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jeudi 5 juin 2014

Las Alpujarras

Pampaneira
Las Alpujarras couvre une zone de villages perchés sur les flancs sud de la Sierra Nevada. Il y a une petite route tortueuse et pittoresque pour butiner les villages autant que de raison. La route longe en fait les contours du parc national sur plus de 70 kilomètres. Le premier village que l'on rencontre, Lanjaron, possède un vieux château arabe construit en haut d'un rocher à part du village et qui semble veiller sur lui. Il n'en reste plus grand chose et afin de le maintenir debout, il est truffé de poutrelles d'acier visibles qui ne le rendent pas très photogénique. Il est plus joli de loin qu'en allant le visiter.
Toute la région est plongée dans un paysage méditerranéen de cultures d'oliviers en terrasse, de chênes verts et de diverses essences de feuillus. Les roches ocres et les vallées profondes me rappellent beaucoup la Crète. On ne trouve les pins qu'au dessus de 2000 mètres, ce qui fait qu'on a peine à réaliser que tous ces villages sont à plus de 1500 mètres d'altitude. Ils sont le paradis du randonneur. Il y a un réseau infini de chemins balisés qui permettent d'effectuer des balades en flânant d'un village à l'autre, en descendant au fond de la vallée ou encore pour gagner les hautes altitudes vers le
Mulhacen, tout proche, dont son sommet émoussé et enneigé domine les villages de la vallée de Poqueira.
Capileira
La spécialité locale c'est le jambon. Impossible de passer à travers, il y a à chaque fois une demi douzaine de producteurs par village qui ont chacun leur propre petite échoppe. Le coin dispose en outre de ses propres spécialités culinaires qui font envie comme « las patatas a lo pobre », des pommes de terres poêlées dans l'huile d'olive avec des poivrons verts, des oignons et de l'ail. La cuisine ici a l'air très saine et rustique avec que de bons produits naturels cuits simplement et sans chichi. Des recettes qu'on a envie de reproduire à la maison tant l'idée semble toute bête et la réalisation se faire en un tour de main.
Bubion
La vallon de Poqueira marque l'accès aux plus beaux villages de la région. Il y en a trois où l'on peut se rendre par une route cul de sac. Après, ce sont les sommets de la Sierra Nevada aux cimes enneigées qu'on aperçoit au delà des villages, au nombre de trois. Le premier, le plus grand si j'ose dire est Pampaneira. C'est là qu'il faut bifurquer de la route qui longe las Alpujarras pour se plonger dans le ravin de Poqueira. On est accueilli à l'entrée de Pampaneira par un panneau avec inscrit « Pampaneira la Alpujarra. Viajero, quedate a vivir con nosotros ». On trouve nombre de petits restaurants et de chambres d'hôtes qui invitent à se poser et à prendre le temps, à se mettre au rythme de vie local.
Un peu plus haut on trouve Bubion puis Capileira qui marque la fin de la route bitumée. Tous les villages de las Alpujarras sont d'un blanc aveuglant qui n'ont rien à envier aux villages des Cyclades. Il leur manque juste des chapelles au toit bleu et on s'y croirait presque ! Ces villages sont perdus au delà du temps, avec des petits vieux qui marchent le long de la route en salopette un bâton à la main. Il y a aussi plein de torrents, de sources et fontaines qui sont bien utiles pour se réapprovisionner en eau. Les villages sont très prisés de quelques touristes qui viennent y chercher une authenticité et une vie au grand air qui se prête à maintes découvertes. Les possibilités d'exploration sont infinies.

Au delà de Capileira il y a des pistes qui mènent à autant de sentiers que possibles. Le GR7 qui rejoint la Grèce passe d'ailleurs par là. J'ai emprunté une de ces pistes qui mènent à des aires récréatives qu'on ne peut jamais atteindre tant elles sont loin d'accès. Je cherchais un endroit où passer la nuit mais la piste de plus en plus rocailleuse à mesure que je m'élevais dans les hauteurs à travers une pinède m'a fait renoncer. Ce n'est pas tellement grave car si je peux éviter de dormir à 2000 mètres d'altitude, j'aimerais tout autant, même si j'ai un sac de couchage tout neuf. Au final, j'ai trouvé un coin parfait, après m'être garé sur le bas côté de la piste, deux roues à moitié dans le vide. 
Je voulais dormir là en bordure du précipice mais j'ai remarqué un peu plus bas un replat que je pouvais atteindre par un sentier de bique, caché sous les pins. Ce fut à cet endroit que j'ai posé la tente, veillé par un multitude d'oiseaux qui m'ont invité à partager la nuit avec eux.  

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