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dimanche 8 juin 2014

Cabo de Gata

Chemin pour Cabo de Gata
Ce matin à El Playazo, des flics m'ont vu garé dans le maquis, plus haut que la route. Ils sont venus me renifler le cul de la voiture comme des clebs. Je les ai ignorés, j'étais en train d'écrire mon blog sur le siège passager. Comme ils n'avaient rien à y redire, ils sont repartis comme ils étaient venus. Circulez, y a rien à voir !
Pour ma dernière journée à Cabo de Gata, je vais continuer l'exploration des criques au delà de Playa Monsul, en allant vers le phare. Cabo de Gata désigne en fait un parc naturel, un cap et un village. C'est dur de savoir de quoi on parle. Aujourd'hui il s'agit donc du cap qui termine le parc par une pointe très haute au sommet de laquelle se trouve un phare. 
San José
L'autre côté donne sur le golfe d'Almeria et il n'est pas possible d'y accéder depuis San José. Pourtant il figure bien un chemin sur la carte, le même que celui qui dessert Playa de los Genoveses et Monsul mais il se termine en cul de sac par une grille qui empêche de continuer jusqu'au phare, pourtant à moins d'un kilomètre de là. Seule solution : y aller à pied ou bien faire un long détour par les terres. Je me suis donc garé à la grille et j'ai entrepris de poursuivre en balade, cherchant en même temps à débusquer une crique difficile d'accès et sauvage. Mais le chemin ne cesse de prendre de la hauteur et les falaises deviennent de plus en plus abruptes, sans sentier d'aucune sorte qui permettrait un accès à une crique. 
Même les chèvres ne s'y aventurent pas. Pourtant il figure sur ma carte une dernière crique qui semble au pied du phare. Sans doute un problème de positionnement des noms. Sur le chemin on croise quelques promeneurs qui descendent du phare à pied ou à vélo, venant de l'autre côté et s'arrêtant pour poser devant l'objectif. Le phare est possible d'accès en voiture depuis le village de Cabo de Gata par une route bitumée. C'est donc plus facile par ce côté que depuis San José où il faut rouler 20 minutes sur la piste défoncée en suivant le reste des voitures. Tout le monde se gare à Playa Monsul, la dernière grande plage du parc. Vous ne la verrez pas, de loin n’émergeaient que des parasols. Aucun intérêt.
Première crique
J'ai en revanche visité deux petites criques auxquelles on accède depuis le terminus devant la grille. Il faut prendre un petit sentier qui mène à une première cala presque déserte car constituée de pierres et non de sable. En continuant vers l'est se trouve une autre crique, celle ci de sable gris, ce qui attire en nombre des familles avec marmots, cabots et glacières. J'ai donc préféré la plage de pierres. Quitte à passer la journée le cul assis inconfortablement sur des pierres, autant être tranquille et à l'écart. J'ai donc dépassé des rochers et trouvé un coin d'éboulis avec des décombres de calibre moyen. J'ai fait mon nid, en envoyant à l'eau les pierres les plus grosses. 
Deuxième crique
Puis j'ai effectué un terrassement pour permettre de m'allonger complètement et j'ai fini le tout par de petits graviers cachés sous les pierres et qui se découvraient à mesure que je grattais. J'étais très content du travail accompli. A tout problème il y a une solution. Ainsi j'ai créé un nouvel emplacement complètement caché, face en plus à un rocher qui forme une petite île au sommet tout plat idéal pour s'y asseoir en ayant une belle vue sur la crique. Pour aller se baigner c'est un peu plus compliqué. Il faut marcher sur des cailloux pointus jusqu'à la crique. Ça va la première fois mais plus on pérégrine là dedans, plus la plante des pieds devient sensible et à la fin de journée on marche sur des œufs avec les bras qui s'agitent dans tous les sens.

La petite île au milieu et ma serviette dans les éboulis à droite. Cliquez sur l'image pour zoomer!
Je ne sais pas quelle est cette crique. Comme je n'ai pas visité celles autour de Playa Monsul, je suis perdu dans la numérotation. C'est peut être Cala Carbon, on ne saura jamais. Cela fait il une importance ? En tout cas pour moi ça m'a suffit à passer une très bonne journée. La vue sur le cap de Cabo de Gata et les montagnes tout autour au son du clapotis de l'eau dans les rochers occupe bien la journée. En plus pour la baignade, après la nécessité de se jeter à l'eau depuis le rivage de la crique en raison des pierres, on trouve du sable après quelques brasses où l'on a pied. Je dis que pour un dimanche, on ne peut pas rêver mieux pour échapper à la foule. 
Je laisse aujourd'hui le sable aux autres. Et puis avec les cailloux, pas de risque de manger du sable charrié par une bourrasque de vent.

J'étais comme un petit poisson dans l'eau de ma crique. Franchement de quoi de plus a-t-on besoin ? La mer, un pique-nique, de l'eau, du beau temps et un peu de solitude, voilà bien les seuls ingrédients du bonheur. Personne pour m'embêter, personne à qui rendre des comptes, pas d'ultimatum de rappel à l'ordre par un employeur, pas de perspective de collègues à retrouver ni de vie plan-plan métro-boulot-dodo à affronter ensuite et qui pourrait gâcher mon plaisir. C'est un luxe ! 
Vue sur la crique depuis mon promontoire à mouettes!
J'ai fait le compte du nombre de jours que j'ai pris depuis la Grèce. J'arrive à 18. Un peu plus et j'aurais cramé un an de précieux congés payés durement acquis. Si je travaillais encore ! Là, je peux laisser filer les jours, no stress. Ma liberté n'a pas de prix et ces moments là n'en ont que plus de saveur. Et au final, je ne dépense pas tant que ça, tout va dans la nourriture et l'essence seulement. Comme quoi travailler pour gagner des sous et avoir une vie de merde faite de contraintes et de résignation, ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. A la place je m'ébroue dans l'eau comme un gosse, en battant des pieds et des bras en criant ma joie. On pourrait me prendre pour un gogole, je n'en ai cure. Pour le pique nique, j'ai le reste de pastèque d'hier. J'ai jeté la coque à l'eau qui n'a pas voulu couler et a fini par se retourner pour faire comme un petit bateau qui s'en est allé en dodelinant sur les flots jusqu'à la plage où elle est restée à stagner au pied des quelques personnes qui étaient là. En guise de discrétion...

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