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dimanche 28 janvier 2018

Ambiances

Qui a dit qu'un matin ne sert à rien ? En ville, dans le train-train quotidien,à l'heure de pointe dans le métro ou coincé dans les bouchons pour aller travailler, certainement ! Ici c'est tout le contraire. Il se passe toujours quelque chose, ça change tout le temps pour qui a l’œil hagard. Déjà l'ambiance sur la plage est toute autre. Alors oui le bleu de la mer est moins vif, mais c'est compensé par une vue sur la jungle fantastique. La lumière rasante et douce, il n'y a rien de mieux. Le matin, c'est là aussi où le ciel est le plus pur. On n'a pas de brume d'humidité, de halo bleu qui peut rendre la scène froide ou trop crue. Les heures autour de midi sont à éviter. En revanche 15 heures est pas mal. La mer est encore d'un bleu bien saturé mais la lumière est moins violente, plus chaude. 
Il n'empêche, mon appareil photo a du mal à faire la balance de température des couleurs sur les scènes de plage. Je pense que c'est à cause de la lumière. Les clichés bruts sont bien trop chauds, sans doute par ce qu'il considère que ce bleu de la mer est trop bleu pour être vrai ! Heureusement j'ai Photoshop. Ce n'est pas pour trafiquer les photos, mais pour les rendre plus conformes à ce que je vois. Ainsi, avec la commande tonalité automatique, tout rentre dans l'ordre dans 90% des cas.
Côté ambiances sonores, c'est aussi très varié. Du silence de la nuit, rompu uniquement par quelques geckos insomniaques, on passe au cri du bébé qui braille (j'ignore toujours ce qui donne ça), puis les cigales entrent en scène avec leur bruit aigu et strident. Après c'est le tour des calaos pie. C'est l'heure où ils jouent. Ils se regroupent tous et sautent de branche en branche. C'est leur gym du matin. Passé 9 heures, il ne reste plus qu'un roucoulement langoureux et faible, presque un hululement étouffé. J'aime beaucoup cette musique qui me berce toute la journée. J'aimerais bien l'enregistrer mais je pense que c'est trop faible pour donner quelque chose. Il y a aussi les chants d'oiseaux ordinaires. Puis les cavalcades dans les feuilles mortes des gros lézards. Ainsi que les allées et venues d'écureuils insaisissables. Ils sont noirs, maigrelets, au museau tout pointu. On dirait presque des rats mais avec une queue touffue.
Ils ne sont pas particulièrement mignons. Et ils mastiquent bruyamment. J'en ai eu un qui a arrêté ses pérégrinations pour se poster sur la branche basse d'un arbuste tel que ceux qui me protègent du vent. C'est ainsi que je l'ai repéré. Je me demandais ce qu'était ce bruit de glouton affamé. Tous ces sons me nourrissent, au même titre que les couleurs, la lumière, la brise ou la chaleur. C'est une harmonie qui se trouve détruite si un des éléments vient à manquer. C'est pour ça que je tolère mal tout intrus qui vient saboter tout ça. Par exemple, pour éviter que certains se mettent sur la plage juste à mon niveau, j'ai eu l'idée de déposer un paréo à demeure, même si je ne suis jamais dessus. Pour signifier qu'il y a quelqu'un. Sinon j'entends bavasser.
Naufragé solitaire
Y a deux ambiances dont je me passerais bien. Le biniou du matin et les speedboats l'après midi. Le biniou est en délire, il joue de plus en plus fort dans une vraie hystérie. En plus mes écouteurs ont lâché et je dois me contenter du haut parleur du téléphone trop faiblard. Et pour les speedboats, il n'y a rien à faire. C'est la connerie humaine, la loi du plus fort et du plus nombreux qui l'emporte face à un pauvre débile comme moi qui goûte le silence. Là où il y a des gens, ce sera toujours le bordel. A moi de m'y faire. Mais bon, ils ne me rendent pas la tâche facile quand 3 bateaux mouillent à 50 mètres, collés les uns aux autres avec leurs bouées latérales qui grincent à chaque collision et qui arrivent à couvrir leur musique et leurs cris. Heureusement pour l'instant ils ne restent pas la nuit. Je remercie le bon Dieu tous les soirs pour ça d'ailleurs...






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