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| Chemin pour Cabo de Gata |
Ce matin à
El Playazo, des flics m'ont vu garé dans le maquis, plus haut que la
route. Ils sont venus me renifler le cul de la voiture comme des
clebs. Je les ai ignorés, j'étais en train d'écrire mon blog sur
le siège passager. Comme ils n'avaient rien à y redire, ils sont
repartis comme ils étaient venus. Circulez, y a rien à voir !
Pour ma
dernière journée à Cabo de Gata, je vais continuer l'exploration
des criques au delà de Playa Monsul, en allant vers le phare. Cabo
de Gata désigne en fait un parc naturel, un cap et un village. C'est
dur de savoir de quoi on parle. Aujourd'hui il s'agit donc du cap qui
termine le parc par une pointe très haute au sommet de laquelle se
trouve un phare.
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| San José |
L'autre côté donne sur le golfe d'Almeria et il
n'est pas possible d'y accéder depuis San José. Pourtant il figure
bien un chemin sur la carte, le même que celui qui dessert Playa de
los Genoveses et Monsul mais il se termine en cul de sac par une
grille qui empêche de continuer jusqu'au phare, pourtant à moins
d'un kilomètre de là. Seule solution : y aller à pied ou bien
faire un long détour par les terres. Je me suis donc garé à la
grille et j'ai entrepris de poursuivre en balade, cherchant en même
temps à débusquer une crique difficile d'accès et sauvage. Mais le
chemin ne cesse de prendre de la hauteur et les falaises deviennent
de plus en plus abruptes, sans sentier d'aucune sorte qui permettrait
un accès à une crique.
Même les chèvres ne s'y aventurent pas.
Pourtant il figure sur ma carte une dernière crique qui semble au
pied du phare. Sans doute un problème de positionnement des noms.
Sur le chemin on croise quelques promeneurs qui descendent du phare à
pied ou à vélo, venant de l'autre côté et s'arrêtant pour poser
devant l'objectif. Le phare est possible d'accès en voiture depuis
le village de Cabo de Gata par une route bitumée. C'est donc plus
facile par ce côté que depuis San José où il faut rouler 20
minutes sur la piste défoncée en suivant le reste des voitures.
Tout le monde se gare à Playa Monsul, la dernière grande plage du
parc. Vous ne la verrez pas, de loin n’émergeaient que des
parasols. Aucun intérêt.
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| Première crique |
J'ai en
revanche visité deux petites criques auxquelles on accède depuis le
terminus devant la grille. Il faut prendre un petit sentier qui mène
à une première cala presque déserte car constituée de pierres et
non de sable. En continuant vers l'est se trouve une autre crique,
celle ci de sable gris, ce qui attire en nombre des familles avec
marmots, cabots et glacières. J'ai donc préféré la plage de
pierres. Quitte à passer la journée le cul assis inconfortablement
sur des pierres, autant être tranquille et à l'écart. J'ai donc
dépassé des rochers et trouvé un coin d'éboulis avec des
décombres de calibre moyen. J'ai fait mon nid, en envoyant à l'eau
les pierres les plus grosses.
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| Deuxième crique |
Puis j'ai effectué un terrassement
pour permettre de m'allonger complètement et j'ai fini le tout par
de petits graviers cachés sous les pierres et qui se découvraient à
mesure que je grattais. J'étais très content du travail accompli. A
tout problème il y a une solution. Ainsi j'ai créé un nouvel
emplacement complètement caché, face en plus à un rocher qui forme
une petite île au sommet tout plat idéal pour s'y asseoir en ayant
une belle vue sur la crique. Pour aller se baigner c'est un peu plus
compliqué. Il faut marcher sur des cailloux pointus jusqu'à la
crique. Ça va la première fois mais plus on pérégrine là dedans,
plus la plante des pieds devient sensible et à la fin de journée on
marche sur des œufs avec les bras qui s'agitent dans tous les sens.
| La petite île au milieu et ma serviette dans les éboulis à droite. Cliquez sur l'image pour zoomer! |
Je ne sais
pas quelle est cette crique. Comme je n'ai pas visité celles autour
de Playa Monsul, je suis perdu dans la numérotation. C'est peut être
Cala Carbon, on ne saura jamais. Cela fait il une importance ?
En tout cas pour moi ça m'a suffit à passer une très bonne
journée. La vue sur le cap de Cabo de Gata et les montagnes tout
autour au son du clapotis de l'eau dans les rochers occupe bien la
journée. En plus pour la baignade, après la nécessité de se jeter
à l'eau depuis le rivage de la crique en raison des pierres, on
trouve du sable après quelques brasses où l'on a pied. Je dis que
pour un dimanche, on ne peut pas rêver mieux pour échapper à la
foule.
Je laisse aujourd'hui le sable aux autres. Et puis avec les
cailloux, pas de risque de manger du sable charrié par une
bourrasque de vent.
J'étais
comme un petit poisson dans l'eau de ma crique. Franchement de quoi
de plus a-t-on besoin ? La mer, un pique-nique, de l'eau, du
beau temps et un peu de solitude, voilà bien les seuls ingrédients
du bonheur. Personne pour m'embêter, personne à qui rendre des
comptes, pas d'ultimatum de rappel à l'ordre par un employeur, pas
de perspective de collègues à retrouver ni de vie plan-plan
métro-boulot-dodo à affronter ensuite et qui pourrait gâcher mon
plaisir. C'est un luxe !
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| Vue sur la crique depuis mon promontoire à mouettes! |
J'ai fait le compte du nombre de jours
que j'ai pris depuis la Grèce. J'arrive à 18. Un peu plus et
j'aurais cramé un an de précieux congés payés durement acquis. Si
je travaillais encore ! Là, je peux laisser filer les jours, no
stress. Ma liberté n'a pas de prix et ces moments là n'en ont que
plus de saveur. Et au final, je ne dépense pas tant que ça, tout va
dans la nourriture et l'essence seulement. Comme quoi travailler pour
gagner des sous et avoir une vie de merde faite de contraintes et de
résignation, ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. A la place
je m'ébroue dans l'eau comme un gosse, en battant des pieds et des
bras en criant ma joie. On pourrait me prendre pour un gogole, je
n'en ai cure. Pour le pique nique, j'ai le reste de pastèque d'hier.
J'ai jeté la coque à l'eau qui n'a pas voulu couler et a fini par
se retourner pour faire comme un petit bateau qui s'en est allé en
dodelinant sur les flots jusqu'à la plage où elle est restée à
stagner au pied des quelques personnes qui étaient là. En guise de
discrétion...








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