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| Pampaneira |
Las Alpujarras couvre une
zone de villages perchés sur les flancs sud de la Sierra Nevada. Il
y a une petite route tortueuse et pittoresque pour butiner les
villages autant que de raison. La route longe en fait les contours du
parc national sur plus de 70 kilomètres. Le premier village que l'on
rencontre, Lanjaron, possède un vieux château arabe construit en
haut d'un rocher à part du village et qui semble veiller sur lui. Il
n'en reste plus grand chose et afin de le maintenir debout, il est
truffé de poutrelles d'acier visibles qui ne le rendent pas très
photogénique. Il est plus joli de loin qu'en allant le visiter.
Toute la région est
plongée dans un paysage méditerranéen de cultures d'oliviers en
terrasse, de chênes verts et de diverses essences de feuillus. Les
roches ocres et les vallées profondes me rappellent beaucoup la
Crète. On ne trouve les pins qu'au dessus de 2000 mètres, ce qui
fait qu'on a peine à réaliser que tous ces villages sont à plus de
1500 mètres d'altitude. Ils sont le paradis du randonneur. Il y a un
réseau infini de chemins balisés qui permettent d'effectuer des
balades en flânant d'un village à l'autre, en descendant au fond de
la vallée ou encore pour gagner les hautes altitudes vers le
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| Capileira |
La spécialité locale
c'est le jambon. Impossible de passer à travers, il y a à chaque
fois une demi douzaine de producteurs par village qui ont chacun leur
propre petite échoppe. Le coin dispose en outre de ses propres
spécialités culinaires qui font envie comme « las patatas a
lo pobre », des pommes de terres poêlées dans l'huile d'olive
avec des poivrons verts, des oignons et de l'ail. La cuisine ici a
l'air très saine et rustique avec que de bons produits naturels
cuits simplement et sans chichi. Des recettes qu'on a envie de
reproduire à la maison tant l'idée semble toute bête et la
réalisation se faire en un tour de main.
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| Bubion |
La vallon de Poqueira
marque l'accès aux plus beaux villages de la région. Il y en a
trois où l'on peut se rendre par une route cul de sac. Après, ce
sont les sommets de la Sierra Nevada aux cimes enneigées qu'on
aperçoit au delà des villages, au nombre de trois. Le premier, le
plus grand si j'ose dire est Pampaneira. C'est là qu'il faut
bifurquer de la route qui longe las Alpujarras pour se plonger dans
le ravin de Poqueira. On est accueilli à l'entrée de Pampaneira par
un panneau avec inscrit « Pampaneira la Alpujarra. Viajero,
quedate a vivir con nosotros ». On trouve nombre de petits
restaurants et de chambres d'hôtes qui invitent à se poser et à
prendre le temps, à se mettre au rythme de vie local.
Un peu plus haut on
trouve Bubion puis Capileira qui marque la fin de la route bitumée.
Tous les villages de las Alpujarras sont d'un blanc aveuglant qui
n'ont rien à envier aux villages des Cyclades. Il leur manque juste
des chapelles au toit bleu et on s'y croirait presque ! Ces
villages sont perdus au delà du temps, avec des petits vieux qui
marchent le long de la route en salopette un bâton à la main. Il y
a aussi plein de torrents, de sources et fontaines qui sont bien
utiles pour se réapprovisionner en eau. Les villages sont très
prisés de quelques touristes qui viennent y chercher une
authenticité et une vie au grand air qui se prête à maintes
découvertes. Les possibilités d'exploration sont infinies.
Au delà de Capileira il
y a des pistes qui mènent à autant de sentiers que possibles. Le
GR7 qui rejoint la Grèce passe d'ailleurs par là. J'ai emprunté
une de ces pistes qui mènent à des aires récréatives qu'on ne
peut jamais atteindre tant elles sont loin d'accès. Je cherchais un
endroit où passer la nuit mais la piste de plus en plus rocailleuse
à mesure que je m'élevais dans les hauteurs à travers une pinède
m'a fait renoncer. Ce n'est pas tellement grave car si je peux éviter
de dormir à 2000 mètres d'altitude, j'aimerais tout autant, même
si j'ai un sac de couchage tout neuf. Au final, j'ai trouvé un coin
parfait, après m'être garé sur le bas côté de la piste, deux
roues à moitié dans le vide.
Je voulais dormir là en bordure du
précipice mais j'ai remarqué un peu plus bas un replat que je
pouvais atteindre par un sentier de bique, caché sous les pins. Ce
fut à cet endroit que j'ai posé la tente, veillé par un multitude
d'oiseaux qui m'ont invité à partager la nuit avec eux.







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