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lundi 15 janvier 2018

Retrouvailles imprévues à Koh Adang


Arrivé du ferry de Langkawi sur Koh Lipe à 10 heures, je m'aperçois qu'il n'est plus possible de rejoindre Koh Tarutao avec le bateau de 11h30. Ils l'ont supprimé, tout comme celui de 13h30. Il en existe seulement un, tous les jours, à 9h30. Ce n'est pas faute d'avoir essayé dans une demie douzaine d'agences de voyages qui sont dans la rue principale. « Tomorrow nine thirty. Tomorrow ». Ok, mais là je fais quoi ? Passer la journée sur Koh Lipe, pas possible. C'est toujours les mêmes touristes veules. Du coup je finis à Koh Adang. Et quitte à monter le camp, autant en profiter et rester plusieurs jours. J'ai donc payé pour 5 nuits mais il se pourrait que ça se transforme en 10. J'aime bien ici. On est plus tranquille que sur Tarutao même si c'est moins sauvage. Surtout il n'y a pas de sandflies et les singes sont moins présents. Et puis avec les 2 mois devant moi, je ne suis pas pressé. En plus j'ai eu des nouvelles d'Esther qui est déjà sur place. Elle m'a dit que Adang était une bonne option car il n'y a pour l'instant plus de cuisine sur Ao Molae car ils sont en train de la refaire. Décidément, toujours des travaux pas là bas ! Du coup il y a quasi personne. Et puis les macaques pullulent là bas cette année. Forcément vu le rythme de bébés qu'ils engendrent et le fait qu'ils n'ont pas de prédateurs ni de moyen d'aller ailleurs, cette île va devenir à terme un asile de fous pour macaques !
C'est avec joie que je retrouve l'emplacement de l'année dernière, juste derrière la plage, dans cet espace plat et ombragé qui offre un jardin tropical où je peux m'abriter du vent. La mousson a dû y amener les vagues car le terrain n'est plus très plat. Mais après quelques travaux de terrassement à la semelle de Crocs, la place est faite. Ça va vite c'est du sable grossier, des débris de coraux. En deux heures tout était monté, hamac compris. Le plus long c'est de tendre les tarps. J'en ai un plus grand cette année car celui de la dernière fois laissait passer les pluies sur les côtés. C'est une bâche de 3x3,7 mètres. Les cordes que j'avais planquées sous un rocher la dernière fois sont toujours là. Pratique. Pour l'excédent de bagages, cette fois ils ont une petite pièce qui ferme à clefs avec plein de sacs poussiéreux dedans avec des noms et des pays, des fidèles d'Australie, USA... J'aurais dû faire ça si j'avais su. Par contre il vaut mieux ne rien oublier de choses dont on a besoin, car il y a souvent personne à la réception et ils doivent tout le temps venir avec une clef. Pour éviter de les déranger, je me trimbale avec pas mal d'affaires. C'est contraignant mais je préfère ça à les laisser en pâture aux macaques même si pour l’instant je n'en ai pas vu un seul. Par contre les toucans sont bien là. Ils pullulent mais ne se laissent toujours pas prendre en photo.
Les filles du restaurant sont aussi bien là. La fille grimée à la grimace qui passe commande derrière son comptoir pige toujours que dalle. Sorti des mots appris par cœur tels qu'ils figurent sur la carte, il n'y a plus de connexion au cerveau. Pendant que je lui demande des détails sur l'électricité qui n'est pas branchée sous le kiosque, elle fait l'autiste, occupée à faire des papillotes de je ne sais quoi qu'elle met dans de petits sachets. Cause toujours je m'en fous. Elle ne sait pas compter non plus. 220 bahts chez elle ça fait « two hundred seventy ». Ne pas s'inquiéter. Au début j'ai cru que la Chang avait eu une poussée à 100 bahts. Ouf, elle est toujours à 50, on va pouvoir passer de bonnes vacances. Celle qui sert les plats à table est là, la jeune aux bras toujours ballants avec un faux sourire façon Joconde. On me reconnaît pas mais moi je reconnais tout le monde. On doit être dix sur le camp, c'est très tranquille. A tel point qu'ils ferment la cuisine avant l’heure. A 13h30 il faut faire avec les nouilles, plus de riz. A savoir !

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