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lundi 10 novembre 2014

San Francisco : Presidio

L'arrivée par le nord offre l'avantage d'arriver à San Francisco par l'emblématique Golden Bridge. C'est un pont suspendu de plus de 3 kilomètres qui fut construit en 1933 et fini en 1937. Il représente la construction la plus haute qui soit à l'ouest de New York et est devenu l'emblème de San Francisco. Seulement voilà, le brouillard est toujours de mise et je n'en aurais pas vu grand chose, les piliers au dessus ou en dessous étant dans les nuages. Pour la baie c'est pareil, je me sens comme dans un avion dans les nuages. C’est un peu décevant mais pas très étonnant, le brouillard étant fréquent à San Francisco et amenant pas moins de 4 millions de litres d'eau qui transitent sous forme de brouillard au dessus du pont chaque jour. 
Ma voiture garée à droite
Le pont se termine avec un poste de péage qui n'a aucune barrière. Impossible de payer, le prélèvement de 7 dollars se fait automatiquement. Sans doute avec la plaque d'immatriculation. J'espère que cela ne va pas m'occasionner de frais supplémentaires avec la voiture de location, car normalement, toute redevance de péage est soumise à des frais élevés, plus le paiement de la taxe. Ce n'est pas bien juste, vu que je n'avais pas moyen de régler la somme sur le coup.
J'ai choisi de sortir en suivant la Highway 1 qui passe en plein de cœur de Presidio. C'est un district très vert, avec des bois et des collines qui ne donnent pas l'impression d'être en ville. 
Il n'y a pas d’habitation hormis des complexes militaires et policiers qui ont élu domicile dans cette partie de San Francico qui abrita jadis un fort espagnol fondé en 1776. En 1861 le fort fut consolidé, agrandi et doté de 126 canon rutilants ceci afin de protéger la baie d'envahisseurs qui ne vinrent jamais. Pas un seul boulet ne fut tiré et au début des années 1900 le fort fut abandonné à son sort. Il fut à nouveau mis en avant quand Alfred Hitchcock en fit une scène majeure du film Vertigo, lorsque Kim Novak dérape du point de vue pour se jeter dans la baie. Depuis, Presidio fait partie d'un parc national que je ne m'attendais pas à trouver en pleine ville. 
A ce titre il dispose d'un terrain de camping où l'on peut planter sa tente librement dans les bois, au sommet d'une colline qui domine l'océan. Il faut demander un permis au centre des visiteurs. J'étais prêt à en demander un mais le tarif demandé est prohibitif. Compter 125 dollars la nuit, ce qui ne rebute apparemment pas les gens tant les tentes sont nombreuses sur le camp. Je suppose que le permis est valable pour un emplacement qui peut accueillir plusieurs personnes sinon autant aller à l'hôtel. Enfin, question hôtel, les premiers bouis-bouis commencent à 40 euros, des trucs avec des matelas imbibés de pisse encore humide (d'après des avis lus sur internet). 
Les auberges de jeunesse sont prises d’assaut et il ne reste plus que des dortoirs à 24 lits. Des usines à sommeil dont je me suis abstenu. Pour les motels, le prix plancher est à 50 euros la nuit, si l'on peut y dormir tant ils sont vétustes et mal insonorisés. Si l'on veut du convenable il faut aligner plusieurs centaines de dollars. Il y a quelques campings qui accueillent caravanes et campings-cars au sud de la ville. Là encore, il faut faire avec des tarifs délirants et débourser 89 dollars pour avoir le droit d'y stationner. C'est le ticket d'entrée pour San Francisco. Si l'on vient là c'est qu'on a les moyens. Ou qu'on ne les a pas... 
Les rues sont pleines de SDF qui poussent des chariots de supermarché ou des valises à roulette. La nuit venue leur nombre augmente. Ils traversent la rue sans faire gaffe, le regard ailleurs avec un sourire dément, sous l'emprise de crack ou d'autres drogues. On les voit aussi en bande sur les trottoirs de rues sombres où l'on n'a pas trop envie de se garer.
A Presidio il y a plusieurs plages que l'on peut rejoindre en descendant la falaise par des sentiers pleins de marches. Je suis allé voir s'il y avait des phoques, je n'y ai trouvé que des mouettes et d'autres volatiles flottant sur la surface des vagues avant de plonger à la recherche d'un poisson à se mettre sous le bec. 
Là encore sur la plage on trouve des clodos qui dorment sur le sable malgré le froid et le vent furieux. On a une très belle vue sur le Golden Bridge depuis ces plages. Je me demandais où dormir ce soir mais le coin de Presidio du fait de son statut préservé est plein de routes dont certaines se terminent en cul de sac au niveau de batteries. Sinon il y a des parkings gratuits en nombre. C'est dans Fort Scott que j'ai trouvé refuge, garé sous des eucalyptus qui sentent bon. Je n'ai eu aucun bruit de la nuit. Si je m'attendais à ce que ce soit aussi simple de dormir dans sa voiture à San Francisco !

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