Retour au Teide! Mais c'est la Candelaria, c'est-à-dire la Chandeleur, et c'est un jour férié à Ténérife. Rien à voir avec les crêpes, c'est la Vierge de la Chandeleur qu'on célèbre ici. J'ai réalisé parce que je me suis retrouvé très bête devant un Lidl fermé et pas âme qui vive sur le parking. J'aurais dû me méfier, j'ai trouvé que la traversée de la capitale s'était faite les doigts dans le nez sans aucune voiture. C'est en cherchant sur internet que j'ai compris. Pour les courses je me suis rabattu sur un supermarché ouvert les dimanches et les jours fériés.
Par contre je comptais passer la journée à la Corona Forestal et ensuite assister au coucher de soleil par la face nord sur un nid d'aigle que je connais bien, autre souvenir mémorable de Tenerife que je n'ai pas encore ravivé. Ça ne sera pas aujourd'hui. Jour férié oblige, la montagne est prise d'assaut. Le moindre bas-côté est plein de voitures garées, de promeneurs, de familles, de gamins et de chiens. Les motards sont aussi de sortie ça pétarade dans tous les sens, ajoutez à cela les quads qui ne font guère mieux.
À la place, je me suis enfoncé dans un chemin carrossable dans la vallée de La Orotava en descendant de El Portillo. C'est un chemin qui mène à une auberge par une piste défoncée. Je connais l'endroit j'y avais déjà picniqué c'est très tranquille et en plein milieu des pins. Il y a un recoin parfait pour se garer, mettre la table et les chaises. J'attendrai là la fin d'après-midi avant de revenir dans le parc national pour pouvoir le contempler sous une autre lumière.
Peu avant 16h je me retrouve donc à El Portillo et j'en profite pour faire un tour aux toilettes du centre des visiteurs. En pleine action, le pantalon sur les chevilles, tout d'un coup d'un seul plus de lumière. J'entends des pas suivi d'une serrure qu'on ferme à double tour dont l'écho résonne jusqu'à moi. Les toilettes sont devenues mon cachot c'est balot. Un grand moment de solitude s'empare de moi. C'est quand même bête de finir comme ça, mort de froid en t-shirt à 2000 m, enfermé dans des toilettes ouvertes aux 4 vents, assis sur un trône glacial sans siege, collé à même la faïence.
Pour réagir il faut quand même un peu de temps, celui de s'essuyer, de remonter son froc et de rassembler ses affaires. Je me mets alors à tambouriner à la porte en criant "Hola'. Aucun bruit dehors, il est 16h ça doit être l'heure de fermeture du centre des visiteurs. Je me mets à crier plus fort.
Tout d'un coup j'entends des pas, clac clac la serrure s'ouvre sur une matrone avec un trousseau de clefs à la ceinture, tout d'un bloc sans cou ni taille. Elle s'excuse et m'explique qu'elle pensait qu'il n'y avait plus personne dans les toilettes. Je m'éclipse de là comme un rat. Je connais maintenant les heures d'ouverture des toilettes, c'est 9h-16h, pas une minute de plus !
Après ça je file faire un tour autour des Roques de Garcia et de la Cathédrale. Comme je m'y attendais la vue est différente de celle du matin. Je fais quelques balades avant de rentrer à mon lieu de bivouac préféré. Je suis content de retrouver ce coin, j'ai les pins devant moi qui me tendent leurs bras. J'ai appris un truc sur le pin des Canaries d'ailleurs : il a 3 aiguilles au lieu de 2 par follicule. C'est la magie de la diversité biologique !
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