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vendredi 6 juin 2014

Cabo de Gata : de Carboneras à Las Negras

Playa Playazo
Le parc naturel de Cabo de Gata-Nijar s’étend à l'est d'Almeria sur plus de 50 kilomètres, autour du cap de Cabo de Gata. C'est une région préservée en raison de sa difficulté d'accès et de son escarpement. En effet on compte de nombreux monts autour de 500 mètres d'altitude qui se jettent dans la mer. Ils sont d'origine volcanique, donnant de bizarres formations rocheuses de ci de là et des cailloux colorés dont certains sont légers comme une plume. C'est un coin très aride qui reçoit seulement 100 mm de pluie chaque année, le plaçant en première position du coin le plus sec d'Europe. C'est tant mieux pour moi, je vais pouvoir dormir à la belle étoile sans avoir à me soucier du temps vis à vis de mes balades et des photos. 
Agua Amarga
Malgré cette sécheresse, on compte pas moins de 1000 variétés d'animaux et de plantes - principalement des agaves et succulentes - adaptés à cet environnement sec et salé. Le paysage compte aussi de nombreuses tours de pierre ocres et des châteaux en ruine. Le coin était en effet le refuge de pirates et jusque dans les années 60 un eldorado pour les hippies qui continue d'attirer des alternatifs aux coupes improbables, accompagnés de leurs chiens. Certains ne sont plus repartis et se sont clochardisés. On les reconnaît inanimés sur la plage, le cul à moitié à l'air en train de cuver. Ou alors en train d'arpenter les bars des petits villages, interpellant tout le monde d'une voix avinée. Des anglais pour la plupart.
Playa de los muertos
J'ai choisi de parcourir le parc sur plusieurs jours. On dit que c'est une perle en Espagne et qu'elle renferme une multitude de plages et de criques parmi les plus belles du pays. C'est la côte espagnole avant qu'elle ne soit bétonnée à outrance. Ici pas de complexes de condominiums qui s'étendent sur des kilomètres en formant des villes artificielles sans âme. Le tourisme de masse n'a pas sa place. On trouve en revanche de nombreux petits villages de pécheurs aux maisons toutes blanches et au toit plat, bordées de bougainvillées fuchsia qui en paraissent fluorescent en contraste avec la blancheur des murs. Des rosiers et des jasmins longent aussi les façades. Dans le maquis on trouve du thym qui embaume en marchant involontairement dessus. 
Il y aussi des romarins à foison. Sorti de là, c’est à peu près tout. Plus à l'intérieur on trouvera quelques oliviers et de grands palmiers donnant des oasis où s’épanouissent quelques fermes.
Carboneras, le plus important village de Cabo de Gata marque la fin du parc sur sa partie nord. On y trouve un port maritime affreux flanqué d'une fabrique de ciment aux hautes cheminées qui défigurent le paysage, bourré de camions qu'on entend reculer des kilomètres à la ronde et de bateaux de marchandise pour charger tout ça. A quelques kilomètres plus au sud se trouve la plage de Los Muertos, grande et belle aux eaux turquoise et qui s'achève par des falaises. 
La plage est de toute les cartes postales. Ma photo ne lui rend pas honneur, je suis venu un peu trop tôt le matin pour que les couleurs soient éclatantes. J'ai continué ma progression vers Agua Amarga, un petit village juste plus loin, de l'autre côté du cap. De là, il faut s'enfoncer dans les terres avant de pouvoir retourner vers la mer, la côte étant trop escarpée pour qu'une route puisse y être tracée. En chemin j'ai croisé un auto-stoppeur l'air sympa qui tenait entre ses mains un carton sur lequel il avait écrit « Americano por el mundo ». J'ai trouvé son message touchant et je l'aurais bien aidé dans sa progression mais j'allais tourner pour retourner à Cabo de Gata alors qu'il semblait quitter le parc.

Playa Playazo
Las Negras
J'ai atterri pour le déjeuner à Las Negras, petit village blanc où une rue de quelques mètres mène directement sur la plage après avoir traversé deux ou trois bars restaurants. Personne ne parle anglais là dedans mais j'arrive à les comprendre. Eux comprennent l'anglais mais me répondent en espagnol. Ce n'est pas plus mal, on est en Espagne après tout. Et pour ceux qui en douteraient encore, sachez que ça ne sert à rien de se pointer au restaurant avant 13 heures, on vous accueillera avec une bière pour faire patienter avant l'ouverture des cuisines qui n'a lieu qu'après 13 heures. Et l'après midi n'espérez pas avoir à faire une course. Il n'y a aucun horaire affiché en devanture des magasins et ceux ci restent rideau baissé encore à des 17 heures, voire 18 heures. A se demander quand ils ouvrent. 
Playa Playazo
Ils ont bien raison n'empêche. Ils ferment quelques heures dans l'après midi comme ça ils peuvent aller manger, faire une sieste ou encore aller piquer une tête, bref ils prennent le temps de vivre. Et les habitants y sont habitués, ils font de même. Après tout a-ton vraiment besoin de magasins ouverts non stop ? Il suffit de s'organiser en fonction.
Après le repas je voulais visiter la cala de San Pedro. Mais il faut suivre un chemin qui n'en finit pas de serpenter dans la caillasse. Trop long et trop chaud, j'ai fini par rebrousser chemin quand j'ai vu qu'au delà du col le chemin continuait sur des kilomètres sans jamais le voir descendre vers la mer. Il y avait à cette plage des restes d'un ancien village qui fut squatté par les hippies il n'y a pas si longtemps. 
Voici ce qu'en disait le guide : « Cala San Pedro, more than a beach, is way of getting away from the materialistic life. The beach is nuddist and it has houses and ruins. The laws that govern here are the tolerance and peace.» Ça avait l'air prometteur. Qu'à cela ne tienne, j'ai repris la voiture pour me rendre à Rodalquilar d'où part une route pour la plage de Playazo, juste de l'autre côté au sud de Las Negras.

Ici nul besoin de marcher des kilomètres, la plage forme une baie juste à côté du chemin où de nombreux campings cars y ont élu domicile bien que le camping y soit interdit. Il y a beaucoup de vent qui souffle dans cette baie. 
Playa Playazo
Heureusement, en remontant vers le nord vers un fort qui domine la baie et gardé par trois chiens on trouve une petite crique bien abritée du vent avec de belles couleurs d'eau qui invitent à la baignade. Et vous savez quoi ? L'eau y est très bonne, rien à voir avec ce que j'ai connu le premier jour à Malaga. L'été est de retour !

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