Le bus du vieux est en
service. Horaires de haute saison sans doute. Ainsi on peut rejoindre
Korfos sans avoir à faire le trajet à pied ou en scooter. Par
contre le vieux est à la retraite. Je l'ai croisé à une taverne
mais apparemment il ne conduit plus. Il n’est peut être plus en
état. Tout comme le bus du reste. C'est donc le conducteur de Gavdos
Tours qui a pris la relève. Je le vois invariablement conduire tous
les bus de l'île. Sauf le vert. Un long et sale d'un autre âge qui
fait de la concurrence à Gavdos Tours mais que je n'ai jamais vu
partir pour une raison précise. Je le vois à Sarakiniko ou Agio
Ioannis mais toujours arrêté.
Peut être qu'un type s'en sert comme
voiture. A Gavdos, il ne faut s'étonner de rien, tout est possible.
On ne savait pas vraiment
où aller ce matin mais c’est en prenant le petit déjeuner chez
Gertrude qu'on a vu le mini-bus passer. Étant donné que le vent
souffle toujours du nord-ouest, en allant à Korfos il y avait plus
de chances d'être abrité par là bas. Je suis allé voir le
chauffeur pour savoir s'il allait repasser par là. Il fait un saut à
Agios Ioannis puis revient dans la foulée, d'ici une demie-heure.
C'est parfait, ça laisse le temps d'acheter quelques victuailles à
l'épicerie de Sarakiniko. Ils n'ont plus grand chose.
Il faut dire
qu'il y a de plus en plus de monde, les gens descendant à présent à
Sarakiniko en nombre pour camper. Il faut donc compter sur les
réapprovisionnements à chaque bateau. Il y a un camion qui passe
tous les jours et qui fait un trafic de chaises et de pastèques que
je ne comprends pas très bien. Il fait le tour de l'île, je le
croise partout. Il a un haut parleur dont il ne se sert pas. Je pense
qu'il sert à délivrer du matériel aux tavernes. Mais dans ce cas
pourquoi y a-t-il autant de chaises toujours à bord et de plus en
plus de pastèques qui débordent du pick-up ? Un mystère
gavdosien de plus !
Le bus pour Korfos est
devenu notre bus privé. Il n'y a que nous à bord. A 1 euro le
ticket, ça doit à peine couvrir le prix de l'essence. Pas sûr que
la navette soit rentable. Si on peut parler de navette. Il n'y a pas
d'horaires, le seul qu'on connaisse c’est le premier et le dernier.
10h30 et 18h. Le reste du temps le machin reste scotché le long de
tavernes, à prendre la poussière. Je ne sais même pas comment le
conducteur fait pour voir à travers le pare-brise. Question vitesse
il ne faut pas être pressé non plus, c'est qu'il faut ménager
l'engin. Ou le conducteur.
A Korfos quelques tentes
ont fleuri sous le spins depuis la dernière fois.
Alors, côté
destination, on fait quoi ? Trypiti ou Lakoudi ? Ou les
deux ? Pablo serait bien partant pour faire les deux. Mais avec
Sébastien le timing avait été un peu short. En une journée ça se
fait mais on n'a pas le temps de faire grand chose. Si on veut voir
Lakoudi sous son meilleur jour il vaut mieux commencer par là. Mais
cela oblige à continuer après et à avoir plus à marcher au
retour. Il faut être motivé. La chose était donc entendue, nous
allions passer la journée à Lakoudi. En plus il y aura moins de
monde qu'à Trypiti. Dès qu'il y a plus que nous, ça devient
insupportable ! Pour Lakoudi, suivez le guide, je connais le
chemin par cœur.
Et le raccourci pour y arriver pareil. En revanche
pour ce qui est de la descente dans le ravin, ça je ne peux rien y
faire. Mais la balade est bien plus agréable avec le vent qui permet
de ne pas trop transpirer. On peut s'autoriser des virées aux pires
heures, chose qui aurait été impensable il y a peu.
Il n'y avait personne à
Lakoudi. Le seul cyprès près de l'eau qui offre de l'ombre était
donc libre. La plage est bien différente par rapport à la dernière
fois. Il n'y a pas de vagues ce qui rend la plage bien plus grande et
donne la possibilité de visiter la dernière plage. En plus en
pleine journée, les couleurs sont au mieux de leur éclat.
Lakoudi
est une plage de couleurs intenses, c’est pour ça que je l'aime.
Entre ses falaises de craie, le bleu turquoise intense de ses eaux,
ses galets bariolés et ses rochers roses, le cadre est fabuleux. A
Gavdos ce que j'aime c’est cette diversité. L'éventail des
paysages est très varié, aucune plage ne se ressemble ni même
l'intérieur. L'île n’est pas bien grande mais il y a toujours un
truc à découvrir, un lieu différent. C'est une île qui se mérite,
qui demande qu'on s'en imprègne et c'est alors que ses richesses
s'ouvrent dans toute leur splendeur. Celui qui a peu de temps, qui ne
reste que quelques jours n'en verra pas grand chose.
Il en sortira
avec le sentiment qu'il n'y a rien à faire. C'est comme ils ont
inventé une formule aberrante à Sfakia qui a pourtant ses adeptes
les week-ends : la sortie à la journée. Imaginez plutôt :
vous quittez Sfakia à 8h30 pour arriver à 11h30. De là vous aurez
quartier libre jusqu'à 14h30 avant de prendre le bateau qui vous
ramènera à bon port en fin d'après midi. Ils font un prix spécial
pour cette formule. Temps libre sur l'île : 3 heures. Mais 6
heures sur le bateau ! Ça fait sans doute une sortie pour les
habitants de Chania. Dimanche dernier le bateau était plein de
familles sans bagage avec des gosses qu'on ne pouvait plus tenir et
dont l'excitation du début de la traversée avait laissé place à
des crises d'ennui.
On pensait être abrité
à Lakoudi, que nenni ! Pourtant la plage est en bas d'une
falaise dont on descend par des marches en blocs de pierre mais le
vent arrivait à s'engouffrer là dedans en tornades. Malgré cela
l'eau était étonnamment calme, ce qui m'a permis d'aller explorer
la plage et de prendre des photos inédites par rapport à la
dernière fois. Derrière, en suivant le lit d'une rivière asséché
on trouve plusieurs emplacements où l'on peut camper mais qui
servent plutôt d'aires de pique nique. Des bancs et des tables en
galets ont été construits, de même que des foyers garnis d'une
grille rouillée pour faire des barbecues.
Question végétation, ce
ne sont que des cyprès bas où l'on s'écorche si l'on passe trop
près. Je me suis encore scalpé le haut du crâne ! Des
branches sont suspendus des mobiles de galets qui pendouillent au
bout de ficelles. Pour décoration j'ai trouvé aussi un galet tout
blanc, tout lisse et d'un rond parfait. Une pleine lune qui tient
dans le creux d'une main. Ici aussi il y a de quoi se faire un salon
de beauté. Les falaises derrière sont de toutes les couleurs. Des
filons rose ou violet côtoient d'autres un peu vert. Un endroit de
plus à la géologie délirante. Vous amenez ici un géologue, il ne
repart pas avant une semaine !
Comme on est arrivé tôt
à Lakoudi on a décidé de rentrer pour chopper la navette de 18
heures à Korfos afin de nous épargner une longue marche jusqu'à
Sarakiniko. La plage de Korfos était complètement abritée du vent
et quelques personnes étaient encore là à profiter des derniers
instants avant que le soleil ne disparaisse de l'autre côté de
l'île, au delà de Vatsiana. Des pensionnaires des pensions
avoisinantes car on était encore les seuls dans le bus. Ce n’est
plus un bus, c'est devenu notre taxi. Le chauffeur, tout content
d'avoir quelque chose à faire nous a même fait la pub pour le
programme du lendemain. Il propose une excursion au départ d'Agios
Ioannis et Sarakiniko à partir de 18h30. Destination Kastri, le
phare, Ambelos et Vatsiana. S'arrêtera-t-il à la ferme
cauchemardesque ? Pas sûr ! Pourtant il faudrait
l'inscrire en tête de liste des lieux à ne pas rater à Gavdos !











Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire