Hier, destination Sfakia.
Ou comment contourner les Lefka Ori. Ça replonge trois semaines en
arrière quand je suis arrivé en Crète. Mais je ne rentre pas, je
refais un tour. Il me reste encore deux semaines ! Chic !
Il faudra un jour que je tente la descente des gorges d'Imbros qui
arrivent à Sfakia, Le bus y marque un arrêt. C'est une alternative
à Samaria, moins fréquentée et moins longue car la randonnée ne
nécessite que quelques heures contre 5 heures et 17 kilomètres pour
Samaria. La route qui descend le long de la gorge vers Sfakia est
toute en lacets. Le spectacle est toujours aussi impressionnant, je
ne m'en lasse jamais.
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| Sfakia |
C'est si haut et le bus est si près du vide
qu'on a l'impression d'être en avion. Et plus loin on voit Gavdos !
L'île n'a pas bougé, elle m’attend ! Par contre ils ont
changé les horaires du bateau. Il est désormais impossible de le
prendre au saut du bus, le bateau partant à 8h30. On est donc resté
à Sfakia pour la nuit, profitant de la journée pour aller à la
page d'Ilingas, à la sortie d'une gorge du même nom.
Le vent souffle à
nouveau très fort, cette fois de sud ouest. Il y a moins de vagues
que la fois de la tempête à Gavdos mais on ne tient pas sur la
plage. Bien que ce soient des galets, des bourrasques vous fouettent
le visage et tout s'envole. En fait depuis cette fameuse tempête
tout a bien changé.
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| Sarakiniko |
Il fait beaucoup moins chaud et le vent souffle
presque tous les jours, amenant quelques nuages avec lui. Je n'avais
encore jamais vu ça en Crète, tout se détraque. J'étais un peu
inquiet pour le bateau du lendemain. Heureusement le vent a faibli
dans la nuit de sorte qu'on a bien pu embarquer pour Gavdos. Ouf !
Cette fois le trajet est direct, pas d'arrêt à Loutro et Agia
Roumeli. C'est ça de gagné ! Du coup on est arrivé à Gavdos
vers 11 heures. Le bus nous attendait. 1,5 euros pour Sarakiniko. On
a une belle chambre chez Gertrude, juste derrière la plage. Elle
nous a gardé la dernière du bâtiment, comme je lui avais demandé.
J'avais repéré ça sur les photos.
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| Une autre boutique de souvenirs au milieu de nulle part! |
C'est la n°7, la mieux qu'ils
aient. C'est presque un bungalow indépendant. Il y a des fenêtres
sur trois côtés et de l'autre la salle de bain fait séparation
avec l'unité voisine qui de toute façon n'est pas louée. C'est
très bien.
De là on est parti pour
Agios Ioannis, question d'aller dire bonjour à Ioannis et la
serveuse blonde à qui j'avais promis de revenir. Ils étaient tout
contents de me voir. La serveuse n'arrêtait pas de sourire, elle m'a
serré dans ses bras en me faisant la bise. Elle me touchait l'épaule
chaque fois qu'elle passait près de moi en signe d'amitié. Elle m'a
demandé des nouvelles de Sébastien et nous a offert une bière.
Pour l'addition elle était en rupture de pièces, aussi on a un
crédit de 2 euros qu'il faudra honorer avant de quitter l'île.
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| Sarakiniko |
Comme quoi, il y a bien un problème de trésorerie sur cette île.
Quand tout se paye en liquide et avec des gens qui viennent de Crète
pour plusieurs semaines les poches pleines de billets, je me
demandais comment ils faisaient pour arriver à toujours rendre la
monnaie. Au fait pour l'anecdote, à Sfakia le distributeur était
hors service : plus de billets. J'avais bien fait de tirer de
l'argent à Chania. Conseil à ceux qui vont à Gavdos et voudraient
tirer de l'argent au dernier moment avant de prendre le bateau :
méfiance !
Avec le vent qui souffle,
impossible de rester sur la plage d'Agios Ioannis. On n'a même pas
essayé, on a tracé direct jusqu'à Lavrakas. Ça commence à faire
une petite trotte quand on vient déjà à pied depuis Sarakiniko.
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| Le salon de beauté |
Et
après un bain et une petite sieste à l'ombre d'un cyprès, j'ai
entraîné Pablo vers Pyrgos. Il ne se rappelait plus être déjà
allé sur cette plage, aussi je me devais de lui rafraîchir la
mémoire. Il y avait quelqu'un sur la plage. Il avait installé son
parasol pile là où j'avais l'habitude de me mettre. Un vrai
scandale ! En crapahutant un peu dans les rochers, on peut
s'enduire d'une poussière orangée, un genre de sable issu de
l'érosion de la falaise. Pablo s'en est enduit tandis que j'ai
direct filé au salon de beauté. Il y a un endroit où l'on trouve
un filon d'argile. Soudainement les strates oranges deviennent
vertes. La géologie s'en est donnée à cœur joie. Et entre deux
flaques il y a un rocher qui ressemble à un carrelage, tout vert.
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| Agios Ioannis depuis un village abandonné |
Il
devient extrêmement glissant une fois mouillé. Il suffit de
s'accroupir, de s'asperger d'un peu d'eau puisée dans la flaque
alimentée en permanence par la mer et de se saisir d'un morceau
d'argile qui n'attend que ça. Ensuite il faut s'en servir comme d'un
savon. Ce n'est pas plus compliqué que cela. On s'est ainsi passé
la pierre d'argile de mains en mains, en s'aidant pour s'en mettre
dans le dos. En séchant on est devenus tout verts et la peau tirait.
C'était presque impossible de marcher. On aurait dit deux
extraterrestres et l'autre personne sur la plage a dû bien rire en
nous voyant revenir. Un vrai soin qui en France vaudrait bien dans
les 50 euros. Ici c'est offert et c’est en plein air dans un cadre
somptueux. Ça fait partie des trésors cachés de Gavdos !
Après cette séance
bien-être, on est allé à la chapelle d'Agios Ioannis à travers
maquis, cyprès et autres arbustes qui vous éraflent au passage.
Pablo a fini en sang ! Car il n'y a pas de chemin pour grimper
là haut depuis Lavrakas. Il faut tracer d'instinct, en gardant la
chapelle en vue. Il y a quelques détours à faire pour éviter des
bosquets et des ravines mais on finit par y arriver. Je devrais me
reconvertir en guide de Gavdos. En fait c'est moi Gavdos Tours !
Il y avait quelqu'un là haut plongé en pleine méditation, assis en
tailleur face au soleil qui n'allait pas tarder à se coucher. Il ne
nous a même pas entendu arriver. Il faut dire que depuis la chapelle
le paysage est saisissant et vous transpose dans un monde de sérénité
qu'on a envie de laisser entrer en soi. Sans doute l'influence de la
chapelle. Pour la descente, c'est désormais « fingers in the
nose ». Depuis que j'ai découvert la voie, on arrive direct à
Agios Ioannis. Pour terminer la descente il suffit de se laisser
entraîner par la gravité depuis le haut d'une dune.








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