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dimanche 13 juillet 2014

Salon de beauté à Pyrgos

Hier, destination Sfakia. Ou comment contourner les Lefka Ori. Ça replonge trois semaines en arrière quand je suis arrivé en Crète. Mais je ne rentre pas, je refais un tour. Il me reste encore deux semaines ! Chic ! Il faudra un jour que je tente la descente des gorges d'Imbros qui arrivent à Sfakia, Le bus y marque un arrêt. C'est une alternative à Samaria, moins fréquentée et moins longue car la randonnée ne nécessite que quelques heures contre 5 heures et 17 kilomètres pour Samaria. La route qui descend le long de la gorge vers Sfakia est toute en lacets. Le spectacle est toujours aussi impressionnant, je ne m'en lasse jamais. 
Sfakia
C'est si haut et le bus est si près du vide qu'on a l'impression d'être en avion. Et plus loin on voit Gavdos ! L'île n'a pas bougé, elle m’attend ! Par contre ils ont changé les horaires du bateau. Il est désormais impossible de le prendre au saut du bus, le bateau partant à 8h30. On est donc resté à Sfakia pour la nuit, profitant de la journée pour aller à la page d'Ilingas, à la sortie d'une gorge du même nom.
Le vent souffle à nouveau très fort, cette fois de sud ouest. Il y a moins de vagues que la fois de la tempête à Gavdos mais on ne tient pas sur la plage. Bien que ce soient des galets, des bourrasques vous fouettent le visage et tout s'envole. En fait depuis cette fameuse tempête tout a bien changé. 
Sarakiniko
Il fait beaucoup moins chaud et le vent souffle presque tous les jours, amenant quelques nuages avec lui. Je n'avais encore jamais vu ça en Crète, tout se détraque. J'étais un peu inquiet pour le bateau du lendemain. Heureusement le vent a faibli dans la nuit de sorte qu'on a bien pu embarquer pour Gavdos. Ouf ! Cette fois le trajet est direct, pas d'arrêt à Loutro et Agia Roumeli. C'est ça de gagné ! Du coup on est arrivé à Gavdos vers 11 heures. Le bus nous attendait. 1,5 euros pour Sarakiniko. On a une belle chambre chez Gertrude, juste derrière la plage. Elle nous a gardé la dernière du bâtiment, comme je lui avais demandé. J'avais repéré ça sur les photos. 
Une autre boutique de souvenirs au milieu de nulle part!
C'est la n°7, la mieux qu'ils aient. C'est presque un bungalow indépendant. Il y a des fenêtres sur trois côtés et de l'autre la salle de bain fait séparation avec l'unité voisine qui de toute façon n'est pas louée. C'est très bien.
De là on est parti pour Agios Ioannis, question d'aller dire bonjour à Ioannis et la serveuse blonde à qui j'avais promis de revenir. Ils étaient tout contents de me voir. La serveuse n'arrêtait pas de sourire, elle m'a serré dans ses bras en me faisant la bise. Elle me touchait l'épaule chaque fois qu'elle passait près de moi en signe d'amitié. Elle m'a demandé des nouvelles de Sébastien et nous a offert une bière. Pour l'addition elle était en rupture de pièces, aussi on a un crédit de 2 euros qu'il faudra honorer avant de quitter l'île. 
Sarakiniko
Comme quoi, il y a bien un problème de trésorerie sur cette île. Quand tout se paye en liquide et avec des gens qui viennent de Crète pour plusieurs semaines les poches pleines de billets, je me demandais comment ils faisaient pour arriver à toujours rendre la monnaie. Au fait pour l'anecdote, à Sfakia le distributeur était hors service : plus de billets. J'avais bien fait de tirer de l'argent à Chania. Conseil à ceux qui vont à Gavdos et voudraient tirer de l'argent au dernier moment avant de prendre le bateau : méfiance !
Avec le vent qui souffle, impossible de rester sur la plage d'Agios Ioannis. On n'a même pas essayé, on a tracé direct jusqu'à Lavrakas. Ça commence à faire une petite trotte quand on vient déjà à pied depuis Sarakiniko. 
Le salon de beauté
Et après un bain et une petite sieste à l'ombre d'un cyprès, j'ai entraîné Pablo vers Pyrgos. Il ne se rappelait plus être déjà allé sur cette plage, aussi je me devais de lui rafraîchir la mémoire. Il y avait quelqu'un sur la plage. Il avait installé son parasol pile là où j'avais l'habitude de me mettre. Un vrai scandale ! En crapahutant un peu dans les rochers, on peut s'enduire d'une poussière orangée, un genre de sable issu de l'érosion de la falaise. Pablo s'en est enduit tandis que j'ai direct filé au salon de beauté. Il y a un endroit où l'on trouve un filon d'argile. Soudainement les strates oranges deviennent vertes. La géologie s'en est donnée à cœur joie. Et entre deux flaques il y a un rocher qui ressemble à un carrelage, tout vert. 
Agios Ioannis depuis un village abandonné
Il devient extrêmement glissant une fois mouillé. Il suffit de s'accroupir, de s'asperger d'un peu d'eau puisée dans la flaque alimentée en permanence par la mer et de se saisir d'un morceau d'argile qui n'attend que ça. Ensuite il faut s'en servir comme d'un savon. Ce n'est pas plus compliqué que cela. On s'est ainsi passé la pierre d'argile de mains en mains, en s'aidant pour s'en mettre dans le dos. En séchant on est devenus tout verts et la peau tirait. C'était presque impossible de marcher. On aurait dit deux extraterrestres et l'autre personne sur la plage a dû bien rire en nous voyant revenir. Un vrai soin qui en France vaudrait bien dans les 50 euros. Ici c'est offert et c’est en plein air dans un cadre somptueux. Ça fait partie des trésors cachés de Gavdos !
Après cette séance bien-être, on est allé à la chapelle d'Agios Ioannis à travers maquis, cyprès et autres arbustes qui vous éraflent au passage. Pablo a fini en sang ! Car il n'y a pas de chemin pour grimper là haut depuis Lavrakas. Il faut tracer d'instinct, en gardant la chapelle en vue. Il y a quelques détours à faire pour éviter des bosquets et des ravines mais on finit par y arriver. Je devrais me reconvertir en guide de Gavdos. En fait c'est moi Gavdos Tours ! Il y avait quelqu'un là haut plongé en pleine méditation, assis en tailleur face au soleil qui n'allait pas tarder à se coucher. Il ne nous a même pas entendu arriver. Il faut dire que depuis la chapelle le paysage est saisissant et vous transpose dans un monde de sérénité qu'on a envie de laisser entrer en soi. Sans doute l'influence de la chapelle. Pour la descente, c'est désormais « fingers in the nose ». Depuis que j'ai découvert la voie, on arrive direct à Agios Ioannis. Pour terminer la descente il suffit de se laisser entraîner par la gravité depuis le haut d'une dune.

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