![]() |
| Gingilos, 1980 mètres, en haut de Samaria |
![]() |
| Panorama du bus pour Omalos |
Il y avait beaucoup moins
de monde à prendre le bus ce soir que la dernière fois quand je
suis allé à Chania.
Du coup le départ a été plus rapide. Ils ont
rassemblé dès le départ tous ceux partant pour Omalos dans le même
bus. Plus pratique que de faire un transfert en pleine montagne dans
un virage dangereux. Le bus c'est bien. Si l'on n'est pas pressé
c'est l'idéal. On est en hauteur et on peut à loisir contempler le
paysage sans avoir à se préoccuper de la vitesse, des radars, des
flics embusqués et à passer les vitesses. En plus c'est économique.
Le prix du ticket pour Omalos doit couvrir le prix que j'aurais dû
payer en voiture rien que pour l'essence. Avec le soleil qui
s’apprêtait à se coucher le paysage état comme transformé.
Jamais je ne suis passé par là à cette heure là. La campagne est
flamboyante. J'ai l'impression de traverser un tableau, avec des
oliviers au milieu des jeunets, des prés de blé jauni, des
biquettes qui broutent à moitié dans le vide avec tout un tas de
petites chapelles blanches suspendues.
En partant de Sougia j'ai
fait le plein de provisions pour tenir 3 jours. J'ai tout mis dans le
sac à dos où se trouve le matelas, le sac de couchage et la moitié
de la tente. Le reste des affaires est dans un petit sac à dos que
je porte sur la poitrine afin d'alléger le dos. Ce n'est pas très
confortable et les bretelles glissent souvent mais ainsi j'ai la
sensation de porter plus léger. J'ai deux bouteilles d'eau dont
l'une vide. Je me suis bien renseigné, il y a un refuge à 1h30 de
marche de là où le bus laisse les randonneurs à Omalos. On peut y
boire, y manger, dormir et même prendre une douche. Je compléterai
donc l'autre bouteille d'eau demain. C'est le dernier endroit où
l'on trouve de l'eau avant une longue marche.
![]() |
| Plateau d'Omalos |
![]() |
| Crapaudine |
Le bus laisse à Omalos
au niveau de Xyloskalo, point de départ pour la gorge de Samaria. Il
suffit juste de descendre de là jusqu'à la mer. L'endroit est
dominé par le mont Gingilos d'où part la gorge. Il était 20 heures
quand je suis arrivé à Xyloskalo. Tous les autres se sont
disséminés pour rejoindre les quelques pensions afin d'être les
premiers à partir demain pour Samaria. Pour moi le programme est un
peu différent. Au lieu de descendre dans la gorge, je dois monter en
allant vers l'est. Mais avant j'ai fait un saut dans la cafeteria
pour acheter un sandwich. Mon but était de dîner au refuge mais vue
l'heure tardive, je risque d'y arriver de nuit, aussi je serai
contraint de m'arrêter avant.
Le temps presse. Je dois trouver un
endroit où planter la tente mais surtout j'aimerais avoir un point
de vue qui me permette d’apercevoir les Lefka Ori que je voudrais
photographier au coucher du soleil. Pour l'instant je n'ai une vue
que sur le Gingilos et le plateau d'Omalos avec en ligne de mire le
soleil qui s'apprête à se coucher. Ça grimpe sec et l'endroit est
peuplé de brebis avec clochettes qui ne cessent de bêler pour
appeler leurs congénères qui se sont enfuies en mode panique sur
mon passage. Je me vois mal dormir là, dans ce concert de
clochettes. J'ai déjà connu ça une fois l'an dernier avec une
brebis insomniaque dans un château en ruine en haut de la gorge de
Trypiti, je n'avais pas pu fermer l’œil. Chat échaudé craint
l'eau froide.
![]() |
| Le soleil se couche déjà et je ne sais pas où aller |
Le chemin rejoint une
piste pour pick-up de bergers qui fait de grands virages au lieu de
grimper en haut du col. A ce rythme je vais devoir dormir avec les
biquettes. J'aimerais passer de l'autre côté du versant, derrière
une clôture et donc de l'autre côté des biquettes. Surprise :
en arrivant en haut, le refuge se dresse là comme un phare, à 1680
mètres d'altitude. Que faire ? Si je poursuis pour trouver un
terrain pour la tente, ça m'obligera demain à faire demi tour pour
chercher de l'eau. Il y avait de la lumière et le ron-ron du groupe
électrogène. C'est comme ci un havre bienfaisant me tendait les
bras. Les refuges portent bien leur nom. Plutôt que d'essayer de
dormir dehors dans le froid qui n'allait pas tarder à surgir avec la
disparition du soleil, j'ai décidé d'y passer la nuit.
A l'entrée on est prié
de laissé ses grolles dans un sas. Après on pénètre dans une
grande pièce qui sent bon le feu de bois avec des skis suspendus au
mur et des photos de montagnes enneigées ou au coucher du soleil. De
large tables en bois prennent place autour de grandes banquettes
oranges. Christophos est là. Il me parle en grec, pensant me
connaître. La barbe sans doute, je fais couleur locale ! Je lui
demande si je peux passer la nuit là. Pas de problème, il m'amène
à un dortoir de 4 où je suis le seul avec de grosses couettes où
je vais être bien au chaud. Il y a deux femmes aussi, des françaises
qui ont un autre dortoir. Et c'est tout. On est trois pour un refuge
qui peut contenir bien plus de personnes. Du coup on est comme chez
soi. Je me suis commandé une bonne soupe de lentilles avec une bière
pour compléter mon sandwich. Et devinez quoi, le lit est à 12
euros. A ce prix, pourquoi dormir dehors. Je vais être comme un coq
en patte et frais et dispo pour demain. A demain pour la suite de la
traversée des Lefka Ori !









Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire