La côte
autour d'Almuñécar est
remarquable. C'est très escarpé. J'ai découvert ça par hasard en
choisissant de prendre la route côtière plutôt que l'autoroute. En
effet en venant d'Almeria, l'autoroute n'est pas encore complètement
terminée. Elle disparaît à plusieurs reprises vers une nationale
puis réapparaît au détour d'en sens giratoire où il faut alors à
nouveau grimper dans les hauteurs pour au final après un kilomètre
ou deux redescendre pour cause de travaux. Las de ces détours qui ne
servent à rien, j'ai décidé de rester sur la nationale. Le coin
d'Almuñecar me rappelle
un peu la côte d'Azur. Il y a des villas perchées en haut des
collines, surplombant la mer. La côte à cet endroit s'appelle la
Costa Tropical. On est en province de Grenade.
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| La Herradura |
L'eau a une belle
couleur bleu clair rendue par les plages de galets. Je n'ai pas
visité Almuñécar.
Pourtant un joli château domine la ville et la baie, datant du XVIe
siècle et construit par dessus des fortifications romaines et
musulmanes. Il y a une reproduction de squelette humain dans un
donjon paraît-il, vrai squelette que l'on retrouva là un jour mais
qui fut remplacé par une copie pour ne pas effrayer les gens.
Après
Almuñécar on passe à La
Herradura sans vraiment s'en rendre compte. C'est un lieu de
villégiature pour windsurfers qui s’entraînent au bord d'une
grande et belle plage pendant que d'autres s'initient au parachute
ascensionnel. Il faut prendre la sortie Cerro Gordo juste après.
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| Vue depuis le mirador |
Cette route qui semble vouloir mener nulle part, finit par arriver au
bout de maints lacets à un mirador où un restaurant propose une vue
exceptionnelle sur La Herradura mais mieux encore vers l'ouest,
sauvage, constitué de pinèdes et de falaises qui se jettent dans la
mer. L'endroit est miraculeusement conservé intact, sans doute à
cause du relief impossible. Juste derrière le restaurant on trouve
un petit sentier qui mène à un point de vue, juste au pied d'une
tour. Ce ne sont pas les tours de Manhattan, mais plus une petite
tour toute ronde dont on se demande ce qu'elle vient faire là. J'ai
vraiment été séduit par ce petit coin et j'y aurais bien planté
la tente, à l'écart de la route, pour profiter du spectacle
jusqu'au dernières lueurs du jour. Mais c'est aussi un coin à
merdes. Dès qu'on s'écarte du chemin, c'en est truffé ! Tant
pis.
En revanche,
passé le mirador, la route redescend et à un moment il est indiqué
« plage naturiste de Cantarrijan ». J'ai voulu y faire un
saut mais le chemin qui part de la route se termine rapidement en
sens interdit pour raison de voie d'accès aux véhicules anti
incendie. J'ai bravé l'interdiction mais peu après se trouve une
grille devant laquelle il est interdit de stationner. Je ne me voyais
pas retourner sur la route et essayer de m'y garer pour redescendre à
pied. La route est très loin et haut perchée par rapport à la
côte, cela allait me prendre des heures. C'est quand même bizarre
qu'une plage soit indiquée mais qu'on ne puisse pas s'y rendre. En
plus, aucune voiture n'est garée plus haut.
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| Plage en vue! |
J'ai repris la route et
là, au détour d'un virage j'ai aperçu la plage. Et il y avait
plein de parasols dessus et de voitures garées au bord. Grâce à la
vue dégagée, j'ai vu que les gens y accédaient par une piste de
terre en bas de la vallée. Il y avait donc forcément un autre
accès. A moi de le dénicher.
Ce fut chose
vite trouvée. Tout le chemin est encore interdit au stationnement,
sans doute afin de dissuader des campeurs éventuels de s'y
installer. Pourtant vu le cadre, les cigales et les pins qui entêtent
sans compter la plage à deux pas, la tentation est grande. Le chemin
se termine par un vaste parking et un restaurant où plein de gens se
reposent à poil en sirotant un verre ou en déjeunant.
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| C'est un bébé chamois non? |
Si j'avais
su, j'aurais mangé là, c'était tout de même mieux qu'au Mac
Donald d'Almuñécar sur
un parking de supermarché. Devant le restaurant c'est plage
aménagée, plein de parasols en osier tressé et de transats. De ce
que j’entends, ça parle plus anglais là dedans qu'espagnol. Je ne
sais pas d'où ils viennent tous, il n'y a pas aux alentours de si
grosses villes que ça, même si Malaga n'est qu'à 60 kilomètres de
là. A moins qu'Almuñécar
soit plus célèbre que je ne le pense. D’ailleurs j'en connaissais
déjà le nom, je ne sais pas pourquoi.
Aujourd'hui
la mer est démontée. Il n'y a que deux ou trois personnes
téméraires dans l'eau qui ont dû dépasser les rouleaux pour se
baigner au delà en eau sure. Il ne faut pas croire que la
Méditerranée est une mer d'huile. Il y a parfois de grosses vagues
mais celles ci ne naissent qu'au bord du rivage. Pas de quoi faire du
surf !
En revanche on peut s'y faire très mal. J'ai vu
quelqu'un essayer d'aller à l'eau et qui a mal jugé de la fenêtre
de tir au cours de laquelle il pouvait s'engager. Il a couru pour
essayer de dépasser le rouleau mais c'était trop tard, il s'est
retrouvé en plein dedans, envoyé dans les airs puis projeté sur
les galets. C'est un coup à se fracasser le crane. Je connais bien
le truc et je connais la parade. Les vagues viennent par série. Il
faut juste attendre un peu une brève accalmie mais il y en a
toujours une.
Après la
plage aux transats se trouve une autre plus tranquille à laquelle on
accède on longeant la falaise entre deux vagues pour pouvoir passer.
Il y avait quelques alternatifs en sac à dos et dreadlocks qui
avaient posé leurs affaires là et devaient certainement y camper
pour la nuit. J'aurais dû en faire autant.
Ce n'est pas un panneau
d'interdiction de camper qui peut m'arrêter mais en général je
préfère des endroits plus discrets et moins évident. Là c'est
forcé, si contrôle de police il y a, c'est ici qu'ils viendront.
Après cette plage se découvre enfin une dernière, la troisième,
où un sentier permet de grimper en haut d'une falaise d'où l'on a
une vue panoramique sur les trois plages et la côte. Je ne l'aurais
pas trouvé si je n'avais pas vu quelqu'un là haut pendant que je me
baignais. Tout le monde a l'air de se connaître par ici, les gens se
saluent, se parlent, le plus souvent en anglais. Sans doute des
habitués ou encore des gens installés là à demeure. Il paraît
que sur la Costa Del Sol il y a à certains endroits jusqu'à 40%
d'étrangers qui y vivent à l'année. Cela ne m'étonne pas trop.
Qui aurait envie de passer sa retraite en Angleterre sous le froid et
la pluie ? On critique beaucoup l'Europe mais au moins il n'y a
plus de frontière. C'est comme si c'était un peu chez soi. Ça
ouvre des horizons différents. Pourquoi s'arrêter là où ça ne
parle plus français ?








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