Je ne suis bien que dans
les grands espaces sans trace humaine. On peut dire que mon vœu
s'est exaucé aujourd'hui. J'ai passé une journée formidable, une
bonne petite journée de sauvagerie, sans doute la plus belle depuis
ma rencontre avec les lions à iMfolozi. Une expérience différente.
Tout a commencé ce matin alors que je me suis levé aux aurores pour
être le premier à la grille du parc qui ouvre à 6 heures. J'ai
même attendu un peu. C'est mieux que ces personnes qui font la queue
au petit matin devant la porte de leur supermarché ! Moi
aujourd'hui mes courses ce sera découvertes et trouvailles
animalières. Et avec ceci ?
Rapidement, la première
chose que j'ai vue c'est un chacal, à la robe comme un renard à qui
ça ressemble fortement. Il était devant un buisson, à découvert,
profitant des rayons du soleil qui commençaient à poindre.
Un peu
plus loin j'ai surpris trois hyènes qui essayaient d'encercler deux
phacochères - une mère avec son petit - qui n'avaient pas l'air
bien effrayés, continuant de brouter comme si de rien n'était. Dès
qu'une hyène essayait de s'approcher un peu, le phacochère
chargeait et la hyène décampait. Pourtant une hyène, c'est plus
gros. Mais le phacochère a beau être plus petit, il reste trapu et
teigneux et je suis sûr qu'il n'hésite pas à donner des coups de
butoir en rentrant dans le lard à qui l'emmerde un peu trop. Les
hyènes ont l'air de les craindre. Par contre une hyène, aussi
tachetée soit elle, ça reste un animal pas forcément très joli,
ça a des tâches de sang sur la fourrure, les oreilles pleines de
morsures, de cicatrices et ça a l'air retors. Ils n'ont pas l'air
très appréciés non plus des autres autochtones.
Il y avait un
troupeau de zèbres qui buvait plus loin à un point d'eau. Alors que
les zèbres se dirigeaient ailleurs, une hyène en a profité pour
venir rafraîchir son haleine fétide. Les zèbres l'ont tout de
suite repérée, ont changé de direction et se sont mis à la
courser. Il ne faut pas croire que les prédateurs sont les pachas du
bush et que les autres créatures se laissent croquer sans rien dire.
Les plus teigneuses ce sont les proies. C'est aussi un peu aussi la
foire du bluff, dans un monde où il faut montrer qui est le plus
fort pour arriver à survivre.
Après cette mise en
bouche, pourrais-je s'il vous plaît avoir quelque chose de plus
consistant, comme un éléphant ou au pire une girafe ? Car si
tout le ponde vient là, c'est justement que dans le nom du parc il y
a le mot « éléphant ». On l'a pas glissé là pour
faire joli. Pourtant il manque toujours à l'appel.
D'un autre côté
je ne connais pas vraiment ses mœurs. Je sais que la majorité de la
faune sort le matin ou le soir mais c'est surtout vrai pour les
prédateurs. Pour les herbivores en revanche, on les croise plus
facilement à toute heure, vu qu'ils ont constamment besoin de
manger. Je devrais donc croiser un éléphant à un moment ou à un
autre, d'un instant à l'autre je dirais même. Dans cette hypothèse
j'ai l'appareil photo toujours allumé, prêt à être dégainé. Je
suis confiant car tout le monde dit qu'on est à peut près assuré
de croiser des éléphants au cours de sa visite dans le parc. Et
puis je ne suis pas comme ces bus de touristes qui viennent juste
passer l'après midi. Si je ne trouve rien encore ce matin, j'ai ce
soir et demain matin pour me rattraper, sans compter sur le fait que
ce soir je vais dormir enfermé en plein cœur du parc.
Le parc Addo est en fait
composé de plusieurs secteurs qui ne communiquent pas forcément les
uns avec les autres. L'une de ses parties se trouve au niveau de la
mer et offre un paysage de dunes et de mer dont les photos sur le
dépliant m'ont tout de suite conquis. C'est là que l'on trouve les
dunes les plus vastes de toute l'Afrique du Sud. Et ça tombe bien,
sur la carte du parc j'ai découvert qu'il y avait une piste qui
évitait de faire tout un détour afin de s'en rapprocher. Après le
safari matinal, place à la découverte des paysages côtiers. Pour
ce faire, il faut se rendre à Alexandria, après avoir traversé le
parc et passé une porte d'entrée située à l'est, soit à l'opposé
de la porte principale. Dans ce secteur personne ne passe, c'est très
tranquille. Pourtant apparemment il y a un hébergement par là. Je
ne sais pas ce qu'il vaut, mais si vous cherchez un coin tranquille
je le conseille. On peut y accéder en voiture depuis le camp
principal par une piste en à peine une demie heure. Ça se fait très
bien et la conduite sur la piste ne pose pas de problème, elle est
bien plane. Surtout, évitez le camp principal et sa cohue.
Une fois passée la porte
Est il faut par contre continuer sur une piste défoncée par des
picks-ups de fermiers et qui s'étend sur des kilomètres. C'est la
piste du stress, impossible de dépasser les 20 à l'heure tellement
la piste est en mauvais état. A chaque instant j'avais peur de la
crevaison.
![]() |
| Ça n'a pas l'air commode! |
Heureusement, la route pour Alexandria est ensuite en très
bon état et on est même autorisé à y rouler à 120 km/h, comme
sur une autoroute. Peu avant Alexandria, un panneau indique Addo
Elephant National Park. Il faut le suivre par une nouvelle piste qui
ne change que par la couleur de sa poussière, blanche au lieu du
rouge de l'autre partie. Après un moment on arrive à la réception
du parc, complètement vide mais où tout est ouvert. En consultant
les panneaux explicatifs, j'ai appris que pour arriver aux dunes que
je convoitais, cela se fait par une randonnée de deux jours par le
Alexandria trail qui commence au niveau de la réception et que ce
n'est qu'au deuxième jour et après 19 kilomètres de marche qu'on
les découvre. Ah non ! Je n'ai pas fait tout ça pour rien !
J'ai alors scruté un peu mieux la carte et il y aurait un autre
sentier qui partirait de la piste, en continuant. Car la piste au
bout d'un moment suit la côte bien qu'en gardant une distance
respectable.
Je vais donc vous livrer
l'astuce, décrite dans aucun guide (d'ailleurs aucun guide ne parle
des ces dunes!). Après avoir repris la piste depuis la réception,
il faut continuer jusqu'à dépasser un virage qui part à 90 degrés
sur la gauche et où se trouve une ferme au niveau du coude. Juste un
peu plus loin on trouve un chemin sur la droite qui descend à
travers les champs et les bosquets. On voit déjà la mer en
contrebas à ce niveau là mais pas les dunes, cachées par la forêt.
Pour ce chemin, il y a deux panneaux qui indiquent la même
direction, l'un où est inscrit « Ocean View » (où l'on
peut d'ailleurs camper) et l'autre indiqué « Woody Cape
Holiday Resort ». C'est cette bifurcation qu'il faut prendre.
Le paysage fait penser à la Nouvelle-Zélande, où la mer arrive en
contrebas de ranchs. Une fois arrivé à Ocan View, le chemin devient
piste de tracteur au milieu des herbes et un nouveau panneau marqué
« Wild Woody Cape Backpackers » fait son apparition. Vous
êtes sur la bonne voie. Ensuite c'est très simple, peu avant ledit
« backpacker », un petit portail sur la droite ouvre le
sentier qui mène à la plage. Sur la grille il y a inscrit «Addo
National Park boundary » et un panneau au dessus affiche
« Woody Cape Section. Acces by permit only ». J'ai trouvé
tout ça par hasard, avec un peu de détermination. Le Petit Futé,
c'est moi !
Pour la balade il faut
compter 3h30. C'est le temps que cela m'a pris. Après, tout dépend
à quel point vous souhaitez vous rapprocher des dunes. Car la plage
est vaste et à se damner. Imaginez une plage dans un parc national,
vierge de tout ! Sur sa droite de hautes dunes se jettent dans
la mer sans aucune végétation avec un point haut au niveau d'un
cap, cap qui a l'air très très loin. Un mini Sahara qui évoque un
peu les dunes de Maspalomas aux Canaries, en plus hautes et bien plus
sauvages ! La plage est un long ruban de sable blond de
plusieurs kilomètres où viennent déferler de grosses vagues où
l'on aimerait passer sa journée à s'y rouler. Pour commencer, il
faut descendre sur la plage en se servant d'une corde car la pente de
la dune est rude. En fait elle sert surtout à remonter car pour
descendre il suffit de la dévaler en marchant ou en courant.
Une fois sur la plage il
faut bien repérer par où on est arrivé car rien ne ressemble plus
à une dune qu'une autre dune. C'est un truc à se retrouver coincé
sur la plage sans retrouver le point d'accès ! D'autant plus
que personne ne sait où je suis, comme d'habitude. Pour repérer le
chemin du retour, je me suis fié à un panneau sur la plage. Mais
quelques instants plus tard, il y avait le même ! Tout le jeu a
donc consisté à bien compter les panneaux, question que je n'en
manque pas un. Un peu plus loin, j'ai croisé un petit serpent tout
vert qui faisait du surf et qu'une vaguelette a déposé à mes
pieds. Pas moyen d'être tranquille, va encore falloir que j'ouvre
l’œil à tout si je ne veux pas être dans le prochain épisode de
« Je ne devrais pas être en vie ». Dans les paradis
sauvages, il y a toujours un côté sauvage de trop... A part le
serpent, la menace la plus commune semble être les méduses qui
jonchent le sable... et donc la mer. Ça rend tout de suite la
baignade moins engageante. En revanche elles font le bonheur de
mollusques verdâtres qui sont tous venus en faire leur repas.
Quelle belle invention,
le passeport ! Enfin, ce serait encore mieux si l'on pouvait
s'en passer mais en attendant je peux aller où je veux et découvrir
des endroits uniques comme celui-là. Les portes du monde me sont
ouvertes. Pourquoi rester chez soi ? La marche sur la plage est
d'une interminable beauté. J'ai l'impression de faire du sur place
pourtant j'en suis à mon troisième poteau indicateur. Finalement je
me suis arrêté au bout d'une heure de marche sur la plage pour
gravir une dune et avoir une vue d'ensemble. D'en haut c'était le
bonheur : des dunes à perte de vue, une mer très belle en bas,
un petit coin de bout du monde rien que pour moi. Pris dans
l'euphorie, j'ai même descendu la dune en courant. Ça bat tous les
loisirs du monde.
De retour dans le parc,
au niveau de la grille que j'ai atteinte en repassant par la même
piste horrible, quelle ne fut pas surprise !
Alors que j'étais
concentré sur les nids de poule mon attention a été détournée
par des masses sombres sur les côtés. En y regardant mieux
c'étaient des éléphants. Oui, c'était bien eux et je ne les
attendais pas juste de l'autre côté de la clôture du parc
national, en train de brouter dans un pré bien vert. C'est donc ça,
ils n'aiment pas le bush et préfèrent les herbes à vache ! Je
pouvais toujours les chercher plus loin. Ce qui me faire dire encore
une fois de plus qu'il ne faut jamais s'attendre à rencontrer des
bêtes, elles arrivent toujours quand on ne s'y attend pas, c'est un
fait exprès.
Si vous venez à Addo, ne
manquez pas une nuit au camp Spekboom. Ce n'est certes pas donné
mais c'est une expérience remarquable. Après avoir acheté des
provisions pour le dîner, chargé les batteries et même trouvé un
coin de wifi, je me suis mis en route vers le camp, situé dans le
parc, derrière les grilles.
Là où tout le monde doit être sorti
du parc pour 18h30, pour moi c'est le contraire, je dois y être
entré avant 18h30 et rester à l'intérieur. Je m'étais laissé
une demie heure pour arriver au camp, distant d'une dizaine de
kilomètres depuis l'entrée du parc, afin de prospecter le bush pour
une dernière fois de la journée. Même si je tiens désormais les
éléphants, ce n'est pas une raison pour ne rien regarder, le but
n'étant pas forcément de dresser un tableau de chasse complet pour
s'en lasser aussi fait. Bon, il y a bien quelques animaux que je ne
regarde plus trop car suffisamment photographiés, profitant me
concentrer sur les manquants, comme les ongulés ou les phacochères.
Ces derniers pullulent littéralement dans le parc. Plus personne ne
les remarque, ce sont les mal aimés et laissés pour compte. Ils
font partie du paysage. Il faut dire avec le nombre de petits autour
d'une truie, ça doit se reproduire comme des lapins. Ça devrait
faire l’appétit des lions ou léopards mais ceux-ci ne se montrent
pas. Je sais qu'il ne faut pas que je m'attende à les voir, c'est le
meilleur moyen de ne pas en voir.
J'ai encore revu maints
chacals qui se promènent le long des pistes comme n'importe quel
chien. C'est à se demander pourquoi je ne les avais pas vus hier. De
temps en temps ils sautent dans un buisson pour se saisir d'un
insecte puis continuent leur route. Ils ne sont pas particulièrement
peureux, ils avancent d'un pas de chien en vadrouille et si l'on
s'approche de trop ils s’écartent juste dans un buisson mais sans
se presser. J'ai aussi vu une tortue occupée à brouter de la
verdure. Ça a une langue toute rose comme nous et ça respire à
intervalles en faisant un gros râle à la manière d'un dauphin qui
reprend son souffle. Bizarre comme bestiole et pas franchement
photogénique, d'autant plus que celle ci bavait et avait plein
d'herbes collées autour de la bouche. Il n'empêche, mon carnet de
chasse ne cesse de se remplir.
Le parc nous a remis un petit dépliant
quand on est arrivé avec la liste des animaux que l'on peut
rencontrer et une case à cocher devant. Comme un jeu pour enfants,
je me suis laissé séduire et chaque fois je noircis une case
assidûment. Et ma grille se remplit ! D'ailleurs elle n’est
pas exhaustive, il y a des bestioles qui manquent, principalement
chez les oiseaux.
Pour me rendre au camp,
j'ai pris une route alternative que je n'avais encore jamais
empruntée et c'est bien dommage. Elle passe dans une zone où le
bush se fait moins haut pour finir au niveau d'un plateau avec un
point d'eau où se rafraîchissent des zèbres et autres impalas.
Avec le soleil qui se couche la scène fait typiquement cliché de
safari avec le lion pris à contre jour où le soleil joue à travers
sa crinière. Imaginez... sans le lion ! En revanche j'ai eu
droit à mon premier éléphant en situation, qui fait plus éléphant
que vache dans un enclos.
Et ça change tout de voir une tête
dépasser des buissons. Les éléphants sont insaisissables. Ils ont
la bougeotte aussi il vaut mieux dégainer rapidement et ne pas
espérer faire un « coucou » pour que la bête se
retourne. Elle mange en avançant ce qu'elle trouve sur son chemin.
Plus loin, à nouveau des chacals, allongés sur la piste avec les
deux pattes devant. Des chiens de bush, quoi.
Je pensais être le
dernier à arpenter les pistes à cette heure là mais j'ai croisé
quelques voitures qui allaient dans la même direction que moi, d'un
pas pressé. Sans doute des voisins au camp. Les éléphants m'ont
mis en retard, j’avais dépassé l'heure limite de 5 minutes et la
grille était fermée. Le camp est en fait comme un camp militaire.
Il y a une grille électrifiée avec un cadenas, derrière laquelle
se garer. Partout des clôtures électriques qui montent à trois
mètres.
Le camp est un truc où l'on est autonome, où personne
n'est là pour nous recevoir. Si problème, on ne peut compter que
sur soi. On est prisonnier à l'intérieur du parc et la forteresse
m'est interdite. Sur le parking je n'ai pas retrouvé les
4x4/camping-cars que je venais de croiser quelques minutes avant.
Sans doute des resquilleurs qui vont passer la nuit dehors. Pour ma
part, j'ai fini par comprendre que dans le trousseau qui m'avait été
remis se trouvait une clef pour ouvrir le cadenas.
On savait déjà que
j'étais bon à être enfermé, c'est désormais chose faite !
Enfermé au sein d'une citadelle imprenable. En principe... Quand on
entre dans le camp le sentier très étroit passe à travers des
buissons très hauts et très épais. C'est un vrai labyrinthe. Je
suis les panneaux jusqu'à ma tente, la numéro 5. Les tentes sont
très séparées les unes des autres avec chacune leur accès
privatif.
D'ailleurs je n'ai pas vu celles des autres. La mienne pour
l'heure est une tente de safari deluxe, posée sur une estrade et
sous une bâche tendue entre quatre troncs d'arbre. A l'intérieur
j'ai deux vrais lits, un chevet et une caisse avec tous les
ustensiles et couverts pour se faire à manger. J'ai aussi deux
chaises pliantes façon chaises de réalisateur de films et des
serviettes avec des savons de chaque côté, un peu grignotés à
travers l'emballage par quelque faune locale. Dehors, le sempiternel
braii, fidèle compagnon d'une soirée réussie au grand air, ne
demande plus qu'à être utilisé.
Avant de filer à la
douche, j'ai repéré qu'il y avait un point de vue marqué
« lookout » à l'intérieur du camp. C'est en fait une
planque qui donne sur un point d'eau derrière une palissade. Je me
suis laissé prendre au jeu quand j'ai vu un éléphant un peu plus
loin dans les buissons avec le ciel rougeoyant derrière.
Même si
l'éléphant était un peu loin je savais que je tenais une belle
photo. J'ai attendu un peu, qui sait quelle autre personnalité du
bush allait venir se désaltérer avant d'aller se coucher. Un lion,
un léopard ? Ce qui est difficile avec la photo animalière
c'est qu'elle est imprévisible. Ça peut arriver à n'importe quel
moment, ou bien jamais. C'est aussi une pochette surprise. Quand un
sujet est là, il faut avoir l'appareil déjà allumé et les
réglages faits au risque de passer à côté d'un beau moment. Les
photos doivent être prises sur le vif. Il n'y a aucune possibilité
de rattrapage, un moment loupé est un moment raté à jamais. Les
angles de prise de vue sont aussi délicats, on ne peut pas demander
au sujet de bouger comme on voudrait. Pour les plus timides un
sifflement suffit parfois à leur faire tourner la tête dans le bon
sens, mais ça ne marche pas avec les prédateurs qui, eux, n'ont à
se méfier de personne. Il faut donc être patient et sur le
qui-vive, traits de caractère qui ne me distinguent pas vraiment.
Mais malgré tout je suis assez content de mes résultats.
Alors que j'étais prêt
à laisser les autres là à attendre des heures qu'un hypothétique
lion arrive, j'ai croisé un couple qui me disait que des éléphants
allaient arriver d'un instant à l'autre. Ils les avaient vus se
diriger vers le point de vue depuis leur tente. Chic ! Une bonne
entraide, ça aide toujours. J’avais d'ailleurs presque envie de
faire de la sorte après avoir vu mes premiers éléphants et croisé
des touristes en proie à un safari raté qui prenaient des canards
sauvages en photo sur le bas côté de la route, question de revenir
de Addo avec des photos. Mais je n'allais pas mâcher le travail, le
plaisir de croiser une bête sauvage est justement la rencontre
fortuite avec elle. Sinon, ça s'appelle un zoo. Les éléphants ont
mis bien du temps à venir et le couple s'est excusé quand je les ai
laissés, supposant que les éléphants avaient dû prendre un autre
chemin en cours de route. Au moment où je me levais, la dame m'a
tenu la manche pour me signaler qu'ils arrivaient. En effet, un
premier spécimen allait passer juste devant la planque, suivi d'un
deuxième, un troisième, un bébé... C'est toute une tribu qui est
passée par là pour boire un coup dans le point d'eau avant de
continuer dans le bush sans jamais se retourner. Au moment où ils
passaient j'étais en train de filmer. J'ai raté là les meilleures
photos, on ne peut pas gérer deux appareils à la fois. Je mettrai
les vidéos des animaux que j'ai faites sur ce blog à mon retour, ça
fera un beau complément. Quelle chance d'avoir aperçu un troupeau
d'éléphant à la queue leu-leur avec un éléphanteau ! Ce
sont les seigneurs de la brousse, gracieux malgré leur taille. Ils
ont été le bouquet qui finit en apothéose une journée bien
remplie !
![]() |
| Bonne nuit mes petits éléphants! |
Je suis ensuite allé
prendre une douche, dans un cabanon tout confort avec un toit en
plexiglas qui permettait de contempler le ciel tout en prenant sa
douche. Un beau moment de délassement. Ensuite il a fallu se mettre
à manger, c’est moins drôle il faisait déjà presque nuit et
avec la torche solaire elle n'allait pas tenir très longtemps. Car
on nous a bien dit que le camp ne disposait pas d'électricité et
qu'il fallait amener son propre matériel. Tout comme le « bedding »,
c’est à dire je suppose les draps. En fait ils nous on raconté un
peu n'importe quoi car dans la tente il y a une lampe avec un fil qui
dès qu'on le tire donne de la lumière. Et puis j'ai aussi des
draps, une couverture et une couette et le lit est déjà fait. Car
les nuits dans le bush sont froides. C'est ce que j'ai vu hier où
j'ai eu un peu froid dans ma tente avec juste un drap sac à viande.
Pour mes autres nuits au grand air, il faudra que je sorte le sac de
couchage, on n'est plus dans le Kwazulu Natal.
Ce soir je suis resté
dans l'obscurité à regarder les étoiles et à écouter les bruits
des bêtes féroces autour de nous. La nuit les bêtes sont
étrangement moins peureuses et le bush regorge de cris, de râles et
de soupirs dont on aurait bien du mal à dire à qui ça appartient.
C'est une belle expérience à vivre que de passer la nuit enfermé
dans un parc national au milieu de bêtes dont c'est le territoire.
C'est un privilège que d'être leur invité pour une nuit...




















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