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mercredi 4 juin 2014

La Sierra Nevada

J'ai eu froid la nuit dernière alors que je n'ai dormi qu'à 1200 mètres. Afin de m'alléger, je n'avais pas emporté le sac de couchage que j'avais emmené en Macédoine, bien plus chaud. Je pensais avoir plus chaud ici aussi j'ai opté pour un truc évolutif : un drap de soie, un sac de couchage bon pour 15 degrés et un sur-sac en polaire, afin de faire face à toutes les situations : mer ou montagne. J'avais mis les trois. Malgré tout cet arsenal, cela n'aura pas suffit, ce qui m'inquiète pour la Sierra Nevada où je vais monter plus haut, et plus encore pour mes randonnées dans les Alpes du Sud qui m'attendent dans la foulée. Qu'à cela ne tienne, s'il y avait un Decathlon à Malaga, il doit bien y en avoir un à Grenade, c'est forcé. 
C'est pile ma destination du jour : visiter l'Alhambra puis monter à la station de ski de la Sierra Nevada, au pied du Mulhacen et de ses 3483 mètres, située à peine à 30 kilomètres de Grenade.
Je suis arrivé à Grenade à 8 heures du matin. Pile pendant l'heure de pointe. Quelle idée ! C'était plein de voitures qui fonçaient comme des malades sur l'autoroute avec un trafic si dense qu'il était impossible de changer de file. Ça déboulait dans tous les sens. L'horreur économique. Tous les gens qui partent travailler bien vite la peur au ventre d'arriver en retard et de se faire virer. Pour moi c'est comme Capri. C'est fini, je ne crois pas que j'y retournerai un jour ! 
En tout cas cela m'aura encore valu de me tromper de direction, les voitures au cul m'interdisant la moindre réflexion quant aux panneaux et à leur adéquation avec ma carte. Las de ce bazar, j'ai pris la sortie vers le centre ville. Riche idée ! Ça donnait sur un rond point où personne ne laissait passer. Dans ce genre de cas je me sens désemparé. Je voudrais creuser un trou, là, sous la voiture et continuer à gratter mon terrier jusqu'à sortir de là ! Finalement j'ai fini devant un Mac Do pour poster le blog et en me retournant il y avait un beau panneau Decathlon avec la direction à suivre. Les choses s'arrangent ! J'ai acheté un modèle bon pour 5 degrés, ça devrait quand même faire l'affaire. Au pire il me restera toujours le polaire.
Débarrassé d'un souci, je me suis rendu à l'Alhambra, qui est dans la même direction que la Sierra Nevada. No stress ! Quoique... C'est toute une organisation ce truc, on se croirait à Disneyland. Il faut se garer à plein de parkings en terrasse puis marcher jusqu'aux portes de l'Alhambra. Je tournicotais là dedans avec des bus qui vomissaient de partout et des groupes de gens qui se pavanaient en se traînant. Même les brebis grecques sont plus alertes ! En voiture y a moyen de se frayer un chemin, elles sont polies, elles laissent passer. Là non. J'ai décidé que trop c'était trop ! Je suis parti de là et tant pis pour l'Alhambra. Trop de contraintes pour voir un édifice aussi connu et incontournable soit il. Place à la Sierra Nevada et ses grands espaces. 
Le monde en moins de surcroît. Si je raconte tout ça c'est pour bien montrer le contraste entre les lieux touristiques et incontournables d'Andalousie et sa nature sauvage bien moins fréquentée. Dès lors vous comprendrez pourquoi je fais l'impasse sur les Séville et autres villes d'Andalousie. C'est certes un crime mais en voiture c'est pas la peine. Il faut venir là comme tout le monde : résider à l'hôtel et prendre une excursion en bus agglutiné avec les autres. Si on aime ça...
La route pour Sierra Nevada est une route bien large et bien entretenue, accès à la plus haute station se ski du sud de l'Espagne oblige. Elle est aussi le terrain de jeux de cyclistes qui s’entraînent en groupe à effectuer l'ascension. Et c'est une belle course. 
Grenade en bas dans la plaine
Grenade doit être aux alentours de 600-700 mètres et le plus haut que l'on puisse aller c'est un hameau de Sierra Nevada, au pied d'un observatoire astronomique, à 2550 mètres. La route est également prisée des motards qui circulent en caravane. J'ai aussi vu une femme sur un drôle d'engin qui peinait dans les côtes avec ses genres de mini skis à roulette qu'elle poussait contre la pente avec des bâtons. Drôle de sport. Avec la gravité on ne doit pas beaucoup avancer, c'est comme si on voulait grimper une côte en patins à roulettes !
Le début du parcours est assez aride et on aperçoit dès le début la cime de la Sierra Nevada, peu enneigée malgré une altitude si élevée. 
Mulhacen, 3483m
La silhouette du sommet n'a rien d’extraordinaire. C'est tout émoussé, absolument pas déchiqueté, ça ressemble à la crête d'une colline pelée. Alors c'est ça la Sierra Nevada ? Mais très vite, le paysage se rattrape. Ça commence par un lac aux eaux vertes au fond d'une gorge où viennent se refléter de petits villages et d'autres sommets enneigés qui se découvrent. Puis les genets apparaissent au bord de la route, embaumant tout sur le passage. C'est ensuite le tour des pins pour mon plus grand bonheur. J'avais peur de passer de la caillasse à l'alpage direct sans forêt. Certes ce n'est pas une forêt comme dans le Pinde mais ça reste très agréable et les pins sentent très bon. Il y a un centre du parc national à mi chemin. Arrêt oblige. 
La station de ski de Sierra Nevada
Il y a une exposition permanente de photographies mais plus orientée sur l'histoire du parc, des villages alentours et des prouesses techniques dont l'homme a dû faire preuve pour construire routes et lignes de chemin de fer. Bizarrement rien sur la faune et la flore. Qu'à cela ne tienne, plus loin, en reprenant la voiture il y a un jardin botanique. Ne vous attendez pas à des floralies, il y a très peu de fleurs, c'est simplement un sentier interprétatif où ils ont mis des panneaux devant chaque essence de plante pour permettre à quiconque des les connaître. Il y a une source qui coule là, bien pratique pour remplir les bouteilles d'eau vide.

A Sierra Nevada - la station de ski - il ne reste plus que quelques maigres plaques de neige au milieu d'un dédale de remonte-pentes. 
Il subsiste quelques panneaux de magasin de location de ski et toute la station semble abandonnée. Il n'y a pas âme qui vive, sauf les quelques touristes qui ne font que passer pour grimper de plus belle vers le cul de sac au pied de l'observatoire. Question monde, comptez une vingtaine de voitures garées. Ça n'a rien à voir avec l'Alhambra. J'ai eu raison de venir là direct. C'est aussi ce que pensent un groupe de trois bouquetins affalés sur des rochers plats un plus haut et qui me regardent l'air de me narguer. Je ne m'attendais pas à leur rencontre, c'est une belle surprise que j'ai l'air d'être le seul à avoir remarqué. Contrairement aux chamois, les bouquetins sont dotés de grandes et larges cornes. 
Je me suis même demandé si ce n'était pas des mouflons, mais je crois que les mouflons ont le poil plus épais. Au sol on trouve un drôle d'insecte d'une longueur d'environ 5 cm. Il est tout noir avec un large et long abdomen tout rond et lisse. On dirait qu'il se trimbale enroulé autour d'un sac de couchage. La station est comme dans un cirque entouré du pico Veleta où un télésiège grimpe en haut de ses 3394m. Juste sur sa gauche se trouve le Mulhacen, vierge de toute construction, roi de la Sierra Nevada oblige.  

1 commentaire:

  1. Le pic que vous montrez n'est pas le Mulhacen mais le Veleta, à 3396m ; le Mulhacen est sur la gauche (vers l'est)

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