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dimanche 3 février 2013

De Imfolizi à Sodwana Bay

Mon objectif ce matin était de partir du parc le plus tôt possible pour pouvoir être à Sodwana Bay à mi-journée et ainsi profiter d'un après midi entier à la plage. D'autant plus que depuis hier soir le temps est au beau fixe. Il n'y a plus un seul nuage et le lever de soleil était absolument magnifique. Je m'étais couché hier soir à nouveau les rideaux ouverts, pouvant contempler pour la première fois les étoiles depuis le lit. C'est ainsi que ce matin j'ai été réveillé par une belle lumière orange à travers la chambre qui m'a fait me lever d'un bond pour sortir immortaliser cet instant. Il y avait quelques nappes de brume encore au fond de la vallée. L'ambiance était unique et tout le monde dormait encore. Ils ne sauront jamais ce qu'ils ont raté.
C'est une belle journée qui s'annonce, comme celle de dimanche dernier curieusement. 
Lever de soleil sur le bush
Cela me presse encore plus à arriver tôt à Sodwana Bay. C'est peut être la seule journée où je pourrais prendre de belles photos. Car le coin s'annonce comme magnifique, mais comme toute plage, il vaut mieux la voir sous le plus beau temps qui soit. Malgré tout, pris à nouveau par l'écriture, le rangement et le petit déjeuner, il était déjà plus de 8 heures quand je me suis rendu à la réception. Pour rendre quoi, on se le demande bien vu que le chalet était fourni sans clef ! Il y avait là un vieux tout émoustillé qui monopolisait les 3 rangers de la réception, fier de leur montrer sur son appareil photo les vidéos et photos d'un éléphant qu'il venait d'apercevoir en train de boire dans une flaque d'eau. Tant mieux pour lui mais ce n'est pas une raison pour faire le blocus.
Un type m'a demandé si j'avais le macaron. C'est une vignette sur laquelle ils écrivent le nom du camp, le numéro de la plaque d'immatriculation et la date à laquelle on part. 
Depuis ma terrasse... Elle est pas belle la vie?
Apparemment ils m'avaient remis ça à mon arrivée. Je suis donc retourné à la voiture, fouillant partout dans la boîte à gant, en vain. J'avais bien besoin de ça pour me retarder. Même si je n'ai pas beaucoup de route aujourd'hui - Sodwana Bay devant se trouver à 150 kilomètres environ - j'envisage de passer un peu plus d'une heure en chemin pour m'occuper de réserver les prochains hébergements et poster des messages sur le blog. Si je trouve un point wifi... Pour le macaron, rien à faire, introuvable. Pourtant j’avais bien fait attention à garder le permis en lieu sûr. Je l'ai bien, mais pas la vignette. Ça a dû s’envoler lors d'un safari, j'ai toujours des papiers qui volent, que je pense à chaque fois être des facturettes sans importance. De perdre ce truc n’est pas trop grave, ce n'est pas comme le permis, s'ils me l'ont prétendument donné à l'entrée, ils peuvent me le refaire maintenant, ils ne vont quand même pas me faire un fromage avec ça. Mais pour ce faire, encore fallait il que l'autre en ait fini à montrer ses photos !
Avant de partir, j'ai fait le plein à la station service, celle qui est dans une case ! Comme par hasard le demi-plein dans le parc coûte moins cher qu'en station et au moins j'ai personne pour me faire les vitres ou regarder sous le capot. En fait c'est comme tout, plus c'est simple, moins il y a de monde et plus tout est facile, sans perte de temps et sans emmerde ! En plus ça a plus de charme ! En chemin, j'ai retrouvé un tracteur abandonné sur la bas côté, peu après l'endroit où j'avais vu les lions. C'est d'ailleurs depuis ce jour là qu'il gît à cet endroit. Coïncidence ou bien son conducteur aurait-il servi de repas ? Pour rejoindre Sodwana, le plus court sur la carte est de traverser le parc de part en part et de sortir du côté de Hluhluwe d'où se prend la route pour Sodwana. Mais la traversée du parc est bien plus longue que ce que je pensais. 
Déjà, normalement, on ne doit pas rouler à plus de 40 mais j'essaye d'aller plu vite. De toute façon il n'y a pas d'animaux à cette heure là et aujourd'hui il fait plus chaud que d'habitude. Je trace donc. Mais la section Hluhluwe du parc que je ne connais pas se révèle très intéressante, différente de celle d'iMfolozi. Elle est beaucoup plus vallonnée, à tel point que mes oreilles se bouchent régulièrement. Question panoramas elle est aussi peut être plus riche, à moins que ce ne soit le temps qui joue en sa faveur. Par contre, de ce que j'ai lu, on y rencontre moins d'animaux car la route est toujours au niveau des sommets et la rivière loin en contrebas. C'est ainsi, qu'en m'arrêtant pour prendre le paysage, j'ai remarqué tout en bas un troupeau de buffles qui se baignait dans la rivière. C'était très joli. 
Mais il n'y avait pas qu'eux. Plus loin, après le Hilltop lodge (l'autre hébergement du parc), trois zèbres pas farouches m'ont valu un arrêt. Ils étaient trop mignons. Une famille avec un petit qui faisait des câlins à sa maman, en enroulant son cou autour du sien et en se frottant le front comme un chat. Quel plaisir de voir des animaux heureux ! On avait envie d'aller leurs grattouiller le museau. Plus loin, peu avant l'accès au parc côté Hluhluwe, deux voitures étaient arrêtées, leurs occupants admirant quelques zèbres qui faisaient barrage. Je ne sais pas s'ils ont bien vu, mais juste sur la gauche, un peu plus bas, il y avait un marécage avec un troupeau de buffles tout en croûte de boue occupés à prendre leur bain au milieu d'oiseaux blancs à hautes pattes. 
Je suis monté à la portière de la voiture pour prendre de la hauteur et comme devant ça n'avançait pas je suis sorti pisser un coup et plier la tente qui trône sur le siège arrière de la voiture depuis que j'ai quitté Saint Lucia après la pluie. Cela pour m'avancer ; inutile à Sodwana Bay d'attirer l’œil avec un truc qui pourrait faire penser que j'ai peut être d'autres choses plus intéressantes dans le coffre.
En attendant, il fallait devant que ça dégage. C'est bon, les zèbres ont eu leur quart d'heure de gloire, maintenant faut passer à autre chose les cocos. Mais comment faire ? Pas question de klaxonner. J'ai donc collé au cul la voiture de devant qui a fini par se frayer un passage en les contournant bien sur la gauche sans les faire fuir pour autant. Quand je suis arrivé à hauteur de la voiture qui était arrêtée dans l'autre sens, sa conductrice m'a lâché sur un ton sec pas aimable : « You spot anything how ». 
Je ne suis pas sûr de bien comprendre mais d'après le ton ça doit vouloir dire que je prends des photos n'importe comment. De quoi je me mêle ? C'est parce qu'elle m'a vu descendre de voiture ? Elle ne va pas s'y mettre non plus, y a assez des gardes ! Ce sont mes vacances, je fais ce que je veux. Connasse ! Par contre, en sortant du parc, dans le sens de ceux qui arrivent, tout un tas de pictogrammes annoncent les règles à suivre dans le parc. Peut être que ces panneaux n'étaient pas au niveau de la porte où je suis arrivé il y a 3 jours mais l'un d'eux dit : « No sitting or standing in open sunroofs or windows ». Oups...
Après trois jours passés au contact de la nature, ne croisant et ne parlant à personne, ça fait un choc de sortir du parc. 
L'ambiance change dès les barrières passées. Les cases sont de retour, les vaches sur la route aussi, et toujours tout un tas de personnes qui marchent sur le bas côté pour aller nul part, avec des gamins à poil qui sautillent en proie à des crises de nerfs. Il y en a certains pour qui voyage réussi doit rimer avec contact avec la population. Même si je lui trouve du charme, ça ne m'intéresse pas. En fait l'humain ne m'intéresse pas beaucoup. Les villes, les musées, les monuments, les gens... Je préfère quand la nature est intact, comme si personne n'était jamais venu la déranger et que j'étais le premier à la découvrir. Voilà pourquoi les parcs nationaux m'attirent.
De Hluhluwe (imprononçable, que j’appelle donc ukulélé), il reste près de 100 kilomètres vers Sodwana Bay. Même si l'on est autorisé à rouler à 100 sur la route, comme ce qui est le cas sur toutes les routes d'Afrique du Sud, dans la pratique on est obligé de rouler moins vite. 
Très fréquemment ces maudits ralentisseurs apparaissent au milieu de nul part, obligeant à ne pas dépasser 30 à l'heure. Et quand ils font leur apparition c'est par série de 4. Tout ça pour un prétendu village que l'on ne distingue pas. C'est juste un endroit dans la brousse où des personnes sont agglutinées sur le bas côté, protégés du soleil par des parapluies aux couleurs vives, attendant un bus qui ne viendra jamais car ayant dû tomber en panne quelque part sans que personne ne le sache. Car on ne cesse de croiser des voitures arrêtées sur le bas côté avec quelqu'un affairé à changer un pneu ou avec une tête plongée dans le capot. Espérons que ça ne m'arrive pas, je suis bien content d'avoir une voiture de location qui a moins de 10000 kilomètres et qui sent encore le neuf.
Au fur et à mesure que j'avance j'ai l'impression que ça devient encore plus « rustique ». Les buissons se parent de myriades de couleurs. Pas de fleurs mais plutôt de linge laissé à sécher ! Les gens marchent pieds nus sur un asphalte qui fait des reflets de chaleur par 40 dehors. Je ne sais pas comment ils font. Des mamas déambulent avec des glaciaires en équilibre sur leur tête, quand ce n'est pas des troncs ou tout autre objet hétéroclite et le plus souvent incongru. Les gens sortent de derrière les buissons, de n'importe où. Chaque fourré doit cacher une case qu'on ne voit pas. Voilà pourquoi je n'irais pas m'amuser à faire du camping sauvage ! Là où l'on croit qu'il n'y a personne, il y a toujours quelqu'un pour traficoter quelque chose. Aujourd'hui c'est dimanche, c'est donc la sortie pour la messe. Les jeunes filles sont habillées dans un style filles de joie qui détonne au regard du sujet, boitillant sur des talons hauts qui leur donne mauvais genre, plus habituées à ne rien avoir aux pieds.
C'est ainsi que je traverse Mbazwana, dernier gros point sur la carte, à une dizaine de kilomètres de Sodwana Bay. 100 kilomètres seulement plus loin et c'est le Mozambique. Le bourg se résume à un super-Spar, à un marché alternatif tout autour formé par des draps par terre qui mettent en valeur des bananes trop mures et des ananas rachitiques et desséchés, et à beaucoup d'immondices et de plastiques de toute nature qui s'accumulent sur les trottoirs tandis que les chèvres cherchent un brin d'herbe à grignoter. Dans ces conditions je ne cherche même pas à allumer l'ordinateur pour voir si j'ai du wifi ! A Sodwana Bay, ce n'est pas mieux. C'est 3 gargotes sur le bas côté et basta. Les « guesthouse » sont en fait des chambres chez l'habitant, dans une case commune où doivent sûrement cohabiter trois générations. 
Je suis sûr que le guide du routard doit a-do-rer ! J'écrivais il y a quelques jours que Sodwana Bay était une station balnéaire prisée. En d'autres temps peut être. Aujourd'hui et comme c'est dimanche, elle n’est prisée que par les locaux et encore il n'y a pas foule. S'il y a une petite cinquantaine c’est déjà bien. Il faut dire que la plage est dans le parc national, le même qu'à Saint Lucia, le iSimangaliso, et donc que son accès est restreint et payant.
A l'entrée j'explique au garde que je viens là deux jours pour faire du camping. Il me demande où. Je n'en ai aucune idée, j'ai lu sur le Lonely Planet q'il y en avait deux. En fait il y en a quatre. Je lui demande alors lequel d'après lui sera le plus tranquille et le moins rempli. Il me conseille le Mseni Lodge qui offre en plus un restaurant et un bar et a des emplacements en haut de dune avec vue sur la mer. Adjugé. 
Mais avant le Mseni Lodge, il faut encore passer une barrière avec une réception située devant. Je rentre dans un bâtiment sans âme et sombre où quelqu'un sort d'une pièce pour me recevoir. Mais il ne peut rien pour moi car je suis à la réception du parc national. Je vais donc voir le garde à la barrière qui me fait un foin disant que normalement il faut téléphoner, mais qu'il me laisse aller voir là où je veux me mettre. Il me parle de toutes les options et me conseille lui le CoralDivers, avant de lever la barrière. A une condition : que je revienne le voir pour lui dire ce que j'ai choisi.
C'est un vrai labyrinthe ce truc, constitué de plein de pistes de sable qui s'enfoncent dans la jungle. Ici la section A, ici la B, la F... Ça n'en finit plus. Et tout est vide. Je continue un peu. A droite il faut prendre une piste pour parvenir au Mseni Lodge, au risque de s'enliser. 
La route continue en revanche vers un camp indiqué « Gwalagwala », derrière la dune, où l'on entend les vagues. Cette section comprend 33 emplacements éloignés les uns des autres, sous les arbres et je tombe instantanément sous le charme. C'est là que je veux être. En plus en faisant le tour, il n'y a qu'une seule tente installée et encore elle est à l'opposé de l'emplacement qui me semble le mieux, le numéro 6, car spacieux et pénétrant profondément sous les arbres en s'éloignant au maximum du chemin. Certes ce n'est pas avec un occupant qu'on risque de se taper dessus, mais peut être que d'autres personnes vont arriver plus tard. Car il n'est que 13 heures. Au final j'aurai quand même mis 4 heures pour venir, dont plus de deux passées à traverser le parc. Il ne me reste plus qu'à trouver la réception du Gwalagwala, que je finis pas trouver au niveau de la section des chalets. Mais c'est fermé. 
La vitre est si sale qu'on ne voit pas si quelqu'un est endormi derrière, aussi je frappe fort au carreau. Comme ça ne change rien, je retourne à la barrière, signalant que j'ai fait mon choix mais que personne n'est là. Le garde me demande alors d'aller voir à la réception du parc qui saura me répondre ou trouver la bonne personne. Retour à la case départ...
Effectivement la réception du parc me déroule un registre à large feuilles pour noter mon nom, adresse et numéro de téléphone. En fait j'ai fait le bon choix, le Gwalagwala est le camping géré par le parc national. Ils auraient pu me le dire la première fois mais c'est vrai que j'avais demandé le Mseni... Les tarifs sont hallucinants. 85 rands car je suis en basse saison (c'était 220 à Cape Vidal). OK, il y a moins de bêtes à voir que dans l'autre partie du parc (encore que j'ai déjà vu des biches et des singes) mais la plage y est censée être bien plus belle et avec un eau pure. 
C'est en plein cagnard que je plante la tente. Une bonne chose de faite, je peux désormais aller découvrir la plage. Il faut juste chercher le chemin d'accès. En fait depuis les sites de campings, c'est impossible, il faut repasser la barrière. En parlant du camping, avec les différentes zones, c'est pas moins des centaines de places qui sont offertes. J'ai aussi fait un tour au niveau du Coral Divers, où les gens sont agglutinés dans des cabanons qui ne peuvent loger qu'un lit et collés les uns aux autres, dans un sous-bois bas de plafond gorgé de moustiques. Je préfère le camping. Et vive la basse saison ! C'est bizarre car quand même ici c'est l'équivalent d'un 3 août. Je me demande bien quand c'est la haute saison ! Mais c'est tant mieux, je fuis les périodes de vacances scolaires. S'il y a tant d'emplacements, c’est qu'ils répondent à un besoin, aussi j'imagine l'horreur que ça doit être en haute saison.
Avant d'aller à la plage je passe devant la seule supérette du coin mais elle est fermée, dimanche après-midi oblige. Elle était ouverte quand je suis passé en arrivant. Je n'ai plus que moins d'un litre d'eau et j'ai déjà très soif. Il fait vraiment très chaud et ce n’est pas à la plage, sans ombre, que ça va s'arranger. La plage est absolument magnifique, conforme aux photos que j'avais vues sur le net avant mon départ, mais le mieux est de s'éloigner sur la droite, après avoir traversé un cours d'eau de couleur ferrugineuse. Même si l'on dépasse la zone de baignade surveillée désignée entre deux fanions. Ils ont mis le drapeau rouge aussi les gens se baignent de l'eau aux cuisses. Il est dit de faire attention aux courants, violents, et aux requins. Mais c'est surtout le requin qui m'inquiète. Car ici ce n'est pas le petit requin brun comme en Polyénésie, mais ce sont les gros requins blancs, les plus redoutables, ceux de « Les dents de la mer » ! 
Sur la plage je ne vois que des locaux, hormis un ou deux blancs. Les gens se baignent en short de tous les jours quand ce n'est pas tout habillé. Quelques pécheurs ont aussi jeté leur ligne. En continuant plus loin, après le phare, on dépasse un cap et c'est alors que je me retrouve face à une plage vide. Des dunes à perte de vue couvertes de plantes grasses ou rampantes qui arrivent jusqu'au bord de la plage, des rouleaux, tout est là pour en faire une plage de rêve. J'ai passé la majeure partie de l'après midi le dos collé à la dune, bénéficiant de son ombre car le soleil était déjà passé de l'autre côté. La plage est orientée quasiment côté est. Je ne suis pas arrivé à me baigner. Entres les gros rouleaux et la peur des requins, j'ai pataugé dans de l'eau au genou. Dès lors que ne je voyais plus ce qu'il y avait sous l'eau, j'évitais d'aller plus loin. Dans ces conditions, c'est dur de se baigner.
En fin d'après midi, je suis retourné vers Sodwana Bay (le « village ») puis à Mbazwana, à la recherche d'internet. Pour rien, comme il fallait s'y attendre. En chemin j'ai pris quelqu'un en stop que le garde m'avait demandé de prendre avec lui. Comme c'est quelqu'un qui était connu du parc, je ne risquais donc pas grand chose. Je l'ai laissé sur le bas côté quelques kilomètres plus loin, au milieu de nul part, là où il habite. Pas de maison en vue, peut être vit-il dans un terrier ! Plus tard, je suis allé dîner mais surtout prendre un verre au Mseni Lodge. L'endroit est tenu par un jeune blanc chevelu qui m'a reçu pieds nus, en short de surf et une casquette vissée sur la tête. Il a l'air sympa, il me fait toujours des signes les deux pouces an l'air assortis de « OK ? », « Good ? » ou « My friend ». J'imagine qu'il a réalisé son rêve : une vie tranquille au grand air, passée à faire du surf entre deux services. 
J'ai commandé deux bouteilles d'un demi litre chacune de « Windhoek Premium Draught », la bière locale made in Capetown. Bien fraîche, bien bonne, c’est ce qu'il fallait pour apaiser ma soif. Le restaurant, bâtiment tout en bois, est sur deux niveaux. Il faut aller en haut où à l'étage on voit la mer. On a l'impression d’être dans une cabane perchée au sommet d'un arbre. C'est ainsi que j'ai passé le dîner, à regarder l'Océan Indien, puis les étoiles, à humer l'air et à sentir le vent, m'amusant à capturer en photo les faisceaux du phare. J'ai dû passer pour un autiste. En bas du restaurant j'ai vu qu'il y avait un escalier qui permettait sans doute de rejoindre la plage. Vu l'endroit où se trouve le Mseni, la plage à ce niveau là doit être plus belle et complètement déserte. Je sais où j'irai demain !
Quand j'ai réglé ma note, la serveuse m'a demandé « Where are your friends today ? ». Dans un pays où tout marche par tribu je dois passer plus qu'ailleurs pour un extraterrestre en étant attablé tout seul à un restaurant. Je suis juste dans mon monde, celui des choses simples où je me suffis à moi même. C'est là que je me sens bien, vivant et vraiment moi...

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