Pages

Translate

mardi 2 février 2021

Massif de l'Anaga

Je poursuis mon tour de Tenerife sauvage en me rendant dans le massif de l'Anaga, une partie montagneuse et couverte de forêt tout au nord-est de l'île, en longeant la côte nord-ouest à partir du massif du Teno qui ne revêt pour moi aucun intérêt. C'est une succession de villes, de villages, de centres commerciaux, de trafic. Il y a un monde fou sur cette côte. 
Le massif de l'Anaga est classé parc naturel depuis 1987 en raison de sa forêt exceptionnelle que l'on ne trouve que dans cette partie de Tenerife. C'est une survivance de ce qu'était la forêt méditerranéenne il y a 20 millions d'années. Ici point de pins mais à la place des lauriers géants et des bruyère arborescentes hautes comme des arbres. C'est dense et touffu c'est à peine si les rayons du soleil parviennent à éclairer le sol. Les crêtes qui culminent aux alentours de 1000 m sont souvent plongées dans la brume, ce qui donne des troncs moussus avec de grands lychens qui pendouillent. C'est une forêt un peu austère pour moi. Je préfère nettement les pinèdes autour du Teide. Mais le coin vaut le détour ne serait-ce que par les panoramas, vertigineux.
La plus belle vue est au niveau de Pico del Inglés que l'on peut rejoindre en voiture. Sinon le massif regorge de sentiers de randonnée. Depuis le sommet on mesure combien le massif est vaste. Ce sont des gorges à n'en plus finir. On voit l'océan Atlantique des 2 côtés et vers le sud on aperçoit la capitale Santa Cruz de Tenerife avec le Teide au fond. C'est vraiment un point de vue extraordinaire. 
La route toute étroite et sinueuse longe une ligne de crête. Il n'y a nulle part où s'arrêter autre qu'aux points de vue, ce qui fait que je vais devoir changer mes plans de vouloir y passer la nuit. Avant les virages il y a des bas côtés pour permettre à 2 voitures de se croiser. C'est très dangereux on frôle souvent l'accident. 
À la fin de la ligne de crête on arrive à un embranchement qui mène à un bout du monde. La route descend vers la côte nord où se situe le village de Taganana (quel nom étrange !). La côte semble avoir été découpée avec une lame de rasoir, les maisons s'étagent comme elles peuvent à flanc des montagnes noires. L'océan est déchaîné, les vagues sont énormes et se brisent avec fracas sur les rochers, noyant toute la côte sous une brume d'embruns. C'est vraiment impressionnant. 
On trouve une belle plage de sable noir juste avant le cul de sac. Je pensais pouvoir m'y garer, les culs-de-sac sont souvent des endroits bénis pour passer la nuit. Sauf ici. En fait la route mène à un dernier petit village perché. Tout le littoral est occupé de camping-cars et de vans à la queue leu-leu garés au bord de la route. Il y a des punks à chien, des hippies, des touristes, des jeunes qui glandent et qui trouvent génial d'être dans le bordel, ça fait convivial ça donne de l'ambiance. Je suis toujours étonné de voir des gens en camping-car qui passent la nuit au bord de routes très passantes. Ce n'est pas du tout ce que je cherche. Du coup j'ai quitté l'Anaga mais on était déjà en fin de journée. 2 solutions : rejoindre l'autre côté de l'océan et essayer de trouver un chemin quelque part ou monter vers le Teide dans la Corona Forestal où j'ai dormi les premières nuits, mais ça fait quand même quasiment une heure de route. J'ai donc opté pour la première solution. 
La route mène à Playa de Las Teresitas, une plage très prisée des locaux et donc très fréquentée. C'est une plage artificielle de sable blanc importé du Sahara et bordée de palmiers sous lesquels s'étend un long parking. On peut y passer la nuit mais là encore comme de l'autre côté il y a de nombreux camping-cars, les gens préférant avoir une vue qu'être tranquille. Heureusement en descendant de l'Anaga, juste avant d'arriver à cette plage, j'ai repéré au fond de la vallée une route qui ne sert à rien, d'un lotissement qui n'a jamais vu le jour. C'est là où j'ai passé la nuit. Mais ça n'était franchement pas sauvage car entouré de villages des 2 côtés avec des chiens hystériques. Demain je serai de retour au Teide, il me tarde. Il n'y a pas à tortiller il n'y a vraiment que là sur Tenerife où je me sens vraiment bien.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...