de vent. Au moins pour ceux qui seraient perdus, on sait que c’est là ! N’ayant rien à me mettre sous la dent question photo, je suis monté en haut de la colline de Buena Vista Park qui permet de bénéficier d'une vue sur la moitié de la ville, avec le quartier d'affaires au loin qui masque la baie et le pont qui mène vers Oakland. En terme de vue, c'est certainement ici qu'on a la meilleure vue panoramique.


San Francisco est une ville avec pleins de câbles électriques et téléphoniques enchevêtrés qui zèbrent le ciel. Si on ajoute à ça les câbles des tramways, on a affaire à une vraie pelote de laine. Au début je cherchais des angles qui permettent de s'affranchir de ces fils que je trouvais disgracieux. En vain. Avant que je comprenne qu'ils font partie du charme de la ville. Tout comme les camions de pompiers qui surgissent constamment toute sirène hurlante. Ils sont magnifiques, d'une couleur rouge rubis avec des inscriptions dorées et pleins de chromes rutilants et lustrés. J'ai eu du mal à en prendre un en photo tellement ils sont fugaces, jusqu'à ce que j'en rencontre un stationné devant une caserne.
Côté vie pratique, à une journée en ville se pose vite la question de la pause technique que j'appréhendais un peu. Je me voyais arpenter les fast foods qu'il n'y a pas beaucoup. On ne trouve pas plus de toilettes publiques. Par contre il y a des cabines en plastique vert, celles des travailleurs de la voirie, disposées un peu partout et en accès libre. Elles sont relativement propres si l'on fait abstraction des toiles d'araignée dans les angles. Ce sont des trucs de la taille d'un bonhomme mais qui suffit pour ce qu'on a à y faire. Elles sont inspectées et nettoyées une fois par semaine et un papier indique quand il y a eu la dernière vidange. 
Car ce sont des toilettes chimiques. Une cuvette avec de l'eau bleue au fond qui a tôt fait d'être remplie. Il y a un métier pour ça : videur de chiottes. Faut-il une lettre de motivation pour postuler ? Tandis que j'étais occupé à me soulager, j'ai entendu un bruit sourd. En sortant bien vite, j'ai constaté qu'un agent était en train d'enlever les cales pour transporter la chiotte ailleurs avec moi dedans. Il était tout étonné que quelqu'un sorte de là. Heureusement que c'était pour une affaire courante sinon dans le délai j'aurais pu traverser ainsi la ville, le pantalon aux chevilles, incognito dans ma papa-mobile.
A l'ouest de Castro s'étend le parc immense de Golden Gate Park qui traverse la moitié de la ville jusqu'à l'océan. 
C'est une oasis au milieu de la ville, avec pelouses, séquoias, étangs et jardins. On y trouve un jardin japonais, un jardin botanique et le Conservatory of Flowers, plein d'orchidées, de lotus et de plantes carnivores. Tout pousse dans le coin avec le climat particulier de San Francisco, depuis des herbes d'Afrique du Sud, jusqu'aux cactus mexicains, en passant par les magnolias, les palmiers, les bougainvillées et les plantes méditerranéennes. Côté faune, il y a même un enclos avec des bisons. Le parc s'achève avec l'océan, face à une plage qui courre sur des kilomètres, encadré par deux vieux moulins à vent. Faute de temps, je n'ai pas eu loisir de tout explorer. Il faudra que je revienne un autre jour, à une autre occasion. Car demain je quitte la ville, avec la pluie qui va débarquer, vers une destination qui s'est imposée naturellement au fil des jours.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...