C'est idiot j'avais passé un coup d'eau à la fontaine en revenant pour éliminer le sel qui s'était déposé, afin de prévenir de la corrosion. Je fais le dos rond, j'arrive quand même à m'occuper. La voiture est dans le sens du vent et si j'installe la chaise basse à l'arrière j'arrive à être à l'abri, je n'ai plus qu'une serviette à mettre sur l'assise de la chaise pour éviter que l'air passe à travers. Ainsi je peux lire, il fait même trop chaud.
J'en profite aussi pour faire une lessive comme je ne suis pas limité en eau à cause de la fontaine, ça ne sera pas toujours le cas. Et puis avec un vent pareil c'est l'occasion rêvée pour faire sécher un jogging qui d'ordinaire fini la journée humide.
L'après-midi j'ai dégóté un petit endroit sur des sables au creux d'un ravin érodé, je suis un peu à l'abri pour faire la sieste, allongé sur le côté car sur le dos ça n'est pas assez large.
Parfois je me dis que je devrais bouger, descendre pour avoir plus chaud. Mais en quittant les pins je ne peux qu'avoir plus de vent. C'est dommage que pour les derniers jours dans les pins d'El Hierro que je voulais terminer en apothéose, les choses se passent différemment.
J'ai fait une ronde autour du camp pour vérifier si aucun pin ni grosse branche n'était tombé. Car il ne faudrait pas que je reste bloqué à l'heure où je dois prendre le bateau. J'ai failli opté pour la solution de la prudence de me rapprocher de la route pour minimiser les risques mais je crois que je m'inquiète trop. De là où je suis si j'ai un chemin bloqué par une chute d'arbre j'ai encore deux autres chemins qui me permettent de sortir. Surtout je constate que le pin des Canaries, déjà bien adapté au feu, est aussi bien adapté au vent.
Rien n'est tombé, la cime des arbres ne vacille même pas, seules les branches remuent dans tous les sens comme pour dire coucou. C'est bien connu c'est la rigidité qui fait la casse, dès lors que c'est flexible ça plie. C'est là où je mesure que le pin des Canaries est bien dans son élément, contrairement aux pins maritimes de ma région qui a été introduit et n'est pas adapté. Avec un tel vent il y en aurait déjà une ribambelle à terre.
En faisant ma ronde j'admire les pins. Chaque arbre est unique, aucun n'a la même forme. Certains sont parfaitement symétriques, d'autres ne poussent que d'un côté, il y en a à troncs multiples ou avec des branches tordues qui partent en vrille vers le ciel. J'en reconnais parfois pour les avoir déjà admirés à plusieurs reprises. Je pourrais même leur donner un nom.
Le soir c'est dîner précipité dès 17h, un truc facile, du pain du fromage et hop dans la voiture. À 18h il ne fait plus que 10 degrés mais après ça ne descend plus au delà. Sous la couette je suis bien, Je continue à apprécier le cadre et à contempler la nature autour de moi. Et puis le vent dans les aiguilles me berce, ça fait un peu comme si j'étais au bord de l'océan...
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