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| Playa Playazo |
Le parc naturel de Cabo
de Gata-Nijar s’étend à l'est d'Almeria sur plus de 50
kilomètres, autour du cap de Cabo de Gata. C'est une région
préservée en raison de sa difficulté d'accès et de son
escarpement. En effet on compte de nombreux monts autour de 500
mètres d'altitude qui se jettent dans la mer. Ils sont d'origine
volcanique, donnant de bizarres formations rocheuses de ci de là et
des cailloux colorés dont certains sont légers comme une plume.
C'est un coin très aride qui reçoit seulement 100 mm de pluie
chaque année, le plaçant en première position du coin le plus sec
d'Europe. C'est tant mieux pour moi, je vais pouvoir dormir à la
belle étoile sans avoir à me soucier du temps vis à vis de mes
balades et des photos.
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| Agua Amarga |
Malgré cette sécheresse, on compte pas moins
de 1000 variétés d'animaux et de plantes - principalement des
agaves et succulentes - adaptés à cet environnement sec et salé.
Le paysage compte aussi de nombreuses tours de pierre ocres et des
châteaux en ruine. Le coin était en effet le refuge de pirates et
jusque dans les années 60 un eldorado pour les hippies qui continue
d'attirer des alternatifs aux coupes improbables, accompagnés de
leurs chiens. Certains ne sont plus repartis et se sont clochardisés.
On les reconnaît inanimés sur la plage, le cul à moitié à l'air
en train de cuver. Ou alors en train d'arpenter les bars des petits
villages, interpellant tout le monde d'une voix avinée. Des anglais
pour la plupart.
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| Playa de los muertos |
J'ai choisi de parcourir
le parc sur plusieurs jours. On dit que c'est une perle en Espagne et
qu'elle renferme une multitude de plages et de criques parmi les plus
belles du pays. C'est la côte espagnole avant qu'elle ne soit
bétonnée à outrance. Ici pas de complexes de condominiums qui
s'étendent sur des kilomètres en formant des villes artificielles
sans âme. Le tourisme de masse n'a pas sa place. On trouve en
revanche de nombreux petits villages de pécheurs aux maisons toutes
blanches et au toit plat, bordées de bougainvillées fuchsia qui en
paraissent fluorescent en contraste avec la blancheur des murs. Des
rosiers et des jasmins longent aussi les façades. Dans le maquis on
trouve du thym qui embaume en marchant involontairement dessus.
Il y
aussi des romarins à foison. Sorti de là, c’est à peu près
tout. Plus à l'intérieur on trouvera quelques oliviers et de grands
palmiers donnant des oasis où s’épanouissent quelques fermes.
Carboneras, le plus
important village de Cabo de Gata marque la fin du parc sur sa partie
nord. On y trouve un port maritime affreux flanqué d'une fabrique de
ciment aux hautes cheminées qui défigurent le paysage, bourré de
camions qu'on entend reculer des kilomètres à la ronde et de
bateaux de marchandise pour charger tout ça. A quelques kilomètres
plus au sud se trouve la plage de Los Muertos, grande et belle aux
eaux turquoise et qui s'achève par des falaises.
La plage est de
toute les cartes postales. Ma photo ne lui rend pas honneur, je suis
venu un peu trop tôt le matin pour que les couleurs soient
éclatantes. J'ai continué ma progression vers Agua Amarga, un petit
village juste plus loin, de l'autre côté du cap. De là, il faut
s'enfoncer dans les terres avant de pouvoir retourner vers la mer, la
côte étant trop escarpée pour qu'une route puisse y être tracée.
En chemin j'ai croisé un auto-stoppeur l'air sympa qui tenait entre
ses mains un carton sur lequel il avait écrit « Americano por
el mundo ». J'ai trouvé son message touchant et je l'aurais
bien aidé dans sa progression mais j'allais tourner pour retourner à
Cabo de Gata alors qu'il semblait quitter le parc.
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| Playa Playazo |
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| Las Negras |
J'ai atterri pour le
déjeuner à Las Negras, petit village blanc où une rue de quelques
mètres mène directement sur la plage après avoir traversé deux ou
trois bars restaurants. Personne ne parle anglais là dedans mais
j'arrive à les comprendre. Eux comprennent l'anglais mais me
répondent en espagnol. Ce n'est pas plus mal, on est en Espagne
après tout. Et pour ceux qui en douteraient encore, sachez que ça
ne sert à rien de se pointer au restaurant avant 13 heures, on vous
accueillera avec une bière pour faire patienter avant l'ouverture
des cuisines qui n'a lieu qu'après 13 heures. Et l'après midi
n'espérez pas avoir à faire une course. Il n'y a aucun horaire
affiché en devanture des magasins et ceux ci restent rideau baissé
encore à des 17 heures, voire 18 heures. A se demander quand ils
ouvrent.
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| Playa Playazo |
Ils ont bien raison n'empêche. Ils ferment quelques heures
dans l'après midi comme ça ils peuvent aller manger, faire une
sieste ou encore aller piquer une tête, bref ils prennent le temps
de vivre. Et les habitants y sont habitués, ils font de même. Après
tout a-ton vraiment besoin de magasins ouverts non stop ? Il
suffit de s'organiser en fonction.
Après le repas je
voulais visiter la cala de San Pedro. Mais il faut suivre un chemin
qui n'en finit pas de serpenter dans la caillasse. Trop long et trop
chaud, j'ai fini par rebrousser chemin quand j'ai vu qu'au delà du
col le chemin continuait sur des kilomètres sans jamais le voir
descendre vers la mer. Il y avait à cette plage des restes d'un
ancien village qui fut squatté par les hippies il n'y a pas si
longtemps.
Voici ce qu'en disait le guide : « Cala
San Pedro, more than a beach, is way of getting away from the
materialistic life. The beach is nuddist and it has houses and ruins.
The laws that govern here are the tolerance and peace.» Ça avait
l'air prometteur. Qu'à cela ne tienne, j'ai repris la voiture pour
me rendre à Rodalquilar d'où part une route pour la plage de
Playazo, juste de l'autre côté au sud de Las Negras.
Ici nul
besoin de marcher des kilomètres, la plage forme une baie juste à
côté du chemin où de nombreux campings cars y ont élu domicile
bien que le camping y soit interdit. Il y a beaucoup de vent qui
souffle dans cette baie.
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| Playa Playazo |
Heureusement, en remontant vers le nord vers
un fort qui domine la baie et gardé par trois chiens on trouve une
petite crique bien abritée du vent avec de belles couleurs d'eau qui
invitent à la baignade. Et vous savez quoi ? L'eau y est très
bonne, rien à voir avec ce que j'ai connu le premier jour à Malaga.
L'été est de retour !










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