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| Pyrgos |
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| Agios Ioannis |
Certains ont connu pire.
La serveuse de la taverne a dormi sous une tente réduite. Afin
qu'elle ne s'envole pas avec le vent elle avait supprimé le piquet
qui soutient le toit et elle a dormi enveloppée dans la tente comme
un sac de couchage.
Aujourd'hui elle avait une tignasse qui
ressemblait plus à une choucroute. Elle m'a dit qu'elle avait une
tonne de sable dans la tente. Mais elle doit bien en avoir autant
dans les cheveux. Et avec ce vent c'est douche interdite. Enfin, vous
pouvez essayer, j'ai testé. On ne tient que quelques secondes, car
le vent agit comme un congélateur. Même pas eu le temps de passer
du savon, j'ai remballé la marchandise aussi sec. A Lavrakas j'ai
essayé de faire des photos mais le vent me poussait devant alors que
je lui tournais le dos. C'est le coin le pire de toute l'île. Je
n'ai jamais vu ça. Sauf peut être à Mykonos où le vent avait
failli m'arracher une portière de voiture. Éole il faudrait peut
être qu'il se calme.
Avec son grand âge en plus... Dans ces
conditions toujours pas de bateau, cela va de soi. Un anglais
s'inquiète et raconte à tout le monde ses malheurs pour se soulager
d'un stress. Il devait partir hier. Il a été obligé de changer les
dates de son billet d'avion et ça lui a côté un bras. Il a changé
au plus tard pour lundi, ce qui nécessite qu'un ferry vienne demain.
Tous les espoirs sont permis. En attendant il flippe sa race !
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| Pyrgos |
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| Agios Ioannis |
C'est bien beau tout ça
mais personne n'agit. Si le vent souffle de nord-est, il suffit de
penser à aller à un endroit abrité. A peine le déjeuner avalé je
suis parti droit devant pour Pyrgos. Et comme je le pensais, avec ses
falaises et sa plage orientée sud-ouest, c'était mer d'huile. J'y
suis ainsi arrivé de bon matin et j'ai pu profiter d'un aspect de la
plage que je ne connaissais pas.
Pyrgos le matin ce n'est pas mal non
plus... Il y a des ombres qui se dessinent et qui lui donnent une
autre allure. J'étais tout seul. Les autres n'ont rien compris.
Plutôt que de courber l'échine depuis hier comme des chiens battus,
ils feraient bien de venir par là. Bon, OK, il n'y a pas un brin
d'ombre. Quoique... Jusqu'à midi on peut trouver refuge dans des
creux sous la falaise. A part que celui où j'étais avait dû servir
de chiottes dans le passé. Entre soleil et odeur il faut choisir.
J'ai fait avec. J'ai même pu avoir de l'ombre un peu plus longtemps
en sortant le parasol de manière à coincer l'ombrelle sous les
rochers. Car même si le vent souffle beaucoup moins, on ne peut pas
pour autant y planter un parasol sans qu'il finisse déraciné.
Au bout d'un moment y a un type qui est arrivé. Celui qui retournait les galets à côté de moi la fois où je m'étais installé sous un cyprès à Lavrakas. Il m'a reconnu. C’est un grand solitaire. Il est tout le temps à poil, comme tous les autres, avec juste une serviette autour du cou pour se protéger du soleil. Il va il vient sur la plage, tire des ricochets, va se baigner, regarde l'horizon en fumant une clope. Puis à l'heure du déjeuner il fout le camp et on ne le revoit plus de la journée. Il doit avoir sa tente quelque part loin de tout. Avec tout ce vent les sentiers ont disparu. Tout est vierge, il faut marcher en faisant appel à sa mémoire, notamment pour passer d'Agios Ioannis à Lavrakas. Ça fait une nouvelle expérience.
Il y a du positif dans
tout, l'autre effet est que le vent a formé des ondulations autour
des cyprès très jolies avec le soleil de fin d'après midi. Ça
donne des paysages sans aucune trace de pas. C'est très
photogénique. La serveuse de la taverne des pirates à la tresse
défaite m'a accueilli en me faisant la bise et en me serrant dans
ses bras. Je la trouve très tactile aujourd'hui, me complimentant
sur ma serviette en microfibre dont je me sers pour me réchauffer.
Ici ils s'extasient devant ce qui a des usages multiples car ça fait
moins de choses à emporter. Ça va faire deux semaines que je suis
là, aussi je fais désormais partie du décor et j'ai droit à
quelques attentions. C’est comme si une forme de complicité
naissait. A la fin du repas, j'ai même eu droit à une pâtisserie
et à un verre de raki. Ça ne m'était arrivé qu'une seule fois
avec Sébastien.
Au bout d'un moment y a un type qui est arrivé. Celui qui retournait les galets à côté de moi la fois où je m'étais installé sous un cyprès à Lavrakas. Il m'a reconnu. C’est un grand solitaire. Il est tout le temps à poil, comme tous les autres, avec juste une serviette autour du cou pour se protéger du soleil. Il va il vient sur la plage, tire des ricochets, va se baigner, regarde l'horizon en fumant une clope. Puis à l'heure du déjeuner il fout le camp et on ne le revoit plus de la journée. Il doit avoir sa tente quelque part loin de tout. Avec tout ce vent les sentiers ont disparu. Tout est vierge, il faut marcher en faisant appel à sa mémoire, notamment pour passer d'Agios Ioannis à Lavrakas. Ça fait une nouvelle expérience.
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| Lavrakas et la chapelle d'Agios Ioannis en haut |








très intéressant
RépondreSupprimernous partons dans une semaine la bas au pif sans tente mais avec une voiture
:)
on flippe un peu...mais ...un peu seulement !
salut!
C'est marrant j'y suis en ce moment!
SupprimerAh! Donc j'ai une chance de consommer un produit local liquide en bonne compagnie?
RépondreSupprimerAgios Ioannis en soirée je suppose.?
;)