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jeudi 17 juillet 2014

Retour au trou bleu

La pension où l'on est descendu est très bien. C'est une taverne, Pachnes, avec des chambres au premier étage auxquelles on accède par un escalier extérieur. L'établissement est situé à la sortie du village quand on va vers les gorges de Samaria. Après il n'y a plus rien à part les jardins potagers. On le trouve juste en bas de la montagne avec le château vénitien tout en haut. Je l'ai choisi en raison des critiques trouvées sur Tripadvisor. Et c’est en effet un excellent choix. Les chambres ont toutes été refaites à neuf. Il n'y en a que six dont trois qui jouissent d'une vue sur la mer par dessus un jardin abandonné. On a la chambre du milieu. 
Le propriétaire est adorable, serviable et toujours souriant. C’est un repère de randonneurs. Au rez de chaussée on trouve un salon de lecture avec plein de livres sur les Lefka Ori et de guides de voyage sur la Crète. Ou encore un petit livre sur les herbes aromatiques de Crète, leur origine, leur histoire et la manière de les accommoder à travers des centaines de recettes de cuisine illustrées. Je crois bien que je vais en acheter un au supermarché, ils en ont une édition française. Pas très bien traduite mais cela suffit à comprendre le sens général.

Il y a beaucoup de français à Agia Roumeli, randonneurs pour la plupart. D'ailleurs à l'hôtel ils ont les revues de Trek Magazine, Géo et Montagne Magazine. 
Ils font aussi la pub pour un réceptif spécialisé dans les randonnées au cœur des Lefka Ori. Je suis allé voir sur son site internet et un tour m'intéresserait particulièrement. C’est une sortie à la journée depuis Sfakia vers Pachnes. On peut le faire soi-même mais il y a un chemin carrossable en 4x4 qui monte presque jusqu'au sommet, 21 kilomètres plus loin. Il suffit ensuite de seulement 3 heures de marche aller/retour pour arriver au sommet et ses 2453 mètres d'altitude. C'est un endroit fascinant que je rêve de découvrir. Un paysage lunaire sans végétation, tout en pierres claires. Je n'ai cessé d’admirer son sommet de tout mon séjour à Gavdos. 
Ce sont les montagnes claires que vous pouvez voir au loin sur certaines photos de Gavdos. Le seul truc c'est qu'il faut un nombre minimum de participants. J'ai envoyé un mail pour savoir quel jour je pourrais me joindre à un groupe, on va voir ce qu'ils vont me répondre.

A la pension ils ont aussi deux kayaks deux places à disposition des clients, raison supplémentaire qui m'a poussé à descendre là. Aujourd'hui j'ai envie d'aller à la plage de Domata, que j'avais découverte l'an dernier à pied, majestueuse avec sa falaise qui s’étend de part et d'autre d'une gorge. C’est toute une affaire par la terre, il faut monter et descendre en empruntant des chemins raides aux cailloux casse gueule. Et tout cela pendant plusieurs heures. 
Par la côte c'est beaucoup moins loin. L'an dernier on y était presque arrivé en pédalo mais ce satané engin avait tendance à tourner en rond de sorte qu'on s'était arrêté en chemin, épuisé, au niveau d'une crique de galets en bas d'une falaise. Mais avec un kayak cela va beaucoup plus vite et je rêve de retrouver les sensations de glisse de mon expédition à Palau. Dès le petit déjeuner j'ai donc annoncé la couleur, à savoir si l'on pouvait prendre le kayak aujourd'hui. Il n'y a pas de souci mais le propriétaire m'a bien demandé si je savais en faire, que c'était un kayak fermé donc plus dangereux. Je sais plus très bien si j'en avais un ouvert ou fermé à Palau, cela ne fait pas grande différence, on est toujours assis pareil dedans. 
Pablo ne l'entend pas ainsi. Il est inquiet. Il n'a jamais fait de kayak à part une fois lors d'une expérience qui l'avait traumatisé. Et là il a peur qu'une vague nous retourne et qu'on se retrouve coincé la tête sous l'eau sans pouvoir se dégager. J'ai essayé de le rassurer mais il ne voyait pas l'intérêt de se rendre à Domata, pour voir une plage de galets identique à une autre plage de galets en souffrant tout du long alors que j'avais tout le temps de faire ça tout seul. On aurait pu essayer et s'il n'aimait vraiment pas j'aurais fait demi tour mais il traînait des pieds en allant à l'épicerie, comme pour mieux retarder l'échéance. Après tout ce sont aussi ses vacances, je ne vais pas le forcer. On est aventurier ou on ne l’est pas. Brisé dans la joie que je me faisais je me suis retrouvé frustré à faire la tête pendant une heure, comme un gamin privé d'un caprice. Mais ça n'a pas duré. On est allé à la place au trou bleu que j'aime bien et une fois que j'étais dans l'eau j'ai retrouvé de l'entrain.

Salade de roquette du jardin avec figues et fromage local!
Un peu plus tard dans l'après midi, quand il faisait moins chaud, on a déménagé plus loin, en allant vers Agios Pavlos. On trouve une plage de galets où l'on peut encore profiter du soleil quand celui ci a déjà disparu derrière les montagnes au niveau du village. Il y a un couple qui y a installé son campement, derrière des rochers. Ils ne risquent pas de se faire déranger. Après on est rentré au gîte, pour profiter des derniers instants à regarder la mer se parer de couleurs rosées pendant qu'on se rafraîchissait d'une bière sur le balcon. C'est dur la vie en Crète !

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