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jeudi 7 février 2013

Addo Elephant National Park

Je ne suis bien que dans les grands espaces sans trace humaine. On peut dire que mon vœu s'est exaucé aujourd'hui. J'ai passé une journée formidable, une bonne petite journée de sauvagerie, sans doute la plus belle depuis ma rencontre avec les lions à iMfolozi. Une expérience différente. Tout a commencé ce matin alors que je me suis levé aux aurores pour être le premier à la grille du parc qui ouvre à 6 heures. J'ai même attendu un peu. C'est mieux que ces personnes qui font la queue au petit matin devant la porte de leur supermarché ! Moi aujourd'hui mes courses ce sera découvertes et trouvailles animalières. Et avec ceci ?
Rapidement, la première chose que j'ai vue c'est un chacal, à la robe comme un renard à qui ça ressemble fortement. Il était devant un buisson, à découvert, profitant des rayons du soleil qui commençaient à poindre.
Un peu plus loin j'ai surpris trois hyènes qui essayaient d'encercler deux phacochères - une mère avec son petit - qui n'avaient pas l'air bien effrayés, continuant de brouter comme si de rien n'était. Dès qu'une hyène essayait de s'approcher un peu, le phacochère chargeait et la hyène décampait. Pourtant une hyène, c'est plus gros. Mais le phacochère a beau être plus petit, il reste trapu et teigneux et je suis sûr qu'il n'hésite pas à donner des coups de butoir en rentrant dans le lard à qui l'emmerde un peu trop. Les hyènes ont l'air de les craindre. Par contre une hyène, aussi tachetée soit elle, ça reste un animal pas forcément très joli, ça a des tâches de sang sur la fourrure, les oreilles pleines de morsures, de cicatrices et ça a l'air retors. Ils n'ont pas l'air très appréciés non plus des autres autochtones. 
Il y avait un troupeau de zèbres qui buvait plus loin à un point d'eau. Alors que les zèbres se dirigeaient ailleurs, une hyène en a profité pour venir rafraîchir son haleine fétide. Les zèbres l'ont tout de suite repérée, ont changé de direction et se sont mis à la courser. Il ne faut pas croire que les prédateurs sont les pachas du bush et que les autres créatures se laissent croquer sans rien dire. Les plus teigneuses ce sont les proies. C'est aussi un peu aussi la foire du bluff, dans un monde où il faut montrer qui est le plus fort pour arriver à survivre.
Après cette mise en bouche, pourrais-je s'il vous plaît avoir quelque chose de plus consistant, comme un éléphant ou au pire une girafe ? Car si tout le ponde vient là, c'est justement que dans le nom du parc il y a le mot « éléphant ». On l'a pas glissé là pour faire joli. Pourtant il manque toujours à l'appel. 
D'un autre côté je ne connais pas vraiment ses mœurs. Je sais que la majorité de la faune sort le matin ou le soir mais c'est surtout vrai pour les prédateurs. Pour les herbivores en revanche, on les croise plus facilement à toute heure, vu qu'ils ont constamment besoin de manger. Je devrais donc croiser un éléphant à un moment ou à un autre, d'un instant à l'autre je dirais même. Dans cette hypothèse j'ai l'appareil photo toujours allumé, prêt à être dégainé. Je suis confiant car tout le monde dit qu'on est à peut près assuré de croiser des éléphants au cours de sa visite dans le parc. Et puis je ne suis pas comme ces bus de touristes qui viennent juste passer l'après midi. Si je ne trouve rien encore ce matin, j'ai ce soir et demain matin pour me rattraper, sans compter sur le fait que ce soir je vais dormir enfermé en plein cœur du parc.
Le parc Addo est en fait composé de plusieurs secteurs qui ne communiquent pas forcément les uns avec les autres. L'une de ses parties se trouve au niveau de la mer et offre un paysage de dunes et de mer dont les photos sur le dépliant m'ont tout de suite conquis. C'est là que l'on trouve les dunes les plus vastes de toute l'Afrique du Sud. Et ça tombe bien, sur la carte du parc j'ai découvert qu'il y avait une piste qui évitait de faire tout un détour afin de s'en rapprocher. Après le safari matinal, place à la découverte des paysages côtiers. Pour ce faire, il faut se rendre à Alexandria, après avoir traversé le parc et passé une porte d'entrée située à l'est, soit à l'opposé de la porte principale. Dans ce secteur personne ne passe, c'est très tranquille. Pourtant apparemment il y a un hébergement par là. Je ne sais pas ce qu'il vaut, mais si vous cherchez un coin tranquille je le conseille. On peut y accéder en voiture depuis le camp principal par une piste en à peine une demie heure. Ça se fait très bien et la conduite sur la piste ne pose pas de problème, elle est bien plane. Surtout, évitez le camp principal et sa cohue.
Une fois passée la porte Est il faut par contre continuer sur une piste défoncée par des picks-ups de fermiers et qui s'étend sur des kilomètres. C'est la piste du stress, impossible de dépasser les 20 à l'heure tellement la piste est en mauvais état. A chaque instant j'avais peur de la crevaison. 
Ça n'a pas l'air commode!
Heureusement, la route pour Alexandria est ensuite en très bon état et on est même autorisé à y rouler à 120 km/h, comme sur une autoroute. Peu avant Alexandria, un panneau indique Addo Elephant National Park. Il faut le suivre par une nouvelle piste qui ne change que par la couleur de sa poussière, blanche au lieu du rouge de l'autre partie. Après un moment on arrive à la réception du parc, complètement vide mais où tout est ouvert. En consultant les panneaux explicatifs, j'ai appris que pour arriver aux dunes que je convoitais, cela se fait par une randonnée de deux jours par le Alexandria trail qui commence au niveau de la réception et que ce n'est qu'au deuxième jour et après 19 kilomètres de marche qu'on les découvre. Ah non ! Je n'ai pas fait tout ça pour rien ! J'ai alors scruté un peu mieux la carte et il y aurait un autre sentier qui partirait de la piste, en continuant. Car la piste au bout d'un moment suit la côte bien qu'en gardant une distance respectable.
Je vais donc vous livrer l'astuce, décrite dans aucun guide (d'ailleurs aucun guide ne parle des ces dunes!). Après avoir repris la piste depuis la réception, il faut continuer jusqu'à dépasser un virage qui part à 90 degrés sur la gauche et où se trouve une ferme au niveau du coude. Juste un peu plus loin on trouve un chemin sur la droite qui descend à travers les champs et les bosquets. On voit déjà la mer en contrebas à ce niveau là mais pas les dunes, cachées par la forêt. Pour ce chemin, il y a deux panneaux qui indiquent la même direction, l'un où est inscrit « Ocean View » (où l'on peut d'ailleurs camper) et l'autre indiqué « Woody Cape Holiday Resort ». C'est cette bifurcation qu'il faut prendre. Le paysage fait penser à la Nouvelle-Zélande, où la mer arrive en contrebas de ranchs. Une fois arrivé à Ocan View, le chemin devient piste de tracteur au milieu des herbes et un nouveau panneau marqué « Wild Woody Cape Backpackers » fait son apparition. Vous êtes sur la bonne voie. Ensuite c'est très simple, peu avant ledit « backpacker », un petit portail sur la droite ouvre le sentier qui mène à la plage. Sur la grille il y a inscrit «Addo National Park boundary » et un panneau au dessus affiche « Woody Cape Section. Acces by permit only ». J'ai trouvé tout ça par hasard, avec un peu de détermination. Le Petit Futé, c'est moi !


Pour la balade il faut compter 3h30. C'est le temps que cela m'a pris. Après, tout dépend à quel point vous souhaitez vous rapprocher des dunes. Car la plage est vaste et à se damner. Imaginez une plage dans un parc national, vierge de tout ! Sur sa droite de hautes dunes se jettent dans la mer sans aucune végétation avec un point haut au niveau d'un cap, cap qui a l'air très très loin. Un mini Sahara qui évoque un peu les dunes de Maspalomas aux Canaries, en plus hautes et bien plus sauvages ! La plage est un long ruban de sable blond de plusieurs kilomètres où viennent déferler de grosses vagues où l'on aimerait passer sa journée à s'y rouler. Pour commencer, il faut descendre sur la plage en se servant d'une corde car la pente de la dune est rude. En fait elle sert surtout à remonter car pour descendre il suffit de la dévaler en marchant ou en courant.
Une fois sur la plage il faut bien repérer par où on est arrivé car rien ne ressemble plus à une dune qu'une autre dune. C'est un truc à se retrouver coincé sur la plage sans retrouver le point d'accès ! D'autant plus que personne ne sait où je suis, comme d'habitude. Pour repérer le chemin du retour, je me suis fié à un panneau sur la plage. Mais quelques instants plus tard, il y avait le même ! Tout le jeu a donc consisté à bien compter les panneaux, question que je n'en manque pas un. Un peu plus loin, j'ai croisé un petit serpent tout vert qui faisait du surf et qu'une vaguelette a déposé à mes pieds. Pas moyen d'être tranquille, va encore falloir que j'ouvre l’œil à tout si je ne veux pas être dans le prochain épisode de « Je ne devrais pas être en vie ». Dans les paradis sauvages, il y a toujours un côté sauvage de trop... A part le serpent, la menace la plus commune semble être les méduses qui jonchent le sable... et donc la mer. Ça rend tout de suite la baignade moins engageante. En revanche elles font le bonheur de mollusques verdâtres qui sont tous venus en faire leur repas.
Quelle belle invention, le passeport ! Enfin, ce serait encore mieux si l'on pouvait s'en passer mais en attendant je peux aller où je veux et découvrir des endroits uniques comme celui-là. Les portes du monde me sont ouvertes. Pourquoi rester chez soi ? La marche sur la plage est d'une interminable beauté. J'ai l'impression de faire du sur place pourtant j'en suis à mon troisième poteau indicateur. Finalement je me suis arrêté au bout d'une heure de marche sur la plage pour gravir une dune et avoir une vue d'ensemble. D'en haut c'était le bonheur : des dunes à perte de vue, une mer très belle en bas, un petit coin de bout du monde rien que pour moi. Pris dans l'euphorie, j'ai même descendu la dune en courant. Ça bat tous les loisirs du monde.
De retour dans le parc, au niveau de la grille que j'ai atteinte en repassant par la même piste horrible, quelle ne fut pas surprise ! 
Alors que j'étais concentré sur les nids de poule mon attention a été détournée par des masses sombres sur les côtés. En y regardant mieux c'étaient des éléphants. Oui, c'était bien eux et je ne les attendais pas juste de l'autre côté de la clôture du parc national, en train de brouter dans un pré bien vert. C'est donc ça, ils n'aiment pas le bush et préfèrent les herbes à vache ! Je pouvais toujours les chercher plus loin. Ce qui me faire dire encore une fois de plus qu'il ne faut jamais s'attendre à rencontrer des bêtes, elles arrivent toujours quand on ne s'y attend pas, c'est un fait exprès.
Si vous venez à Addo, ne manquez pas une nuit au camp Spekboom. Ce n'est certes pas donné mais c'est une expérience remarquable. Après avoir acheté des provisions pour le dîner, chargé les batteries et même trouvé un coin de wifi, je me suis mis en route vers le camp, situé dans le parc, derrière les grilles. 
Là où tout le monde doit être sorti du parc pour 18h30, pour moi c'est le contraire, je dois y être entré avant 18h30 et rester à l'intérieur. Je m'étais laissé une demie heure pour arriver au camp, distant d'une dizaine de kilomètres depuis l'entrée du parc, afin de prospecter le bush pour une dernière fois de la journée. Même si je tiens désormais les éléphants, ce n'est pas une raison pour ne rien regarder, le but n'étant pas forcément de dresser un tableau de chasse complet pour s'en lasser aussi fait. Bon, il y a bien quelques animaux que je ne regarde plus trop car suffisamment photographiés, profitant me concentrer sur les manquants, comme les ongulés ou les phacochères. Ces derniers pullulent littéralement dans le parc. Plus personne ne les remarque, ce sont les mal aimés et laissés pour compte. Ils font partie du paysage. Il faut dire avec le nombre de petits autour d'une truie, ça doit se reproduire comme des lapins. Ça devrait faire l’appétit des lions ou léopards mais ceux-ci ne se montrent pas. Je sais qu'il ne faut pas que je m'attende à les voir, c'est le meilleur moyen de ne pas en voir.
J'ai encore revu maints chacals qui se promènent le long des pistes comme n'importe quel chien. C'est à se demander pourquoi je ne les avais pas vus hier. De temps en temps ils sautent dans un buisson pour se saisir d'un insecte puis continuent leur route. Ils ne sont pas particulièrement peureux, ils avancent d'un pas de chien en vadrouille et si l'on s'approche de trop ils s’écartent juste dans un buisson mais sans se presser. J'ai aussi vu une tortue occupée à brouter de la verdure. Ça a une langue toute rose comme nous et ça respire à intervalles en faisant un gros râle à la manière d'un dauphin qui reprend son souffle. Bizarre comme bestiole et pas franchement photogénique, d'autant plus que celle ci bavait et avait plein d'herbes collées autour de la bouche. Il n'empêche, mon carnet de chasse ne cesse de se remplir. 
Le parc nous a remis un petit dépliant quand on est arrivé avec la liste des animaux que l'on peut rencontrer et une case à cocher devant. Comme un jeu pour enfants, je me suis laissé séduire et chaque fois je noircis une case assidûment. Et ma grille se remplit ! D'ailleurs elle n’est pas exhaustive, il y a des bestioles qui manquent, principalement chez les oiseaux.
Pour me rendre au camp, j'ai pris une route alternative que je n'avais encore jamais empruntée et c'est bien dommage. Elle passe dans une zone où le bush se fait moins haut pour finir au niveau d'un plateau avec un point d'eau où se rafraîchissent des zèbres et autres impalas. Avec le soleil qui se couche la scène fait typiquement cliché de safari avec le lion pris à contre jour où le soleil joue à travers sa crinière. Imaginez... sans le lion ! En revanche j'ai eu droit à mon premier éléphant en situation, qui fait plus éléphant que vache dans un enclos. 
Et ça change tout de voir une tête dépasser des buissons. Les éléphants sont insaisissables. Ils ont la bougeotte aussi il vaut mieux dégainer rapidement et ne pas espérer faire un « coucou » pour que la bête se retourne. Elle mange en avançant ce qu'elle trouve sur son chemin. Plus loin, à nouveau des chacals, allongés sur la piste avec les deux pattes devant. Des chiens de bush, quoi.
Je pensais être le dernier à arpenter les pistes à cette heure là mais j'ai croisé quelques voitures qui allaient dans la même direction que moi, d'un pas pressé. Sans doute des voisins au camp. Les éléphants m'ont mis en retard, j’avais dépassé l'heure limite de 5 minutes et la grille était fermée. Le camp est en fait comme un camp militaire. Il y a une grille électrifiée avec un cadenas, derrière laquelle se garer. Partout des clôtures électriques qui montent à trois mètres. 
Le camp est un truc où l'on est autonome, où personne n'est là pour nous recevoir. Si problème, on ne peut compter que sur soi. On est prisonnier à l'intérieur du parc et la forteresse m'est interdite. Sur le parking je n'ai pas retrouvé les 4x4/camping-cars que je venais de croiser quelques minutes avant. Sans doute des resquilleurs qui vont passer la nuit dehors. Pour ma part, j'ai fini par comprendre que dans le trousseau qui m'avait été remis se trouvait une clef pour ouvrir le cadenas.
On savait déjà que j'étais bon à être enfermé, c'est désormais chose faite ! Enfermé au sein d'une citadelle imprenable. En principe... Quand on entre dans le camp le sentier très étroit passe à travers des buissons très hauts et très épais. C'est un vrai labyrinthe. Je suis les panneaux jusqu'à ma tente, la numéro 5. Les tentes sont très séparées les unes des autres avec chacune leur accès privatif. 
D'ailleurs je n'ai pas vu celles des autres. La mienne pour l'heure est une tente de safari deluxe, posée sur une estrade et sous une bâche tendue entre quatre troncs d'arbre. A l'intérieur j'ai deux vrais lits, un chevet et une caisse avec tous les ustensiles et couverts pour se faire à manger. J'ai aussi deux chaises pliantes façon chaises de réalisateur de films et des serviettes avec des savons de chaque côté, un peu grignotés à travers l'emballage par quelque faune locale. Dehors, le sempiternel braii, fidèle compagnon d'une soirée réussie au grand air, ne demande plus qu'à être utilisé.
Avant de filer à la douche, j'ai repéré qu'il y avait un point de vue marqué « lookout » à l'intérieur du camp. C'est en fait une planque qui donne sur un point d'eau derrière une palissade. Je me suis laissé prendre au jeu quand j'ai vu un éléphant un peu plus loin dans les buissons avec le ciel rougeoyant derrière. 
Même si l'éléphant était un peu loin je savais que je tenais une belle photo. J'ai attendu un peu, qui sait quelle autre personnalité du bush allait venir se désaltérer avant d'aller se coucher. Un lion, un léopard ? Ce qui est difficile avec la photo animalière c'est qu'elle est imprévisible. Ça peut arriver à n'importe quel moment, ou bien jamais. C'est aussi une pochette surprise. Quand un sujet est là, il faut avoir l'appareil déjà allumé et les réglages faits au risque de passer à côté d'un beau moment. Les photos doivent être prises sur le vif. Il n'y a aucune possibilité de rattrapage, un moment loupé est un moment raté à jamais. Les angles de prise de vue sont aussi délicats, on ne peut pas demander au sujet de bouger comme on voudrait. Pour les plus timides un sifflement suffit parfois à leur faire tourner la tête dans le bon sens, mais ça ne marche pas avec les prédateurs qui, eux, n'ont à se méfier de personne. Il faut donc être patient et sur le qui-vive, traits de caractère qui ne me distinguent pas vraiment. Mais malgré tout je suis assez content de mes résultats.
Alors que j'étais prêt à laisser les autres là à attendre des heures qu'un hypothétique lion arrive, j'ai croisé un couple qui me disait que des éléphants allaient arriver d'un instant à l'autre. Ils les avaient vus se diriger vers le point de vue depuis leur tente. Chic ! Une bonne entraide, ça aide toujours. J’avais d'ailleurs presque envie de faire de la sorte après avoir vu mes premiers éléphants et croisé des touristes en proie à un safari raté qui prenaient des canards sauvages en photo sur le bas côté de la route, question de revenir de Addo avec des photos. Mais je n'allais pas mâcher le travail, le plaisir de croiser une bête sauvage est justement la rencontre fortuite avec elle. Sinon, ça s'appelle un zoo. Les éléphants ont mis bien du temps à venir et le couple s'est excusé quand je les ai laissés, supposant que les éléphants avaient dû prendre un autre chemin en cours de route. Au moment où je me levais, la dame m'a tenu la manche pour me signaler qu'ils arrivaient. En effet, un premier spécimen allait passer juste devant la planque, suivi d'un deuxième, un troisième, un bébé... C'est toute une tribu qui est passée par là pour boire un coup dans le point d'eau avant de continuer dans le bush sans jamais se retourner. Au moment où ils passaient j'étais en train de filmer. J'ai raté là les meilleures photos, on ne peut pas gérer deux appareils à la fois. Je mettrai les vidéos des animaux que j'ai faites sur ce blog à mon retour, ça fera un beau complément. Quelle chance d'avoir aperçu un troupeau d'éléphant à la queue leu-leur avec un éléphanteau ! Ce sont les seigneurs de la brousse, gracieux malgré leur taille. Ils ont été le bouquet qui finit en apothéose une journée bien remplie !
Bonne nuit mes petits éléphants!
Je suis ensuite allé prendre une douche, dans un cabanon tout confort avec un toit en plexiglas qui permettait de contempler le ciel tout en prenant sa douche. Un beau moment de délassement. Ensuite il a fallu se mettre à manger, c’est moins drôle il faisait déjà presque nuit et avec la torche solaire elle n'allait pas tenir très longtemps. Car on nous a bien dit que le camp ne disposait pas d'électricité et qu'il fallait amener son propre matériel. Tout comme le « bedding », c’est à dire je suppose les draps. En fait ils nous on raconté un peu n'importe quoi car dans la tente il y a une lampe avec un fil qui dès qu'on le tire donne de la lumière. Et puis j'ai aussi des draps, une couverture et une couette et le lit est déjà fait. Car les nuits dans le bush sont froides. C'est ce que j'ai vu hier où j'ai eu un peu froid dans ma tente avec juste un drap sac à viande. Pour mes autres nuits au grand air, il faudra que je sorte le sac de couchage, on n'est plus dans le Kwazulu Natal.
Ce soir je suis resté dans l'obscurité à regarder les étoiles et à écouter les bruits des bêtes féroces autour de nous. La nuit les bêtes sont étrangement moins peureuses et le bush regorge de cris, de râles et de soupirs dont on aurait bien du mal à dire à qui ça appartient. C'est une belle expérience à vivre que de passer la nuit enfermé dans un parc national au milieu de bêtes dont c'est le territoire. C'est un privilège que d'être leur invité pour une nuit...

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