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jeudi 14 février 2013

La péninsule du Cap et Table Mountain

Comme par hasard, il a suffit que je campe la nuit dernière pour qu'une averse se déclenche sur les coups de trois heures et demie, ce qui a eu pour effet de me faire regagner la tente, la vraie, celle du camp. Surtout qu'avec mon départ précipité en pleine nuit, je n'avais trouvé d'autre endroit que le chemin du Hoerikwaggo, offrant un coin plat dans une ornière trop sèche pour que je puisse y planter le moindre piquet. J'ai donc dû dormir recroquevillé, en fœtus. Je pensais que les gardes allaient faire la grasse matinée mais c'est eux qui m'ont réveillé sur les coups de 6 heures et à 7 heures il n'y avait plus personne. Au début de mon séjour je me levais juste après 5 heures mais depuis que je me suis avancé vers Capetown, les jours ne cessent de rallonger. De sorte qu'en ce moment il fait jour peu après 6 heures et jusqu'à 20 heures.
J'ai dû m'adapter à cette nouvelle donne, qui ne me va pas plus mal car elle me rapproche d'un rythme ordinaire en France. En parlant de ça, c'est le premier jour où je déprime un peu. J'ai eu le malheur de penser à mon retour, que dimanche en arrivant, non content d'être sonné par le voyage et le changement de climat, je vais devoir me remettre à organiser me semaines de déplacements pour le boulot. Par exemple aussi, pendant que je préparais à dîner ce soir je me disais que mes collègues étaient dans le Thalys de retour de Belgique, privés de liberté, de soleil et de chaleur. Beurk ! Dire qu'il va falloir se remettre là dedans. La petite parenthèse de vraie vie aura été trop courte. Mais passé ce coup de blues, je me suis très vite repris en main. Pas question de laisser la perspective d'un avenir me gâcher le présent. J'ai encore plein de choses à découvrir. Je suis toujours en Afrique du Sud et peut être que mon avion se crashera. Alors tout va bien !
Hout Bay
Les gardes partis, je retrouve de bonnes vibrations sur le camp et je m'imprègne à nouveau de l'ambiance bucolique en m’enivrant des senteurs de prairies et de garrigue. Le temps de prendre le petit déjeuner. Ensuite, quand j'ai pris la route, j'avais envie de continuer le tour de la péninsule pour me rendre vers Capetown, question de voir la ville avec Table Mountain derrière que je n'ai toujours pas vu. La pluie de cette nuit a laissé place au soleil mais il faut attendre que toute cela se dissipe. Alors que je m'engageais vers Capetown, je me suis rendu compte qu'au sud de Hout Bay il faisait déjà beau alors que plus au nord c'était tout couvert. Pas génial pour apercevoir Table Mounatin, et encore si l'on y arrive. J'ai donc laissé mon projet pour plus tard et j'en ai profité pour redescendre vers là où je m'étais arrêté hier soir, au niveau de Kommetjie. Avant ça, j'ai fait le plein d'essence à Hout Bay. 
Chapman's Drive
A la pompe voisine il y avait un couple de blancs à qui on a fait la totale : niveaux d'huile et d'eau, vitres et même pression des pneus. Mauvaise pioche pour eux, c'est un coup à rester en rade pendant au moins 15 minutes. C'est comme au jeu de l'oie, ils sont tombés sur la mauvaise case. Je les ai laissés là tandis que je démarrais, content de n’avoir eu que les vitres. D'ailleurs ce genre de service est réservé aux blancs, les autres ils vont à la pompe, on les sert et c'est tout. J ne donne plus de pièce, je le faisais au début mais je me demande si c'est nécessaire. Et ils ne sen trouvent pas offusqués. Je n'aime pas qu'on me force la main. C’est comme quand on se gare, il y en a toujours un pour nous indiquer par plein de gestes comment se garer et qui est toujours là quand on remonte dans la voiture pour faire signe qu'il l'a surveillée.
Noordhoek Bay
 De Hout Bay j'ai pris la Chapman's Peak Scenic Route. Ça y est, c'est fait ! La route est réellement impressionnante, peut être pas plus que d'autres aux Canaries, comme à Ténérife ou encore Gran Canaria mais elle fait son effet, offrant de beaux panoramas sur les falaises et notamment sur Hout Bay. De là à la rendre payante, c'est juste un tronçon de quelques kilomètres et ils abusent un peu. Je suis sûr que c'est pour attirer les touristes. D'ailleurs les locaux ne la prennent pas et préfèrent faire le grand tour. Il y a un endroit cependant qui montre le travail qui a dû être nécessaire pour tracer cette route. Elle est en fait fendue dans la roche et forme un semi tunnel, faute de pouvoir faire autrement. Dans une paroi complètement verticale, vous voulez faire comment ? Le bout de la Chapman's Drive arrive à Noordhoek, située dans une très belle baie avec une plage très large de sable blanc. Je me suis arrêté à une aire désignée mais qui donnait sur des maisons alors je me suis écarté un peu pour avoir une pleine vue. 
Mossel Bay
Ça m'a valu de me faire engueulé par un cycliste qui s’est senti obligé de me dire « Hey, what's happening », les bras en l'air. De quoi je me mêle ? Je ne marchais même pas sur la route mais sur le bas côté et encore, pas de celui sur lequel il roulait. J'en ai un peu marre de me prendre des réflexions qui me laissent pantois car déplacées.
Plus loin, j'ai poursuivi vers Mossel Bay avant de faire demi tour là où j'avais été subjugué hier par la baie. Mais l'effet ce matin n'y était pas. Le paysage était très brumeux et avec le soleil en face ça ne donnait rien en photo. Il faut venir ici en fin de journée pour que le paysage prenne toute sa dimension. C'est étonnant comme la lumière peut énormément influer sur un lieu, pouvant le faire passer de superbe à insignifiant selon le moment où l'on y est. Il était à présent près de midi et je devais encore me rendre à Capetown. Chemin faisant, on passe par Camps Bay, surveillée par l'imposante falaise aux contours irréguliers formée par les 12 Apôtres. Je n'en reviens pas que l'autre jour j'étais là haut, ça a l'air tellement infranchissable vu d'ici. J'ai voulu m’arrêter dans Camps Bay pour prendre une photo. 
Table Mountain cable car
Je n'ai eu de cesse de prendre de petites rues se terminant toutes en impasses. Elles desservaient des villas qui voulaient toutes avoir vue sur la mer et la montagne, de sorte qu'elles avaient des baies vitrées opposées qui permettaient de voir à travers les maisons. Par contre, pas un endroit où l'on puisse avoir une vue dégagée sur l'ensemble. C'est comme à Saint-Jean Cap Ferrat. Qu'à cela ne tienne, le téléphérique pour Table Mountain était tout proche et il allait me permettre d'obtenir la vue que je recherchais.
Je n'avais pas spécialement prévu de monter là haut aujourd'hui, mais comme j'étais tout à côté et qu'il faisait beau, je n'ai pas voulu prendre le risque de remettre ça à un autre jour. Tant pis pour Capetown, je ferai sa visite un autre jour. Comme je m'y attendais, c'était la cohue. Une attraction à japonais ou à chinois, je ne sais plus. Peut être même les deux. Il a fallu se garer loin du départ du téléphérique. 

Toute la péninsule du Cap est là avec Camps Bay au pied et le Cap de Bonne Espérance au fond

J'ai été étonné à la billetterie de trouver un tarif aller/retour mais aussi un tarif aller simple. Serait-ce un tarif spécial pour déprimés qui veulent se jeter dans le vide de là haut ? Pour info, avec la Wild Card, il y a 20% de réduction. Ce genre d'attraction dont les asiatiques sont dingues est ce qui me plaît le moins. Le monde gâche le plaisir et tout est trop civilisé, perdant tout le charme d'une découverte bien méritée. C'est plein de gosses surexcités et impatients qui crient, de gens qui s'engueulent par ce qu'ils ont oublié quelque chose dans la voiture, de personnes avec deux de tension qui posent tout un tas de questions et qui cherchent des heures leur argent pendant que bébé dans la poussette fait une crise. Les gens sont indisciplinés, poussent en donnant des coups de coude. On se croirait au ski à l'attente d'un télésiège. Pendant ce temps, la société de consommation marche à plein régime. 
Capetown en bas
On est accueilli sans qu'on n'ait rien demandé par un éclair de flash qui nous laisse aveugle. Prémices à un photomontage qu'on récupérera à la descente. Les boutiques de souvenir et de vente de sodas et autres snacks en emballage plastique métallisé sont bien évidemment là aussi pour satisfaire les petites mains avides des chinois, agiles pour s'y glisser dedans afin de grignoter en marchant tout du long.
Mais malgré tout ce que je raconte, monter en haut de Table Mountain est un incontournable à qui se rend à Capetown ou même en Afrique du Sud. D'ailleurs j'ai croisé des hommes d'affaire avec leur valise à roulettes, sans doute montés là avant que leur avion ne reparte ce soir. La vue est extraordinaire et permet de contempler toute la péninsule dont on voit les rivages des deux côtés, avce Hout Bay au loin suivi du Cap de Bonne Espérance. 
En bas on a une vue d'ensemble sur Capetown, avec un quartier de quelques hautes tours et un une zone portuaire gigantesque. Dès qu'on arrive en haut on est reçu par les autochtones du coin qui font la joie des petits et plus grands. On en oublierait presque le pourquoi de la montée. Il y a en effet un important groupe de ces genres de marmottes que j'appelais l'autre jour « dassies », du fait de panneaux « attention à » que l'on trouve souvent sur les routes avec leur frimousse en effigie. Eh bien ce n'est pas ça, ou alors c'est leur nom affectueux, car dans mon bouquin qui recense les parcs nationaux, il y a un article sur eux où ils les appellent « rock hyrax ». Quelque soit leur nom, ils sont toujours aussi adorables. Comme ils sont juste en contrebas dans les rochers, on peut les approcher à moins de deux mètres en se penchant un peu dans le vide. Ils ont l'air heureux sur leurs rochers plats, faisant la sieste complètement affalés tandis que d'autres se frottent le ventre dans des flaques d'eau avant de se laisser sécher au soleil dans des poses insensées. Il y a un petit, très curieux, qui a sauté sur un rocher et est venu à ma rencontre. J'aurais presque pu le toucher. En tout cas je tiens là une belle photo. D'autres ensuite ont pris ma place, et plus brusques et plus bruyants l'ont fait déguerpir de là où ils venaient. Ça leur apprendra !



Le sentier du H.T passe par là!
Aujourd'hui c'est la Saint Valentin et c'est plein de couples bras dessus bras dessous. J'ai même vu une fille en larmes, inconsolable, dans les bras de son chéri qui essayait de la réconforter. Sans doute une demande en mariage. N'y a t-il pas coin plus extraordinaire pour déclarer sa flamme ? Pour le côté romantique, il vaut mieux quand même se mettre à l'écart des « tchitchéhow », les chinois quoi - on dirait qu'ils disent toujours la même chose comme des perroquets. Il fait un froid polaire là haut et je suis toujours en débardeur. Je n'avais pas pensé à ça. Sans parler d'un vent qui n'arrange rien et du fait que la plupart du temps on est sous les nuages, étant situé au niveau où les nuages se mettent en orbite et passent leur journée à faire des ronds. Ce n'est pas pour autant que j'ai abrégé la visite. Il y a un sentier qui fait tout le tour de Table Mountain, et où que l'on se rende la vue est spectaculaire. On se sait plus où regarder. Ce qui est incroyable c'est d'être aussi haut en étant si près de la mer et d'avoir ces falaises lisses et verticales. 
Table Mountain vue du parking
J'ai croisé le sentier du Hoerikwaggo, que j'ai reconnu avec sa balise orange H.T. C'est alors que j'ai compris pourquoi on pouvait ne prendre qu'un aller simple. Le sentier que j'avais pris l'autre jour qui part du bas du cirque permet de monter tout en haut de Table Mountain. Heureusement que je m'étais arrêté avant car de là où je suis, au point le plus haut, je ne reconnais rien des endroits où je suis passé, ce qui me laisse penser que j'avais dû m’arrêter loin avant. On n'est même pas obligé de prendre le téléphérique du tout, il y a un autre sentier du H.T qui descend vers la route du parking en passant dans une sorte de ravin impressionnant au milieu des éboulis. Je pense qu'il vaut mieux être bien chaussé.
Quand on rejoint le téléphérique pour la descente, il y a un genre de photomaton où l'on peut se prendre en photo gratos. 
Capetown
J'ai appuyé sur le gros bouton rond en me courbant pour me mettre à niveau d'une machine disposée à hauteur de chinois, avec une tête en plein effort. C'est ce que vous pourrez admirer en vous rendant sur www.tablemountain.net en cherchant le 14 février autour de 14h16, au milieu de plein d'yeux bridés. Ensuite j'ai repris la voiture, direction la plage, la plus sauvage du secteur, celle de Sandy Bay. Comme l'autre jour, j'ai dû laisser le passage à deux gros chiens baveux et haletants. Je me suis mis sur un haut rocher plat, en bord de l'océan où j'ai passé l'après midi à contempler les vagues se briser sur les rochers. Le vent aujourd'hui est si fort que la mer est déchaînée. En venant, j'avais une voiture devant moi qui débordait de planches de surf, pressée d'arriver. Sur le parking, une cargaison de surfeurs est descendu de là, prenant leur planche sous le bras en courant sur le sentier. 
La côte vers Sandy Bay
Tandis que je contemplais les remous de l'océan, j'ai aperçu une forme brune qui arrivait à surnager dans ces tourments. J'ai tout de suite reconnu qu'il s'agissait d'un phoque en pleine recherche de poissons. Je ne l'ai aperçu que deux fois, alors qu'il remontait juste pour prendre sa respiration. Insuffisant pour le prendre en photo.
Malgré un soleil qui s'était voilé et un thermomètre en forte chute, je ne voulais pas rentrer, appréhendant de retrouver la clique de gardes au camp. Mais au bout d'un moment, comme j'avais trop froid, j'ai repris la voiture. Capetown a beau être très agréable, ça n'en reste pas moins une ville et j'ai déjà envie de plus de sauvagerie, de ne croiser et parler à personne. Ici la nature ne manque pas mais pour y accéder il faut se farcir les affres de la civilisation : conduite à 60 km/h, ronds points, feux, bouchons, recherche de place où se garer... Finalement là où j'étais le mieux c'est bien à iMfolozi occupant ma journée à débusquer les bêtes dans le bush. Je me rappellerai longtemps mon petit pique-nique sur les hauteurs de la rivière et de sa sieste qui sen était suivie, à l'ombre comme un lion.
Par la fenêtre de la cuisine...
Au camp les rangers n'étaient pas là, j'avais encore la voie libre et j'en étais très content. Tandis que je préparais à manger j'ai contemplé une dernière fois la vue merveilleuse depuis la fenêtre de la cuisine. C’est la dernière fois que j'ai une telle vue. Je m'y étais presque habitué. Le camp va me manquer, c'est un petit jardin d'Eden, perdu dans les chants d'oiseaux, croulant sous de gros volubilis qui ont gagné les arbres et qui sent bon l'odeur des herbes aromatiques de la garrigue et des figuiers. Il y a toujours un papillon aux ailes transparentes tachetées d'orange et de noir qui rentre et virevolte devant moi quand je prépare. Je le saisis alors délicatement pour le rendre à sa liberté. Ça va me manquer tout ça... Les gardes ne sont rentrés qu'une fois que je commençais le dessert et que la nuit était tombée. J'avais peur qu'ils soient avinés suite à un pot de fin de séminaire qui s'éternise, mais ils sont rentrés abattus. Soit la journée a été rude, soit les chiffres ne sont pas bons et on leur a remis les bretelles en place. En tout cas ils sont tous affairés devant leur ordinateur, sans se parler et ils n'ont pas ouvert la bouche jusqu'à ce qu'ils regagnent leur tente sur les coups de 22 heures. C'est le jour et la nuit par rapport à hier. Ça me change...

Hout Bay

5 commentaires:

  1. Hep hep hep t'as pas le droit de te scratcher dans ton vol de retour... ;-)

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  2. De la part de KB - la nouille j ai oublié de signer :-P

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    1. J'avais deviné, KdG, y a que toi et mes parents qui me lisent, les autres regardent les photos, c'est trop long à lire. Tant pis pour eux!

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  3. KdG??? je crois que tu n as pas compris qui je suis : KB du clan B...Si c est bien à moi que tu penses, que veut dire KdG??? :-)

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  4. Laisse tomber, FB vient de me dire KdG ref mon nom sur FB!!! :-) pas bien réveillée ce matin :-P

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